jeudi 15 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2201179 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DESROCHES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 mai 2022, M. A B, représenté par Me Desroches, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 mars 2022 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer, à titre principal, un titre de séjour d'une durée d'un an, ou, à titre subsidiaire, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail valable jusqu'à ce que l'autorité administrative ait statué sur sa situation administrative, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles 35 et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté a été pris par une autorité incompétente ;
Sur la décision portant refus de séjour :
- elle est insuffisamment motivée et ne démontre pas un examen personnel et approfondi de sa situation personnelle, dès lors que le préfet de la Vienne n'a pas examiné sa demande de renouvellement de titre de séjour " vie privée et familiale " en tant que conjoint de français ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'un défaut d'examen de sa situation dès lors que le préfet de la Vienne ne disposait pas d'un avis préalable de la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités sur son contrat de travail en cours d'exécution avant d'examiner sa demande de titre de séjour " salarié " ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations du public et de l'administration ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 431-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 5221-2 du code du travail dès lors que son récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisait à travailler sans avoir à solliciter d'autorisation de travail ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 5221-20 4° du code du travail, sa rémunération étant fondée sur un taux horaire respectant la rémunération minimale ;
- elle procède d'une erreur de fait dès lors qu'il possède une qualification et plusieurs expériences en matière de restauration ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 août 2022, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et de libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain né le 7 juillet 1993, est entré en France le 7 février 2018 sous couvert d'un visa de long séjour délivré le 7 février 2018 et valable jusqu'au 7 février 2019. M. B s'est ensuite vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle mention " vie privée et familiale ", valable du 8 février 2019 au 7 février 2021, en tant que conjoint d'une ressortissante française. Il a demandé, le 7 janvier 2021, à la préfecture de la Vienne, un changement de statut d'un titre de séjour " vie privée et familiale " vers un titre de séjour " salarié " à titre principal, et vers un titre de séjour " vie privée et familiale " en raison de ses liens personnels en France à titre subsidiaire. Par un arrêté du 12 mai 2022 dont il demande l'annulation, le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer le titre sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :
2. Par arrêté n°2022-SG-DCPPAT-002 du 7 mars 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, Mme Pascale Pin, secrétaire générale de la préfecture de la Vienne, a reçu délégation de signature du préfet à l'effet de signer notamment tous arrêtés entrant dans le champ d'application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision en litige doit être écarté comme manquant en fait.
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
3. En premier lieu, la décision attaquée a été prise au visa des stipulations de l'accord franco-marocain et des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables à la situation de M. B ainsi que des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle décrit la situation administrative, personnelle et familiale de l'intéressé. Elle précise, notamment, qu'il s'est vu délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " valable du 8 février 2019 au 7 février 2021 et que, dans le cadre de sa demande de renouvellement de titre effectuée le 13 janvier 2021, il a sollicité un changement de statut, pour bénéficier, à titre principal, d'un titre de séjour mention " salarié ", et, à titre subsidiaire, d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale - liens personnels et familiaux ". La décision litigieuse énonce les motifs de refus de séjour en application, d'une part, des dispositions combinées de l'article 3 de l'accord franco-marocain et de l'article R. 5221-20 du code du travail, et, d'autre part, de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. A cet égard, il ressort du formulaire de demande de séjour de M. B daté du 13 janvier 2021 qu'il a coché, comme motif de la demande, un titre de séjour mention " salarié " à titre principal et un titre de séjour mention " liens privés et familiaux en France " à titre subsidiaire, à l'exclusion, contrairement à ce qu'il soutient, d'une demande de renouvellement de son titre de séjour mention " conjoint de français ", que le préfet n'était, dès lors, pas tenu d'examiner d'office, en l'absence de dispositions expresses en ce sens. La décision portant refus de séjour, qui contient l'ensemble des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, est ainsi suffisamment motivée, et ne révèle pas un défaut d'examen personnel et approfondi de la situation personnelle du requérant par l'autorité préfectorale.
4. En deuxième lieu, l'article 3 de l'accord franco-marocain stipule que : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention ''salarié'' () ". Aux termes de l'article R. 5221-1 du code du travail : " I. - Pour exercer une activité professionnelle salariée en France, les personnes suivantes doivent détenir une autorisation de travail lorsqu'elles sont employées conformément aux dispositions du présent code : / 1° Etranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne () / II. - La demande d'autorisation de travail est faite par l'employeur. / () Tout nouveau contrat de travail fait l'objet d'une demande d'autorisation de travail ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'employeur, et non à l'autorité préfectorale, de procéder à la demande d'autorisation de travail des étrangers non ressortissants d'un Etat membre de l'Union européenne qu'il entend recruter.
5. Il ne ressort pas des pièces du dossier, et n'est pas allégué par M. B, que la société BK Poitiers Nord qui l'emploie aurait effectué une demande d'autorisation de travail concernant son embauche en contrat à durée indéterminée à compter du 22 novembre 2021 en tant qu'équipier. Dès lors, le préfet de la Vienne n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article R. 5221-1 du code du travail en ne sollicitant pas l'avis préalable de la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités sur le contrat de travail de M. B avant d'examiner sa demande de titre de séjour en qualité de " salarié ".
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration : " Lorsqu'une demande adressée à l'administration est incomplète, celle-ci indique au demandeur les pièces et informations manquantes exigées par les textes législatifs et réglementaires en vigueur. Elle fixe un délai pour la réception de ces pièces et informations. () ". Il résulte de ces dispositions que l'administration est tenue, à peine d'illégalité de sa décision, d'indiquer au demandeur, lorsque la demande de ce dernier est incomplète, les pièces ou informations manquantes dont la production est requise par un texte pour permettre l'instruction de sa demande. En revanche, elles n'ont pas pour objet d'imposer à l'administration d'inviter le demandeur à produire les justifications de nature à établir le bien-fondé de sa demande.
7. Il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet de la Vienne n'a pas refusé la délivrance du titre de séjour mention " salarié " à M. B au motif qu'elle aurait été incomplète, mais en raison de ce qu'il n'établissait pas qu'une autorisation de travail lui aurait été accordée pour le contrat de travail à durée indéterminée dont il se prévalait, ni qu'une offre d'emploi aurait été diffusée concernant ce poste par un organisme concourant au service public de l'emploi. L'administration s'est ainsi bornée à constater que le contrat produit n'était pas visé par les autorités compétentes au sens de l'article 3 de l'accord franco-marocain précité. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision en litige est entachée d'un vice de procédure au regard des dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ne peut qu'être écarté.
8. En quatrième lieu, selon les dispositions de l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : / 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; / 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail ". Aux termes de l'article R. 5221-2 du code du travail : " Sont dispensés de l'autorisation de travail prévue à l'article R. 5221-1 : / () / 16° Le titulaire d'une autorisation provisoire de séjour ou d'un document provisoire de séjour portant la mention "autorise son titulaire à travailler" ". L'article R. 431-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " Le récépissé de demande de renouvellement d'une carte de séjour permettant l'exercice d'une activité professionnelle autorise son titulaire à exercer une activité professionnelle ".
9. En prévoyant que le titre de séjour est délivré " sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes ", les parties à l'accord franco-marocain ont entendu soumettre la délivrance du titre de séjour mention " salarié " à une autorisation de travail accordée par l'autorité administrative française dans les conditions et selon les modalités fixées par le code du travail, et notamment par ses articles R. 5221-20 et R. 5221-21. Si le requérant soutient qu'il était titulaire d'un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour valable du 19 janvier 2022 au 18 avril 2022 l'autorisant à travailler, il ressort des pièces du dossier que son contrat de travail à durée indéterminée a débuté le 22 novembre 2021, soit antérieurement à la période de validité de ce récépissé. En tout état de cause, à supposer même qu'il ait bénéficié d'un récépissé l'autorisant à travailler à cette date, cette circonstance est sans incidence sur la légalité du refus de séjour litigieux dès lors que la durée de l'autorisation de travail attachée au récépissé n'est valable que pour la durée de validité de ce document provisoire délivré le temps de l'instruction de la demande de titre de séjour. Dès lors qu'il est constant que M. B ne bénéficiait pas d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes au sens des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain, le préfet de la Vienne n'a pas méconnu les dispositions de l'article R. 5221-2 du code du travail en lui refusant, pour ce seul motif, la délivrance d'un titre de séjour mention " salarié ".
11. En cinquième lieu, si M. B soutient que sa rémunération est conforme à la règlementation et que la décision en litige procède d'une erreur de fait dès lors qu'il possède une qualification et plusieurs expériences en matière de restauration, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Vienne se soit fondé sur ces circonstances, à les supposer établies, pour lui refuser la délivrance du titre de séjour mention " salarié ". Les moyens tirés de ce que la décision attaquée méconnaîtrait les dispositions du 4°) de l'article R. 5221-20 du code du travail et serait entachée d'erreur de fait sont, dès lors, inopérants.
12. En sixième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". L'article L. 423-23 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Il appartient à l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France d'apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
13. M. B se prévaut de sa situation régulière depuis son entrée en France le 7 février 2018, de la présence sur le territoire français d'une tante et de cousins de nationalité française, ainsi que de son insertion sociale et professionnelle attestée par un contrat d'intégration républicaine établi par l'office français de l'immigration et de l'intégration le 16 mai 2018, puis par les emplois qu'il a occupés dans le domaine de la restauration. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que son arrivée en France est récente, et que l'intéressé, sans enfant, est célibataire depuis son divorce prononcé le 4 novembre 2020. Par ailleurs, il ne démontre pas l'absence d'attaches dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge d'au moins vingt-quatre ans. Ses relations familiales en France, établies par les pièces du dossier, ne caractérisent pas des liens personnels particulièrement anciens, stables et intenses en France. Par suite, le préfet de la Vienne n'a pas, en prenant la décision litigieuse, porté au droit au respect de la vie privée et familiale de M. B une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis et n'a ainsi pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
14. En premier lieu, il ressort des motifs du présent jugement que la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour à M. B n'est pas entachée d'illégalité. Il s'ensuit que l'exception d'illégalité de cette décision soulevée à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français contestée doit être écartée.
15. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 13, le préfet de la Vienne n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en obligeant M. B à quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
16. En premier lieu, en l'absence d'illégalité entachant la décision portant obligation de quitter le territoire français, l'exception d'illégalité de cette décision soulevée à l'encontre de la décision fixant le pays de destination doit être écartée.
17. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
18. D'une part, la décision fixant le pays de destination mentionne que ce pays est celui dont le requérant possède la nationalité et relève que l'intéressé n'établit pas être exposé à des peines et traitements inhumains contraires aux stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. D'autre part, M. B n'établit, ni même n'allègue, que son éloignement présenterait un risque pour sa santé et sa sécurité et que son retour serait source de traitements inhumains et dégradants. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisante motivation de la décision fixant le pays de renvoi et de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
19. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 31 mars 2022 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant au bénéfice des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Vienne.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 31 août 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bruston, présidente,
Mme Thèvenet-Bréchot, première conseillère,
Mme Gibson-Théry, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2022.
La rapporteure,
Signé
S. GIBSON-THERY
La présidente,
Signé
S. BRUSTONLa greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026