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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2200936

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2200936

jeudi 20 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2200936
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP D'AVOCATS DGD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 9 avril 2022, le 16 décembre 2022 et le 10 novembre 2023, M. et Mme D et K I, M. et Mme F et E G et Mme A B, représentés par SELARL Océanis Avocats, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 octobre 2021 par lequel le maire de Dompierre-sur-Mer a accordé à la société Promoteur de l'Ouest un permis de construire n° PC 17142 21 0023 pour la réalisation d'une construction comportant 5 logements collectifs et 2 maisons individuelles en lieu et place d'une maison individuelle existante sur la parcelle cadastrée section BP n° 03 situé rue du Lieutenant C et de la décision du 21 février 2022 de rejet de leur recours gracieux ;

2°) d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2023 par lequel le maire de Dompierre-sur-Mer a accordé à la société Promoteur de l'Ouest un permis de construire modificatif n° PC 17142 21 0023 M01 ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Dompierre-sur-Mer une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

A titre principal :

- les permis de construire initial et modificatif méconnaissent les dispositions de l'article R. 421-19 du code de l'urbanisme dès lors que le projet nécessite un permis d'aménager ;

A titre subsidiaire :

- l'arrêté du 26 octobre 2021 a été signé par une autorité incompétente ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet au regard des dispositions des articles R. 431-8, R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ; le dossier de demande de permis de construire modificatif n'a pas permis de régulariser les vices du dossier de demande initial ;

- le projet méconnait les dispositions de l'article 4.4 de la fiche 4 de l'Orientation d'aménagement et de programmation (OAP) " Construire aujourd'hui " qui lui est applicable par renvoi de l'article 1.6.3 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la communauté d'agglomération de La Rochelle ;

- le projet méconnait les dispositions de l'article 1.8 du règlement du PLUi ;

- il méconnait les dispositions de l'article UV4 du règlement du PLUi ;

- il méconnait les dispositions de l'article UV5 du règlement du PLUi.

Par des mémoires en défense enregistrés le 28 septembre 2022 et le 30 octobre 2023, la commune de Dompierre-sur-Mer, représentée par la SELARL Chambord Avocats, conclut :

1°) à titre principal au rejet de la requête ;

2)° à titre subsidiaire, qu'il soit fait application des dispositions des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ;

3°) à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable pour défaut de notification du recours gracieux au pétitionnaire et pour défaut d'intérêt à agir ;

- aucun des moyens n'est fondé.

Par des mémoires enregistrés le 30 novembre 2022 et le 10 novembre 2023, la société Promoteur de l'Ouest, représentée par Me Baudry, conclut au rejet de la requête et à ce que soient mis à la charge des requérants la somme de 4 000 euros titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens de l'instance.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir des requérants, pour défaut de notification du recours gracieux au pétitionnaire et pour défaut d'identification exacte et complète des requérants ;

- aucun des moyens n'est fondé.

Par lettre du 17 mai 2024, le tribunal a informé les parties, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, de ce qu'il était susceptible de surseoir à statuer sur les conclusions de la requête compte tenu du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UV5 du règlement du PLUi s'agissant du coefficient de biotope.

Par un mémoire enregistré le 29 mai 2024, qui n'a pas été communiqué, les requérants ont présenté des observations sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Boutet,

- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,

- et les observations de Me Macé, représentant les requérants, de Me Gélinier, représentant la commune de Dompierre-sur-Mer, et de Me Verger, substituant Me Baudry, représentant la société Promoteur de l'Ouest.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 26 octobre 2021, le maire de Dompierre-sur-Mer a accordé à la société Promoteur de l'Ouest un permis de construire n° PC 17142 21 0023 du 26 octobre 2021 pour la réalisation d'une construction comportant cinq logements collectifs en R+1 et deux maisons individuelles en rez-de-chaussée avec démolition d'une maison individuelle existante sur la parcelle cadastrée section BP n° 03 située rue du Lieutenant C. Par arrêté du 19 septembre 2023, le maire de Dompierre-sur-Mer a accordé à la société Promoteur de l'Ouest un permis de construire modificatif n° PC 17142 21 0023 M01. Par la présente requête, M. et Mme I, M. et Mme G et Mme B demandent l'annulation de ces deux décisions, ainsi que de la décision du 21 février 2022 de rejet du recours gracieux qu'ils ont formé contre le permis de de construire initial.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

En ce qui concerne la nécessité de recourir à un permis d'aménager :

3. Aux termes de l'article R. 421-23 du code de l'urbanisme : " Doivent être précédés d'une déclaration préalable les travaux, installations et aménagements suivants : a) Les lotissements autres que ceux mentionnés au a de l'article R. 421-19 ; () ". Aux termes de l'article L. 442-1 du même code : " Constitue un lotissement la division en propriété ou en jouissance d'une unité foncière ou de plusieurs unités foncières contiguës ayant pour objet de créer un ou plusieurs lots destinés à être bâtis ". Aux termes de l'article R. 421 19 de ce code : " Doivent être précédés de la délivrance d'un permis d'aménager : / a) Les lotissements : / -qui prévoient la création ou l'aménagement de voies, d'espaces ou d'équipements communs à plusieurs lots destinés à être bâtis et propres au lotissement. Les équipements pris en compte sont les équipements dont la réalisation est à la charge du lotisseur () ". L'article R. 431-24 du même code prévoit que : " Lorsque les travaux projetés portent sur la construction sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette, comprenant une ou plusieurs unités foncières contiguës, doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement de l'ensemble du projet, le dossier présenté à l'appui de la demande est complété par un plan de division et, lorsque des voies ou espaces communs sont prévus, le projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs à laquelle seront dévolus la propriété, la gestion et l'entretien de ces voies et espaces communs à moins que l'ensemble soit soumis au statut de la copropriété () ". Selon l'article R. 442-1 du même code : " Ne constituent pas des lotissements au sens du présent titre et ne sont soumis ni à déclaration préalable ni à permis d'aménager : () e) Les détachements de terrains supportant des bâtiments qui ne sont pas destinés à être démolis ; ".

4. Le projet concerne la réalisation d'un bâtiment collectif comportant cinq logements, correspondant au lot n°3 implanté selon le modèle de " Jardinet à l'avant ", et de deux maisons individuelles en fond de parcelle en second rang, correspondant aux lots n°1 et n°2, qui seront accessibles par un porche créé dans le bâtiment collectif, pour atteindre les emplacements de stationnement. Le lot n° 4 servira de desserte des lots n° 1 et n°2 et d'espace de stationnement commun à tous les lots. Le dossier de demande de permis de construire comprend toutefois un plan de division parcellaire, qui est visé à l'article 2 du permis ainsi que l'engagement du promoteur de constituer une association syndicale des acquéreurs pour la gestion et l'entretien des espaces communs. Le projet relève par conséquent de la procédure du permis groupé décrite par les dispositions des articles L. 442- 1 et R. 442-1 et suivants du code de l'urbanisme et le moyen tiré du contournement de la procédure de lotissement doit être écarté.

En ce qui concerne la compétence de l'auteur de l'arrêté du 26 octobre 2021 :

5. Par arrêté n°207-2021 du 1er décembre 2021 régulièrement publié le 15 décembre 2021, le maire de Dompierre-sur-Mer a donné délégation de fonctions et de signature en matière d'autorisation d'urbanisme à Mme J H, 3ème adjointe, signataire de l'arrêté du 26 octobre 2021. Si les requérants font valoir que cette délégation de signature est postérieure à la date de l'arrêté par lequel le permis de construire initial a été accordé, ce vice a en tout état de cause été régularisé par le permis de construire modificatif signé par Mme J H le 19 septembre 2023.

En ce qui concerne le caractère complet du dossier de demande :

6. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

7. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ".

8. S'agissant de la végétation existante, le dossier de demande de permis modificatif indique que trois arbres existants au fond de la parcelle seront abattus pour être replantés selon les dispositions du plan de masse et que les deux palmiers à l'avant de la parcelle seront conservés si leur état le permet ou, à défaut, seront remplacés par d'autres plantations. Le dossier de demande de permis de construire modificatif comporte par ailleurs une photographie aérienne intitulée " visuel de l'existant à la date du 3 février 2023 " qui permet de constater la végétation présente sur le terrain au-delà des seuls arbres de haute tige auxquels la notice architecturale fait référence. La végétation existante est ainsi suffisamment décrite pour permettre à l'autorité compétente de vérifier la conformité du projet à la réglementation applicable.

9. S'agissant de l'insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes, le dossier de demande de permis de construire modificatif comporte un plan de situation qui indique que le projet se situe en zone urbaine sur une parcelle entourée de constructions existantes. La notice architecturale du permis de construire modificatif précise que l'environnement est de type résidentiel composé d'un mitage de maisons en rez-de-chaussée ou R+1. Un document intitulé " visuel de l'existant à la date du 3 février 2023 ", sous forme de photographie aérienne, permet de constater de manière plus précise l'implantation du projet au regard des constructions existantes qui l'entourent sur les parcelles voisines. Le dossier comporte également des photographies de l'environnement immédiat du projet prises depuis la rue du lieutenant C de sorte que l'ensemble du dossier a permis à l'autorité compétente d'appréhender le volume des constructions existantes voisines du projet.

10. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les côtes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan ".

11. Comme cela a été exposé au point 8, la notice architecturale du dossier de demande de permis de construire modificatif indique que trois arbres existants au fond de la parcelle seront abattus pour être replantés et que deux palmiers à l'avant de la parcelle seront conservés si leur état le permet ou, à défaut, seront remplacés. Le " visuel de l'existant au 3 février 2023 " permet d'identifier la végétation qui sera supprimée et le plan de masse précise la disposition des trois arbres de haute tige qui seront replantés sur le terrain, des deux palmiers qui seront déplacés ainsi que les autres éléments de végétation prévus au projet. Les requérants ne sont ainsi pas fondés à soutenir que le dossier de demande serait trop imprécis en ce qui concerne les plantations maintenues, supprimées ou créées.

12. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

13. D'une part, la seule circonstance que la maison existante sur le terrain d'assiette du projet sera démolie ne suffit pas à établir que le profil du terrain sera modifié. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'absence de représentation de l'état initial du terrain sur le plan de coupe ait été de nature à fausser l'appréciation du service instructeur.

14. D'autre part, la notice architecturale du permis de construire modificatif précise que la parcelle d'assiette du projet est située dans le cœur historique de la commune de Dompierre-sur-Mer et que l'environnement est de type résidentiel, composé d'un mitage de maisons en rez-de-chaussée ou R+1 et que le projet est de facture traditionnelle afin de s'intégrer naturellement dans le tissu urbain existant. Le dossier de demande de permis de construire modificatif comprend également des photographies aériennes permettant de visualiser le terrain d'assiette du projet au regard des constructions situées sur les parcelles voisines ainsi que 4 photographies prises depuis la rue du lieutenant C qui complètent la connaissance de l'environnement immédiat du projet. Ainsi complétés par les autres pièces du dossier de demande de permis de construire modificatif, les deux documents graphiques d'insertion du projet contenus dans les dossiers de permis de construire initial et modificatif, pris sous l'angle de la rue du lieutenant C, ont permis à l'autorité compétente d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement, quand bien même les constructions voisines n'apparaissent pas sur ces documents.

En ce qui concerne le respect des dispositions du PLUi :

15. En premier lieu, aux termes de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation ". Il résulte de ces dispositions qu'une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu'elle prévoit sont incompatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation (OAP) d'un PLU et, en particulier, en contrarient les objectifs.

16. Le paragraphe D de l'article 1.6.3 du règlement PLUi de la communauté d'agglomération de La Rochelle renvoie aux fiches 4 et 5 de l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) " Construire aujourd'hui ", pour les constructions comprises ou non dans le périmètre du champ d'application de l'OAP thématique " Patrimoine bâti ". L'article 4.4 de la fiche n°4 de l'OAP " Construire aujourd'hui " relatif au volume des constructions dispose que : " Les balcons et autres éléments saillants seront évités au profit de loggias (espaces extérieur intégré en creux dans le volume du bâtiment) ou de terrasses (retrait d'une partie de l'étage permettant de libérer une surface extérieure), excepté dans le cas d'une architecture d'expression contemporaine. Dans le cadre d'un bâtiment d'expression traditionnelle, les toits à quatre pentes sont réservés aux bâtiments à étages. Les constructions en rez-de-chaussée sont couvertes par des toits à une ou deux pentes ".

17. La seule circonstance invoquée par les requérants que le projet prévoit des balcons sur les façades Nord et Sud, alors que l'article 4.4 de la fiche n°4 de l'OAP " Construire Aujourd'hui " préconise seulement de les éviter, ne permet pas d'établir une incompatibilité du projet avec les objectifs de l'OAP " Construire aujourd'hui ".

18. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1.8 du règlement du PLUi : " Les voies internes de desserte du parking doivent avoir une largeur minimale de 5,5 mètres pour permettre les circulations et manœuvres. () Traitement qualitatif des espaces de stationnement : Lorsque le stationnement est réalisé en surface, une attention particulière devra être portée à l'intégration paysagère des espaces (organisation des places de stationnement, végétalisation, choix des revêtements) afin d'en limiter l'impact visuel et environnemental ". Le lexique du PLUi précise que : " L'accès correspond soit à la limite donnant directement sur la voie (portail, porte de garage), soit à l'espace tel que le porche ou la portion de terrain par lequel les véhicules pénètrent sur le terrain d'assiette du projet depuis la voie de desserte. Sont donc soumis aux dispositions du règlement : - les accès donnant directement sur la voie : portail, porte de garage ; - les chemins d'accès raccordés sur une voie sous la forme d'une bande de terrain et d'une servitude de passage permettant l'accès à un ou des terrains en second rang, qui ne sont pas desservis directement par une voie publique. Les accès sont considérés comme des voies lorsque ces deux conditions sont réunies : - l'accès ou le chemin d'accès présente une longueur supérieure à 60 mètres mesurée depuis la voie ouverte à la circulation automobile ; - l'accès ou le chemin d'accès dessert 3 logements et plus ".

19. Les requérants soutiennent que le permis de construire initial comme le permis de construire modificatif ne respectent pas la largeur minimale de 5,50 mètres prévue à l'article 1.8 du règlement du PLUi pour les voies internes de desserte du parking. Toutefois, l'accès conduisant au parc de stationnement et se prolongeant jusqu'aux futures constructions de second rang du projet doit être regardé comme un " accès " et non pas comme une " voie interne " dès lors que, quand bien même il dessert plusieurs logements, sa longueur est inférieure à 60 mètres. Par suite, il n'entre pas dans le champ d'application des dispositions de l'article 1.8 du règlement du PLUi.

20. En troisième lieu, l'article UV4 du règlement du PLUi prévoit que les constructions nouvelles correspondant au modèle " Jardinet à l'avant " respecte les dispositions suivantes : " Implantation des constructions par rapport aux voies ou emprises publiques : - La construction principale doit être implantée avec un recul compris entre 1 et 3 mètres maximum mesuré depuis la limite d'emprise de la voie, de manière à dégager un espace libre et paysager sur la partie du terrain au contact de la voie. Cette obligation ne fait pas obstacle à la réalisation de décrochés ou de reculs partiels de façade en implantation ou en surélévation, dès lors qu'ils ne remettent pas en cause la continuité visuelle du bâti et la présence d'un espace libre au contact de la voie. - La façade principale, implantée en retrait et orientée vers la voie doit comporter au minimum dix pour cent (10%) de sa surface percée par des ouvertures réservée aux baies vitrées, fenêtres et porte d'entrée. Les portes de garage ne sont pas comptabilisées dans ce pourcentage ".

21. Quand bien même l'escalier présent sur la façade Sud-Ouest ne respecte pas le retrait minimum d'un mètre par rapport à la voie publique, il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de masse et du document d'insertion, qu'il subsiste un espace libre au contact de la voie. Dans ces conditions, et alors qu'il n'est pas contesté que ce décroché ne remet pas en cause la continuité visuelle du bâti, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UV4 du règlement du PLUi peut être écarté.

22. En quatrième lieu, l'article UV5 du règlement du PLUi relatif au traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et abords des constructions dispose s'agissant du coefficient de biotope que : " Le terrain d'assiette du projet doit préserver une part minimale de surfaces favorables à la nature qui varie en fonction de la superficie du terrain pour chacun des secteurs de zone ". L'article précise que dans le secteur UV1 où se situe le projet, le coefficient de biotope est de 20% dont 50% minimum de pleine terre pour les surfaces de terrain comprises entre 151 et 500 m². Le lexique du PLUi précise que : " Un espace non construit peut être qualifié de " pleine terre " lorsque le sol même est majoritairement constitué de terre végétale et lorsque le substrat assure une bonne fonctionnalité écologique du sol. Cela implique qu'il permet l'infiltration, la filtration, l'oxygénation, divers échanges et peut être support pour la végétation. Les aires de stationnement et leurs accès sont exclus à l'exception de ceux qui font l'objet d'aucune artificialisation ".

23. Il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire modificatif, et notamment des plans de division biotope 2 et du document intitulé " visuel de l'existant dessiné le 28 avril 2023 ", que le projet comporte, contrairement à ce que soutiennent les requérants, un espace vert latéral d'une superficie de 13,88 m², qui est situé entre le porche de la future construction et la limite séparative avec la parcelle voisine, de sorte que la surface totale de pleine terre du lot n°3 s'élève à 70,65 m² pour une superficie totale de 345,70 m². La surface de pleine terre étant ainsi supérieure au coefficient de biotope minimum de 20% (69,14 m²), le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UV5 du règlement du PLUi doit être écarté.

24. En cinquième lieu, l'article UV5 relatif au traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et abords des constructions dispose par ailleurs s'agissant de l'aspect qualitatif que : " Les espaces libres aux abords de la construction doivent être traités avec un soin particulier afin de participer à leur insertion dans le site, à l'amélioration du cadre de vie et à la gestion de l'eau pluviale. Le projet paysager doit s'appuyer sur les caractéristiques du projet de construction (emprise, hauteurs et implantations) et les composantes du site préexistant, en tenant compte notamment de l'implantation des constructions avoisinantes, de la forme de la parcelle, de la topographie et des masses végétales existantes. Selon leur nature ou leur vocation (espaces de circulation, jardins, terrasses), le traitement paysager des espaces libres doit être approprié à leur fonction et au contexte environnant en tenant compte : () - de la composition des espaces libres voisins, afin de participer à une mise en valeur globale ; () Les arbres existants devront être conservés dans la mesure du possible. Tout arbre abattu devra être remplacé si l'espace libre restant le permet. Il conviendra de privilégier des essences locales (se référer à l'OAP Paysage et TVB). (). Traitement des aires de stationnement : Les aires de stationnement des véhicules motorisés doivent faire l'objet d'un traitement paysager d'ensemble, y compris les délaissés. Les aires de stationnement doivent être plantées à raison d'un arbre pour 4 emplacements de voiture au minimum. Les arbres seront répartis sur l'aire de stationnement ou sur les espaces paysagers l'accompagnant selon une étude circonstanciée. Les essences seront choisies en accord avec la commune. Pour les opérations d'ensemble : En outre, pour les opérations d'ensemble, un ou plusieurs espace(s) d'agrément commun(s), paysager(s) et facilement accessible(s) à tous devront être aménagés. Les fonctions de ces espaces devront être clairement identifiées : cheminements piétons, pistes cyclables, aires de jeux, espaces de détente, des espaces de pleine terre La localisation de ces espaces paysagers pourra être prévue et partagée entre plusieurs opérations, lorsque celles-ci font l'objet d'une opération d'ensemble ". Le lexique du PLUi précise que : " La notion d'opérations d'ensemble (ou de projet d'ensemble) renvoie à un principe d'urbanisation sous forme globale et cohérente d'un ou plusieurs terrains par opposition à une urbanisation au coup par coup. Toute opération de construction ou d'aménagement portant sur 5 logements ou 5 lots à bâtir et plus est considérée comme une opération d'ensemble ou un projet d'ensemble, sauf mention contraire du règlement (par exemple, le règlement impose des règles spécifiques en matière de stationnement uniquement pour les opérations d'ensemble de 10 logements et plus) ".

25. Premièrement, les requérants ne précisent pas en quoi le traitement paysager du projet ne prend pas en compte le contexte environnant et les constructions voisines. Cette branche de moyen donc être écartée comme dépourvue de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. Deuxièmement, si les requérants soutenaient dans leur requête que le projet ne décrivait pas les arbres figurant sur la parcelle, le dossier de demande de permis de construire modificatif apporte les précisions nécessaires comme cela a été exposé au point 8. La circonstance que le dossier de demande ne précise pas les essences d'arbres choisis ne permet pas d'établir que le projet méconnaisse les dispositions de l'article UV5 précité qui se borne à préconiser le recours à des essences locales. Troisièmement, contrairement à ce que soutiennent les requérants, le plan de masse du permis de construire modificatif permet de constater que les trois arbres de haute tige annoncés par la notice architecturale seront replantés au niveau de l'aire de stationnement et leur symbole permet de les distinguer des autres éléments de végétation prévus dans le projet. Le seuil d'un arbre pour quatre emplacements de voiture au minimum prévu à l'article UV5 précité est ainsi respecté pour les neuf places de stationnement prévues au projet. Quatrièmement, les requérants soutiennent que les espaces d'agrément sont inexistants et non matérialisés alors que l'article UV5 dispose que pour les opérations d'ensemble, un ou plusieurs espaces paysagers devront être aménagés et que les fonctions de ces espaces devront être clairement identifiées. Toutefois, la notice architecturale du permis de construire modificatif précise que l'espace commun dédié au stationnement comprendra notamment un petit jardin d'agrément, qui est notamment représenté sur le plan de masse. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UV5 s'agissant de l'aspect qualitatif du traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et abords des constructions peut être écarté dans toutes ses branches.

26. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation du permis de construire initial du 21 octobre 2021 et du permis de construire modificatif du 19 septembre 2023 doivent être rejetées, sans qu'il soit nécessaire de statuer sur leur recevabilité.

Sur les frais liés à l'instance :

27. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme I, M. et Mme G et Mme B ensemble la somme de 1 000 euros à verser à la commune de Dompierre-sur-Mer et une somme de 1 000 euros à verser à la société Promoteur de l'Ouest au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

28. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de la commune de Dompierre-sur-Mer et de la société Promoteur de l'Ouest, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme I, M. et Mme G et Mme B est rejetée.

Article 2 : M. et Mme I, M. et Mme G et Mme B verseront ensemble une somme de 1 000 euros à la commune de Dompierre-sur-Mer et une somme de 1 000 euros à la société Promoteur de l'Ouest.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D I, premier dénommé, à la commune de Dompierre-sur-Mer et à la société Promoteur de l'Ouest.

Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Jarrige, président,

Mme Boutet, première conseillère,

M. Bureau, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024

Le rapporteur,

Signé

M. BOUTET

Le président,

Signé

A. JARRIGE

La greffière,

Signé

G. FAVARD

La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

G. FAVARD

N° 2200963 2200936

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