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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2200320

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2200320

jeudi 18 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2200320
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSELARL OCEANIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 3 février 2022, le 15 mars 2023 et le 22 mai 2023, Mme D A, représentée par l'AARPI Drouineau 1927, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 3 février 2021 par laquelle le maire de Lagord a accordé à Mme C B un permis de construire modificatif portant sur la réalisation d'une maison individuelle en rez-de-chaussée avec garage sur les parcelles cadastrées section AB n° 1480 et 1496 situées 141-143 avenue de Lagord ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Lagord une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le dossier de demande de permis de construire modificatif en litige méconnait les dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme dès lors qu'il ne comporte aucune information concernant les constructions avoisinantes, et plus particulièrement la construction lui appartenant qui fait l'objet d'une protection patrimoniale au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme ;

- l'arrêté accordant le permis de construire modificatif méconnait l'article 1.6 des dispositions communes à toutes les zones du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) relatif à l'intégration harmonieuse du projet dans son environnement ;

- il méconnait l'article 1.5 du PLUi relatif aux éléments de paysage bâtis identifiés au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait la jurisprudence Thalamy et l'article L. 421-19 du code de l'urbanisme dès lors qu'il ne régularise pas le mur construit en limite séparative Sud à une hauteur supérieure à celle autorisée.

Par des mémoires en défense enregistrés le 21 mars 2022 et le 20 avril 2023, la commune de Lagord, représentée par la SELARL Océanis Avocats, conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ;

3°) à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir d'une part et pour tardiveté d'autre part ;

- aucun des moyens n'est fondé.

Par des mémoires enregistrés le 13 mai 2022 et le 23 mai 2023, Mme C B conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de condamner Mme A à lui verser la somme de 3 000 euros au titre du préjudice moral subi.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable pour tardiveté ;

- aucun des moyens n'est fondé ;

- elle a subi un préjudice moral lié aux procédures engagées par Mme A et au retard pris dans les travaux.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Boutet,

- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,

- et les observations de Me Finkelstein, représentant Mme A, et de Me Viel, représentant la commune de Lagord.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté en date du 8 juillet 2019, le maire de Lagord (Charente-Maritime) a délivré à Mme B un permis de construire une maison individuelle en rez-de chaussée avec garage sur les parcelles cadastrées section AB n° 1480 et 1496 situées 141-143 avenue de Lagord. Le 15 décembre 2020, Mme B a déposé une demande de permis modificatif portant sur la suppression de l'ensemble des casquettes, la rehausse de la toiture au niveau de la " suite parentale " pour des raisons techniques, ainsi que la couleur de l'ensemble des enduits en blanc ton pierre, la suppression du volet coulissant et la réduction du portail. Par arrêté du 3 février 2021, le maire de Lagord lui a accordé le permis de construire modificatif sollicité. Mme A, propriétaire de la parcelle voisine cadastrée AB n° 1340, située au n° 1 rue du Clavier, demande l'annulation de cette dernière décision.

Sur les fins de non-recevoir :

2. D'une part, aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre () d'un permis de construire () court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ". Aux termes de cet article R. 424-15 du même code : " Mention du permis () doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté () et pendant toute la durée du chantier. () / Un arrêté du ministre chargé de l'urbanisme règle le contenu et les formes de l'affichage ". Aux termes de l'article A. 424-16 de ce code : " Le panneau prévu à l'article A. 424-15 indique le nom, la raison sociale ou la dénomination sociale du bénéficiaire, le nom de l'architecte auteur du projet architectural, la date de délivrance, le numéro du permis, la nature du projet et la superficie du terrain ainsi que l'adresse de la mairie où le dossier peut être consulté. / Il indique également, en fonction de la nature du projet : a) Si le projet prévoit des constructions, la surface de plancher autorisée ainsi que la hauteur de la ou des constructions, exprimée en mètres par rapport au sol naturel ; () ".

3. En imposant que figurent sur le panneau d'affichage du permis de construire diverses informations sur les caractéristiques de la construction projetée, les dispositions citées au point précédent ont pour objet de permettre aux tiers, à la seule lecture de ce panneau, d'apprécier l'importance et la consistance du projet. La hauteur du bâtiment est au nombre des mentions substantielles que doit comporter cet affichage. L'affichage ne peut, en principe, être regardé comme complet et régulier si cette mention fait défaut ou si elle est affectée d'une erreur substantielle, alors qu'aucune autre indication ne permet aux tiers d'estimer cette hauteur. Le délai de recours de deux mois prévu à l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme ne commence à courir qu'à la date d'un affichage complet et régulier.

4. Il ressort des pièces du dossier que le panneau d'affichage du permis de construire modificatif du 3 février 2021 indiquait seulement que les travaux portaient sur une " maison individuelle ", en indiquant la surface du terrain de 400 m², sans même préciser qu'il s'agissait d'un permis de construire modificatif. Ce panneau ne mentionnait ainsi aucun élément qui permettrait aux tiers d'apprécier l'importance et la consistance des modifications apportées au permis de construire initial. La circonstance que le permis modificatif en litige aurait été affiché sur une période continue de deux mois à compter du 5 février 2021 n'a dès lors pas eu pour effet de commencer à faire courir le délai de recours contentieux à cette date.

5. La commune fait par ailleurs valoir que, dans le cadre d'une instance introduite le 5 mars 2021 devant le juge judiciaire par Mme A contre Mme B et la collectivité, demandant qu'une expertise soit organisée en raison des désordres occasionnés à sa propriété par les travaux, la requérante a eu connaissance de l'existence du permis de construire modificatif puisque les conclusions de la commune du 12 avril 2021 en faisaient mention et que les permis de construire initial et modificatifs y étaient annexés. En outre, elle indique qu'à l'occasion de son dire du 16 novembre 2021 annexé au rapport d'expertise, la requérante a reconnu avoir fait réaliser deux constats d'huissier relatifs au permis de construire modificatif. Toutefois, le fait qu'un permis de construire soit produit à l'occasion d'une instance civile par le requérant ne constitue pas une situation de connaissance acquise. Ainsi, la commune ne peut se prévaloir utilement de la connaissance acquise du permis de construire modificatif par Mme A.

6. Il résulte de ce qui a été dit aux points 4 et 5 que Mme B et la commune de Lagord ne sont pas fondées à soutenir que la requête tendant à l'annulation de l'arrêté du 3 février 2021 qui a été enregistrée le 3 février 2022, dans un délai raisonnable, est tardive.

7. D'autre part, il résulte de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

8. Il ressort des pièces du dossier que le projet de permis modificatif en litige consiste notamment à rehausser de 0,65 mètres par rapport au permis de construire initial, le mur situé en limite séparative Sud du terrain d'assiette qui jouxte la propriété de la requérante. Ce mur est non seulement visible depuis la cour appartenant à la requérante mais il est également mitoyen de constructions lui appartenant. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir invoquée par la commune de Lagord tiré du défaut d'intérêt à agir de Mme A pour contester le permis de construire modificatif en litige doit être écartée.

Sur l'irrecevabilité des mémoires en défense de la commune de Lagord :

9. Il ressort des pièces du dossier que, par délibération du 17 juin 2020, le conseil municipal de la commune a autorisé le maire de la commune de Lagord à intenter au nom de la commune les actions en justice. L'irrecevabilité des mémoires en défense de la commune soulevée par la requérante doit, par suite, être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

10. Aux termes de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme : " Sont joints à la demande de permis de construire : a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12 ". Aux termes de l'article R. 431-8 du même code: " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet: a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Selon l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement () ". Enfin, l'article R. 431-10 de ce code précise : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ". La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

11. Par ailleurs, aux termes de l'article 1.5 des dispositions générales du règlement du PLUi de la communauté d'agglomération de La Rochelle relatif aux éléments de paysage bâtis identifiés au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme : " Les bâtiments et ensembles bâtis identifiés comme patrimoine architectural devront être conservés et faire l'objet d'une maintenance ou d'une restauration. Tous les travaux réalisés sur ces éléments doivent préserver leurs caractéristiques historiques ou culturelles, leur ordonnancement et les proportions de leur volumétrie, l'usage des matériaux d'origine. Les extensions doivent respecter la volumétrie du bâtiment à étendre et ne pas compromettre la cohérence de l'organisation générale du bâti et du paysage urbain ou naturel dans lequel elles s'insèrent. Les cours doivent être conservées. Toute division en propriété ou en jouissance ne doit pas porter atteinte à la cohérence globale originelle du bâtiment ou de l'ensemble bâti identifié ".

12. La requérante soutient que le dossier de demande de permis de construire modificatif ne comporte aucun des éléments prévus à l'article L. 431-8 du code de l'urbanisme, notamment en ce qui concerne les constructions avoisinantes et plus particulièrement la construction lui appartenant qui fait l'objet d'une protection patrimoniale au titre de l'article L. 151-19 du même code.

13. Il ressort des pièces du dossier que la notice architecturale décrit la situation du terrain de 400 m² situé à Lagord dans une zone pavillonnaire constituée d'habitations traditionnelles en rez-de-chaussée de maisons contemporaines et d'anciennes bâtisses en moellons. Elle décrit les caractéristiques du terrain et indique la présence de bâtisses existantes mitoyennes en limite sud, qui correspondent à la propriété de la requérante, d'un hangar et d'une grange qui seront démolis et d'un mur en moellons en limite de voirie. Le plan de masse permet de visualiser l'implantation de la future construction en rez-de-chaussée et permet de visualiser la présence des bâtiments mitoyens préexistants appartenant à la requérante et qui encadrent la future construction au niveau de " la zone parents " qui prendra la place du hangar préexistant qui sera démoli.

14. Toutefois, ni le dossier de demande de permis de construire initial, ni le dossier de demande de permis de construire modificatif n'indiquent l'ensemble composé par le hangar démoli et les bâtiments mitoyens appartenant à la requérante, identifiés en tant que patrimoine architectural dans le règlement du PLUi au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme, ainsi que cela ressort du règlement graphique du PLUi et de l'annexe du règlement qui liste les éléments de paysage identifiés au titre de cet article, contrairement à ce que soutient la commune. Par ailleurs, le dossier de demande de permis modificatif, qui prévoit de rehausser le mur de la construction située en limite séparative Sud de 0,65 mètre, n'apporte aucune information sur le volume, et plus particulièrement la hauteur, des bâtiments mitoyens protégés qui jouxtent la construction projetée. Dans ces conditions, l'autorité compétente n'a pas été mise à même de vérifier la conformité du projet modifié avec la réglementation applicable, notamment en ce qui concerne les dispositions de l'article 1.5 cité au point 11 des dispositions générales du règlement du PLUi. La requérante est par suite fondée à soutenir que le permis de construire modificatif en litige méconnait sur ces points les dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme.

15. Pour l'application des dispositions de L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens invoqués n'est susceptible, en l'état de l'instruction et notamment en l'absence d'information sur le volume de l'ensemble bâti protégé dans lequel s'intègre le mur rehaussé par le permis de construire modificatif en litige, de justifier l'annulation de la décision en litige.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article R. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

16. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".

17. Le vice constaté au point 14 relatif au caractère incomplet du dossier de demande de permis de construire modificatif au regard des dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme est susceptible d'être régularisé. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et de surseoir à statuer pendant un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement aux fins de permettre cette régularisation.

Sur les conclusions indemnitaires présentées par Mme B :

18. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. La demande peut être présentée pour la première fois en appel. ".

19. En l'espèce, la requête ne traduit pas un comportement abusif de la part de la requérante qui est voisine immédiate du projet. En conséquence, les conclusions présentées par Mme B au titre du préjudice moral qu'elle indique avoir subi en lien avec la présente procédure doivent, en tout état de cause, être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : : Il est sursis à statuer sur la requête de A, jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, pour permettre à Mme B ou à la commune de Lagord de produire au tribunal un permis de construire modificatif régularisant le vice mentionné au point 14 du présent jugement.

Article 2 : Les conclusions indemnitaires présentées par Mme B sont rejetées.

Article 3 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'à la fin de l'instance.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, à la commune de Lagord et à Mme C B.

Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Le Méhauté, président,

Mme Boutet première conseillère,

M. Bureau, conseiller.

.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.

La rapporteure,

Signé

M. BOUTET

Le président,

Signé

A. LE MEHAUTE La greffière,

Signé

G. FAVARD

La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Pour le greffier en chef

La greffière

Signé

G. FAVARD

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