jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200990 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CALIOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 avril 2022, et un mémoire enregistré le 21 mars 2024, non communiqué, M. B A, représenté par Me Caliot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 octobre 2021 par lequel la préfète de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour " membre de la famille d'un citoyen de l'Union " et une carte de résident ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vienne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 48 heures à compter de la notification du jugement à intervenir, le tout sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles 35 et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-l'arrêté a été pris par une autorité incompétente ;
-il est insuffisamment motivé ;
-il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Par un mémoire enregistré le 19 mars 2024, le préfet de la Vienne conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions présentées à fin d'annulation et au rejet du surplus de la requête.
Il soutient que les conclusions en annulation présentées par le requérant ont perdu leur objet, dès lors qu'il a abrogé, par une décision du 18 mars 2024, la décision attaquée.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention franco-ivoirienne du 21 septembre 1992 relative à la circulation et au séjour des personnes ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Gibson-Théry a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ivoirien né le 29 décembre 1982, est entré en France le 21 décembre 2015 selon ses déclarations. M. A a formulé une demande de carte de résident réceptionnée par les services de la préfecture de la Vienne le 9 juin 2020, puis, le 20 mai 2020, d'un titre de séjour en qualité de " membre de famille d'un ressortissant de l'Union européenne ". Par un arrêté du 28 octobre 2021, dont M. A demande l'annulation, la préfète de la Vienne a refusé de lui délivrer la carte de résident et le titre de séjour demandé.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Le préfet de la Vienne a informé le tribunal que, par une décision du 18 mars 2024, postérieure à l'enregistrement de la requête, il a procédé à l'abrogation de l'arrêté attaqué. Toutefois, les conclusions tendant à l'annulation de cet arrêté conservent leur objet en l'absence d'élément établissant la délivrance d'un titre de séjour à M. A à la date du présent jugement.
3. En premier lieu, par un arrêté du 27 août 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Vienne, la préfète de la Vienne a donné délégation à Mme Pascale Pin, secrétaire générale de la préfecture, à l'effet de signer tous les arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence dont serait entaché l'arrêté contesté manque en fait et doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions applicables de l'accord franco-ivoirien du 21 septembre 1992 et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur le fondement desquelles ont été examinées les demandes de titres de séjour, et mentionne l'ensemble des éléments relatifs à la situation administrative et personnelle du requérant en rappelant les conditions de son entrée sur le territoire français, ainsi que les raisons de fait pour lesquelles ses demandes de titres de séjour doivent être rejetées. L'arrêté litigieux, qui contient ainsi l'ensemble des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement est, dès lors, suffisamment motivé.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 234-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les citoyens de l'Union européenne mentionnés à l'article L. 233-1 qui ont résidé de manière légale et ininterrompue en France pendant les cinq années précédentes acquièrent un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français. / Les ressortissants de pays tiers, membres de famille, acquièrent également un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français à condition qu'ils aient résidé en France de manière légale et ininterrompue pendant les cinq années précédentes avec le citoyen de l'Union européenne mentionné au premier alinéa. Une carte de séjour d'une durée de validité de dix ans renouvelable de plein droit leur est délivrée. ". L'article L. 233-1 du même code dispose que : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; () ". L'article 11 de la convention franco-ivoirienne du 21 septembre 1992 relative à la circulation et au séjour des personnes stipule que : " Après trois années de résidence régulière et non interrompue, les ressortissants de chacune des Parties contractantes établis sur le territoire de l'autre Partie peuvent obtenir un titre de séjour de dix ans, dans les conditions prévues par la législation de l'Etat d'accueil ".
6. A l'appui de ses demandes de titres de séjour, M. A fait valoir qu'il a été recruté comme employé polyvalent par un contrat à durée déterminée à temps partiel pour la période du 1er avril 2021 au 31 décembre 2021, et que ce contrat a été transformé en contrat de travail à durée indéterminée depuis le 1er janvier 2022, à raison d'un salaire mensuel d'environ 500 euros, pour les mois de janvier et février 2022. Il produit également des bulletins de salaire pour les mois d'août à novembre 2020, correspondant également à un emploi d'employé polyvalent, à raison d'un salaire mensuel net de 487,46 euros, puis d'un salaire de 1 204,05 euros au titre du mois de décembre 2020. Toutefois, compte tenu des périodes d'emploi dont il justifie, M. A n'établit pas avoir résidé en France de manière légale et ininterrompue pendant les cinq années précédant sa demande avec son épouse, dont il ressort de l'arrêté contesté qu'elle est citoyenne de l'Union européenne par sa nationalité belge, ni, d'ailleurs, avoir résidé de manière régulière et non interrompue pendant trois ans avant de solliciter la délivrance d'une carte de résident. Dans ces conditions, quand bien même son épouse justifierait d'une activité professionnelle en France, au demeurant discontinue, depuis la fin du mois d'août 2015, d'abord en qualité d'infirmière jusqu'en janvier 2016 et en août 2017, puis comme employée à domicile et assistante ménagère, entre les mois d'août 2018 et août 2020, la préfète de la Vienne n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation du requérant en refusant de lui octroyer les titres de séjour demandés.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
8. En se bornant à faire état de la scolarisation de ses deux enfants en France au titre de l'année scolaire 2021-2022, M. A ne démontre pas y avoir tissé des liens personnels et familiaux intenses, anciens et stables, ni être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine et en Belgique, dont son épouse et ses enfants possèdent la nationalité et où il a bénéficié d'un titre de séjour " membre de la famille d'un citoyen de l'Union " entre le 9 octobre 2015 et le 9 octobre 2020. Par suite, en refusant d'accorder à M. A l'un des titres de séjour demandé, la préfète de la Vienne n'a pas méconnu son droit au respect de sa vie privée et familiale.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, d'astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Vienne.
Une copie sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cristille, président,
Mme Duval-Tadeusz, première conseillère,
Mme Gibson-Théry, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 18 avril 2024.
La rapporteure,
Signé
S. GIBSON-THERYLe président,
Signé
P. CRISTILLE
La greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026