mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200918 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET PIERRE PINTAT AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 avril 2022, la commune de Montemboeuf, demande au tribunal d'annuler la délibération D_2022_1_2 du 8 février 2022 du syndicat mixte de valorisation des déchets ménagers de la Charente (dit A) relative à l'évolution du réseau de déchèteries.
Elle soutient que la délibération est illégale dès lors que seuls les délégués des EPCI ayant adhéré à la compétence facultative " collecte des déchets " auraient du prendre part au vote.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 octobre 2022, le Syndicat de valorisation des déchets ménagers de la Charente dit " A ", représenté par la SELARL Pintat Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la commune de Montemboeuf au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, outre les entiers dépens.
Il soutient que :
-la requête est irrecevable dès lors que le maire ne justifie pas de sa qualité pour agir ;
-la requête est irrecevable dès lors que la commune de Montemboeuf, qui n'est pas membre du A et ne détient pas la compétence " collecte et traitement des déchets ", ne justifie pas de son intérêt pour agir ;
-à titre subsidiaire, aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thévenet-Bréchot,
- les conclusions de Mme Bréjeon, rapporteure publique,
- et les observations de Me Hautefaye, représentant le syndicat de valorisation des déchets ménagers de la Charente.
Considérant ce qui suit :
1. Le Syndicat de valorisation des déchets ménagers de la Charente dit " A " est un syndicat mixte qui a pour objet la gestion des déchets ménagers et assimilés ainsi que le traitement des déchets d'activités économiques. Il assure à titre obligatoire le traitement des déchets et à titre facultatif, pour ceux de ses membres qui l'ont décidé, la collecte des déchets, comprenant la gestion et l'exploitation des déchetteries. Par la présente requête, la commune de Montemboeuf demande au tribunal d'annuler la délibération D_2022_1_2 du 8 février 2022 relative à l'évolution du réseau de déchèteries.
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 5212-16 du code général des collectivités territoriales : " Une commune peut adhérer à un syndicat pour une partie seulement des compétences exercées par celui-ci. () / Par dérogation aux dispositions du premier alinéa de l'article L. 5211-1, s'appliquent les règles suivantes : / 1° Tous les délégués prennent part au vote pour les affaires présentant un intérêt commun à toutes les communes et notamment pour l'élection du président et des membres du bureau, le vote du budget, l'approbation du compte administratif et les décisions relatives aux modifications des conditions initiales de composition, de fonctionnement et de durée du syndicat ; dans le cas contraire, ne prennent part au vote que les délégués représentant les communes concernées par l'affaire mise en délibération ; () ". Aux termes de l'article L. 5711-1 du même code : " Les syndicats mixtes constitués exclusivement de communes et d'établissements publics de coopération intercommunale et ceux composés uniquement d'établissements publics de coopération intercommunale sont soumis aux dispositions des chapitres Ier et II du titre Ier du livre II de la présente partie. () ". L'article 7.2 des statuts du A prévoit que " seuls les délégués des collectivités ayant transféré la compétence " collecte " au syndicat mixte votent les délibérations sur les affaires intéressant la seule compétence " collecte " et notamment le budget annexe ou analytique " collecte " ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 541-1-1 du code de l'environnement : " () Collecte : toute opération de ramassage des déchets en vue de leur transport vers une installation de traitement des déchets ; / Traitement : toute opération de valorisation ou d'élimination, y compris la préparation qui précède la valorisation ou l'élimination ; () ". L'article 2.2 des statuts du A dispose que " à titre de compétences facultatives () la gestion et l'exploitation des déchetteries (gestion du haut de quai et du bas de quai depuis la déchèterie jusqu'au lieu de traitement ou de transfert) ".
4. Il ressort des pièces du dossier que le A est composé de neuf établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), soit 83 délégués. Il exerce pour ses membres une compétence obligatoire " traitement des déchets " et une compétence facultative " collecte des déchets ". Deux EPCI n'ont adhéré qu'à la compétence obligatoire. Il n'est pas contesté que l'ensemble des délégués a été invité à prendre part au vote de la délibération en litige du 8 février 2022. Contrairement à ce que soutient le A, cette délibération relative à l'évolution du réseau de déchèteries concernait exclusivement l'exercice de la compétence facultative " collecte " et ne présentait pas un intérêt commun à tous les membres. Par suite, en vertu des dispositions précitées, seuls les délégués des six EPCI ayant adhéré à cette compétence facultative étaient autorisés à prendre part au vote.
5. En second lieu et toutefois, il ressort des dispositions précitées de l'article L. 5212-16 du code général des collectivités territoriales, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 5 janvier 1988 qui traduisent la volonté de leurs auteurs d'assurer une grande souplesse dans la gestion des syndicats mixtes dits " à la carte ", que les délégués des établissements membres d'un syndicat mixte, s'ils ne doivent pas participer au vote des délibérations relatives aux questions qui relèvent d'une compétence non transférée, peuvent cependant légalement débattre de toutes les questions inscrites à l'ordre du jour. Il en résulte que si les délégués des établissements membres qui n'ont pas transféré leur compétence prennent néanmoins part au vote, ces votes sont sans incidence sur la légalité de la délibération lorsqu'ils n'ont pas eu pour conséquence de modifier le résultat de la consultation.
6. Il ressort des pièces du dossier que sur ses 83 délégués, le syndicat en compte 35 ayant adhéré à la seule compétence obligatoire " traitement des déchets " et 48 ayant aussi adhéré à la compétence facultative " collecte des déchets ". La majorité absolue des voix des délégués ayants adhéré à la compétence facultative est ainsi de 25. Lors du scrutin du 8 février 2022, 77 délégués ont pris part au vote de la délibération en litige. 61 ont voté " pour ", 9 ont voté " contre " et 7 se sont abstenus. Ainsi, à supposer que l'on retire des 61 votes " pour " les 35 délégués des EPCI n'ayant pas adhéré à la compétence " collecte " et donc n'étant pas censés prendre part au vote, il reste 26 votes " pour ", soit une voix de plus que la majorité absolue requise. Par suite, en tout état de cause, les votes des délégués des EPCI n'ayant pas adhéré à la compétence facultative n'a pas eu pour conséquence de modifier le résultat du scrutin.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir soulevées en défense, que la requête de la commune de Montemboeuf doit être rejetée. Dans les circonstances de l'espèce il n'y a pas lieu de mettre à sa charge la somme sollicitée par le syndicat A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de la commune de Montemboeuf est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le Syndicat de valorisation des déchets ménagers de la Charente au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Montemboeuf et au Syndicat de valorisation des déchets ménagers de la Charente.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cristille, président,
Mme Thèvenet-Bréchot, première conseillère,
Mme Gibson-Théry, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 2 avril 2024.
La rapporteure,
Signé
A. THEVENET-BRECHOTLe président,
Signé
P. CRISTILLE
La greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne à la préfète de la Charente en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026