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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2201175

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2201175

jeudi 19 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2201175
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Poitiers a rejeté la requête de M. B, ressortissant algérien, qui demandait l'annulation du refus de l'université de Poitiers de l'inscrire en deuxième année de licence AES. Le juge a considéré que la décision, fondée sur l'insuffisance des résultats de l'intéressé au regard des 725 candidatures pour 32 places, n'était pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation. Il a notamment écarté le moyen tiré du niveau C1 en français, ce critère n'étant pas le motif du refus. La solution s'appuie sur les articles D. 612-17 et D. 613-38 du code de l'éducation, qui laissent aux établissements le soin d'apprécier la compatibilité du niveau des étudiants avec la formation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 15 et 16 mai 2022, M. A C B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision de l'université de Poitiers refusant de l'inscrire en deuxième année de licence de droit, économie, gestion " mention administration économique et sociale ", ainsi que la décision du 14 avril 2022 rejetant son recours gracieux.

Il soutient que le rejet de sa candidature est injustifié au regard de son niveau C1 dans la langue française, qui est supérieur au niveau sollicité par la formation, et de son expérience en tant qu'agent administratif.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 janvier 2023, l'université de Poitiers conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Boutet,

- les conclusions de M. Pipart, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Le 14 novembre 2021, M. B, ressortissant algérien, a déposé une candidature, sur la plate-forme Campus France destinée aux étudiants étrangers, en vue d'intégrer la deuxième année de licence en droit, économie, gestion " mention administration économique et sociale " à l'université de Poitiers. Il a reçu notification le 11 avril 2022, sur la plate-forme, du rejet de sa candidature. Il a formé le jour-même un recours gracieux, qui a été rejeté par décision du doyen de la faculté de droit et de sciences sociales de l'université de Poitiers du 14 avril 2022. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de ces deux décisions.

2. Aux termes de l'article D. 612-17 du code de l'éducation : " Les ressortissants étrangers sont soumis aux mêmes règles que les étudiants français () pour l'inscription en deuxième ou troisième année de licence, en master, en doctorat ou dans tout établissement pratiquant une admission sur concours ou sur titres. Il appartient aux établissements de décider si leur niveau de compréhension de la langue française est compatible avec la formation envisagée ". Aux termes de l'article D. 613-38 du même code : " Les études, les expériences professionnelles et les acquis personnels peuvent être validés en vue de l'accès aux différents niveaux des formations post-baccalauréat dispensées par un établissement relevant du ministre chargé de l'enseignement supérieur, dans les conditions fixées par les articles D. 613-39 à D. 613-50, sous réserve de dispositions législatives ou réglementaires particulières. ". Aux termes du premier alinéa de l'article D. 613-44 de ce code : " La procédure de validation permet d'apprécier les connaissances, les méthodes et le savoir-faire du candidat en fonction de la formation qu'il souhaite suivre ". Enfin, aux termes de l'article 4 de l'arrêté du 30 juillet 2018 relatif au diplôme national de licence : " Dans les conditions définies à l'article L. 612-3 du code de l'éducation, les étudiants désirant s'inscrire dans des formations universitaires conduisant au diplôme de licence doivent justifier : 1° Soit du baccalauréat ; 2° Soit du diplôme d'accès aux études universitaires ; 3° Soit d'un diplôme français ou étranger admis en dispense ou en équivalence du baccalauréat, en application de la réglementation nationale () ".

3. La décision de rejet de la demande d'admission en deuxième année de licence en droit, économie, gestion " mention administration économique et sociale " présentée par M. B a été prise au motif que les résultats de l'intéressé étaient insuffisants au regard des autres candidatures. Il ressort des pièces versées au dossier que la capacité d'accueil fixées par la délibération du conseil d'administration de l'université de Poitiers du 26 novembre 2021 était de 32 places pour cette licence, alors que l'administration indique avoir examiné au total 725 candidatures.

4. En premier lieu, M. B soutient qu'il remplit les prérequis limitativement fixés par l'université, relatifs à un niveau minimum de connaissance du français, puisqu'il a obtenu en 2021 un diplôme approfondi de la langue française de niveau C1 du cadre européen. Toutefois, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision en litige, qui n'a pas été prise en raison de l'insuffisance du niveau de français de l'intéressé.

5. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a obtenu un diplôme du baccalauréat filière " gestion et économie " en Algérie le 16 juillet 2019 avec une moyenne de 11,03/20. Le relevé de note en licence 1 de " sciences commerciales " produit par le requérant indique une moyenne de 11,98 et 11,76/20 pour les premier et deuxième trimestres de l'année universitaire 2019/2020, les notes des deux derniers trimestres n'étant pas produit. Le relevé de note en licence 2 produit indique une moyenne de 12,35/20 et 12,45/20 pour les troisième et quatrième trimestres de l'année universitaire 2020/2021, les notes des deux premiers trimestres n'étant pas produit. Dans ces conditions, et quand bien même M. B justifie d'une expérience professionnelle en tant qu'agent administratif, le président de l'université de Poitiers n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en rejetant la candidature de M. B au motif que son niveau général était insuffisant au regard des autres candidatures.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C B et à l'université de Poitiers.

Délibéré après l'audience du 5 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Le Bris, présidente,

Mme Boutet, première conseillère,

Mme Dumont, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.

La rapporteure,

Signé

M. BOUTET

La présidente,

Signé

I. LE BRIS

La greffière,

Signé

D. GERVIER

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Le greffier en chef,

Signé

S. GAGNAIRE

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