mardi 28 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200605 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | VACHER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 mars 2022 et le 30 mars 2023, la société à responsabilité limitée (SARL) Le 430, représentée par Me Vacher, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 10 janvier 2022 par laquelle le directeur départemental des finances publiques de la Charente-Maritime a confirmé les décisions des 27 février, 24 mars, 22 avril, 16 mai et 15 juillet 2021 par lesquelles le directeur général des finances publiques a refusé de lui accorder le bénéfice de l'aide aux entreprises, prévue par le fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, au titre des mois de janvier à mai 2021 ;
2°) d'enjoindre à la direction générale des finances publiques, à titre principal, de lui accorder l'aide instituée par le fonds de solidarité liée à l'épidémie de Covid-19 d'un montant de 10 000 euros, soit un montant total de 30 000 euros au titre des mois de janvier à mars 2021 et, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen des demandes qu'il a déposées au titre des mois d'avril et mai 2021 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est décisoire ; elle indique à tort que les contentieux liés au fonds de solidarité ne relèvent pas du contentieux fiscal et peut être contestée devant la juridiction administrative ;
- la décision attaquée, à l'instar des réponses à ses demandes d'octroi de l'aide au fonds de solidarité qui lui ont été adressées au cours du premier semestre 2021 par l'administration fiscale via la messagerie sécurisée, est entachée d'un défaut de motivation et n'indique pas les voies et délais de recours ouverts à son encontre ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions du décret n°2020-371 du 30 mars 2020 dont l'interprétation officielle publiée en 2020 par le ministre de l'économie et des finances prévoit qu'en cas de fusion-absorption, le chiffre d'affaires de référence doit être calculé en additionnant les chiffres d'affaires réalisés par la société absorbante et par les sociétés absorbées, ce qui a d'ailleurs été fait pour les mois de novembre et décembre 2020 ; elle revendique, sur ce point, le bénéfice de la garantie contre les changements de doctrine de l'administration instituée au profit des contribuables en application de l'alinéa 2 de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales ;
- l'administration fiscale a entaché la décision attaquée d'un détournement de procédure.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 25 avril 2022 et le 3 juillet 2023, le directeur départemental des finances publiques de la Charente-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la société requérante n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020, modifié ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Raveneau,
- et les conclusions de M. Romain Pipart, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) Le 430 exerce une activité de restauration depuis le 9 janvier 2015. Elle a été enregistrée au registre du commerce et des sociétés (RCS) de La Rochelle sous le numéro du système d'identification du répertoire des entreprises (SIREN) 808 968 184. Elle a procédé, le 30 novembre 2019, à la fusion-absorption d'une autre société dénommée Le 430, créée le 7 décembre 2010 et enregistrée au RCS sous le numéro SIREN 528 988 215, exerçant dans le même secteur d'activité, à la suite d'une transmission universelle de patrimoine. La société requérante a sollicité les 27 février, 24 mars, 21 avril, 16 mai et 12 juillet 2021, pour son compte et pour celui de la société absorbée, la subvention allouée par le fonds de solidarité à destination des entreprises cofinancé par l'Etat et les régions à raison de leurs pertes d'exploitation constatées pour les mois de janvier à mai 2021, estimant qu'elle pouvait prétendre au versement pour chaque mois d'une somme de 10 000 euros à ce titre compte tenu du chiffre d'affaires mensuel moyen réalisé par les deux sociétés au titre des mois de janvier à mai 2019, période de référence. Par des décisions notifiées sur la messagerie sécurisée de la direction générale des finances publiques les 27 février, 24 mars, 22 avril, 16 mai et 15 juillet 2021, l'administration fiscale a rejeté ces demandes. Par un premier courrier du 22 juin 2021 resté sans réponse puis par un nouveau courrier du 8 décembre 2021, reçu le 13 décembre 2021, la société requérante a contesté ces refus d'octroi de l'aide sollicitée. La SARL Le 430 demande l'annulation de la décision du 10 janvier 2022 par laquelle le directeur départemental des finances publiques de la Charente-Maritime a rejeté son recours et confirmé les décisions des 27 février, 24 mars, 22 avril, 16 mai et 15 juillet 2021 lui refusant le bénéfice de l'aide aux entreprises, prévue par le fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, au titre des mois de janvier à mai 2021.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. L'article 1er de l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 a institué un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation. En application de l'article 3 de cette ordonnance, le décret du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation a fixé le champ d'application du dispositif et les conditions d'éligibilité aux aides allouées par ce fonds. Les articles 3-19, 3-22, 3-24, 3-26 et 3-27 du décret du 30 mars 2020 fixent les conditions d'éligibilité et d'attribution des aides ainsi que le montant versé selon la perte de chiffre d'affaires qui est définie comme la différence entre le chiffre d'affaires au cours du mois pour lequel l'aide est sollicitée et le chiffre d'affaires de référence défini comme le chiffre d'affaires réalisé durant le mois de l'année 2019 correspondant au mois pour lequel l'aide est sollicitée, ou le chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019, si cette option est plus favorable à l'entreprise.
3. Aux termes de l'article 1844-5 du code civil : " () En cas de dissolution, celle-ci entraîne la transmission universelle du patrimoine de la société à l'associé unique, sans qu'il y ait lieu à liquidation. Les créanciers peuvent faire opposition à la dissolution dans le délai de trente jours à compter de la publication de celle-ci. Une décision de justice rejette l'opposition ou ordonne soit le remboursement des créances, soit la constitution de garanties si la société en offre et si elles sont jugées suffisantes. La transmission du patrimoine n'est réalisée et il n'y a disparition de la personne morale qu'à l'issue du délai d'opposition ou, le cas échéant, lorsque l'opposition a été rejetée en première instance ou que le remboursement des créances a été effectué ou les garanties constituées. () ".
4. Eu égard aux effets d'une transmission universelle de patrimoine, la société requérante, en tant que société absorbante qui ne peut être considérée comme distincte de la société absorbée, doit être regardée comme ayant poursuivi l'exploitation de celle-ci. Dans ces conditions, et eu égard à l'objectif du décret susvisé du 30 mars 2020, qui institue un fonds de solidarité destiné aux entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, la SARL Le 430 était fondée à retenir comme chiffre d'affaires de référence, au sens des articles 3-19, 3-22, 3-24, 3-26 et 3-27 de ce décret applicables aux demandes d'aides formées respectivement au titre des mois de janvier, février, mars, avril et mai 2021, non seulement son propre chiffre d'affaires, mais également le chiffre d'affaires mensuel moyen au titre de l'année 2019 de la société qu'elle a absorbée.
5. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur de droit commise par l'administration fiscale dans la détermination du chiffre d'affaires de référence et entachant la décision de refus d'octroi d'aide doit être accueilli. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la décision du 10 janvier 2022 du directeur départemental des finances publiques de la Charente-Maritime doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. L'exécution du présent jugement implique seulement que les demandes d'aides présentées par la SARL Le 430 pour les mois de janvier à mai 2021 soient réexaminées. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au directeur départemental des finances publiques de la Charente-Maritime de procéder à ce réexamen dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la SARL Le 430 et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 10 janvier 2022 par laquelle le directeur départemental des finances publiques de la Charente-Maritime a confirmé les décisions des 27 février, 24 mars, 22 avril, 16 mai et 15 juillet 2021 rejetant les demandes d'aide exceptionnelle présentées par la SARL Le 430 pour les mois de janvier à mai 2021, est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur départemental des finances publiques de la Charente-Maritime de procéder au réexamen des demandes de la SARL Le 430 tendant au bénéfice de l'aide financière exceptionnelle au titre du fonds de solidarité lié à l'épidémie de covid-19 pour les mois de janvier à mai 2021 dans un délai d'un mois à compter du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à la SARL Le 430 une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Le 430 et à la direction départementale des finances publiques de la Charente-Maritime.
Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
Mme Bréjéon, première conseillère,
M. Raveneau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.
Le rapporteur,
Signé
F. RAVENEAU
Le président,
Signé
L. CAMPOY La greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026