jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200334 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELAFA CABINET CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 février 2022, M. D A, représenté par la S.E.L.A.F.A. Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 août 2021 par laquelle la directrice de la maison centrale de Saint-Martin-de-Ré lui a refusé le bénéfice de la compensation des astreintes, ensemble la décision du 14 septembre 2021 par laquelle la directrice de la maison centrale de Saint-Martin-de-Ré a rejeté son recours gracieux et la décision implicite née le 14 décembre 2021 par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice, a rejeté son recours hiérarchique ;
2°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de lui accorder le bénéfice de la compensation des astreintes à compter du 30 novembre 2019 ou, à défaut, de réexaminer sa situation, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que les décisions attaquées aient été prises par une autorité compétente ;
- elle sont entachées d'une erreur de droit dès lors que ne disposant plus d'une concession de logement pour nécessité absolue, il dispose d'un droit de percevoir l'indemnité de compensation des astreintes.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 novembre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors qu'elle tardive ;
- à titre subsidiaire, les moyens de la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le décret n° 98-287 du 9 avril 1998 fixant le régime d'indemnisation des astreintes et interventions de nuit effectuées par le personnel de surveillance des services déconcentrés de l'administration pénitentiaire ;
- le décret n° 2001-1357 du 28 décembre 2001 relatif à la rémunération et à la compensation horaire des astreintes effectuées par certains agents du ministère de la justice ;
- la circulaire n° JUSK1340031C du 30 juillet 2013 relative aux modalités de mise en œuvre des attributions des concessions de logement par nécessité absolue de service et des conventions d'occupation précaire avec astreinte ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dumont,
- et les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, capitaine pénitentiaire au sein de la maison centrale de Saint-Martin-de-Ré, a bénéficié d'un logement de fonction pour nécessité absolue de service jusqu'au 30 novembre 2019, date à partir de laquelle il a fait le choix de résider dans un logement dont il est propriétaire. Par une décision du 11 août 2021, la directrice de la maison centrale de Saint-Martin-de-Ré l'a informé qu'il ne pouvait plus, en conséquence, bénéficier du dispositif de compensation des astreintes. Par un courrier du 6 septembre 2021, M. A a formé un recours gracieux contre cette décision, rejeté par une décision 14 septembre 2021 de la directrice de la maison centrale. M. A a également formé un recours hiérarchique le 14 octobre 2021, lequel a été rejeté par une décision implicite du garde des sceaux, ministre de la justice. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler ces trois décisions.
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. / Lorsque dans le délai initial du recours contentieux ouvert à l'encontre de la décision, sont exercés contre cette décision un recours gracieux et un recours hiérarchique, le délai du recours contentieux, prorogé par l'exercice de ces recours administratifs, ne recommence à courir à l'égard de la décision initiale que lorsqu'ils ont été l'un et l'autre rejetés ".
3. Le garde des sceaux, ministre de la justice, soutient que la requête introduite par M. A le 4 février 2022 est tardive dès lors que le délai du recours contentieux, qui n'a pu être prorogé que par l'exercice du seul recours gracieux exercé le 6 septembre 2021 et rejeté le 14 septembre 2021, a expiré le 14 novembre 2021. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A a exercé, dans le délai initial du recours contentieux ouvert à l'encontre de la décision du 11 août 2021 qui lui a été notifiée le 19 août 2021, un recours gracieux mais également un recours hiérarchique exercé le 14 octobre 2021. Il en résulte qu'en applications des dispositions précitées de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration, le délai du recours contentieux n'a recommencé à courir qu'à compter du 14 décembre 2021, date à laquelle une décision implicite de rejet de son recours hiérarchique est née. Dans ces conditions, la requête introduite le 4 février 2022 n'est pas tardive. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours administratif et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours administratif a été rejeté. L'exercice d'un recours administratif n'ayant d'autre objet que d'inviter l'administration à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours administratif doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours administratif dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'incompétence des auteurs, d'une part, de la décision du 14 septembre 2021 rejetant le recours gracieux exercé par M. A, d'autre part, de la décision implicite de rejet de son recours hiérarchique ne peut être utilement invoqué.
6. En second lieu, si le garde des sceaux, ministre de la justice, produit une décision du 9 novembre 2020 par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Bordeaux habilite Mme B C, directrice hors classe des services pénitentiaires, adjointe au chef d'établissement de la maison centrale de Saint-Martin de Ré, signataire de la décision litigieuse du 11 août 2021, à signer certaines décisions en matière de ressources humaines, les décisions refusant l'octroi d'une compensation pour astreinte n'entrent pas dans le champ de la délégation de signature ainsi consentie à Mme C. En outre, et en tout état de cause, il résulte des termes de la décision contestée du 11 août 2021 qu'elle n'a pas été signée par Mme C pour la directrice interrégionale des services pénitentiaires, mais pour la directrice de la maison centrale de Saint-Martin de Ré.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur l'autre moyen de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 11 août 2021 par laquelle la directrice de la maison centrale de Saint-Martin-de-Ré l'a informé de l'arrêt du bénéfice de compensation d'astreintes.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
8. Eu égard au motif d'annulation retenu et seul susceptible de l'être, le présent jugement implique seulement d'enjoindre à la directrice de la maison centrale de Saint-Martin-de-Ré de réexaminer la situation de M. A dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 11 août 2021 de la directrice de la maison centrale de Saint-Martin-de Ré est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la directrice de la maison centrale de Saint-Martin de Ré de procéder au réexamen de la situation de M. A dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Bris, présidente,
Mme Dumont, première conseillère,
Mme Balsan-Jossa, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
G. DUMONT
La présidente,
signé
I. LE BRIS
La greffière,
signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026