lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200628 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ROUCHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 10 mars 2022, 1er juillet 2022 et 6 juin 2024, Mme H E et Mme D I, représentées par Me Rouché, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 septembre 2021 par lequel le maire de la commune de Marsilly (Charente-Maritime) a délivré à Mme G A et M. F C un permis de construire pour la réalisation d'une maison individuelle et d'un préau sur un terrain situé 14 rue Patrice Walton ainsi que la décision implicite portant rejet de leur recours gracieux formé le 10 novembre 2021 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 juillet 2023 par lequel le maire de Marsilly a délivré à Mme A et M. C un permis de construire modificatif concernant la réalisation de deux murs de clôture et l'installation d'un portail ;
3°) d'écarter des débats la pièce produite par la commune de Marsilly intitulée " compte-rendu réunion de médiation " datée du 13 décembre 2021 ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Marsilly ainsi que de Mme A et M. C une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- en tant que voisines immédiates du projet, elles justifient d'un intérêt à agir contre les arrêtés en litige, notamment en tant qu'ils autorisent la construction d'un préau d'une hauteur de 4 mètres sur une longueur de plus de 14 mètres, en engendrant de cette manière un préjudice visuel ainsi que d'ensoleillement pour leur propriété ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet au regard des dispositions des articles R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme en l'absence de précision quant à l'état initial du terrain et de ses abords et quant au traitement des végétations et des espaces libres ; la notice indique, à tort, que le terrain ne comporte pas de végétation à l'exception d'un arbre, devant être supprimé et remplacé ; la suppression des vignes plantées sur le terrain avant le dépôt du dossier de demande démontre l'intention des pétitionnaires de tromper le service instructeur et caractérise dès lors une fraude ;
- le dossier comporte des informations contradictoires susceptibles de fausser l'appréciation portée par l'administration en ce qui concerne la composition et la superficie du terrain d'assiette du projet ainsi que sur son insertion dans un lotissement, d'une part, en ce que le formulaire de demande indique que le terrain d'assiette est uniquement composé de la parcelle cadastrée section ZH n°399p, à savoir, la parcelle nouvellement cadastrée section ZH n°511 alors que l'insertion paysagère annexée à leur demande démontre qu'ils envisagent d'imperméabiliser la parcelle ZH 512 et d'y ajouter un retour de muret et, d'autre part, que le formulaire Cerfa indique en son encadré n°3.2 que le terrain n'est pas situé dans un lotissement alors que la notice architecturale indique, quant à elle, que " le projet se situe sur une parcelle cadastrée ZH n°399p issue d'une division de propriété des parcelles ZH n°398 et 399 " ;
- le projet contesté méconnait l'article 1.6 des dispositions générales du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la communauté d'agglomération de La Rochelle et les articles 2, 4 et 5 de l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) " Construire aujourd'hui " dès lors que les ouvrages à édifier ou modifier ne doivent pas porter atteinte aux sites ou aux paysages naturels ou urbain du secteur dans lequel ils sont situés et que les façades des nouvelles constructions doivent être positionnées en cohérence par rapport à la rue et en continuité avec les bâtiments adjacents ; or, en l'espèce, le projet n'identifie pas les vignes existantes sur la parcelle constituant manifestement des éléments du paysage naturel et urbain qui auraient dû être conservés et valorisés ; de plus le bâtiment annexe prévu en limite ouest n'est pas positionné en cohérence par rapport à la rue, ni implanté en continuité des bâtiments adjacents, tant par rapport à la construction principale que par rapport aux constructions mitoyennes voisines ;
- le projet litigieux méconnait l'article UD 4.2 du règlement du PLUi relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives dès lors que l'implantation de la construction principale est envisagée à seulement 3 mètres de la limite séparative alors qu'elle présente une hauteur au faîtage de 4,06 mètres, de sorte que la distance de retrait à respecter par rapport à la limite séparative devait être de 4,06 mètres ;
- il méconnait l'article UD 5.1 du règlement du PLUi en application duquel 75% de la surface favorable à la nature doit être traitée sous forme d'espaces de pleine terre dès lors, d'une part, que la parcelle cadastrée section ZH n°512 fait partie du projet alors que le terrain pris en considération par les pétitionnaires pour le calcul du coefficient de biotope présente une surface déclarée de 711 m² correspondant à la seule surface de la parcelle actuellement cadastrée section ZH n°511 et, d'autre part, que si, comme l'indique la notice architecturale, le projet en litige dispose bien d'une surface favorable à la nature de 351,23 m², seulement 64,45 % de cette surface est de pleine terre (226,47 m²) ;
- il méconnait l'article UD 5.2 du règlement du PLUi dès lors que l'implantation de l'annexe projetée (préau), d'une hauteur de 4 mètres, est envisagée sur la quasi-totalité de la limite séparative nord-ouest alors même qu'aucune construction voisine n'est édifiée en limite séparative, que le projet ne prend pas en considération les masses végétales existantes et, en particulier, les vignes présentent sur la parcelles et enfin que la bande plantée imposée par les dispositions du PLUi ainsi que les espaces de stationnement ne font l'objet d'aucun traitement paysager d'ensemble ;
- la commune de Marsilly, en produisant le compte-rendu intitulé " réunion de médiation ", a méconnu le principe de confidentialité de la médiation, consacré par l'article L. 213-2 du code de justice administrative ; cette pièce doit dès lors être écartée des débats.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 30 août 2022 et 2 mai 2024, et un mémoire non communiqué enregistré le 2 août 2024, Mme A et M. C, représentés par Me Dunyach, concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de Mmes E et I en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 mai, 14 mai et 4 juillet 2024, la commune de Marsilly conclut au rejet de la requête et à ce que les frais liés à l'instance soient mis à la charge de Mme E et Mme I.
Elle soutient que :
- les requérantes ne présentent pas d'intérêt à agir contre les arrêtés en litige compte tenu de l'absence de perte d'ensoleillement depuis leur propriété en raison de la construction du préau et dès lors qu'est autorisée la construction d'un ouvrage à plus de 3 mètres des limites séparatives ;
- les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Par un courrier du 1er octobre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que les conclusions de la commune de Marsilly tendant au remboursement des frais irrépétibles sont irrecevables en tant qu'elles ne sont pas chiffrées.
Un mémoire, présenté par Mme E et Mme I, a été enregistré le 4 octobre 2024, en réponse au moyen relevé d'office.
Vu :
- l'ordonnance du juge des référés n° 2201435 du 6 juillet 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 95-125 du 8 février 1995 ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bréjeon,
- les conclusions de M. Pipart, rapporteur public,
- et les observations de M. B, maire de la commune de Marsilly, et de Me Dunyach, représentant M. C et Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Le 19 juillet 2021, Mme G A et M. F C ont demandé la délivrance d'un permis de construire pour la réalisation d'une maison individuelle et d'un préau sur une parcelle cadastrée section ZH n° 399, située 14 rue Patrice Walton sur le territoire de la commune de Marsilly (Charente-Maritime). Par un arrêté du 14 septembre 2021, le maire de Marsilly leur a délivré le permis de construire sollicité. Mme I, propriétaire d'une maison d'habitation située au 14 bis rue Patrice Walton, et Mme E, résidant dans cette habitation, ont présenté un recours gracieux contre cet arrêté le 10 novembre 2021, lequel a implicitement été rejeté. Par arrêté du 21 juillet 2023, le maire de Marsilly a délivré à M. C et Mme A un permis de construire modificatif pour la création de deux murs de clôture et l'installation d'un portail au niveau de l'accès à la parcelle. Par leur requête, Mme I et Mme E demandent l'annulation des deux arrêtés des 14 septembre 2021 et 21 juillet 2023, ensemble le rejet implicite de leur recours gracieux
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. " et de l'article R. 431-9 de ce code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. () "
3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. D'une part, il ressort de la notice paysagère que le projet se situe sur la parcelle cadastrée ZH n° 399p, que le terrain est clôturé d'un mur ou grillage qui seront conservés et qu'il ne contient pas de végétation à l'exception d'un seul arbre qui sera supprimé et remplacé. Elle précise, en outre, que le projet consiste en la construction d'une maison individuelle et d'un préau couvert indépendant, en l'aménagement d'un jardin engazonné et en la plantation de trois arbres sur l'espace libre. En outre, les vignes auparavant plantées sur le terrain ayant été arrachées avant la vente du terrain et avant le dépôt de la demande du permis de construire, le traitement réservé à celles-ci n'avait pas à être précisé dans la notice paysagère. Dans ces conditions, les requérantes ne sont pas fondées à soutenir que le dossier de demande du permis de construire en litige serait incomplet en l'absence de précision quant à l'état initial du terrain d'assiette du projet et quant au traitement des végétations et espaces libres.
5. D'autre part, si le dossier de demande de permis de construire est ainsi entaché d'une incohérence en ce qu'il indique que le projet porte sur la parcelle cadastrée section ZH n° 399p, de 711 m2 de superficie, dès lors que le projet porte sur la parcelle n° ZH 511, créée à la suite d'une division parcellaire de la parcelle n° 399p réalisée au cours de l'année 2021, celle-ci n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la règlementation dès lors que la parcelle en cause est clairement identifiée sur les plans fournis et sa surface, de 711 m2, également précisée au dossier. Par ailleurs, la circonstance que la parcelle terrain d'assiette du projet soit issue d'une division parcellaire ne signifie pas qu'elle est issue d'un lotissement, de sorte que le formulaire de demande de permis de construire, lequel indique que le terrain n'est pas situé dans un lotissement, ne comporte pas d'information erronée. Par conséquent, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point 2 doit être écarté.
6. En deuxième lieu, les requérantes soutiennent que le permis de construire en litige a été obtenu par fraude au motif que les vignes auparavant plantées sur le terrain d'assiette du projet ont été retirées avant le dépôt de la demande de permis de construire.
7. La caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme. Une information erronée ne peut, à elle seule, faire regarder le pétitionnaire comme s'étant livré à l'occasion du dépôt de sa demande à des manœuvres destinées à tromper l'administration.
8. En l'espèce, s'il ressort des pièces du dossier qu'ainsi que le soutiennent les requérantes, les vignes implantées sur le terrain d'assiette du projet ont été arrachées par le précédent propriétaire de ce terrain, avant l'acquisition de celui-ci par Mme A et M. C, Mme I et Mme E ne démontrent pas l'existence de manœuvres destinées à tromper l'administration dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme alors, au demeurant, que les vignes concernées apparaissent sur les photographies fournies lors du dépôt du dossier de demande de permis de construire.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article 1.6.1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté d'agglomération de La Rochelle : " Le projet peut être refusé, ou être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales, si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. Les constructions doivent s'intégrer harmonieusement aux lieux avoisinants ainsi qu'aux paysages environnants. Ce principe général concerne aussi bien l'édification de constructions nouvelles que toute intervention sur des bâtiments et des aménagements existants (restauration, transformation, extension). "
10. Si les requérantes soutiennent que le projet en litige méconnait les dispositions précitées dès lors qu'il porte atteinte aux sites et paysages environnants, le moyen ainsi soulevé n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
11. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation ". Il résulte de ces dispositions qu'une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu'elle prévoit sont incompatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation (OAP) d'un PLU et, en particulier, en contrarient les objectifs.
12. Aux termes de l'article 2.1 de la fiche n° 2 " énergie " des orientations d'aménagement et de programmation " Construire aujourd'hui ", qui couvrent l'ensemble de la zone UD dans laquelle se situe le terrain d'assiette du projet : " Il convient de concevoir les bâtiments de telle sorte qu'ils bénéficient au mieux des apports solaires. Le but est de minimiser la consommation de chauffage, de profiter de la luminosité naturelle, de faciliter l'exploitation d'énergies renouvelables pour le chauffage, la production d'eau chaude sanitaire et/ou la production d'électricité tout en limitant les surchauffes d'été. La position de la parcelle par rapport à la voirie ainsi que l'exposition du bâtiment vis-à-vis de l'ensoleillement constituent deux paramètres majeurs pour définir l'implantation d'un bâtiment. De façon générale, il convient : - d'implanter le bâtiment en limite de parcelle afin de limiter les espaces résiduels, les espaces courants d'airs ; / - de privilégier les implantations en mitoyenneté afin de profiter de l'inertie thermique des bâtiments voisins et de réduire la surface de parois froides ; () ". Aux termes de l'article 2.2 de cette même fiche : " La forme du bâtiment a une incidence sur la prise au vent et sur la consommation énergétique. Il convient donc : - d'éviter autant que possible de générer des ombres portées sur les bâtiments avoisinants ; / - de favoriser les formes compactes pour les parties chauffées, afin de réduire les surfaces avec déperdition de chaleur : éviter les formes complexes et éclatées. La compacité d'un bâtiment ou d'un ensemble de bâtiments est le rapport entre le volume et la surface de parois froides (en contact avec l'extérieur). Plus cette valeur est grande, moins le bâtiment aura de déperdition ; (). " Enfin, aux termes de l'article 4.2 de la fiche n° 4 " Projets de nouvelles habitations " : " La rue organise la vie et structure le tissu urbain. Les implantations des nouveaux bâtiments seront étudiées de manière à positionner la façade en cohérence par rapport à la rue (parallèle ou perpendiculaire) et en continuité avec les bâtiments adjacents. () "
13. Les circonstances invoquées par les requérantes tirées, d'une part, de ce que le bâtiment dont la construction est projetée n'est pas positionné en cohérence par rapport à la rue, alors qu'il est situé en second rang, ni en continuité avec les bâtiments adjacents et, d'autre part, de ce qu'il ne favoriserait pas, de par son implantation, les apports solaires, ne suffisent à établir qu'il existerait une incompatibilité du projet avec les objectifs de l'OAP " Construire aujourd'hui ".
14. En cinquième lieu, l'article UD 4.2.2 du règlement du PLUi de La Rochelle dispose que le retrait des constructions par rapport aux limites séparatives est supérieur ou égal à la hauteur de ces constructions. Il ressort du lexique annexé au règlement du PLUi de La Rochelle que la marge de recul imposée par rapport aux limites séparatives correspond à la distance mesurée perpendiculairement entre la construction et le point le plus proche de la limite séparative. Il est en outre indiqué que lorsque la règle définit une marge de recul proportionnelle à la hauteur de la construction, la hauteur est calculée à compter du sol existant avant travaux en tout point de la construction jusqu'au point le plus haut de la façade.
15. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du plan de masse fourni en défense et sur lequel figure le cachet du maire de la commune, que la construction principale projetée est implantée en retrait par rapport à la limite séparative d'une distance de 3,20 mètres et que la façade donnant sur cette limite séparative présente une hauteur de 2,80 mètres. Dans ces conditions, les requérantes ne sont pas fondées à soutenir que l'arrêté en litige méconnait les dispositions de l'article UD 4.2.2 du règlement du PLUi.
16. En sixième lieu, l'article UD 5.1 du règlement du PLUi dispose que : " L'aménagement des terrains doit comprendre une part minimale de surfaces favorables à la nature. () " et prévoit un coefficient de biotope de 40% dont 75% minimum de pleine terre pour un terrain situé dans la zone UD1 dont la surface est supérieure à 501 m2.
17. Il ressort de la notice paysagère que la surface libre sur le terrain d'une superficie totale de 711 m2 sera de 351,23 m2 dont 226,47 m2 en pleine terre. Si les requérantes soutiennent que ces calculs sont erronés dès lors que la surface de la parcelle ZH n° 512 est à intégrer dans la surface totale du projet, il ressort des pièces du dossier, et en particulier du dossier de demande de permis de construire, ainsi qu'il a été dit au point 5, que le projet en litige porte uniquement sur la parcelle n° ZH 511 d'une surface de 711 m2. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut qu'être écarté.
18. En dernier lieu, l'article UD 5.2. " Aspect qualitatif " du règlement du PLUi dispose : " Les espaces libres aux abords de la construction doivent être traités avec un soin particulier afin de participer à leur insertion dans le site, à l'amélioration du cadre de vie et à la gestion de l'eau pluviale. Le projet paysager doit s'appuyer sur les caractéristiques du projet de construction (emprise, hauteurs et implantations) et les composantes du site préexistant, en tenant compte notamment de l'implantation des constructions avoisinantes, de la forme de la parcelle, de la topographie, des masses végétales existantes. Selon leur nature ou leur vocation (espaces de circulation, jardins, terrasses), le traitement paysager des espaces libres doit être approprié à leur fonction et au contexte environnant en tenant compte : - de l'organisation du bâti sur le terrain. Ils doivent être conçus comme un accompagnement ou un prolongement des constructions ; - de la composition des espaces libres voisins, afin de participer à une mise en valeur globale ; - de la topographie, la géologie et de la configuration du terrain afin que leur conception soit adaptée à la nature du terrain, notamment pour répondre à des problématiques de ruissellement ; - de l'ensoleillement, lorsqu'il s'agit d'aménagements paysagers végétalisés ; - de la problématique de la gestion des eaux pluviales, s'agissant de la composition et du traitement des espaces libres. "
19. Si les requérantes invoquent la méconnaissance des dispositions précitées au motif que le projet en litige ne tient pas compte des constructions avoisinantes, de la forme de la parcelle ni de la topologie des masses végétales existantes, que le préau doit être édifié en limite séparative alors qu'aucune construction voisine n'est construire en limite séparative et, enfin, qu'une implantation en retrait aurait pu assurer l'ensoleillement des constructions voisines et permettre à l'annexe de s'inscrire en continuité de la construction principale, elles ne précisent cependant pas en quoi le traitement paysager du projet ne prend pas en compte le contexte environnant et les constructions voisines. Ce moyen doit dès lors être écarté comme dépourvu des précisions permettant d'en apprécier la portée ainsi que son bien-fondé.
20. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune de Marsilly, les conclusions à fin d'annulation du permis de construire initial du 14 septembre 2021 et du permis de construire modificatif du 21 juillet 2023 doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à ce que certaines pièces soient écartées des débats :
21. Aux termes de l'article L. 213-1 du code de justice administrative : " La médiation régie par le présent chapitre s'entend de tout processus structuré, quelle qu'en soit la dénomination, par lequel deux ou plusieurs parties tentent de parvenir à un accord en vue de la résolution amiable de leurs différends, avec l'aide d'un tiers, le médiateur, choisi par elles ou désigné, avec leur accord, par la juridiction. " et aux termes de l'article 21-3 de la loi du 8 février 1995 relative à l'organisation des juridictions et à la procédure civile, pénale et administrative : " Sauf accord contraire des parties, la médiation est soumise au principe de confidentialité. Les constatations du médiateur et les déclarations recueillies au cours de la médiation ne peuvent être divulguées aux tiers ni invoquées ou produites dans le cadre d'une instance judiciaire ou arbitrale sans l'accord des parties. () "
22. Mme I et Mme E demandent au tribunal d'écarter des débats la pièce n° 2 produite par la commune de Marsilly au motif qu'il s'agit du compte-rendu de la médiation organisée entre les parties dont la production méconnait le principe de confidentialité posé par l'article 21-3 précité de la loi du 8 février 1995. Le " compte rendu de réunion de médiation " du 13 décembre 2021 que produit la commune n'est cependant que le compte-rendu, établi par la commune, d'une simple tentative de conciliation qui s'est déroulée le même jour, les requérantes confirmant elles-mêmes qu'aucune véritable médiation n'est jamais intervenue entre elles et les pétitionnaires. Il n'existe ainsi, en tout état de cause, aucune disposition faisant obstacle au pouvoir et au devoir qu'a le juge administratif de joindre au dossier, sur production spontanée d'une partie, des éléments d'information, et de statuer au vu de ces pièces après en avoir ordonné la communication pour en permettre la discussion contradictoire. Il n'y a pas lieu, dès lors, de faire droit à cette demande.
Sur les frais liés au litige :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A et de M. C ainsi que de la commune de Marsilly, qui ne sont pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme I et Mme E demandent au titre des frais liés au litige.
24. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme I et Mme E, ensemble, une somme de 1 300 euros à verser à Mme A et M. C sur le fondement de ces mêmes dispositions. Les conclusions présentées au même titre par la commune de Marsilly, à défaut d'être chiffrées, sont, pour leur part, irrecevables.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de Mme I et Mme E est rejetée.
Article 2 : Mme I et Mme E verseront, ensemble, une somme de 1 300 euros à Mme A et M. C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Marsilly présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme H E, à Mme D I, à Mme G A, à M. F C et à la commune de Marsilly.
Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
Mme Bréjeon, conseillère,
M. Raveneau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
R. BRÉJEON
Le président,
signé
L. CAMPOYLa greffière,
signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026