jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200352 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | COUSTENOBLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 8 février et 22 mars 2022, M. A B, représenté par Me Coustenoble, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté n° 2021-33 du 3 août 2021 par lequel le préfet de la Charente-Maritime lui a ordonné de se dessaisir de ses armes, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 6 octobre 2021 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que l'arrêté attaqué a été pris par une autorité compétente ;
- il est entaché d'un défaut de motivation ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 novembre 2022, le préfet de la Charente-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués sont infondés.
Un mémoire, produit par M. B, a été enregistré le 2 mai 2024 et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boutet,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 3 août 2021, le préfet de la Charente-Maritime a ordonné à M. B, détenteur d'un fusil et d'une carabine, de se dessaisir de ses armes dans un délai de trois mois et lui a interdit d'acquérir ou de détenir d'autres armes de toute catégorie, compte-tenu des mentions présentes sur le bulletin n° 2 de son casier judiciaire. M. B a formé le 6 octobre 2021 un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté, qui a été rejeté par une décision implicite. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande de M. B tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure, alors applicable : " Sont interdites d'acquisition et de détention d'armes des catégories A, B et C : 1° Les personnes dont le bulletin n° 2 du casier judiciaire comporte une mention de condamnation pour l'une des infractions suivantes : () - vols prévus aux articles 311-1 à 311-11 du même code [code pénal] ; () ". Aux termes de l'article L. 312-16 du même code : " Un fichier national automatisé nominatif recense : () 2° Les personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes des catégories A, B et C en application de l'article L. 312-3 () ". Aux termes de l'article R. 312-67 de ce code : " Le préfet ordonne la remise ou le dessaisissement de l'arme ou de ses éléments dans les conditions prévues aux articles L. 312-7 ou L. 312-11 lorsque : 1° Le demandeur ou le déclarant se trouve dans une situation prévue aux 1°, 2° ou 3° de l'article L. 312-16 ; () ".
5. Pour ordonner à M. B de se dessaisir des armes en sa possession, le préfet s'est fondé, dans l'arrêté du 3 août 2021, sur les dispositions précitées du 1° de l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure, après avoir constaté que le bulletin n° 2 de son casier judiciaire portait la mention d'une condamnation pour des faits de vols en réunion les 2 février 2018 et 23 janvier 2019 par le tribunal correctionnel d'Angoulême. Il ressort des pièces du dossier que le bulletin n° 2 du casier judiciaire de M. B, délivré le 1er février 2021 par le ministère de la justice, porte la mention d'une condamnation par le tribunal correctionnel le 2 février 2018 à 105 heures de travaux d'intérêt général pour des faits de vols en réunion et d'une condamnation le 23 janvier 2019 à 15 jours amende par le même tribunal pour des faits de vols en réunion. Ainsi, contrairement à ce que soutient le requérant, il remplissait la condition posée par les dispositions du 1° de l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure. Ce motif suffisait à lui seul à justifier la décision de dessaisissement d'armes qu'il conteste. Dès lors, le préfet de la Charente-Maritime était tenu d'ordonner le dessaisissement des armes détenues par l'intéressé et de lui interdire d'en acquérir de nouvelles. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté, du défaut de motivation et de l'erreur d'appréciation dont l'attaqué serait entaché, ne peuvent qu'être écartés comme inopérants. La circonstance, postérieure à l'arrêté attaqué, tirée de ce que, à la suite de la demande d'effacement formée par M. B le 26 juin 2023, le bulletin n° 2 de son casier judiciaire est désormais vierge, est sans incidence sur la légalité de la décision prise le 3 août 2021.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 423-15 du code de l'environnement : " I - Ne peuvent obtenir la validation de leur permis de chasser : / () 9° Ceux qui sont inscrits au fichier national automatisé nominatif des personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes visé à l'article L. 312-16 du code de la sécurité intérieure. () ". Aux termes de l'article R. 423-24 du même code : " Lorsque le préfet est informé du fait que le titulaire d'un permis de chasser revêtu de la validation annuelle ou temporaire se trouve dans l'un des cas prévus à l'article L. 423-15 ou à l'article L. 423-25, il procède au retrait de la validation. / Lorsque le préfet retire la validation du permis de chasser, le titulaire doit lui remettre son document de validation. / Le droit de timbre, les redevances cynégétiques, les cotisations, les contributions et les participations acquittés ne sont pas remboursés. ".
7. En application des dispositions du code de l'environnement citées au point 4 du présent jugement, le préfet de la Charente-Maritime était également tenu, eu égard à l'inscription de M. B au fichier national automatisé nominatif des personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes, de procéder au retrait de la validation de son permis de chasser. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation qu'aurait commise le préfet de la Charente-Maritime en procédant à ce retrait doit être écarté comme inopérant.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de la Charente-Maritime du 3 août 2021 et de la décision implicite rejetant son recours gracieux, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, sur ce fondement et celui de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à la charge du préfet de la Charente-Maritime, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Charente-Maritime.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jarrige, président,
Mme Boutet, première conseillère,
Mme Dumont, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2024.
La rapporteure,
Signé
M. BOUTET
Le président,
Signé
A. JARRIGE
La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026