jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200541 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BERNARD-CHATELOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 28 février et 28 mars 2022, la société civile immobilière (SCI) La Chenaie demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 janvier 2022 par lequel le maire de Royan ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par M. A pour la reconstruction d'une clôture sur une parcelle cadastrée section ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Royan tous les dépens ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Royan la somme de 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la demande de déclaration préalable ne pouvait être seulement signée par M. A dès lors que la clôture est mitoyenne ;
- l'arrêté attaqué ne pouvait être délivré en l'absence d'un permis de démolir ;
- le dossier de la déclaration préalable ne mentionne pas qu'il s'agit d'une régularisation de travaux déjà effectués ;
- les travaux ayant été effectués en 2020, ils ne peuvent pas respecter la prescription prévue par l'article 2 de l'arrêté attaqué ;
- l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France est entaché d'un défaut d'examen et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article UE 5 3) du plan local d'urbanisme de Royan ;
- l'arrêté attaqué a été délivré suite à un comportement frauduleux du pétitionnaire.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 novembre 2022, la commune de Royan, représentée par Me Bernard-Chatelot, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la SCI La Chenaie au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que la société requérante est dépourvue d'un intérêt à agir ;
- la requête est irrecevable, dès lors que la société requérante n'a pas respecté les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme concernant la notification de son recours au pétitionnaire ;
- les moyens de la requête sont infondés.
La requête a été communiquée à M. A qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dumont,
- et les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a déposé, le 10 novembre 2021, à la mairie de Royan, une déclaration préalable de travaux en vue de la reconstruction d'une clôture, sur une parcelle cadastrée section . Par un arrêté du 25 janvier 2022, le maire de Royan ne s'y est pas opposé. Par la présente requête, la SCI La Chenaie demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R.423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'une déclaration préalable concernant un mur séparatif de propriété peut, alors même que les travaux en cause pourraient être contestés par les autres propriétaires devant le juge judiciaire sur le fondement des articles 653 et suivants du code civil, être présentée par un seul co-indivisaire. En conséquence, sous réserve de la fraude, dès lors que le pétitionnaire fournit l'attestation, prévue à l'article R. 431-35 du code de l'urbanisme, selon laquelle il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande d'autorisation d'urbanisme, il doit être regardé comme ayant qualité pour présenter cette demande, sans que l'autorité administrative puisse exiger de lui la production d'un document établissant soit qu'il est seul propriétaire du mur mitoyen, soit qu'il a l'accord de l'autre copropriétaire de ce mur.
4. Par suite, alors qu'il ressort des pièces du dossier que la clôture en cause est mitoyenne et qu'il n'est pas allégué qu'en attestant avoir qualité pour déposer une déclaration préalable portant sur des travaux de reconstruction de cette clôture, M. A aurait procédé à une manœuvre frauduleuse, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la déclaration préalable a été déposée en méconnaissance des dispositions de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article. R. 421-28 du code de l'urbanisme : " Doivent en outre être précédés d'un permis de démolir les travaux ayant pour objet de démolir ou de rendre inutilisable tout ou partie d'une construction : / a) Située dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable classé en application de l'article L. 631-1 du code du patrimoine () ". Il résulte de ces dispositions que doivent être précédés d'un permis de démolir, lorsque la localisation de la construction l'exige en vertu des articles R. 421-7 et R. 421-8 du code de l'urbanisme, des travaux impliquant la démolition totale d'un bâtiment ou la démolition d'une partie substantielle de celui-ci et le rendant inutilisable.
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté de non opposition litigieux a été délivré pour reconstruire à l'identique une clôture préexistante composée d'un grillage supporté par un muret en parpaing effondré. De tels travaux ne pouvant être regardés comme des travaux de démolition d'un bâtiment, ils ne nécessitaient pas la délivrance d'un permis de démolir. Il en résulte que la SCI pétitionnaire ne peut utilement se prévaloir de l'absence de permis de démolir pour contester la légalité de l'arrêté litigieux.
7. En troisième lieu, la SCI La Chenaie ne peut utilement soutenir que le dossier de demande de déclaration préalable ne mentionne pas que les travaux ont déjà été réalisés, dès lors que cette circonstance, qui ressortait en tout état de cause du dossier de déclaration préalable, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté par lequel le maire de Royan ne s'est pas opposé aux travaux en cause.
8. En quatrième lieu, la circonstance que les travaux ont été réalisés avant l'édiction de l'arrêté de non-opposition et n'ont dès lors pas pu respecter les prescriptions énoncées dans cet arrêté n'est pas de nature à en affecter la légalité. Il en résulte que la SCI La Chenaie ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de la prescription relative aux termites prévue par l'article 2 de l'arrêté attaqué.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine (AVAP) de la commune de Royan approuvé le 14 octobre 2019 : " Aucune modification de l'aspect extérieur des immeubles nus ou bâtis situés à l'intérieur d'une AVAP (transformation, construction nouvelle, démolition, déboisement) ne peut être effectuée sans l'accord de l'Architecte des Bâtiments de France, qui vérifie la conformité du projet avec les dispositions réglementaires de l'AVAP ".
10. Il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux a fait l'objet d'un avis favorable de l'Architecte des Bâtiments de France le 1er janvier 2022 assorti d'une prescription. D'une part, la requérante ne peut utilement se prévaloir de la circonstance que les travaux ont été réalisés avant que l'Architecte des Bâtiments de France n'émette son avis pour soutenir que cet avis est entaché d'un défaut d'examen dès lors que ce dernier est seulement tenu de se prononcer sur les projets qui lui sont soumis. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'Architecte des Bâtiments de France était saisi d'une déclaration préalable de travaux portant sur une clôture mitoyenne déposée par M. A, propriétaire de la parcelle . Dans ces conditions, la circonstance qu'il a prescrit de replanter des arbres sur cette seule parcelle et non sur la parcelle mitoyenne appartenant à la requérante n'est pas de nature à avoir entaché son avis d'une erreur manifeste d'appréciation. Le moyen tiré de l'illégalité de l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France sera en conséquence écarté.
11. En sixième lieu, si la requérante semble soutenir que le projet méconnaît l'article UE 5 3) du plan local d'urbanisme de Royan, qui précise que " Les clôtures en limites séparatives devront comporter un retour sur 5 mètres de la clôture sur rue et ensuite elles seront soit végétales avec interposition d'un grillage d'une hauteur maximale fixée à 1,50 m, soit constituées d'un muret d'une hauteur limitée à 0,90 m surmonté de grilles. " au motif qu'il ne prévoit pas de retour de 5 mètres de la clôture sur rue, il est constant qu'aucune des deux parcelles mitoyennes en cause ne comporte une clôture sur rue de sorte que le projet, lequel consiste en outre en une reconstruction à l'identique d'une clôture existante effondrée, ne pouvait pas prévoir de retour de la clôture sur rue. Ce moyen sera donc écarté comme inopérant.
12. En septième et dernier lieu, l'arrêté de non opposition n'ayant d'autre objet que d'autoriser une construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, l'administration n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les articles R 431-35 et suivants du code de l'urbanisme, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.
13. En l'espèce, si la SCI La Chenaie soutient que l'arrêté attaqué a été délivré suite à un comportement frauduleux du pétitionnaire, lequel a installé de son côté de la clôture reconstruite en mai 2020 une palissade en bois, qui occulte la clôture et la vue sur la parcelle voisine et qui n'est pas mentionnée dans la déclaration préalable, cette circonstance, à la supposer établie, ne saurait être qualifiée de fraude dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que le pétitionnaire a réalisé une clôture mitoyenne conforme à sa déclaration préalable et à l'arrêté litigieux. Par suite, le moyen tiré du comportement frauduleux du pétitionnaire sera écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède que la SCI La Chenaie n'est pas fondée, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, à demander l'annulation de l'arrêté du 25 janvier 2022 par lequel le maire de Royan ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par M. A.
Sur les frais liés au litige :
15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SCI La Chenaie la somme de 1 200 euros à verser à la commune de Royan au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de la commune de Royan, qui n'est pas la partie perdante.
Sur les dépens :
16. Aucun dépens n'ayant été exposé dans le cadre de la présente instance, les conclusions présentées à ce titre par la société requérante ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI La Chenaie est rejetée.
Article 2 : La SCI La Chenaie versera à la commune de Royan la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI La Chenaie, à la commune de Royan et à Mr Bernard A.
Délibéré après l'audience du 9 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Bris, présidente,
Mme Dumont, première conseillère,
Mme Balsan-Jossa, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
La rapporteure,
G. DUMONT
La présidente,
I. LE BRIS
Le greffier,
S. GAGNAIRE
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026