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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2200825

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2200825

jeudi 19 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2200825
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP KPL AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la requête de Mme A, qui demandait l'annulation d'un permis de construire délivré par le maire d'Aytré à M. et Mme E pour des travaux sur leur propriété. Le tribunal a écarté le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte, une délégation de signature ayant été régulièrement accordée. Il a également jugé que le moyen relatif à l'absence de consultation des services compétents était insuffisamment précisé. Enfin, le tribunal a considéré que le moyen fondé sur l'article L. 5216-5 du code général des collectivités territoriales n'était pas assorti de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 mars 2022, et des mémoires enregistrés les 13 mai et 20 juin 2024, Mme C A, représentée par Me Genty, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 7 octobre 2021 par lequel le maire d'Aytré a accordé à M. et Mme E un permis de construire de permis de construire PC 17 028 21 0051 pour la construction d'une annexe, d'une piscine, la surélévation d'un bâtiment, la modification d'une toiture et la démolition de deux bâtiments sur les parcelles cadastrées section , situées au n ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Aytré et de M. et Mme E une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté en litige a été signée par une autorité incompétente ;

- les services compétents n'ont pas été consultés en méconnaissance des dispositions de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme ;

- la communauté d'agglomération de La Rochelle n'a pas été consultée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 5216-5 du code général des collectivités territoriales ;

- l'arrêté en litige méconnait les dispositions de articles R. 111-2 du code de l'urbanisme et de l'article 1.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) relatif au risque de submersion ;

- il méconnait les dispositions de l'article 1.8.1.B.1 du règlement du PLUi relatif aux règles de stationnement ;

- il méconnait les dispositions de l'article 4.2.4 du règlement du PLUi applicable à la zone UV3 relatif aux règles d'implantation par rapport aux limites séparatives ;

- il méconnait les dispositions de l'article 5.2 du règlement du règlement du PLUi applicable à la zone UV3 relatif au traitement des espaces libres aux abords des constructions ;

- il méconnait les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et de l'article 1.6.2 du règlement du PLUi.

Par des mémoires en défense enregistrés le 25 mai 2022 et le 19 juin 2024, la commune d'Aytré, représentée la SCP KPL Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir ;

- aucun des moyens n'est fondé.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 septembre 2023 et un mémoire enregistré le 21 juin 2024 qui n'a pas été communiqué, M. F et Mme G E, représentés par Me Baudry, concluent au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir ;

- la requête est irrecevable pour tardiveté dès lors que la requérante ne justifie pas de la date à laquelle son recours gracieux a été notifié ;

- la requête est irrecevable dès lors que la requérante n'établit pas avoir notifié son recours gracieux et son recours contentieux aux pétitionnaires ;

- aucun des moyens n'est fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Boutet,

- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,

- et les observations de Me Pielberg, représentant la commune d'Aytré, et de Me Normand de la Tranchade, représentant M. et Mme E.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 7 octobre 202, le maire d'Aytré a accordé à M. et Mme E un permis de construire n° PC 17 028 21 0051 pour la construction d'une annexe, d'une piscine, la surélévation d'un bâtiment, la modification d'une toiture et la démolition de deux bâtiments sur les parcelles cadastrées section , situées au n. Mme A, propriétaire d'une maison d'habitation située au sur la parcelle voisine cadastrée section , demande l'annulation de cette décision et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 5 décembre 2021.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, par arrêté du 20 juillet 2020 régulièrement publié, le maire d'Aytré a donné délégation de signature à M. D B, sixième adjoint, en matière d'urbanisme. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté doit par suite être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur ".

4. Si la requérante soutient qu'il ne ressort pas de l'arrêté contesté que les services compétents auraient été consultés, d'une part, et sur la base d'un dossier complet, d'autre part, le moyen est dépourvu des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 5216-5 du code général des collectivités territoriales : " I. La communauté d'agglomération exerce de plein droit au lieu et place des communes membres les compétences suivantes : 2° En matière d'aménagement de l'espace communautaire : schéma de cohérence territoriale et schéma de secteur ; plan local d'urbanisme, document d'urbanisme en tenant lieu et carte communale ; définition, création et réalisation d'opérations d'aménagement d'intérêt communautaire au sens de l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme ; organisation de la mobilité au sens du titre III du livre II de la première partie du code des transports, sous réserve de l'article L. 3421-2 du même code ; 3° En matière d'équilibre social de l'habitat : programme local de l'habitat ; politique du logement d'intérêt communautaire ; actions et aides financières en faveur du logement social d'intérêt communautaire ; réserves foncières pour la mise en oeuvre de la politique communautaire d'équilibre social de l'habitat ; action, par des opérations d'intérêt communautaire, en faveur du logement des personnes défavorisées ; amélioration du parc immobilier bâti d'intérêt communautaire ; 4° En matière de politique de la ville : élaboration du diagnostic du territoire et définition des orientations du contrat de ville ; animation et coordination des dispositifs contractuels de développement urbain, de développement local et d'insertion économique et sociale ainsi que des dispositifs locaux de prévention de la délinquance ; programmes d'actions définis dans le contrat de ville. 5° Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations, dans les conditions prévues à l'article L. 211-7 du code de l'environnement ; 7° Collecte et traitement des déchets des ménages et déchets assimilés ; 8° Eau ; 9° Assainissement des eaux usées, dans les conditions prévues à l'article L. 2224-8 ; 10° Gestion des eaux pluviales urbaines, au sens de l'article L. 2226-1 ".

6. La requérante soutient que la commune d'Aytré aurait dû requérir l'avis de la communauté d'agglomération de La Rochelle avant d'octroyer le permis de construire en litige, ce qui constitue une irrégularité substantielle. Toutefois, il ne ressort pas des dispositions l'article L.5216-5 du code général des collectivités territoriales qu'elle invoque, qui régissent les transferts de compétences de plein droit au profit de la communauté d'agglomération, que cette collectivité doive être consulté par la commune dans le cadre de l'instruction d'une demande de permis de construire. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit par suite être écarté.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.

8. Par ailleurs, aux termes de l'article 1.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la communauté d'agglomération de La Rochelle relatif au risque de submersion : " Lorsqu'un plan de prévention des risques littoraux (PPRL) est approuvé sur une commune, les règles de constructibilité et les cartes d'aléas issues du Porter A Connaissance (PAC) deviennent caduques. Les règles édictées ci-dessous s'appliquent uniquement en l'absence de PPRL approuvé. Principes généraux : Les extensions au sol et les surélévations ne devront pas conduire à une augmentation excessive de la population. () Côte de plancher à retenir : Extension et surélévation en dur : côte long terme. () Méthodologie : Les tableaux suivants permettent de définir les règles applicables à un projet en fonction du secteur dans lequel il se trouve ainsi qu'en fonction de sa destination. Il convient donc de se reporter aux cartes d'aléas situées dans la partie des annexes informatives au 6.2.5 " cartes d'aléas relatives à la gestion des risques littoraux (érosion et submersion) " afin de définir l'aléa (nul, faible, modéré, fort et très fort). Les tableaux ci-dessous préconisent des règles en croisant l'aléa court terme Xynthia + 20 (CT) et long terme Xynthia + 60 (LT) ".

9. D'une part, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté en litige, la commune d'Aytré était couverte par un plan de prévention des risques littoraux (PPRL) approuvé par arrêté préfectoral du 5 juillet 2021. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 1.1.1 du règlement du PLUi relatif au risque de submersion est inopérant.

10. D'autre part, la requérante soutient que le projet consiste à créer une importante surface de plancher supplémentaire, de l'ordre de 50% supérieure à celle existante, avec certainement une vocation touristique, qui conduit à un accroissement de la vulnérabilité de la construction face aux risques. Elle fait en outre valoir que le côte de seuil retenue pour l'ensemble des constructions du projet est quasi nulle. Il ressort toutefois du formulaire Cerfa de demande de permis de construire que la surface habitable de la maison existante est de 150 m² et que le projet, s'il prévoit la construction en rez-de-chaussée d'un bâtiment en fond de parcelle de 37,70 m² de surface destinée à l'habitation, ne consiste pas à créer un logement supplémentaire. Le projet ne peut être regardé ainsi comme conduisant à une augmentation excessive de population. Par ailleurs, la carte des aléas dans la partie des annexes informatives au 6.2.5 ne fait pas état de risque de submersion concernant la commune de Aytré. Dans ces conditions, la requérante n'établit pas que le maire a commis une erreur manifeste d'appréciation pour l'application des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en accordant le permis de construire en litige.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 1.8.1.B.1 du règlement du PLUi relatif aux normes de stationnement applicables à la destination habitation : " Zone 4 : deux places minimum par logement () Ces normes s'appliquent : - aux constructions nouvelles ;- aux changement de destinations ;/ aux cas de création de nouveaux logements (constructions nouvelles par changement de destination, par extension) /dispositions générales : () aucune place supplémentaire ne sera exigée en cas de réhabilitation, aménagement ou extension, à vocation principale d'habitat sans création de nouveaux logements ..) ".

12. La requérante soutient qu'aucune place de stationnement n'est matérialisée pour le projet, alors que deux places sont exigées par le PLUi en zone 4 et qu'en outre, les pétitionnaires ont indiqué vouloir transformer le bâtiment existant à usage de garage en cabinet de naturopathie, supprimant ainsi une place de stationnement existante. Il ressort toutefois du formulaire Cerfa de demande de permis de construire que le projet porte uniquement sur la réalisation d'une annexe de 37,70 m², sans déclaration de création d'un nouveau logement ni d'un changement de destination du garage. Aucune place de stationnement supplémentaire n'est donc exigée. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 1.8.1 du règlement du PLUi doit par suite être écarté.

13. En sixième lieu, aux termes de l'article 4.2.4 du règlement du PLUi applicable pour la zone UV3 relatif aux règles d'implantation par rapport aux limites séparatives : " Dispositions générales : R égal 0 sur au moins une limite séparative. Par rapport aux autres limites séparatives laissées libres : R supérieur ou égal à H. En cas d'héberge, la construction doit s'adosser sur tout ou partie de celle-ci. Le linéaire des constructions implantées sur les limites séparatives en R+1 doit être inférieur ou égal à 25 m sans pouvoir dépasser 15 m sur l'une des limites séparatives. Dispositions particulières : S'il existe sur le fond voisin des constructions implantées sur limite séparative, les nouvelles constructions doivent être adossées sur tout ou partie de leur hauteur et de leur largeur ".

14. Contrairement à ce que soutient la requérante, il ne résulte pas des dispositions précitées, qui concernent seulement les règles d'implantation des constructions, que le volume des nouvelles constructions situées en limite séparative ne doit pas dépasser les constructions mitoyennes situées sur le fond voisin. Dans ces conditions, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne permette pas de visualiser que la construction appartenant à Mme A s'étend en réalité jusqu'en limite séparative du terrain d'assiette du projet au niveau où l'annexe projetée sera implantée est sans incidence. En tout état de cause, les pétitionnaires font valoir sans être contredits que la largeur de l'annexe projetée, de 3,80 mètres d'après le plan de masse, ne dépassera pas celle de la construction mitoyenne appartenant à Mme A qui est plus large sur la partie située au niveau de la limite séparative, comme les photographies produites l'illustrent. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4.2.4 de la zone UV3 du règlement du PLU doit être écarté.

15. En septième lieu, aux termes de l'article 5.2 du règlement applicable à la zone UV3 du PLUi : " Les espaces libres aux abords de la construction doivent être traités avec un soin particulier afin de participer à leur insertion dans le site, à l'amélioration du cadre de vie et à la gestion de l'eau pluviale. Le projet paysager doit s'appuyer sur les caractéristiques du projet de construction (emprise, hauteurs et implantations) et les composantes du site préexistant, en tenant compte notamment de l'implantation des constructions avoisinantes, de la forme de la parcelle de la topographie, des masses végétales existantes. Selon leur nature ou leur vocation (espaces de circulation, jardins, terrasses), le traitement paysager des espaces libres doit être approprié à leur fonction et au contexte environnant en tenant compte : - de l'organisation du bâti sur le terrain. Ils doivent être conçus comme un accompagnement ou un prolongement des constructions ; - de la composition des espaces libres voisins, afin de participer à une mise en valeur globale ; - de la topographie, la géologie et de la configuration du terrain afin que leur conception soit adaptée à la nature du terrain, notamment pour répondre à des problématiques de ruissellement ; - de l'ensoleillement, lorsqu'il s'agit d'aménagements paysagers végétalisés ; - de la problématique de la gestion des eaux pluviales, s'agissant de la composition et du traitement des espaces libres. Lors de travaux de réhabilitation ou d'extension sur des constructions existantes, la qualité des espaces libres doit être maintenue ou améliorée. Les arbres existants devront être conservés dans la mesure du possible. Tout arbre abattu devra être remplacé si l'espace libre restant le permet. Il conviendra de privilégier des essences locales (). Traitement des aires de stationnement : Les aires de stationnement des véhicules motorisés doivent faire l'objet d'un traitement paysager d'ensemble, y compris les délaissés. Les aires de stationnement doivent être plantées à raison d'un arbre pour 4 emplacements de voiture au minimum. Les arbres seront répartis sur l'aire de stationnement ou sur les espaces paysagers l'accompagnant selon une étude circonstanciée. Les essences seront choisies en accord avec la commune ".

16. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette comporte une surface totale de 397 m². Le plan de masse indique que le projet prévoit 145 m² d'espaces verts traités en gazon correspondant à la fois à la surface favorable à la nature et de pleine terre. Le plan de masse indique également la plantation d'un arbre à cépée alors qu'aucun arbre existant n'a été abattu comme l'indique la notice architecturale. Ces éléments de végétation, pelouse et arbre à cépée, apparaissent sur le document d'insertion. Le dossier de demande comporte les éléments suffisants pour permettre à l'autorité compétente d'apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable en ce qui concerne le traitement des espaces libres aux abords des constructions. Par ailleurs, il ne ressort pas du traitement paysager précédemment décrit que les abords de la construction ne seraient pas traités avec un soin particulier. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article du règlement de la zone UV3 du PLU doit par suite être écarté.

17. En huitième et dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Par ailleurs, aux termes de l'article 1.6.2 du règlement du PLUi relatif à l'aspect extérieur des constructions : " B - Nouvelles constructions en tissu traditionnel : Les prescriptions ci-dessous s'appliquent uniquement pour les constructions comprises dans le périmètre du champ d'application de l'OAP thématique " Patrimoine bâti " et selon le même champ d'application que sa fiche n°1 relative au bâti traditionnel. Toitures : - sont interdites : › les gouttières et descentes d'eau en matière synthétique (plastique), › les tuiles grises ou noires pour les bâtiments d'inspiration traditionnelle. Façades : - sont interdits : › les effets de " tour " et les multiples décrochements sur les façades visibles de l'espace public, › pour les bâtiments d'expression contemporaine, le bardage en matière synthétique (plastique) ".

18. D'une part, la notice architecturale décrit les matériaux utilisés en indiquant que le bâtiment nouveau sera composé en parpaing avec pose de pierre agrafée sur la façade de couleur blanc beige, une toiture à double pente à 27% en tuiles de tige botte, des menuiseries en aluminium thermolaqué en gris. En ce qui concerne le bâtiment surélevé, la notice indique que la surélévation sera réalisée en parpaing enduit traditionnel à la chaux avec une toiture à double pente à 27% en tuiles de tige botte et des menuiseries en aluminium thermolaqué en gris. Enfin, la toiture en tôle de l'abri de jardin conservé sera remplacée par une toiture simple pente réalisée en tuiles de tige botte. L'aspect extérieur des constructions est ainsi suffisamment décrit, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que les gouttières et descentes d'eau ne soient pas précisées, alors que les pétitionnaires font valoir qu'il n'en est pas prévu au projet. Il ne ressort pas ainsi des pièces du dossier que le projet méconnait les dispositions de l'article 1.6.2 du règlement du PLUi.

19. D'autre part, le terrain d'assiette du projet est situé dans le centre d'Aytré dans un quartier composé de constructions individuelles en R ou R+1 d'architecture traditionnelle, pour certaines anciennes, avec des toitures en tuile et des murs crépi en blanc. Le terrain est concerné par l'OAP " Patrimoine bâti traditionnel et balnéaire ". Le projet en litige prévoit de rehausser le bâtiment existant à usage de garage de 60 cm visible depuis la rue du petit Versailles avec un traitement enduit clair à la chaux et toiture à deux pentes en tuiles de tige botte. La construction de l'annexe de 37,70 m² est en rez-de-chaussée avec un traitement crépi clair et une toiture à deux pentes en tuiles de tige botte et elle n'est pas visible depuis la voie publique. L'ensemble respecte les codes architecturaux des constructions avoisinantes. Par suite, le maire n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation pour l'application des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme en accordant le permis de construire en litige.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées, sans qu'il soit nécessaire de statuer sur leur recevabilité.

Sur les frais liés à l'instance :

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que soit mise à la charge de la commune d'Aytré et de M. et Mme E, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que Mme A réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

22. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme de 1 200 euros à verser à la commune d'Aytré et la somme de 1 200 euros à verser à M. et Mme E sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Mme A versera la somme de 1 200 euros à la commune d'Aytré et la somme de 1 200 euros à M. et Mme E.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à la commune d'Aytré et à M. F et Mme G E.

Délibéré après l'audience du 9 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Le Bris président,

Mme Boutet, première conseillère,

Mme Dumont, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.

La rapporteure,

M. BOUTET

La présidente,

I. LE BRIS

Le greffier,

S. GAGNAIRE

La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

G. FAVARD

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