jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200997 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BOUDY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 avril 2022 et le 11 mars 2024, M. A B, représenté par Me Boudy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du maire de l'Houmeau matérialisée par la pose d'une borne inamovible à l'entrée de l'impasse du Moulin, ainsi que la décision du 15 février 2022 par laquelle le maire a rejeté sa demande tendant à la suppression de cette borne ;
2°) de mettre à la charge de la commune de L'Houmeau une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 15 février 2022 est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en tant qu'elle pose une interdiction générale et absolue ;
- elle est disproportionnée ;
- elle instaure une rupture d'égalité entre les usagers de la voie.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 janvier 2024, la commune de L'Houmeau, représentée par la SCP Drouineau 1927, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 2 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur la requête dès lors que, par un arrêté du 12 août 2022, le maire de la commune a instauré une zone piétonne sur la partie sud de l'impasse du Moulin, ce qui justifie l'installation de la borne faisant l'objet du litige et l'injonction ; la suppression de cette borne, irait à l'encontre de cet arrêté, qui n'a pas été contesté ;
- aucun des moyens n'est fondé.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boutet,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- et les observations de Me Boudy, représentant M. B, et de Me Dallemane, représentant la commune de L'Houmeau.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est propriétaire de la parcelle cadastrée section ZC n° 1, située au n°1 rue du Moulin sur le territoire de la commune de L'Houmeau (Charente-Maritime). En septembre 2021, il a constaté l'installation d'une borne qui interdisait la circulation sur la partie sud de l'impasse du Moulin, et l'empêchait d'accéder en voiture à un second portail installé sur sa parcelle. M. B a demandé, par un courrier du 7 février 2022, la suppression de cette borne et, par une décision du 15 février 2022, le maire L'Houmeau a rejeté sa demande. M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de cette dernière décision.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. La commune fait valoir que, par un arrêté postérieur du 12 août 2022 qui n'a pas été contesté, le maire a instauré une zone piétonne sur la partie sud de la rue du Moulin qui justifie l'installation de la borne inamovible dont la suppression avait été demandée par le requérant. Toutefois, la décision du maire qui 15 février 2022, qui a rejeté la demande de M. B, n'a été ni retirée ni abrogée et elle a produit des effets. Dans ces conditions, l'exception de non-lieu à statuer invoquée par la commune doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration énonce : " Les décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1) Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ".
4. La décision du 15 février 2022 par laquelle le maire a rejeté la demande de M. B tendant à supprimer la borne installée impasse du Moulin ne constitue pas une mesure de police qui doit être motivée en application des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.
5. En second lieu, aux termes de cet article L. 2213-4 du code général des collectivités territoriales : " Le maire peut, par arrêté motivé, interdire l'accès de certaines voies ou de certaines portions de voies ou de certains secteurs de la commune aux véhicules dont la circulation sur ces voies ou dans ces secteurs est de nature à compromettre soit la tranquillité publique, soit la qualité de l'air, soit la protection des espèces animales ou végétales, soit la protection des espaces naturels, des paysages ou des sites ou leur mise en valeur à des fins esthétiques, écologiques, agricoles, forestières ou touristiques ".
6. D'une part, dans son mémoire en défense, la commune indique que le maire a entendu se placer sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 2213-4 du code général des collectivités territoriales pour prendre la décision d'interdiction de circulation des véhicules en litige. Ces dispositions permettent au maire d'interdire l'accès aux véhicules de portions de voies sous réserve d'en justifier la nécessité, de sorte que le moyen tiré de ce que la décision en litige est illégale en tant qu'elle pose une interdiction générale et absolue doit être écarté.
7. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que la borne inamovible contestée par M. B est située à l'entrée de l'impasse du Moulin, qui est une voie communale sans issue pour les véhicules mais qui permet aux piétons de rejoindre la rue Boileau au Sud. Cette voie, qui est goudronnée et bordée d'arbres, est étroite et ne dispose pas d'espace de retournement pour les véhicules, ni d'espace réservé pour la circulation des piétons. La commune fait valoir sans être contredite que cette voie, qui longe le stade municipal, est notamment utilisée par les enfants du nouvel écoquartier de Monsidun pour rejoindre leur école. Dans ces conditions, le maire de L'Houmeau n'a pas porté une atteinte excessive au droit de circulation, au regard des objectifs poursuivis de sécurité et de tranquillité publique, en installant la borne litigieuse.
8. Enfin, le moyen tiré de la rupture d'égalité entre les usagers de la voie publique doit être écarté dès lors que M. B dispose toujours d'un accès pour les véhicules au nord de sa propriété, qui n'avait pas fait l'objet d'une division à la date de la décision en litige.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 15 février 2022 présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de L'Houmeau, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que réclame M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme que demande la commune de L'Houmeau sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de L'Houmeau au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de L'Houmeau.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Bris, présidente,
Mme Boutet, première conseillère,
Mme Balsan-Jossa, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.
Le rapporteur,
signé
M. BOUTET
La présidente,
signé
I. LE BRIS
La greffière,
signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026