jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200905 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DROUINEAU 1927 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 6 avril 2022 et 2 janvier 2023, Mme B A née D, M. C D et M. E D, représentés par Me Mottet, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 31 janvier 2022 du conseil communautaire de la communauté de communes de La Rochefoucauld - Porte du Périgord approuvant le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) en tant qu'elle classe les parcelles cadastrées section (ANO)C n° 1204, 1205 et 1207(ANO) en zone " A " ;
2°) de mettre à la charge de la communauté de communes de La Rochefoucauld - Porte du Périgord la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la délibération attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme ;
- le classement en zone " A " des parcelles cadastrées section (ANO)C n° 1204, 1205 et 1207(ANO) est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense enregistrés les 29 juin 2022 et 13 février 2023, la communauté de communes de La Rochefoucauld - Porte du Périgord, représentée par la SCP Drouineau 1927, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bureau,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- les observations de Me Mottet, représentant les requérants, et celles de Me Finkelstein, représentant la communauté de communes de La Rochefoucauld - Porte du Périgord.
Considérant ce qui suit :
1. L'indivision D est propriétaire des parcelles cadastrées section (ANO)C n° 1204, 1205 et 1207(ANO), situées sur la commune de La Rochette. Par une délibération du 31 janvier 2022, le conseil communautaire de la communauté de communes de La Rochefoucauld - Porte du Périgord a approuvé le PLUi et a classé en zone " A " les parcelles cadastrées section (ANO)C n° 1204, 1205 et 1207(ANO). Par la présente requête, les consorts D demandent au tribunal l'annulation de cette délibération.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. ". Aux termes de l'article R. 151-22 du même code : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. ".
3. D'une part, il résulte de ces dispositions qu'une zone agricole, dite " zone A ", du plan local d'urbanisme, a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. D'autre part, il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
4. Le projet d'aménagement et de développement durables comporte notamment une orientation n° 1 intitulée " S'engager dans un développement urbain intercommunal durable, hiérarchisé et équilibré entre emplois, habitats, commerces et services" avec pour objectif de " Privilégier la densification des bourgs et maîtriser l'étalement urbain " et une orientation n° 4 intitulée " Soutenir l'agriculture et la sylviculture, socles territoriaux et moteurs économiques " avec pour objectif de " Limiter la consommation urbaine des espaces agricoles, naturels et forestiers à protéger " en limitant " l'étalement urbain, irréversible pour l'agriculture ".
5. En premier lieu, les requérants soutiennent que la délibération a pour effet de différencier le zonage de la parcelle cadastrée section (ANO)C n° 1203(ANO), en zone " Ub ", de celui des parcelles cadastrées section (ANO)C n° 1204, 1205 et 1207(ANO) en zone " A ", alors que l'ensemble forme une unité foncière sur laquelle un arrêté de non opposition à déclaration préalable pour un lotissement a été délivré en 2011. Toutefois, les auteurs du PLUi n'étant pas liés, pour déterminer l'affectation future des différents secteurs, par les projets antérieurs d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme, les requérants ne sauraient utilement faire valoir qu'un projet de lotissement était en cours, alors qu'au demeurant, ils n'ont pas bénéficié du mécanisme de la cristallisation des droits à construire ouvert par l'article L. 442-14 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la délibération attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme.
6. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que le secteur comprenant les parcelles cadastrées section (ANO)C n° 1204, 1205 et 1207(ANO) litigieuses se situe à 500 mètres au Sud du bourg de la commune de La Rochette. Les parcelles sont bordées au Nord-Est par des constructions individuelles, mais elles s'ouvrent au Sud et à l'Ouest sur de vastes espaces agricoles. Si les requérants soutiennent que les parcelles font partie d'une unité foncière avec la parcelle cadastrée section (ANO)C n° 1203(ANO), il résulte de ce qui précède au point 5 du présent jugement que c'est sans incidence sur la légalité de la délibération attaquée. Si les parcelles litigieuses sont desservies par une voie de circulation et les réseaux publics, ces circonstances ne font pas obstacle à leur classement en zone agricole. En outre, leur classement s'inscrit dans les objectifs poursuivis par la communauté de communes tels qu'ils sont décrits au point 4 du présent jugement. Dans ces conditions, la communauté de communes de La Rochefoucauld Porte du Périgord n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en classant les parcelles litigieuses en zone " A ".
7. Il résulte de tout ce qui précède que les consorts D ne sont pas fondés à demander l'annulation de la délibération du 31 janvier 2022 du conseil communautaire de la communauté de communes de La Rochefoucauld Porte du Périgord approuvant le PLUi en tant qu'elle classe les parcelles cadastrées section (ANO)C n° 1204, 1205 et 1207(ANO) en zone " A ".
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des consorts D la somme globale de 1 200 euros à verser à la communauté de communes de La Rochefoucauld - Porte du Périgord au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de la communauté de communes de La Rochefoucauld - Porte du Périgord, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des consorts D est rejetée.
Article 2 : Les consorts D verseront à la communauté de communes de La Rochefoucauld Porte du Périgord la somme globale de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A née D, première dénommée, et à la communauté de communes de La Rochefoucauld - Porte du Périgord.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jarrige, président,
Mme Boutet, première conseillère,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
Le rapporteur,
V. BUREAU
Le président,
A. JARRIGE
La greffière,
G. FAVARD
La République mande et ordonne à la préfète de la Charente en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef
La greffière
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026