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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2200893

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2200893

jeudi 19 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2200893
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la requête de M. B, adjudant-chef de l'armée de terre, qui demandait l'annulation de la décision du 17 mars 2022 de la ministre des armées confirmant l'obligation de rembourser un trop-perçu d'indemnité pour charge militaire (ICM) de 868,73 euros et 1 205,91 euros. Le tribunal a jugé que les sommes réclamées étaient fondées, car M. B avait perçu un montant d'ICM supérieur à celui auquel il avait droit, notamment en raison de son logement gratuit en caserne et d'un taux erroné appliqué après son déménagement. La décision attaquée s'est substituée aux décisions initiales du directeur de l'établissement national de la solde, conformément à l'article R. 4125-10 du code de la défense.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 avril 2022, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 17 mars 2022 par laquelle la ministre des armées a rejeté le recours qu'il a exercé à l'encontre des décisions du 23 octobre 2020 et 7 août 2021 du directeur de l'établissement national de la solde, mettant à sa charge l'obligation de rembourser un trop-perçu de solde pour des montants respectifs de de 868.73 euros et 1205.91 euros.

Il soutient que les trop-versés sont dus à des erreurs de l'administration et que leur réalité n'est pas établie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2024, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le titre de perception contesté est fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la défense ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Duval-Tadeusz,

- et les conclusions de Mme Thévenet-Bréchot, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B s'est engagé dans l'armée de terre en 2000. Il détient le grade d'adjudant-chef. Par décisions du 23 octobre 2020 et 7 août 2021, le directeur de l'établissement national de la solde l'a informé qu'il était redevable des sommes de 868,73 et 1205,91 euros net au titre d'un trop-versé d'indemnité pour charge militaire (ICM), pour les périodes du 25 septembre 2019 au 31 mars 2020 et du 1er juin 2020 au 30 avril 2020. Par une décision du 17 mars 2022 la ministre des armées a rejeté le recours qu'il a exercé contre ces décisions.

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 4125-10 du code de la défense, dans sa rédaction applicable au litige : " Dans un délai de quatre mois à compter de sa saisine, la commission notifie à l'intéressé la décision du ministre compétent ou, le cas échéant, des ministres conjointement compétents. La décision prise sur son recours, qui est motivée en cas de rejet, se substitue à la décision initiale () ". L'institution par ces dispositions d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue nécessairement à la décision initiale et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge administratif.

3. En application de ce principe, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal l'annulation de la décision du 17 mars 2022 par laquelle la ministre des armées a rejeté le recours administratif préalable obligatoire qu'il a formé contre les décisions du 23 octobre 2020 et du 7 août 2021.

4. En second lieu, la somme de 868,73 euros mise à la charge de M. B par le premier titre de perception correspond à un trop-versé concernant l'indemnité pour charge militaire sur la période du 25 septembre 2019 au 31 mars 2021, minorée des cotisations sociales sur celle-ci. Il résulte de l'instruction que sur la période allant du 25 septembre 2019 au 8 février 2020, M. B a été logé gratuitement en caserne et non dans un logement privé. Il aurait donc dû percevoir mensuellement la somme de 102.33 euros bruts et non 197.50 euros brut. Par ailleurs, la somme de 1205,91 euros correspond à trop-versé concernant l'indemnité pour charge militaire sur la période du 1er juin 2020 au 30 juin 2021, minorée des cotisations sociales sur celle-ci. Il résulte de l'instruction que M. B a déménagé dans les Deux-Sèvres au 1er juin 2020, dans un logement privé. Il aurait donc dû percevoir mensuellement la somme de 102,31 euros et non celle de 197,54 euros, cette dernière correspondant au taux non logé en région parisienne. La circonstance, au demeurant non établie, que M. B aurait indiqué ses changements de résidence en temps et en heure est sans incidence sur le bien-fondé de la créance.

5. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée du 17 mars 2022.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre des armées.

Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Cristille, président,

Mme Duval-Tadeusz, première conseillère,

Mme Gibson-Théry, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.

La rapporteure,

Signé

J. DUVAL-TADEUSZ

Le président,

Signé

P. CRISTILLE La greffière,

Signé

N. COLLET

La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La Greffière,

N. COLLET

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