mardi 19 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200417 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ORMILLIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 février 2022, M. A B, représenté par Me Ormillien, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 11 janvier 2022 par lequel le préfet des Deux-Sèvres lui a refusé le renouvellement d'un titre de séjour ;
3°) à titre principal, d'enjoindre à la préfète des Deux-Sèvres de lui délivrer un certificat de résidence " vie privée et familiale " dans un délai de 10 jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que la décision de refus de titre de séjour est entachée d'incompétence ; elle est insuffisamment motivée ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que le préfet a, à tort, remis en cause son insertion sociale et professionnelle ; elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il réside depuis plus de 10 ans en France.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 mars 2023, la préfète des Deux-Sèvres conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Pipart a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien né le 4 décembre 1959, est, selon ses déclarations, entré une première fois en France le 19 septembre 2002. Il s'y est marié le 9 septembre 2005 avec une compatriote. Le 7 février 2006, il a fait l'objet d'un arrêté portant refus de séjour avec obligation de quitter le territoire, qu'il a exécuté le 26 mai 2007. Son épouse ayant déposé une demande de regroupement familial en faveur de son conjoint le 10 septembre 2009, à laquelle une suite favorable a été donnée, il est, de nouveau, entré en France le 21 octobre 2010 et s'est vu délivrer un certificat de résidence algérien de dix ans, valable du 21 octobre 2010 au 20 octobre 2020 sur le fondement de l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Le 31 janvier 2018, son épouse a porté plainte à son encontre pour des faits de bigamie, du fait de l'existence d'un précédent mariage conclu en Algérie en 1986. Leur mariage a été dissout par un jugement du juge aux affaires familiales du tribunal de grande instance de Bourges du 17 janvier 2020. Le 3 août 2020, le requérant a sollicité le renouvellement de la carte de résident qu'il avait obtenue au titre du regroupement familial. Le 14 février 2021, la commission du titre de séjour a émis un avis réservé sur sa demande. Par une décision du 11 janvier 2022, le préfet des Deux-Sèvres, après avoir également examiné la situation de l'intéressé sur le fondement des stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, lui a refusé la délivrance d'un certificat de résidence. M. B demande l'annulation de cette décision.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 4 avril 2022. Par suite, ses conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par le secrétaire général de la préfecture des Deux-Sèvres, qui a reçu délégation de la préfète de ce département à l'effet de signer tous les arrêtés relevant des attributions de l'Etat dans ce département par un arrêté du 6 mai 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture. La police des étrangers ne figurant pas au nombre des attributions exceptées de cette délégation de signature, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle expose la situation administrative, personnelle et familiale de M. B et mentionne la saisine de la commission du titre de séjour ainsi que le sens de l'avis de cette dernière. Elle expose ensuite la situation administrative, personnelle et familiale et expose les motifs justifiant le refus de titre de séjour du préfet, à savoir la circonstance que le requérant n'était pas en conformité avec la législation française concernant sa situation matrimoniale lors de la délivrance de la carte de résident algérien obtenu au titre du regroupement familial et la dissolution de son mariage conclu en France avec une compatriote. Il suit de là que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
5. En troisième lieu, en mentionnant, dans l'arrêté attaqué, que, lors de son audition devant les membres de la commission, M. B a déclaré vivre en colocation avec une ressortissante française, handicapée et âgée de 87 ans et s'occuper de cette personne, sans toutefois vivre en couple avec elle, ainsi qu'en relevant qu'il ne produit, à cet égard, " aucun justificatif ", le préfet n'a pas entendu remettre en question l'existence de cette colocation, mais la nature des relations entretenues par l'intéressé avec sa colocataire. De la même manière, le préfet, qui a reconnu dans l'arrêté attaqué que M. B a produit dans le cadre de sa demande de renouvellement de certificat de résidence, des bulletins de paie du mois d'avril à septembre 2020, tout en indiquant que l'intéressé n'avait produit " aucun document actualisant sa situation professionnelle ", n'a aucunement entendu remettre en question l'activité professionnelle passée du requérant mais simplement constater que celui-ci ne justifiait pas de sa situation professionnelle actuelle. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet se serait livré à une appréciation manifestement erronée des faits de l'espèce doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".
7. M. B qui, comme il a été dit au point 1, est entré en France le 21 octobre 2010, y est désormais célibataire et sans charge de famille depuis la dissolution de son mariage pour des faits de bigamie. S'il dispose d'un logement personnel en colocation avec une personne handicapée et âgée de 87 ans, il n'apporte aucun élément établissant que, comme il le soutient, il prendrait soin de cette personne et reconnaît lui-même qu'il ne mène aucune vie de couple avec cette dernière. A l'exception de la présence de l'un de ses fils en France, il n'établit pas davantage, par les pièces versées aux débats, qu'il aurait noué en France des relations caractérisées par leur ancienneté, leur intensité et leur stabilité. Il n'établit pas non plus être dépourvu d'attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine, dans lequel vivent encore ses deux filles ainsi que sa première épouse, avec laquelle il est toujours marié, même s'il déclare ne plus vivre avec cette dernière depuis 1997. Enfin, si M. B prétend être salarié d'une entreprise de transport en contrat à durée indéterminée depuis le 12 novembre 2019, il ne produit aucun bulletin de salaire postérieur au mois de janvier 2021. Dans ces conditions, le préfet des Deux-Sèvres n'a pas méconnu les stipulations précitées en lui refusant un certificat de résidence au titre de sa vie privée et familiale. Pour les mêmes motifs, il ne s'est pas davantage livré à une appréciation manifestement erronée des conséquences de la décision litigieuse sur la situation personnelle de l'intéressé.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire de M. B.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète des Deux-Sèvres.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
M. Henry, premier conseiller,
M. Pipart, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2023.
Le rapporteur,
signé
R. PIPART
Le président,
signé
L. CAMPOY
La greffière,
signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026