lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2201159 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SAS DROUOT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 11 mai, 12 juillet et 7 octobre 2022, M. A B, représenté par Me Marques, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Saint-Romain-de-Benet (Charente-Maritime) lui a délivré un certificat d'urbanisme négatif, ainsi que la décision portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de Saint-Romain-de-Benet de procéder au réexamen de sa demande et de lui délivrer le certificat d'urbanisme sollicité dans un délai d'un mois courant à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Romain-de-Benet une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est irrégulier en l'absence d'annexion des avis émis dans le cadre de sa demande ;
- il est entaché d'une erreur de droit en tant que le motif de la viabilité économique de son exploitation agricole ne figure pas au nombre des motifs justifiant la délivrance d'un certificat d'urbanisme négatif ; les constructions en zone agricole ne dépendent pas de la qualité d'exploitant agricole du demandeur de l'autorisation mais de la nature de l'activité envisagée ; il a justifié de la réalité de l'exploitation en versant au dossier de demande de certificat d'urbanisme une note de présentation comportant le numéro de cheptel attribué par la Chambre d'agriculture de Nouvelle-Aquitaine et faisant état de sa demande de désignation d'un vétérinaire sanitaire ; il justifie de la création de son activité d'élevage d'ovins et de caprins au 1er janvier 2022 en produisant différents bons de commande démontrant sa possession effective d'ovins ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait dès lors qu'il justifie bien de sa qualité d'exploitant agricole ;
- le maire s'est cru, à tort, en situation de compétence liée compte tenu du sens de l'avis défavorable émis par la Chambre d'agriculture de la Charente-Maritime le 13 décembre 2021 ;
- l'arrêté contesté est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que la construction de la maison d'habitation sur le terrain en cause est indéniablement liée à un projet d'exploitation agricole.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 juin, 9 août et 7 novembre 2022, la commune de Saint-Romain-de-Benet, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bréjeon,
- les conclusions de M. Pipart, rapporteur public,
- et les observations de Me Campana, représentant M. B, et de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a déposé une demande de certificat d'urbanisme auprès de la commune de Saint-Romain-de-Benet (Charente-Maritime) pour la construction d'une maison d'habitation et de quatre bâtiments agricoles sur les parcelles cadastrées section F n°s 1657 et 1659 situées rue du Haut Vouillac, en vue de la création d'un élevage d'ovins et de caprins. Par un arrêté du 27 décembre 2021, dont M. B demande l'annulation, le maire de Saint-Romain-de-Benet lui a délivré un certificat d'urbanisme négatif.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus. (). ". Aux termes de l'article R. 410-14 de ce code : " Dans les cas prévus au b de l'article L. 410-1, lorsque la décision indique que le terrain ne peut être utilisé pour la réalisation de l'opération mentionnée dans la demande, ou lorsqu'elle est assortie de prescriptions, elle doit être motivée. ". Enfin, aux termes de l'article A 410-3 du même code : " Le certificat d'urbanisme : a) Indique la collectivité au nom de laquelle le certificat est délivré ; b) Vise la demande de certificat et précise si la demande porte sur un certificat d'urbanisme indiquant, en application du a de l'article L. 410-1, les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables au terrain ou sur un certificat d'urbanisme indiquant en outre, en application du b du même article, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation d'une opération ; c) Rappelle les nom et adresse du demandeur, le numéro d'enregistrement et l'adresse du terrain ; d) Vise les textes législatifs et réglementaires dont il est fait application ; e) Vise, s'il y a lieu, les avis recueillis en cours d'instruction et leur sens. L'arrêté mentionne, en caractères lisibles, le prénom, le nom et la qualité de son signataire. "
3. En l'espère, l'arrêté en litige vise les articles L. 410-1 et R. 410-1 et suivants du code de l'urbanisme ainsi que les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Romain-de-Benet concernant la zone A, notamment l'article A1. Il vise, en outre, le sens des avis divers recueillis au cours de l'instruction de la demande de certificat d'urbanisme déposée par M. B. Enfin, l'arrêté précise que le projet de construction de plusieurs bâtiments agricoles et d'une maison d'habitation ne relève pas d'une exploitation agricole économiquement viable et que les constructions envisagées ne peuvent être vues comme destinées à une exploitation agricole et, dès lors, ne sont pas au nombre des constructions autorisées par les dispositions de l'article A2 du règlement du plan local d'urbanisme. Il est, par conséquent, suffisamment motivé.
4. En deuxième lieu, il ne résulte pas des dispositions citées au point 2 que les avis recueillis au cours de l'instruction d'une demande de délivrance d'un certificat d'urbanisme doivent nécessairement être annexés à l'arrêté délivrant le certificat demandé, sous peine d'irrégularité de cet arrêté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article A1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Romain-de-Benet : " Sont interdites toutes les occupations et utilisations du sol qui ne sont pas visées à l'article A2 ci-dessous à l'exception : - des constructions et installations destinées à l'exploitation agricole (qui sont autorisées dans les zones A). () " et aux termes de l'article A2 : " Dans les zones A (), sont autorisés sous condition () les habitations nécessaires aux exploitations agricoles sous réserve : - qu'elles soient implantées aux abords immédiats de constructions ou d'installations nécessaires aux activités agricoles () ; - d'être occupés par un exploitant agricole ; - que dans le cas de la création ou du transfert d'un siège d'exploitation, la construction des bâtiments agricoles précède celle des bâtiments d'habitation ou soit concomitante. (). "
6. Pour vérifier que la construction ou l'installation projetée est nécessaire à l'exploitation agricole, l'autorité administrative compétente doit s'assurer au préalable, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de la réalité de l'exploitation agricole, au sens de ces dispositions, laquelle est caractérisée par l'exercice effectif d'une activité agricole d'une consistance suffisante. Par ailleurs, le lien de nécessité, qui doit faire l'objet d'un examen au cas par cas, s'apprécie entre, d'une part, la nature et le fonctionnement des activités de l'exploitation agricole et, d'autre part, la destination de la construction ou de l'installation projetée.
7. En l'espèce, pour établir la réalité et la consistance de son activité agricole, le requérant se prévaut d'une inscription au répertoire des entreprises et des établissements SIREN depuis le 25 janvier 2022 pour un élevage d'ovins et de caprins, de l'autorisation implicite d'exploiter délivrée par la direction des territoires et de la mer de la Charente-Maritime suite à sa demande déposée le 25 avril 2022, de la fiche d'identification de son exploitation du 11 janvier 2022 ainsi que de bons de commande d'ovins du 3 mars 2022. Ce faisant, si M. B démontre son intention de créer une exploitation agricole, il n'établit pas que celle-ci, installée sur des parcelles d'une surface totale de 3 270 m2, laquelle est inférieure au seuil de viabilité exprimé en surface agricole utile par le schéma directeur régional des exploitations agricoles pour la région Nouvelle-Aquitaine approuvé par le préfet de la Charente-Maritime par l'arrêté du 17 mars 2021, revêt une consistance suffisante. Dans ces conditions, et au regard des éléments fournis par la commune de Saint-Romain-de-Benet en défense qui démontrent l'absence d'installations agricoles vouées à accueillir un élevage d'ovins et de caprins, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté méconnaît les dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme, ni qu'il est entaché d'une erreur de fait ou d'une erreur d'appréciation.
8. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le maire de la commune de Saint-Romain-de-Benet se serait cru, à tort, lié par l'avis défavorable émis par la Chambre d'agriculture de la Charente-Maritime le 13 décembre 2021 au motif que le projet de M. B n'était pas économiquement viable.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête à fin d'annulation de l'arrêté du 27 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Saint-Romain-de-Benet a délivré un certificat d'urbanisme négatif à M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Romain-de-Benet, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais liés au litige.
11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Saint-Romain-de-Benet sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Romain-de-Benet présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié M. A B et à la commune de Saint-Romain-de-Benet.
Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
Mme Bréjeon, conseillère,
M. Raveneau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
R. BRÉJEON
Le président,
signé
L. CAMPOYLa greffière,
signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026