jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200599 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C+ |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MICHEL LEDOUX & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 4 mars 2022 et le 22 novembre 2023, M. A B, représenté par la SCP Michel Ledoux et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur général de l'armement a rejeté son recours gracieux formé le 9 novembre 2021 tendant à l'attribution de l'allocation spécifique de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'armement d'instruire sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision en litige est entachée d'une erreur de droit en tant qu'elle conditionne le bénéfice de l'allocation à la possession de la qualité d'agent public à la date de la demande et d'une erreur de fait dès lors que le risque à l'origine de la demande n'a pas disparu quel que soit son statut actuel.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 mars 2024, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2006-418 du 7 avril 2006 ;
- l'arrêté du 21 avril 2006 relatif à la liste des professions, des fonctions et des établissements ou parties d'établissements permettant l'attribution d'une allocation spécifique de cessation anticipée d'activité à certains ouvriers de l'Etat, fonctionnaires et agents non titulaires du ministère de la défense ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boutet,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été employé par la direction générale de l'armement, en qualité d'agent contractuel d'encadrement des branches bureau d'études du 1er février 1991 au 31 décembre 2001 sur le site de la direction des constructions navales (DCN) " Equipements navals " de Ruelle. Le 19 juillet 2021, il a sollicité le bénéfice de l'allocation spécifique de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante au titre de l'arrêté du 7 avril 2006 relatif à la liste des professions, des fonctions et des établissements ou parties d'établissements permettant l'attribution d'une allocation spécifique de cessation anticipée d'activité à certains ouvriers de l'Etat, fonctionnaires et agents non titulaires du ministère de la défense. Par décision du 14 octobre 2021, le directeur général de l'armement a rejeté sa demande sur le fondement de l'article 1er du décret n° 2006-418 du 7 avril 2006 au motif que l'intéressé ne disposait pas de la qualité d'agent public à la date de sa demande. Le recours de M. B contre la décision implicite de rejet de du recours gracieux qu'il a formé le 9 novembre 2021 doit être regardé comme dirigé contre la décision initiale du 14 octobre 2021 de refus de sa demande l'allocation spécifique de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 1er du décret du 7 avril 2006 relatif à l'attribution d'une allocation spécifique de cessation anticipée d'activité à certains fonctionnaires et agents non titulaires relevant du ministère de la défense : " Une allocation spécifique de cessation anticipée d'activité est versée, sur leur demande, aux fonctionnaires et agents non titulaires relevant du ministère de la défense qui sont ou ont été employés dans des établissements ou parties d'établissement de construction ou de réparation navales de ce ministère, sous réserve qu'ils cessent toute activité professionnelle, lorsqu'ils remplissent les conditions suivantes : 1° Travailler ou avoir travaillé dans un des établissements ou parties d'établissements mentionnés ci-dessus et figurant sur une liste établie par arrêté des ministres chargés de la défense, du budget, du travail, de la sécurité sociale et de la fonction publique, pendant des périodes fixées dans les mêmes conditions, au cours desquelles étaient traités l'amiante ou des matériaux contenant de l'amiante ; 2° Avoir exercé, pendant les périodes mentionnées au 1°, une fonction figurant sur une liste établie par arrêté des ministres chargés de la défense, du budget, du travail, de la sécurité sociale et de la fonction publique ; 3° Avoir atteint l'âge prévu à l'article 3. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'activité d'" agent d'encadrement des branches bureau d'études " exercée par M. B sur le site de la DCN " équipements naval " de Ruelle dans les ateliers de production microélectroniques et dans les magasins entre février 1991 et décembre 2001 figure sur la liste des professions et établissements ouvrant droit au bénéfice de l'allocation spécifique de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante, en application de l'arrêté du 21 avril 2006 relatif à la liste des professions, des fonctions et des établissements ou parties d'établissements permettant l'attribution d'une allocation spécifique de cessation anticipée d'activité à certains ouvriers de l'Etat, fonctionnaires et agents non titulaires du ministère de la défense.
4. Pour refuser d'accorder à M. B le bénéfice de l'allocation spécifique de cessation anticipée d'activité, le directeur général de l'armement s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé était devenu salarié de droit privé depuis 2003 et n'avait ainsi plus la qualité d'agent public à la date de sa demande formulée le 19 juillet 2021. Toutefois, contrairement à ce que soutient l'administration, il ne résulte pas des dispositions précitées du 1° de l'article 1er du décret du 7 avril 2006 que le bénéficiaire de l'allocation doit avoir gardé la qualité d'agent public au moment de sa demande. Par ailleurs, en instituant l'allocation spécifique de cessation anticipée d'activité, le décret précité a entendu permettre aux fonctionnaires et agents non titulaires du ministère des armées qui ont été effectivement exposés à l'amiante, de cesser leur activité de manière précoce afin qu'il soit tenu compte du risque élevé de baisse d'espérance de vie de ces personnels. Eu égard à son objet, il ne saurait, sauf à méconnaître le principe d'égalité, être interprété comme excluant du bénéfice du régime plus avantageux de l'allocation spécifique de cessation anticipée d'activité M. B au seul motif qu'il n'était plus agent public à la date de sa demande. Par suite, le directeur général de l'armement a fait une inexacte application des dispositions de l'article 1er du décret du 7 avril 2006 en refusant pour ce motif d'attribuer l'allocation en litige en M. B.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la décision du 14 octobre 2021 par laquelle le directeur général de l'armement a refusé d'accorder à M. B l'allocation spécifique de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Il y a lieu d'enjoindre au directeur général de l'armement de réexaminer la demande d'allocation de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante présentée par M. B dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros que M. B demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 14 octobre 2021 par laquelle le directeur général de l'armement a refusé d'accorder à M. B l'allocation spécifique de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur général de l'armement de réexaminer la demande M. B dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jarrige, président,
Mme Boutet, première conseillère,
Mme Dumont, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. BOUTET
Le président,
Signé
A. JARRIGE
La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026