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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2200683

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2200683

jeudi 26 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2200683
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantPITTI-FERRANDI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 mars et 13 septembre 2022, M. B A, représenté par Me Pitti-Ferrandi, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 novembre 2021 par lequel le maire de Châtelaillon-Plage (Charente-Maritime) ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de lotissement de la parcelle cadastrée section AD n°192 et a délivré à la société à responsabilité limitée (SARL) Carnot un permis de construire pour la réhabilitation d'une maison individuelle, la construction d'un garage, d'une clôture et d'une piscine sur un terrain situé 32 boulevard de la Libération, ainsi que la décision implicite portant rejet de son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Châtelaillon-Plage et de la SARL Carnot une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- sa requête n'a pas entièrement perdu son objet dès lors qu'il conteste également la décision par laquelle le maire de la commune ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de lotissement sur la parcelle cadastrée AD n°192 ;

Sur la décision portant non-opposition à la déclaration préalable de lotissement :

- la décision attaquée méconnait l'article UV 4.2.5 du règlement du PLUi relatif aux limites séparatives ;

- elle méconnait l'article 1.8.1 des dispositions communes à toutes les zones du règlement du PLUi relatif aux places de stationnement ;

Sur la décision délivrant le permis de construire :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle méconnait l'article 1.8.1 des dispositions communes à toutes les zones du règlement du PLUi relatif aux places de stationnement dès lors que le logement créé ne pourra disposer de deux places de stationnement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2022, la SARL Carnot, représentée par Me Baudry, conclut au non-lieu à statuer sur la requête de M. A.

Elle soutient qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête dès lors qu'à sa demande, l'arrêté contesté a été retirée par une décision du maire de Châtelaillon-Plage du 1er juillet 2022.

La requête a été communiquée à la commune de Châtelaillon-Plage qui n'a pas produit d'observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bréjeon,

- les conclusions de M. Pipart, rapporteur public,

- et les observations de Me Giard, représentant M. A, et de Me Raux, représentant la SARL Carnot.

Considérant ce qui suit :

1. Le 5 juillet 2021, la société à responsabilité limitée (SARL) Carnot a déposé un dossier de demande pour la réhabilitation d'une maison individuelle et la construction d'un garage, d'une clôture et d'une piscine sur la parcelle cadastrée section AD n° 1498, située 32 boulevard de la Libération à Châtelaillon-Plage (Charente-Maritime), issue de la division en deux parcelles de l'ancienne parcelle cadastrée section AD n°192. Par un arrêté du 15 novembre 2021, le maire de cette commune lui a délivré le permis de construire sollicité. M. A a présenté un recours gracieux contre cet arrêté le 13 janvier 2022. Du silence du maire est née une décision implicite de rejet. M. A demande l'annulation de cet arrêté en tant qu'il ne s'oppose pas à la division de la parcelle cadastrée section AD n°192 et qu'il délivre à la SARL Carnot le permis de construire sollicité, ainsi que de la décision portant rejet de son recours gracieux.

Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense :

2. D'une part, un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait plus lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite de la requête dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution.

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme : " Constitue un lotissement la division en propriété ou en jouissance d'une unité foncière ou de plusieurs unités foncières contiguës ayant pour objet de créer un ou plusieurs lots destinés à être bâtis ". Aux termes de l'article L. 442-3 de ce code : " Les lotissements qui ne sont pas soumis à la délivrance d'un permis d'aménager doivent faire l'objet d'une déclaration préalable. ". Aux termes de l'article R. 442-2 du même code : " Lorsqu'une construction est édifiée sur une partie d'une unité foncière qui a fait l'objet d'une division, la demande de permis de construire tient lieu de déclaration préalable de lotissement dès lors que la demande indique que le terrain est issu d'une division. ".

4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du maire de Châtelaillon-Plage du 15 novembre 2021 attaqué a été retiré le 1er juillet 2022 par cette même autorité à la demande de la SARL Carnot. Ce retrait qui doit être regardé comme concernant à la fois l'absence d'opposition à la division de la parcelle cadastrée section AD n°192 et le permis de construire sollicité, est postérieur à l'enregistrement de la requête de M. A et présente désormais un caractère définitif. Dès lors, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du maire de Châtelaillon-Plage du 15 novembre 2021.

Sur les frais liés au litige :

5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la requête.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la société à responsabilité limitée Carnot et à la commune de Châtelaillon-Plage.

Délibéré après l'audience du 10 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Campoy, président,

M. Henry, premier conseiller,

Mme Bréjeon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 décembre 2024.

La rapporteure,

signé

R. BRÉJEON

Le président,

signé

L. CAMPOYLa greffière,

signé

D. GERVIER

La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

signé

D. GERVIER

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