vendredi 7 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200880 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | FALACHO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 1er avril 2022 et le 16 septembre 2022, Mme B A, représentée par Me Falacho, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 1er mars 2022 par lequel la préfète de la Vienne lui a refusé un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée à l'expiration de ce délai ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Vienne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " ou, à défaut, de réexaminer sa demande, le tout dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision de refus de titre de séjour est insuffisamment motivée ; elle est entachée d'une erreur de fait dès lors que, contrairement à ce qu'indique l'arrêté attaqué, une offre a bien été préalablement publiée auprès des organismes concourant au service public de l'emploi ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et sur celle de son employeur dès lors que toutes les possibilités d'embauche des demandeurs d'emploi, français ou étrangers, présents sur le marché du travail, ont été exploitées par son employeur, sans succès ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire, la décision lui accordant un délai de départ volontaire de trente jours et la décision fixant le pays de destination sont entachées d'incompétence ; elles sont dépourvues de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 août 2022, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention entre le gouvernement de la République française et le gouvernement du Burkina Faso relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Ouagadougou le 14 septembre 1992 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les observations de Me Falacho, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que Mme B A, ressortissante burkinabée née le 25 septembre 1980, est entrée en France le 5 janvier 2019 sous couvert d'un visa de court séjour. Elle a sollicité, par courrier, le 22 février 2021, la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié alors qu'une telle demande devait s'effectuer au moyen des procédures dématérialisées mises en œuvre par la préfecture de la Vienne. Elle a, de nouveau, régulièrement présenté sa demande le 26 juillet 2021. Par un arrêté en date du 1er mars 2022, la préfète de la Vienne lui a refusé un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle était susceptible d'être éloignée à l'expiration de ce délai. Mme A demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :
2. Par un arrêté du 27 août 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de l'Etat dans le département, la secrétaire générale de la préfecture de la Vienne, a reçu du préfet de ce département une délégation à l'effet de signer notamment tous arrêtés entrant dans le champ d'application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté en litige doit être écarté.
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, la décision attaquée vise les textes applicables à la situation de la requérante, notamment, la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les articles L. 412-1 et L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 5221-20 du code du travail. Elle expose la situation administrative de Mme A, en particulier, ses conditions d'entrée et de séjour, et mentionne les principaux éléments de sa situation personnelle et familiale. Cette décision, qui n'avait pas nécessairement à développer les conséquences du refus de titre de séjour pour l'intéressée ainsi que pour son employeur, est, par suite, suffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. () ". Aux termes de l'article L. 412-1 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ". Aux termes de l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail. ". Aux termes de l'article L. 5221-20 du même code : " L'autorisation de travail est accordée lorsque la demande remplit les conditions suivantes : 1° S'agissant de l'emploi proposé : a) Soit cet emploi relève de la liste des métiers en tension prévue à l'article L. 421-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et établie par un arrêté conjoint du ministre chargé du travail et du ministre chargé de l'immigration ; b) Soit l'offre pour cet emploi a été préalablement publiée pendant un délai de trois semaines auprès des organismes concourant au service public de l'emploi et n'a pu être satisfaite par aucune candidature répondant aux caractéristiques du poste de travail proposé () ".
5. D'une part, si la décision attaquée se fonde sur le fait que Mme A ne dispose pas d'un visa de long séjour pour rejeter sa demande de titre de séjour en qualité de salarié, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que la préfète de la Vienne se serait crue tenue de refuser la demande dont elle était saisie du seul fait de cette absence de visa, ni qu'elle aurait négligé d'examiner les conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressée.
6. D'autre part, si la préfète de la Vienne s'est également fondée sur la circonstance que l'emploi proposé à l'intéressée ne relevait pas de la liste des métiers en tension et qu'elle ne démontrait pas qu'une offre avait été préalablement publiée par son employeur auprès des organismes concourant au service public de l'emploi, il ressort des pièces du dossier qu'elle aurait pris la même décision si elle ne s'était fondée que sur l'absence de visa de long séjour de l'intéressée.
7. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées, de l'incompétence négative de la préfète et de l'erreur matérielle qu'aurait commise cette dernière, doivent être écartés.
8. En troisième lieu, Mme A, qui soutient que la préfète de la Vienne s'est livrée à une appréciation manifestement erronée des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle, n'établit pas, en tout état de cause, qu'elle possède les diplômes et l'expérience professionnelle pour travailler dans un restaurant de " spécialités d'Afrique de l'Ouest " en produisant un curriculum vitae dépourvu de toute valeur probante, un simple CAP de cuisine et un certificat de travail dépourvu de toute précision quant à ses qualifications. Elle n'établit pas davantage que son employeur aurait épuisé toutes les possibilités d'embauche des demandeurs d'emploi présents sur le marché du travail en se bornant à produire une annonce d'offre d'emploi auprès de Pôle emploi datée du 15 juillet 2020 ainsi qu'une attestation de dépôt d'offre d'emploi pour introduction de main-d'œuvre étrangère datée du 18 septembre 2020 alors que sa demande de titre de séjour n'a été régulièrement effectuée que le 26 juillet 2021. Il ressort, par ailleurs, des mentions non contestées de l'arrêté attaqué que l'intéressée, qui a déclaré être célibataire et avoir un enfant de nationalité ivoirienne résidant en Côte d'ivoire, ne justifie d'aucun lien personnels ou familiaux en France et n'établit pas être dépourvue d'attaches au Burkina Faso où elle a vécu plus de 30 ans avant son entrée en France. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise la préfète ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le surplus des décisions attaquées :
9. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de ce que la décision obligeant Mme A à quitter le territoire français, la décision lui accordant un délai de départ volontaire de trente jours et celle fixant le pays de destination devraient être annulées par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour, ne peuvent qu'être écartés.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de la Vienne.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
M. Crosnier, premier conseiller.
M. Pinturault, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2022.
Le président rapporteur,
signé
L. C
L'assesseur le plus ancien,
signé
Y. CROSNIERLa greffière,
signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef par intérim,
La greffière,
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026