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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2200775

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2200775

jeudi 19 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2200775
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantDAVID

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête n° 2200775, enregistrée le 25 mars 2022, Mme C B, représentée par Me David, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 4 janvier 2022 par laquelle le directeur de la maison d'arrêt d'Angoulême a refusé de lui délivrer un permis de visiter M. A ;

3°) d'enjoindre au directeur de la maison d'arrêt d'Angoulême de lui délivrer le permis de visite sollicité dans un délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de lui délivrer le permis de visite sollicité avec un dispositif de séparation physique, dans le même délai ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été prise par une autorité compétente ;

- cette décision a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'elle n'a pas été mise à même de présenter ses observations ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article R. 57-8-11 du code de procédure pénale ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 35 de la loi du 24 novembre 2009 ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article D. 402 du code de procédure pénale ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'article 24 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juin 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 avril 2022.

II. Par une requête n° 2200937, enregistrée le 11 avril 2022, Mme C B, représentée par Me David, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 4 avril 2022 par laquelle le directeur de la maison d'arrêt d'Angoulême a refusé de lui délivrer un permis de visiter M. A ;

3°) d'enjoindre au directeur de la maison d'arrêt d'Angoulême de lui délivrer le permis de visite sollicité, dans un délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de lui délivrer le permis de visite sollicité avec un dispositif de séparation physique, dans le même délai ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision du 4 avril 2022 est entachée d'un vice d'incompétence dès lors que, d'une part, il n'est pas établi que son auteur aurait disposé d'une délégation de signature régulière et que, d'autre part, son nom et sa qualité étant illisibles, il n'est pas possible de savoir s'il est compétent ;

- cette décision a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'elle n'a pas été mise à même de présenter ses observations ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article R. 57-8-11 du code de procédure pénale ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 35 de la loi du 24 novembre 2009 ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article D. 402 du code de procédure pénale ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'article 24 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juin 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention relative aux droits de l'enfant ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de procédure pénale ;

- la loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Boutet,

- les conclusions de M. Pipart, rapporteur public.

Une note en délibéré a été présentée le 13 décembre 2024 par Mme B sous la requête n° 2200937 et n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a sollicité la délivrance d'un permis de visiter M. A, détenu à la maison d'arrêt d'Angoulême depuis le 25 novembre 2021. Sa demande a été rejetée par une décision du 4 janvier 2022 du chef d'établissement. Par une décision du 4 avril 2022, faisant suite à une demande de communication des motifs formée par Mme B, le chef d'établissement de la maison d'arrêt d'Angoulême a confirmé sa décision de refus. Par les présentes requêtes, Mme B demande l'annulation de ces deux décisions.

2. Les requêtes n° 22000775 et n° 2200937, présentées par Mme B présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

3. Par des décisions du bureau d'aide juridictionnelle des 19 avril et 3 juin 2022, postérieures à l'introduction de la requête, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, sa demande tendant à être admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire est devenue sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 4 janvier 2022 et les conclusions à fin d'injonction correspondantes :

4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / (). ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 211-6 du même code : " Lorsque l'urgence absolue a empêché qu'une décision soit motivée, le défaut de motivation n'entache pas d'illégalité cette décision. Toutefois, si l'intéressé en fait la demande, dans les délais du recours contentieux, l'autorité qui a pris la décision devra, dans un délai d'un mois, lui en communiquer les motifs ". Par ailleurs, aux termes de l'article 35 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 : " () Les décisions de refus de délivrer un permis de visite sont motivées ".

5. La décision de refuser, de suspendre ou de retirer un permis de visite constitue une mesure de police administrative tendant à assurer le maintien de l'ordre public et de la sécurité au sein de l'établissement pénitentiaire ou, le cas échéant, la prévention des infractions. Elle doit, par conséquent, être motivée.

6. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 4 janvier 2022 en litige rejette la demande de permis de visiter M. A suite à des " informations émanant du tribunal correctionnel de Bordeaux ", sans comporter de fondement en droit. La circonstance que la décision du 4 avril 2022 du chef d'établissement, prise suite à une demande de communication des motifs par le conseil de la requérante, vise notamment l'article D. 402 du code de procédure pénale et l'article 35 de la loi pénitentiaire, sur lesquels se fonde également la décision du 4 janvier 2022, n'est pas de nature à régulariser le vice tiré de l'absence de motivation en droit de cette première décision. Par suite, le moyen tiré de l'absence de motivation en droit doit être accueilli.

7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée, pour ce motif, à demander l'annulation de la décision du 4 janvier 2022.

8. Eu égard au motif d'annulation retenu au point 6 et seul susceptible de l'être, et alors que le directeur de la maison d'arrêt d'Angoulême a déjà procédé au réexamen de la demande de permis de visite de l'intéressée, qu'il a rejeté par décision du 4 avril 2022, les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme B dans la requête n° 2200775 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 4 avril 2022 et les conclusions à fin d'injonction correspondantes :

9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. ".

10. La décision attaquée comporte la mention du nom et de la qualité de son auteur, le chef d'établissement de la maison d'arrêt d'Angoulême. Par ailleurs, la signature de ce dernier, sur la décision attaquée, est suffisamment lisible, conformément aux exigences posées par les dispositions précitées. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision qu'elle conteste ne respecte pas les exigences prévues par les dispositions de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration.

11. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 57-8-10 du code de procédure pénale, alors en vigueur : " Pour les personnes condamnées, incarcérées en établissement pénitentiaire ou hospitalisées dans un établissement de santé habilité à recevoir des personnes détenues, les permis de visite sont délivrés, refusés, suspendus ou retirés par le chef de l'établissement pénitentiaire. () ".

12. La décision en litige a été signée par le chef d'établissement de la maison d'arrêt d'Angoulême, qui est compétent pour refuser un permis de visite en vertu des dispositions précitées de l'article R. 57-8-10 du code de procédure pénale. Par suite, le moyen tiré du vice de compétence doit être écarté.

13. En troisième lieu, aux termes de l'article L.121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".

14. La décision contestée a été prise suite à la demande de Mme B en date du 17 janvier 2022. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.

15. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 57-8-11 du code de procédure pénale dans sa version applicable au litige : " Le chef d'établissement fait droit à tout permis de visite qui lui est présenté, sauf à surseoir si des circonstances exceptionnelles l'obligent à en référer à l'autorité qui a délivré le permis, ou si les personnes détenues sont matériellement empêchées, ou si, placées en cellule disciplinaire, elles ont épuisé leur droit à un parloir hebdomadaire ".

16. Dès lors qu'aucun permis de visite ne lui a été délivré, Mme B, ne peut utilement soutenir que la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article R. 57-8-11 du code de procédure pénale.

17. En cinquième lieu, si la requérante invoque la méconnaissance de l'article D. 402 du code de procédure pénale, ces dispositions avaient été abrogées à la date de la décision en litige. Ce moyen est donc inopérant.

18. En cinquième lieu, aux termes de l'article 35 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 : " Le droit des personnes détenues au maintien des relations avec les membres de leur famille s'exerce soit par les visites que ceux-ci leur rendent, soit, pour les condamnés et si leur situation pénale l'autorise, par les permissions de sortir des établissements pénitentiaires. Les prévenus peuvent être visités par les membres de leur famille ou d'autres personnes, au moins trois fois par semaine, et les condamnés au moins une fois par semaine. / L'autorité administrative ne peut refuser de délivrer un permis de visite aux membres de la famille d'un condamné, suspendre ou retirer ce permis que pour des motifs liés au maintien du bon ordre et de la sécurité ou à la prévention des infractions. / L'autorité administrative peut également, pour les mêmes motifs ou s'il apparaît que les visites font obstacle à la réinsertion du condamné, refuser de délivrer un permis de visite à d'autres personnes que les membres de la famille, suspendre ce permis ou le retirer. / Les permis de visite des prévenus sont délivrés par l'autorité judiciaire. / Les décisions de refus de délivrer un permis de visite sont motivées ".

19. Comme l'a relevé le chef d'établissement, la requérante ne produit pas d'élément susceptible d'établir qu'elle serait la concubine ou la compagne de M. A, alors que l'administration justifie que ce dernier n'a pas renseigné son numéro de téléphone dans sa demande d'accès à la téléphonie le 30 janvier 2022. Mme B ne peut donc être regardée comme membre de sa famille au sens des dispositions précitées de l'article 35 de la loi pénitentiaire. Par ailleurs, l'intéressée ne conteste pas qu'elle a été condamnée le 14 avril 2017 pour des faits de détention non autorisée de stupéfiants et de remise ou sortie irrégulière de correspondance, somme d'argent ou objet de détenu. Dans ces conditions, et dans un contexte où la sœur de M. A venait de faire l'objet, le 15 février 2022, de trois mois de suspension de son propre permis de visite pour tentative d'introduction de stupéfiants, le chef d'établissement n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article 35 de la loi pénitentiaire en refusant d'accorder un droit de visite à Mme B.

20. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

21. Il résulte des dispositions précitées de l'article 35 de la loi du 24 novembre 2009 et de l'article R. 57-8-10 du code de procédure pénale que les décisions tendant à restreindre, supprimer ou retirer les permis de visite pour les personnes condamnées relèvent du pouvoir de police des chefs d'établissements pénitentiaires. Ces décisions affectant directement le maintien des liens des détenus avec leurs proches, elles sont susceptibles de porter atteinte à leur droit au respect de leur vie privée et familiale protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il appartient en conséquence à l'autorité compétente de prendre les mesures nécessaires, adaptées et proportionnées à assurer le maintien du bon ordre et de la sécurité de l'établissement pénitentiaire ou, le cas échéant, la prévention des infractions sans porter d'atteinte excessive au droit des détenus.

22. Comme cela a été exposé au point 19, Mme B n'apporte aucun élément pour justifier de l'ancienneté et de l'intensité de ses liens avec M. A, dont elle n'établit pas être la compagne. Dans ces conditions, la décision en litige ne porte pas au droit au respect de la vie privée et familiale des intéressés une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Le chef d'établissement n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme en prenant la décision de refus de permis de visite en litige. Il n'a pas non plus entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation des intéressés.

23. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Aux termes de l'article 24 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Dans tous les actes relatifs aux enfants, qu'ils soient accomplis par des autorités publiques ou des institutions privées, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

24. La requérante n'établit pas qu'elle pourrait être accompagnée des enfants de M. A lors de ses visites. Dans ces conditions, alors que l'administration fait valoir que d'autres personnes disposent de l'autorisation de présenter les enfants de M. A, notamment la mère des enfants et la sœur de M. A, dont le permis de visite avait seulement été suspendu une durée pour de trois mois, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de celles de l'article 24 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit, en tout état de cause, être écarté.

25. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme B aux fins d'annulation de la décision du 9 mars 2021 et, par voie de conséquences, les conclusions à fin d'injonction correspondantes doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

En ce qui concerne la requête n° 2200775 :

26. Il n'y pas lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que Mme B demande au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

En ce qui concerne la requête n° 2200937 :

27. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans l'instance n°2200937, la somme de que Mme B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les demandes d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La décision du chef d'établissement de la maison d'arrêt d'Angoulême du 4 janvier 2022 est annulée.

Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, au garde des sceaux, ministre de la justice, ainsi qu'à Me David.

Délibéré après l'audience du 5 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Le Bris, présidente,

Mme Boutet, première conseillère,

Mme Dumont, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.

Le rapporteur,

Signé

M. BOUTET

La présidente,

Signé

I. LE BRIS

La greffière,

Signé

D. GERVIER

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Le greffier en chef,

Signé

S. GAGNAIRE

2, 2200937

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