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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2200410

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2200410

jeudi 19 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2200410
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantMARINE BAUDRY AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 11 février 2022, le 5 juillet 2022 et le 6 mai 2024, Mme F E, Mme H E, Mme I E et M. G E, représentés par Me Rouché, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 septembre 2021 par lequel le maire de Châtelaillon-Plage a accordé un permis de construire modificatif n° PC 17094 19 0014 M01 à M. D C portant sur la réalisation d'un ensemble immobilier situé sur les parcelles cadastrées section , au ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux formé le 15 novembre 2021 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Châtelaillon-Plage et de M. D C une somme de 2 500 euros chacun en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté du 14 septembre 2021 a été signé par une autorité incompétente ;

- les modifications autorisées apportent un bouleversement tel au projet initial qu'elles nécessitaient le dépôt d'une nouvelle demande de permis de construire ;

- le projet méconnait les dispositions de l'article UM 3 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la communauté d'agglomération de La Rochelle relatif au volume des constructions ;

- il méconnait les dispositions de l'article 1.6 du règlement du PLUi relatif à l'insertion du projet dans son environnement, de la fiche n°2 de l'OAP " Patrimoine bâti " et de la fiche n°2 de l'OAP " Construire aujourd'hui " ;

- il méconnait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et des articles 1.9 et 1.10 du règlement du PLUi relatifs aux conditions d'accès et de desserte du terrain par la voie ;

- il méconnait le caractère de la zone UM 3 " maisons prolongées " et des dispositions de l'article UM 4.1 du règlement du PLUi relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies publiques ;

- il méconnait les dispositions de l'article 4.2 du règlement du PLUi relatif aux règles d'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ;

- il méconnait les dispositions de l'article UM-5 relatif au coefficient de biotope ;

- le mémoire en défense de la commune est irrecevable en l'absence de justification de la délégation du conseil municipal au maire pour ester en justice.

Par des mémoires en défense enregistrés le 5 mai 2022 et le 11 avril 2024, M. D C, représenté par Me Baudry, conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer pour permettre la régularisation du projet en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ou, à défaut, à ce qu'une annulation partielle soit prononcée sur le fondement de l'article L. 600-5 du même code ;

3°) à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir pour contester le permis de construire modificatif ;

- aucun des moyens n'est fondé.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 avril 2024, la commune de Châtelaillon-Plage, représentée par la SCP Elige, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir pour contester le permis de construire modificatif ;

- aucun des moyens n'est fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Boutet,

- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,

- et les observations de Me Rouché, représentant les requérants, de Me Elige, représentant la commune de Châtelaillon-Plage et de Me Normand de la Tranchade représentant M. et Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 3 septembre 2019, le maire de Châtelaillon-Plage (Charente-Maritime) a accordé un permis de construire n° PC 17094 19 0014 à M. D C pour la réalisation d'un ensemble immobilier comprenant un logement, un studio et un local commercial valant permis de démolition sur les parcelles cadastrées section situées au . Par arrêté du 14 septembre 2021, le maire de Châtelaillon-Plage a accordé à M. C un permis de construire modificatif n° PC 17094 19 0014 M01 portant sur la modification de la terrasse, de la hauteur, des ouvertures et de la surface de plancher du projet de construction. Mme F E, Mme H E, Mme I E et M. G E, respectivement usufruitière et nus-propriétaires de la maison mitoyenne voisine située au , demandent l'annulation de l'arrêté du 14 septembre 2021 accordant le permis de construire modificatif ainsi que de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux formé le 15 novembre 2021.

Sur la recevabilité du mémoire en défense de la commune :

2. Aux termes de l'article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales : " Le maire peut, en outre, par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou partie, et pour la durée de son mandat : / () 16° D'intenter au nom de la commune les actions en justice ou de défendre la commune dans les actions intentées contre elle, dans les cas définis par le conseil municipal () ". Aux termes de l'article L. 2132-1 du même code : " Sous réserve des dispositions du 16° de l'article L. 2122-22, le conseil municipal délibère sur les actions à intenter au nom de la commune ". Enfin, aux termes de l'article L. 2132-2 de ce code : " Le maire, en vertu de la délibération du conseil municipal, représente la commune en justice ".

3. Il ressort des pièces du dossier que, par une délibération du 28 mai 2020, transmise le 29 mai 2020 au représentant de l'Etat dans le département, le conseil municipal de la commune de Châtelaillon-Plage a délégué au maire la capacité de défendre la commune dans la présente instance. Dès lors, il n'y a pas lieu d'écarter comme irrecevables les écritures présentées en défense par la commune de Châtelaillon-Plage.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

4. En premier lieu, par arrêté n°2020481du 3 juin 2020 régulièrement publié, le maire de Châtelaillon-Plage a donné délégation à M. B A notamment pour signer toutes les décisions en matière d'urbanisme. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, cette délégation est suffisamment précise, et le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté du 14 septembre 2021 doit par suite être écarté.

5. En deuxième lieu, l'autorité compétente, saisie d'une demande en ce sens, peut délivrer au titulaire d'un permis de construire en cours de validité un permis modificatif, tant que la construction que ce permis autorise n'est pas achevée, dès lors que les modifications envisagées n'apportent pas à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

6. Le permis de construire modificatif prévoit de hausser la construction de 8,50 mètres à 9,90 mètres au faitage, de modifier une partie de la toiture sur attique qui ne sera plus à deux pans parallèle à la rue mais à quatre pans perpendiculaires, en forme dite SHED, et traitée en zinc, de supprimer la verrière zénithale prévue sur la façade Est, d'agrandir la terrasse en attique de 2 m² jusqu'à l'alignement de la façade du bâtiment situé à l'Est, de réduire la surface de plancher de 6,80 m² et de mettre en place des jardinières périphériques, des garde-corps et un pare vue opaque. Le permis de construire modificatif n'a pas ainsi apporté au projet approuvé par le permis de construire initial un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Le moyen tiré de ce qu'un nouveau permis de construire était nécessaire doit par suite être écarté.

7. En troisième lieu, l'article UM 3 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la communauté d'agglomération de La Rochelle relatif au volume des constructions prévoit que la hauteur maximale des constructions est de 11 mètres en R+1 dans la bande des 20 mètres par rapport à la voie publique (bande A) et de 5 mètres en rez-de-chaussée dans la bande au-delà des 20 mètres (bande B). Il ressort par ailleurs des schémas illustrant la définition de la bande de constructibilité du lexique du PLUi que lorsqu'un terrain d'assiette est bordé par plusieurs voies publiques ou voie privées existantes à la date d'approbation du PLUi, l'ensemble du terrain peut être compris dans le périmètre de deux bandes A. Enfin, le lexique du PLUi précise " Le règlement définit des bandes de constructibilité qui s'appliquent aux terrains et aux constructions le long des voies et emprises publiques ou voies privées existantes à la date d'approbation du PLUi ou à réaliser par une personne publique. "

8. Les requérants soutiennent que la construction envisagée s'étend au-delà de la bande des 20 mètres constituée par la rue du Marché et présente une hauteur supérieure à 5 mètres, à savoir 9,90 mètres selon le plan de coupe du terrain naturel modifié, en méconnaissance des dispositions de l'article UM 3 précité. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est bordé par une voie publique, la rue du Marché, au Sud-Ouest et par une voie privée existante à la date d'approbation du PLUi, l'impasse Carnot, au Nord-Ouest, de sorte que l'application d'une bande des 20 mètres à partir de chacune de ces voies permet de couvrir l'ensemble du terrain permettant une hauteur de construction allant jusqu'à 11 mètres. Par ailleurs, si les requérants soutiennent que le projet présente une volumétrie en R+2, en méconnaissance des dispositions de l'article UM 3 qui n'autorisent que les constructions en R+1 dans la bande des 20 mètres, la structuration du projet en R+1 plus " attique " a déjà été autorisée par le permis de construire initial et les requérants ne sont, dès lors, pas fondés à en contester la légalité dans le cadre de la présente requête dirigée contre le permis de construire modificatif, quand bien même la hauteur totale de la construction a été modifiée. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UM3 du règlement du PLUi doit par suite être écarté dans ses deux branches.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 1.6.1 du règlement du PLUi : " Le projet peut être refusé, ou être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales, si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. Les constructions doivent s'intégrer harmonieusement aux lieux avoisinants ainsi qu'aux paysages environnants. Ce principe général concerne aussi bien l'édification de constructions nouvelles que toute intervention sur des bâtiments et des aménagements existants (restauration, transformation, extension). Il en est de même des constructions annexes qui doivent en outre s'intégrer harmonieusement avec la construction principale à laquelle elles se rattachent. L'emploi à nu de matériaux destinés à être recouverts (carreaux de plâtre, briques creuses, agglomérés de ciment, etc.) est interdit. Pour les dispositions relatives aux constructions et à l'énergie : se reporter à la fiche n°2 de l'OAP thématique Construire aujourd'hui ".

10. Le terrain d'assiette du projet est situé dans le centre de Châtelaillon-Plage, rue du Marché , qui est une rue piétonne composée de constructions en R+1, pour certaines de style balnéaire. Les volumes du projet sont réalisés en recherchant, du côté de la rue du Marché, l'alignement des façades et des égouts de toiture avec les maisons situées de part et d'autre du projet. Le retrait de la maison de droite de 3,5 mètres est minimisé par la réalisation d'un étage R+2 en retrait, dit en " attique " de la même profondeur que le recul, avec la réalisation à ce niveau d'une terrasse végétalisée. Le traitement des façades en enduit jaune pâle côté rue du Marché et en enduit blanc et gris jaune côté impasse Carnot, les menuiseries en aluminium avec encadrement en habillage bois coiffé d'une petite corniche et la toiture en tuiles terre cuite respectent les codes architecturaux des constructions balnéaires environnantes, alors que la réalisation d'une toiture en zinc au niveau de l'attique reste peu visible depuis la voie publique dont elle est en retrait. Dans ces conditions, le maire n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article 1.6.1 relatives à l'insertion harmonieuse du projet dans son environnement en accordant le permis de construire modificatif en litige.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 1.6.3 du même règlement relatif aux nouvelles constructions : " Menuiseries extérieures : () pour les façades visibles depuis l'espace public : - les petits bois des fenêtres sont saillants, collés à l'extérieur du vitrage et de même profil matériau que le reste de la menuiserie ".

12. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le permis de construire modificatif aurait modifié les menuiseries visibles depuis l'espace public déjà autorisées par le permis de construire initial. Par suite, le moyen tiré de ce qu'aucune des fenêtres du projet ne comporte de petits bois, en méconnaissance des dispositions de l'article 1.6.3 du règlement du PLUi, doit être écarté comme inopérant.

13. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation ". Il résulte de ces dispositions qu'une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu'elle prévoit sont incompatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation (OAP) d'un PLU et, en particulier, en contrarient les objectifs.

14. D'une part, aux termes de la fiche n°2 de l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) " Patrimoine bâti " : " 2.4 Réaliser de nouvelles constructions en tissu ancien balnéaire () 2.4.3 Formes, matières et couleurs : Toitures : Orientations : Pour les bâtiments d'architecture balnéaire : les couvertures en tuiles plates mécaniques losangées ou non, ou en ardoises. () Les ouvertures sont plus hautes que larges, dans la proportion d'environ 1 pout 1,5 (100 x 150) et comportent au moins un petit bois en extérieur ".

15. Il ressort des pièces du dossier que la toiture de l'attique qui a été modifiée par le permis de construire modificatif en litige sera réalisée en SHED et traitée en zinc. La notice architecturale indique néanmoins qu'en dehors de cet élément, l'ensemble de la toiture est réalisé en tuile terre cuite. Dans ces conditions, et compte tenu la faible visibilité depuis la voie publique de la partie de la toiture sur attique dont elle est en retrait, le projet n'est pas incompatible avec les orientations de la fiche n° 2 de l'OAP.

16. Par ailleurs, s'agissant des menuiseries, il ressort des plans de façades que les ouvertures sont plus hautes que larges et la seule circonstance que les ouvertures ne prévoient pas au moins un petit bois en extérieur ne permet pas d'établir que le projet serait incompatible avec les objectifs de la fiche n°2 de l'OAP " Patrimoine bâti ".

17. D'autre part, aux termes de la fiche 2 de l'OAP " Construire aujourd'hui " 2.2 Volumétrie / Extensions ultérieures : La forme du bâtiment a une incidence sur la prise au vent et sur la consommation énergétique. Il convient donc : - d'éviter autant que possible de générer des ombres portées sur les bâtiments avoisinants ; - de favoriser les formes compactes pour les parties chauffées, afin de réduire les surfaces avec déperdition de chaleur : éviter les formes complexes et éclatées. La compacité d'un bâtiment ou d'un ensemble de bâtiments est le rapport entre le volume et la surface de parois froides (en contact avec l'extérieur). Plus cette valeur est grande, moins le bâtiment aura de déperdition ; () 4. 4 Volumétrie : Quel que soit le type d'architecture choisi, les volumes doivent être simples en favorisant les volumes compacts plutôt qu'éclatés (cf. OAP Construire Aujourd'hui Fiche n°2 Énergie). La forme d'un nouveau bâtiment dépend de son contexte. Une forme complexe devra être justifiée par un contexte spécifique (nécessité d'adaptation à un terrain en pente ou à une parcelle présentant une géométrie particulière). Les dimensions au sol déterminent les proportions du volume ".

18. Le projet, bien que s'élevant sur une hauteur de 9,90 mètres au faitage, permet de limiter les ombres notamment par la modification de la toiture qui prévoit de petites pentes. Par ailleurs, si la façade Nord-Est située du côté de l'impasse Carnot comporte des décrochés avec des toitures en sens contraire, les autres façades sont d'architecture simple et la construction dans son ensemble reste compacte. Enfin, la construction en litige constitue un ensemble immobilier composé de plusieurs unités, à savoir un logement, un studio et un commerce, de sorte que les dispositions de l'OAP qui recommandent d'éviter d'ajouter un étage partiel à une habitation individuelle ne sont pas applicables en l'espèce. Le projet n'est donc pas incompatible avec les orientations de la fiche n°2 de l'OAP, qui se borne en tout état de cause à énoncer des recommandations s'agissant du volume des constructions.

19. En sixième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Aux termes de l'article 1.9 des dispositions communes du PLUi : " L'accès à une voie doit présenter des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité des usagers des voies ou de celle des personnes utilisant ces accès. (). Cette sécurité doit être appréciée compte-tenu, notamment de la position du ou des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic () ". Aux termes de l'article 1.10 des mêmes dispositions communes : " Les caractéristiques des voies de desserte des constructions, qu'elles soient existantes ou nouvelles, doivent être adaptées à l'importance ou à la destination des constructions qu'elles doivent desservir. Les projets doivent limiter les voies en impasse. () Dans le cas des voies en impasse publique, celles-ci doivent se terminer par une aire de retournement libre de stationnement () ".

20. Les requérants font valoir que le projet contesté est desservi par l'impasse Carnot, d'une très faible largeur et dépourvue de tout espace de retournement, qui présente des difficultés d'accès et de circulation pour les engins de secours et de lutte contre l'incendie. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le permis de construire modificatif ne modifie ni l'accès ni la desserte par l'impasse Carnot du terrain d'assiette du projet autorisé par le permis de construire initial. Les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et de la méconnaissance des dispositions des articles 1.9 et 1.10 du règlement du PLUi doivent donc être écartés comme inopérants.

21. En septième lieu, aux termes de l'article UM 4.1 du règlement du PLUi : Implantation et insertion des constructions par rapport aux voies. 4.1.1 Principes et modalités de mise en oeuvre. Sont définies ci-après les dispositions applicables aux aménagements et aux constructions en matière d'insertion et d'implantation par rapport aux voies ou emprises publiques existantes ou à créer. Ces dispositions expriment sous la forme de 7 modèles qualitatifs d'implantation et d'insertion () : - façade sur rue ; pignon sur rue ; maison sur cour ; maison ouverte ; jardinet à l'avant ; jardin à l'avant ; second rang. Chaque projet respecte les prescriptions de l'un des modèles admis ou admis sous conditions dans la zone, sous réserve du respect des prescriptions spécifiques associées à chacun des modèles () ". Par ailleurs, les dispositions liminaires relatives au caractère de la zone UM précisent que : " Le secteur UM3 " Maisons Prolongées " délimite les espaces bâtis où l'implantation à l'avant de la parcelle est la plus commune. Quelle que soit la configuration de la parcelle, les nouvelles constructions doivent se rapprocher autant que possible des constructions existantes, de celles édifiées simultanément ou d'une limite séparative si le terrain est nu afin de conserver des espaces libres ".

22. Les requérants soutiennent que le projet n'est conforme à aucun des modèles prévus à l'article UM 4.1 du règlement PLUi relatif à l'implantation et l'insertion des constructions par rapport aux voies et aux caractéristiques de la zone UM3 " maisons prolongées " qui délimite les espaces bâtis où l'implantation à l'avant de la parcelle est la plus commune. Toutefois, le permis de construire modificatif n'a pas pour objet de modifier l'implantation de la construction par rapport aux voies publiques déjà autorisées dans le cadre du permis de construire initial. Le moyen tiré de la méconnaissance des caractéristiques de la zone UM3 " maisons prolongées " et de l'article UM 4.1 du règlement PLUi doit donc être écarté comme inopérant, quand bien même la hauteur de la construction a été modifiée.

23. En huitième lieu, l'article UM 4.2 du règlement du PLUi relatif aux règles d'implantation des constructions par rapport aux voies publiques prévoit que, dans la bande des 20 mètres (bande A), le retrait doit être égal à 0 sur un moins une des limites séparatives et d'au minimum 3 mètres et qu'il doit être supérieur ou égal à la hauteur de la construction divisée par deux avec un minimum de trois mètres par rapport aux autres limites séparatives laissées libres. Cet article comprend également des dispositions particulières aux termes desquelles : " S'il existe sur le fond voisin des constructions implantées sur une limite séparative, les nouvelles constructions doivent être adossées sur tout ou partie de leur hauteur et de leur largeur ".

24. D'une part, les requérants soutiennent qu'en raison de l'augmentation de la hauteur de la construction en limite séparative Nord-Est portée à 9,90 mètres au faîtage et 9,30 mètres à l'égout par le permis de construire modificatif, le projet ne respecte plus les règles de retrait par rapport à la limite séparative Nord-Ouest située entre 2,90 à 4,41 mètres. Le retrait invoqué par les requérants se situe toutefois au niveau d'un patio d'une largeur de 3 mètres délimité sur trois côtés par la construction et en limite séparative Nord-Ouest par un mur de clôture d'une hauteur de 1,80 mètres. Compte tenu des caractéristiques de cette espace, les règles de retrait invoquées par les requérants ne sont pas applicables.

25. D'autre part, les requérants soutiennent que les constructions envisagées par le projet initial et implantées sur la limite séparative ne seraient pas adossées sur tout ou partie de la hauteur et de la largeur des bâtiments voisins implantés en limite, que les constructions iraient au-delà de l'emprise des constructions voisines et que les bâtiments ne seraient pas implantés sur certaines limites séparatives pourtant bordées de constructions voisines. Toutefois, l'implantation de la construction par rapport aux limites séparatives n'ayant pas été modifiée par rapport au permis de construire initial, les arguments ainsi invoqués sont inopérants.

26. Il résulte de ce qui a été dit aux points 24 et 25 que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UM 4.2 du règlement du PLUi doit être écarté.

27. En neuvième et dernier lieu, l'article UM5 du règlement du PLUi relatif au traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et abords des constructions en zone UM prévoit que : " L'aménagement des terrains doit comprendre une part minimale de surfaces favorables à la nature. Les surfaces favorables à la nature prises en compte par le règlement et leur pondération sont présentées dans le tableau suivant : Type 1 - Espaces verts de pleine terre : 1 () Type 10 - Arbres plantés en pleine terre (hors arbre à port fastigié) : 10 m² par arbre ". Ce même article prévoit un coefficient de biotope de " 20% dont 50% de pleine terre " pour les terrains compris entre 151 et 500 m².

28. Les requérants font valoir que le projet, qui porte sur un terrain d'assiette de 390 m², prévoit uniquement la réalisation de deux petits espaces verts de 5,4 m² (1,8 m x 3 m) côté Impasse Carnot et de 14,2 m² (3,55 m x 4m) au droit du garage, ainsi que la mise en place de bacs plantés autour des terrasses, donc seulement 25 m², au lieu des 78 m² imposés, dont 19,6 m² d'espaces de pleine terre au lieu des 39 m² imposés par les dispositions de l'article UM 5 précitées. Toutefois le permis de construire modificatif, qui se borne s'agissant du traitement paysager de la parcelle à remplacer la jardinière prévue sur la terrasse en attique du côté de la rue du Marché par une jardinière périphérique, n'a pas pour conséquence de modifier les espaces susceptibles d'être comptabilisés pour le calcul du coefficient de biotope. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UM 5 doit donc être écarté comme inopérant.

29. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme F E, Mme H E, Mme I E et M. G E doivent être rejetées, sans qu'il soit nécessaire de statuer sur leur recevabilité.

Sur les frais liés à l'instance :

30. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mises à la charge de la commune de Châtelaillon-Plage et de M. C les sommes que les requérants réclament au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

31. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme globale de 1 200 euros à verser à chacune des parties défenderesses, à savoir la commune de Châtelaillon-Plage et M. C, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme F E, Mme H E, Mme I E et M. G J est rejetée.

Article 2 : Mme F E, Mme H E, Mme I E et M. G E verseront ensemble la somme de 1 200 euros à la commune de Châtelaillon-Plage et la somme de 1 200 euros à M. D C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme F E, première dénommée, à la commune de Châtelaillon-Plage et à M. D C.

Délibéré après l'audience du 9 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Le Bris, présidente,

Mme Boutet, première conseillère,

Mme Dumont, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.

La rapporteure,

M. BOUTET

La présidente,

I. LE BRISLe greffier,

S. GAGNAIRE

La République mande et ordonne préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

G. FAVARD

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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