jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200904 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DROUINEAU 1927 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 avril 2022, M. F B, Mme H B, Mme C A née E, M. D E et M. G E, représentés par Me Mottet, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 31 janvier 2022 du conseil communautaire de la communauté de communes de La Rochefoucauld - Porte du Périgord approuvant le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) en tant qu'elle classe les parcelles cadastrées section (ANO)AT n° 1, 2, 3, 144, 145 et 150 et n° 58(ANO) en zones " Nps " et " As " ;
2°) de mettre à la charge de la communauté de communes de La Rochefoucauld - Porte du Périgord la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la délibération attaquée est entachée d'un défaut de base légale, dès lors que le plan local d'urbanisme (PLUi) est fondé sur un plan de prévention des risques naturels d'inondation (PPRI) non révisé et obsolète ;
- le classement en zone " Nps " des parcelles cadastrées section (ANO)AT n° 1, 2, 3, 144, 145 et 150(ANO), ainsi que la partie Ouest de la parcelle (ANO)n° 58(ANO), et celui en zone " As " de la partie Est de la parcelle (ANO)n° 58(ANO) sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 avril 2023, la communauté de communes de La Rochefoucauld - Porte du Périgord, représentée par la SCP Drouineau 1927, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bureau,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- les observations de Me Mottet, représentant les requérants, et celles de Me Finkelstein, représentant la communauté de communes de La Rochefoucauld - Porte du Périgord.
Considérant ce qui suit :
1. L'indivision I est propriétaire des parcelles cadastrées section (ANO)AT n° 1, 2, 3, 58, 144, 145 et 150(ANO), situées sur la commune de La Rochefoucauld-en-Angoumois. Par une délibération du 31 janvier 2022, le conseil communautaire de la communauté de communes de La Rochefoucauld - Porte du Périgord a approuvé le PLUi et a classé en zone " Nps " les parcelles cadastrées section (ANO)AT n° 1, 2, 3, 144, 145 et 150(ANO), ainsi que la partie Ouest de la parcelle (ANO)n° 58(ANO), et en zone " As " la partie Est de la parcelle (ANO)n° 58(ANO). Par la présente requête, les consorts B et E demandent au tribunal l'annulation de cette délibération.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité du classement en zone inondable du plan de prévention des risques d'inondation des parcelles leur appartenant au soutien de leurs conclusions dirigées contre le PLUi, dès lors que ce plan n'est pas pris pour l'application du plan de prévention, lequel n'en constitue pas non plus la base légale.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. ". Aux termes de l'article R. 151-22 du même code : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. ". Aux termes de l'article R. 151-24 de ce code : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues. ".
4. D'une part, il résulte de ces dispositions qu'une zone agricole, dite " zone A ", du plan local d'urbanisme, a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. D'autre part, il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
5. Le projet d'aménagement et de développement durables comporte notamment une orientation n° 1 intitulée " S'engager dans un développement urbain intercommunal durable, hiérarchisé et équilibré entre emplois, habitats, commerces et services" avec pour objectif de " Privilégier la densification des bourgs et maîtriser l'étalement urbain ", une orientation n° 2 intitulée " Affirmer le pôle de La Rochefoucauld comme centralité intercommunale " avec pour objectif de " réinvestir les bords de la Tardoire, sans remettre en cause la fonctionnalité de corridor écologique de ces espaces ", et enfin une orientation n° 4 intitulée " Soutenir l'agriculture et la sylviculture, socles territoriaux et moteurs économiques " avec pour objectif de " Limiter la consommation urbaine des espaces agricoles, naturels et forestiers à protéger " en limitant " l'étalement urbain, irréversible pour l'agriculture ". Le règlement précise que la zone " Nps " correspond au " secteur naturel protégé pour des raisons environnementales et/ou liées aux risques, soumis au règlement d'un SPR " et que la zone " As " correspond au " secteur agricole, soumis au règlement d'un SPR ".
6. Il ressort des pièces du dossier que le secteur comprenant les parcelles litigieuses se situe au Sud du bourg de La Rochefoucauld-en-Angoumois. Ce secteur est bordé à l'Est par des constructions individuelles, mais il s'ouvre à l'Ouest sur la Tardoire. Si les requérants se bornent à soutenir que leurs parcelles ne sont plus inondables, et qu'à ce titre le plan de prévention des risques d'inondation est obsolète, il ressort des pièces du dossier que les parcelles litigieuses ne supportent aucune construction et sont soumises à un risque d'inondation au titre du plan de prévention des risques d'inondation en vigueur. En outre, leur classement s'inscrit dans les objectifs poursuivis par la communauté de communes tels qu'ils sont décrits au point 5 du présent jugement. Dans ces conditions, la communauté de communes de La Rochefoucauld Porte du Périgord n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en classant en zone " Nps " les parcelles cadastrées section (ANO)AT n° 1, 2, 3, 144, 145 et 150(ANO), ainsi que la partie Ouest de la parcelle (ANO)n° 58(ANO), et en zone " As " la partie Est de la parcelle (ANO)n° 58(ANO).
7. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de la délibération du 31 janvier 2022 du conseil communautaire de la communauté de communes de La Rochefoucauld Porte du Périgord approuvant le PLUi en tant qu'elle classe les parcelles cadastrées section (ANO)AT n° 1, 2, 3, 144, 145 et 150 et n° 58(ANO) en zones " Nps " et " As ".
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des consorts B et E la somme globale de 1 200 euros à verser à la communauté de communes de La Rochefoucauld - Porte du Périgord au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de la communauté de communes de La Rochefoucauld - Porte du Périgord, qui n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des consorts B et E est rejetée.
Article 2 : Les consorts B et E verseront à la communauté de communes de La Rochefoucauld Porte du Périgord la somme globale de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F B, premier dénommé, et à la communauté de communes de La Rochefoucauld - Porte du Périgord.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jarrige, président,
Mme Boutet, première conseillère,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
Le rapporteur,
V. BUREAU
Le président,
A. JARRIGE
La greffière,
G. FAVARD
La République mande et ordonne à la préfète de la Charente en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef
La greffière
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026