jeudi 21 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200351 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL LELONG DUCLOS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 février 2022, M. A B, représenté par Me Ferry, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 septembre 2021 par lequel le maire de La Brée-les-Bains s'est opposé à la déclaration préalable n ° DP 17486 21 X0076 qu'il a déposée pour la réalisation de travaux sur une construction existante, ainsi que la décision du 14 décembre 2021 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de La Brée-les-Bains de lui délivrer l'autorisation sollicitée ;
3°) de mettre à la charge de la commune de La Brée-les-Bains la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté du 3 septembre 2021 est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors que le projet n'implique pas un changement de destination dans la sous-destination " artisanat et commerce de détail ".
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2022, la commune de La Brée-les-Bains, représentée par Me Lelong, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun de moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- l'arrêté du 10 novembre 2016 définissant les destinations et sous-destinations de constructions pouvant être réglementées par le règlement national d'urbanisme et les règlements des plans locaux d'urbanisme ou les documents en tenant lieu ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boutet,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- les observations de Me Duclos, représentant la commune de La Brée-les-Bains
Considérant ce qui suit :
1. M. B a déposé le 9 août 2021, à la mairie de la commune de La Brée-Les-Bains (Charente-Maritime), une déclaration préalable de travaux en vue de transformer une ancienne discothèque en logement avec stockage de véhicules, rue des Prés, en zone Ux du PLU de la commune. Par un arrêté du 3 septembre 2021, le maire de La Brée-les-Bains s'est opposé à cette déclaration de travaux. Par un courrier du 21 octobre 2021, M. B a exercé un recours gracieux, qui a été rejeté par une décision du 14 décembre 2021 du maire de La Brée-Les-Bains. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. () ". Aux termes de l'article L. 424-3 du même code : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 3 septembre 2021, par lequel le maire de La Brée-Les-Bains s'est opposé à la déclaration préalable déposée par M. B, mentionne les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, en visant notamment les dispositions du code de l'urbanisme et du plan local d'urbanisme de la commune applicables et en indiquant que ce dernier interdit dans la zone UX les sous-destinations " logement " et " artisanat et commerce de détail ", alors que le projet prévoit un espace de restauration et stockage de véhicules ainsi qu'une habitation destinée au gardiennage. La circonstance que l'arrêté mentionne par erreur dans ses visas un avis du maire est sans incidence sur sa légalité. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision qu'il conteste est insuffisamment motivée.
4. En second lieu, aux termes de l'article R. 151-27 du code de l'urbanisme dans sa version applicable au litige : " Les destinations de constructions sont : 1° Exploitation agricole et forestière ; 2° Habitation ; 3° Commerce et activités de service ; 4° Equipements d'intérêt collectif et services publics ; 5° Autres activités des secteurs primaire, secondaire ou tertiaire ". Aux termes de l'article R. 151-28 du même code : " Les destinations de constructions prévues à l'article R. 151-27 comprennent les sous-destinations suivantes : () 2° Pour la destination " habitation " : logement, hébergement ; 3° Pour la destination " commerce et activités de service " : artisanat et commerce de détail, restauration, commerce de gros, activités de services où s'effectue l'accueil d'une clientèle, cinéma, hôtels, autres hébergements touristiques ; () 5° Pour la destination " autres activités des secteurs secondaire ou tertiaire " : industrie, entrepôt, bureau, centre de congrès et d'exposition. ". Aux termes des dispositions de l'article 3 de l'arrêté du 10 novembre 2016 définissant les destinations et sous-destinations de constructions pouvant être réglementées par le règlement national d'urbanisme et les règlements des plans locaux d'urbanisme ou les documents en tenant lieu : " () La sous-destination " artisanat et commerce de détail " recouvre les constructions commerciales destinées à la présentation et vente de bien directe à une clientèle ainsi que les constructions artisanales destinées principalement à la vente de biens ou services () ". Par ailleurs, aux termes du chapitre I de la zone Ux du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de La-Brée-Les-Bains : " Pour respecter les objectifs présentés ci-dessus, les usages, affectations, constructions à destinations et sous destinations suivantes sont interdits : / Dans la zone Ux : () / Dans la destination " habitation " : - Logement. - Hébergement. / Dans la destination " commerce et activité de service " : - Artisanat et commerce de détail. - Restauration. - Commerce de gros. - Activités de services où s'effectue l'accueil d'une clientèle. - Hébergement hôtelier et touristique. - Cinéma. () ".
5. Pour s'opposer à la déclaration préalable de travaux, le maire de La Brée-Les-Bains s'est fondé sur un premier motif tiré de ce que le projet de stockage de véhicules occupant une superficie de 240 m² sur 320 m² existant dans la construction à usage d'ancienne discothèque implique un changement de destination dans la sous-destination " artisanat et commerce de détail " qui est interdite par le règlement de la zone Ux. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le projet en litige a pour vocation la restauration et le stockage de véhicules de collection et ne relève donc ni des constructions commerciales destinées à la présentation et vente de bien directe à une clientèle, ni des constructions artisanales destinées principalement à la vente de biens ou services, au sens de l'arrêté du 10 novembre 2016 précité. Par suite, le maire de La Brée-Les-Bains a fait une inexacte application des dispositions citées au point 4 en s'opposant à la déclaration préalable de travaux en litige au motif que le projet impliquait un changement de destination dans la sous-destination " artisanat et commerce de détail " qui est interdite par le règlement de la zone Ux du PLU.
6. Toutefois, pour s'opposer à la déclaration préalable de travaux de M. B, le maire de La Brée-Les-Bains s'est également fondé sur un second motif, tiré de ce que le projet prévoit un changement de destination dans la sous destination " logement ". Il ressort en effet des pièces du dossier que le projet prévoit la réalisation d'un logement d'une superficie de 80 m² destinée au gardiennage de l'activité de restauration des véhicules de collection. Il ressort des dispositions précitées du règlement de la zone Ux du PLU de la commune que les sous-destinations logement sont interdites au sein de cette zone. Le requérant n'invoque aucune disposition du PLU qui prévoirait une exception pour les logements liés au gardiennage des entrepôts. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que ce logement d'une superficie déclarée de 80 m², ce qui représente le tiers de la surface déclarée comme destinée au stockage de véhicule, puisse être regardé comme accessoire et nécessaire à la fonction d'entrepôt et, dès lors, il n'apparaît pas rattachable à cette dernière sous-destination. Dans ces conditions, le maire était fondé à s'opposer à la déclaration préalable de M. B au motif qu'elle impliquait un changement de destination vers la sous-destination " logement " qui est interdite par le règlement de la zone Ux du PLU. Il ressort des pièces du dossier que le maire aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur cet unique motif, qui justifie à lui seul la décision d'opposition contestée.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 3 septembre 2021, par lequel le maire de la commune de La-Brée-Les-Bains s'est opposé à sa déclaration préalable de travaux, et de la décision de rejet de son recours gracieux du 14 décembre 2021, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme de 1 200 euros à verser à la commune de La Brée-Les-Bains au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de la commune, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune de La-Brée-Les-Bains la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de La-Brée-Les-Bains.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Bris, présidente,
Mme Boutet, première conseillère,
Mme Balsan, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2024.
La rapporteure,
Signé
M. BOUTET
La présidente,
Signé
I. LE BRIS
Le greffier,
Signé
S. GAGNAIRE
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le greffier en chef
Signé
S. GAGNAIRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026