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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2201373

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2201373

jeudi 18 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2201373
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP D'AVOCATS SEBAN & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 9 juin et 29 septembre 2022, Mme G C, épouse E, M. F E, Mme A E et M. D B, représentés par Me Baudry, demandent au tribunal

1°) d'annuler l'arrêté du 12 janvier 2022 par laquelle le maire d'Angoulins-sur-Mer a accordé un permis de construire PC 170101210026 à la SSCV Arpège pour la construction de 35 logements sur un terrain situé rue de Bel Air, ensemble la décision du 12 avril 2022 portant rejet de leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la partie adverse une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet au regard des articles R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet au regard de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme dès lors qu'aucun projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs n'apparaît dans le dossier ;

- l'arrêté méconnait la " loi littoral " et notamment les articles L. 121-8, L. 121-13 et L. 121-16 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait l'article UV5 du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) relatif aux espaces favorables à la nature ; le dossier de demande de permis de construire était insuffisant s'agissant de l'identification des espaces favorables à la nature, de sorte qu'il n'a pas permis à l'autorité compétente de vérifier la conformité du projet avec ces dispositions ;

- il méconnait l'article 1.6 des dispositions générales du règlement du PLUi relatif à l'insertion harmonieuse du projet dans son environnement ;

- il est incompatible avec l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) Habitat AG-04 Les Grandes Maisons ;

- il méconnait l'article 1.8 du PLUi relatif au stationnement des véhicules ;

- il méconnait l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

Par des mémoires en défense enregistrés les 4 octobre et 28 octobre 2022, la commune d'Angoulins-sur-Mer, représentée par la SELAS d'avocats Seban et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne justifient pas avoir notifié leurs recours contentieux aux parties en application des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- aucun des moyens n'est fondé.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 août 2022, la SCCV Arpège conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Boutet,

- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,

- et les observations de Me Raux, représentant les requérants et de Me Herpin, représentant la commune d'Angoulins-sur-Mer.

Considérant ce qui suit :

1. La SCCV Arpège a déposé une demande de permis de construire le 29 juillet 2021 pour la construction de 35 logements sur plusieurs parcelles cadastrées en secteur AK, situées rue de Bel Air à Angoulins-sur-Mer. Le maire a délivré le permis de construire sollicité sous le numéro PC 17010 21 0026 le 12 janvier 2022. Les requérants, propriétaires de parcelles voisines, ont exercé un recours gracieux le 7 mars 2022 qui a été rejeté par décision du 12 avril 2022. Par la présente requête, il est demandé l'annulation de ces deux décisions.

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme : " Sont joints à la demande de permis de construire : a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12 ". Aux termes de l'article R. 431-8 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet: a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Selon l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement () ". Enfin, l'article R. 431-10 de ce code précise : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

4. D'une part, en ce qui concerne l'état des lieux existant, la notice architecturale indique que le terrain d'assiette du projet est situé en hypercentre de la commune d'Angoulins-sur-Mer à quelques mètres de la côte et qu'il porte sur plusieurs parcelles classées en zone UV2 du PLUi pour une superficie de 10 422 m². Il précise que le terrain accueille actuellement des jardins potagers et des vergers avec quelques cabanons de jardins en structure légère qui seront démolis et qu'il présente une végétation ponctuelle accentuée sur sa limite Sud-Ouest le long de la voie ferrée. La notice précise les rues qui desservent le terrain d'assiette du projet et indique que, de part et d'autre du terrain, se trouvent des maisons individuelles. Les constructions préexistantes, auxquelles la notice architecturale fait référence, figurent sur plan cadastral qui permet d'identifier les parcelles concernées par le projet, ainsi que sur le " plan de masse existant " qui permet en outre de visualiser la végétation présente sur le terrain d'assiette du projet. En ce qui concerne la teneur du projet, la notice architecturale indique que la demande de permis de construire porte sur la réalisation d'un lotissement composé de deux bâtiments collectifs de 6 logements et de 23 maisons d'habitation individuelles pour une surface de plancher créée de 3 805,33 m², comme l'indique par ailleurs le formulaire Cerfa. La notice précise que les logements collectifs seront édifiés en R+1 au centre du projet, dans le but de créer un noyau central le plus éloigné du reste des riverains et que des voies de circulation encercleront cet ilot et desserviront les maisons individuelles édifiées également en R+1. La notice mentionne que les hauteurs et distances d'implantation imposées par rapport aux limites séparatives respecteront le modèle " Façade sur rue " proposé par le règlement du PLUi. Le " plan de masse projet " permet également de visualiser clairement l'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles par rapport aux constructions et paysages avoisinants. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le dossier de demande de permis de construire est insuffisant sur ces différents points au regard des exigences posées par l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme.

5. D'autre part, le dossier de demande comporte trois photographies prises depuis les rues de Bel Air et de la Motte Grenet, ainsi que des photographies des constructions à démolir, qui permettent d'apprécier les caractéristiques architecturales et paysagères du quartier d'implantation du projet. Il comporte également deux documents d'insertion, l'un sous l'angle Sud depuis la voie ferrée et l'autre sous l'angle Ouest depuis la rue de la Motte Grenet, qui, combinés aux autres documents mis à sa disposition, notamment les plans de masse et de façades, ont permis à l'autorité compétente d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement. Le moyen tiré de la méconnaissance des c) et d) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme doit, par suite, également être écarté.

6. En deuxième lieu, l'article R 431-24 du code de l'urbanisme prévoit que : " Lorsque les travaux projetés portent sur la construction ()de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette comprenant une ou plusieurs unités foncières contiguës, doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement de l'ensemble du projet, le dossier présenté à l'appui de la demande est complété par un plan de division et, lorsque des voies ou espaces communs sont prévus, le projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs à laquelle seront dévolus la propriété, la gestion et l'entretien de ces voies et espaces communs à moins que l'ensemble soit soumis au statut de la copropriété (). ". L'article 1er de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965 dispose que : " La présente loi régit tout immeuble bâti ou groupe d'immeubles bâtis dont la propriété est répartie, entre plusieurs personnes, par lots. () A défaut de convention contraire créant une organisation différente, la présente loi est également applicable aux ensembles immobiliers qui, outre des terrains, des aménagements et des services communs, comportent des parcelles, bâties ou non, faisant l'objet de droits de propriété privatifs. "

7. Il ressort des pièces du dossier que le pétitionnaire a joint à sa demande de permis de construire, d'une part, une convention préalable, pour l'incorporation dans le domaine public de la commune des équipements communs du projet, accompagnée d'un plan de rétrocession et, d'autre part, un projet de statut ainsi qu'un plan parcellaire d'une association syndicale libre pour le cas où le projet de rétrocession ne serait pas approuvé. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme manque donc en fait.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article L.121-16 du code de l'urbanisme : " En dehors des espaces urbanisés, les constructions ou installations sont interdites sur une bande littorale de cent mètres à compter de la limite haute du rivage ou des plus hautes eaux pour les plans d'eau intérieurs désignés au 1° de l'article L. 321-2 du code de l'environnement ". Aux termes de l'article L.121-8 du même code : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants ". Enfin, aux termes de l'article L.121-13 de ce code: " L'extension limitée de l'urbanisation des espaces proches du rivage () est justifiée et motivée dans le plan local d'urbanisme, selon des critères liés à la configuration des lieux ou à l'accueil d'activités économiques exigeant la proximité immédiate de l'eau ".

9. Il résulte des dispositions précitées, sous réserve des exceptions qu'elles prévoient, notamment pour les activités agricoles, que, dans les communes littorales, ne peuvent être autorisées, dans les zones situées en dehors des espaces déjà urbanisés, que les constructions réalisées en continuité soit avec les agglomérations et villages existants, soit en hameaux nouveaux intégrés à l'environnement, et, s'agissant des espaces proches du rivage, à la condition qu'elles n'entraînent qu'une extension limitée de l'urbanisation spécialement justifiée et motivée et qu'elles soient situées en dehors de la bande littorale des 100 m à compter de la limite haute du rivage. Ne peuvent déroger à l'interdiction de toute construction sur la bande littorale des 100 m que les projets réalisés dans des espaces urbanisés, caractérisés par un nombre et une densité significatifs de constructions, à la condition qu'ils n'entraînent pas une densification significative de ces espaces.

10. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est situé pour partie dans la bande des 100 m par rapport au littoral et qu'il s'intègre dans une zone déjà densément urbanisée correspondant au centre-ville d'Angoulins. Le projet contesté, qui porte sur la réalisation de 35 logements dont 23 maisons individuelles et deux immeubles collectifs de 6 logements chacun d'une superficie totale de plancher de 3 805 m² sur un terrain de 10.422 m², ne peut être regardé comme conduisant à une densification significative de l'espace urbanisé dans lequel il s'insère. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 121-8, L. 121-13 et L. 121-16 du code de l'urbanisme doit être écarté.

11. En quatrième lieu, aux termes de l'article UV5 du plan local d'urbanisme (PLUi) de la communauté d'agglomération de La Rochelle : " L'aménagement des terrains doit comprendre une part minimale de surfaces favorables à la nature. () Le coefficient de biotope s'applique à tout projet. Le terrain d'assiette du projet doit préserver une part minimale de surfaces favorables à la nature qui varie en fonction de la superficie du terrain pour chacun des secteurs de zone : () secteur UV2 : Surface de terrain inférieure ou égale à 150 m² : 10% ; Surface du terrain comprise entre 151 m² et 500 m² 25% dont 60% minimum de pleine terre ; Surface comprise entre 501 et 1000 m² : 30% dont 70% minimum de pleine terre ; Surface de terrain supérieure à 1001 m² : 40% dont 75% minimum de pleine terre. () Cas spécifique des opérations d'ensemble : Le coefficient de biotope s'applique à chaque terrain issu de la division foncière en propriété ou en jouissance. Dans le cas d'opération d'ensemble ou pour les projets de constructions* situés sur plusieurs unités foncières contiguës, au moins dix pour cent (10%) de la somme des surfaces favorables à la nature calculée lot par lot doivent être traités sous la forme d'espaces collectif, dont la moitié d'un seul tenant ".

12. La notice architecturale indique que les extérieurs des constructions seront engazonnés, que la zone humide identifiée au Sud-Ouest du terrain d'une superficie de 135 m² sera déplacée au centre du projet et que sa superficie sera doublée. Elle précise également les espèces d'arbres qui seront plantées et la présence d'une haie existante au sud, le long de la voie ferrée, qui sera conservée. Le plan de masse du projet permet d'identifier les espaces verts en pleine terre et les arbres plantés ainsi que ceux qui seront conservés et précise pour chaque lot le coefficient de biotope. Il n'est pas démontré par les requérants que le tableau récapitulatif du biotope produit par les pétitionnaires, qui détaille lot par lot la surface favorable à la nature en précisant la surface de pleine terre, n'aurait pas été joint au dossier de demande de permis de construire. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que ce dossier n'a pas permis à l'autorité compétente d'apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable en matière de surface minimale d'espaces favorables à la nature.

13. Par ailleurs, si l'article UV5 du règlement du PLUi prévoit que, pour les opérations d'ensemble, le respect des règles relatives à la part minimale d'espaces favorables à la nature doit être calculé lot par lot, le coefficient applicable n'est pas celui correspondant à la superficie totale du terrain d'assiette de l'opération d'ensemble mais celui applicable à la superficie de chaque lot, contrairement à ce que soutiennent les requérants. Par suite, et même si le terrain d'assiette de l'opération d'ensemble comporte une superficie supérieure à 1 001 m², le projet n'avait pas à respecter pour chaque lot un coefficient de biotope de 40% dont 75% de pleine terre. Dans ces conditions, et dès lors que les requérants ne contestent pas le décompte du coefficient de biotope lot par lot produit par la société pétitionnaire, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UV5 du règlement du PLUi relatif au coefficient de biotope doit être écarté.

14. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la réimplantation d'une zone humide de 270 m² au centre du terrain d'assiette du projet, qui est indiquée dans la notice architecturale et qui figure clairement sur le plan de masse. Cet espace commun d'un seul tenant correspond à plus de 13% des surfaces favorables à la nature de chaque lot représentant au total 2 049,47 m². Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UV5 du règlement du PLUi doit également être écarté s'agissant du respect de la surface minimale favorable à la nature en espace collectif, de même que celui tiré de l'insuffisance du dossier de demande de permis de construire sur ce point.

15. En cinquième lieu, aux termes de l'article 1.6 des dispositions générales du règlement du PLUi de la communauté d'agglomération de La Rochelle : " Le projet peut être refusé, ou être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales, si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur de bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. Les constructions doivent s'intégrer harmonieusement aux lieux avoisinants ainsi qu'aux paysages environnants. Ce principe général concerne aussi bien l'édification de constructions nouvelles que toute intervention sur des bâtiments et des aménagements existants (restauration, transformation, extension). Il en est de même des constructions annexes qui doivent en outre s'intégrer harmonieusement avec la construction principale à laquelle elles se rattachent ".

16. Le terrain d'assiette du projet est situé dans un quartier résidentiel proche du rivage mais dont il est séparé par une voie ferrée, une route et une bande de terrains construits. Il est entouré de constructions individuelles en R et R+1 sans intérêt particulier. Le projet consiste à réaliser deux petits collectifs de six logements en R+1 au centre du terrain, entourés d'une voie interne qui dessert tout autour 4 ilots comprenant au total 23 maisons individuelles en R+1. Les constructions, individuelles et collectives, seront traitées en enduit taloché blanc et les toitures seront réalisées en tuile plate correspondant aux matériaux utilisés pour les constructions voisines. Dans ces conditions, au regard du quartier dans lequel il se situe et des caractéristiques du projet, le maire n'a pas fait une inexacte appréciation de l'article 1.6 des dispositions générales du règlement du PLUi relatives à l'insertion harmonieuse du projet dans son environnement en accordant le permis de construire en litige.

17. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 151-2 du code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation. " Il résulte de ces dispositions qu'une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu'elle prévoit sont incompatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation d'un plan local d'urbanisme et, en particulier, en contrarient les objectifs.

18. Le projet immobilier en litige est implanté sur la zone de l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) Habitat AG-04 " Les Grandes Maisons ". Cette OAP représente une superficie de 1,6 hectares et vise un potentiel de production de 50 logements. Ses enjeux principaux consistent à désenclaver les fonds de parcelles situés le long de la voie ferrée et à optimiser les accès au sein du quartier, à créer une ambiance " esprit de village " en aménageant des petits espaces publics gréables, en variant les typoligiques architecturales et en offrant des vues lointaines sur l'océan depuis les espaces privatifs. L'OAP précise que la densité recherchée est importante afin d'accentuer le caractère urbain de l'opération.

19. La circonstance qu'un seul un arbre soit indiqué comme planté sur le plan de masse à des endroits ou des " bosquets ou boisements à créer " sont représentés sur le schéma représentant le parti pris d'aménagement de l'OAP, ne suffit pas à établir que le projet serait incompatible avec les objectifs de l'OAP précitée. Par ailleurs, le projet, en tant qu'il prévoit la réalisation de 8 garages et 40 places de stationnement sur rue ainsi que 18 places de stationnement visiteurs, réparties sur l'ensemble du site, ne peut être regardé comme incompatible avec l'OAP qui prévoyait la réalisation de trois parkings communs de stationnement au Nord-Ouest, au Centre et au Sud-Est du terrain d'assiette. Dans ces conditions, le moyen tiré ce que le projet en litige est incompatible avec l'OAP Habitat AG-04 Les Grandes Maisons doit être écarté.

20. En septième lieu, aux termes de l'article 1.8.1 des dispositions générales du règlement du PLUi : " Le dimensionnement à prendre en compte pour la réalisation des places de stationnement d'un véhicule est défini dans le lexique du règlement. Il est exigé que les espaces de stationnement dédiés aux véhicules motorisés tels que demandés dans les dispositions communes à toutes les zones du PLUi présentent les caractéristiques suivantes : Les places créées doivent respecter les dimensions minimales inscrites sur les schémas suivants : - pour les places de stationnement en bataille : › longueur : 5 mètres ; › largeur : 2,50 mètres. Cette dimension doit être libre de tout encombrement par des murs ou piliers ; - pour les places de stationnement en épi : › longueur : 5 mètres › largeur : 2,20 mètres ". Le lexique du PLUi précise en ce qui concerne les places de stationnement automobile : " Il est exigé que les espaces de stationnement dédiés aux véhicules motorisés tels que demandés dans les dispositions communes à toutes les zones du PLUi présentent les caractéristiques suivantes : Les places créées doivent respecter les dimensions minimales définies par la norme AFNOR. Pour les places de stationnement en bataille, la dimension doit être libre de tout encombrement par des murs ou piliers ; Les aires de dégagement du parking doivent avoir une largeur minimale de 5,5 m pour permettre les circulations et manœuvres. Les obligations réglementaires en matière de personne à mobilité réduite doivent être respectées. Les dimensions précitées peuvent être modifiées dans le cas de la mise en œuvre d'un système de stationnement mécanique et automatisé des véhicules ". Par ailleurs l'article 1.8.2 des dispositions générales du PLUi dispose que : " Dans le cadre d'un projet de construction d'un bâtiment de plus de 10 logements, il est exigé un ou des espaces destinés aux deux-roues motorisés ayant une surface au moins égale à 1% de la surface de plancher créée avec un minimum de 5 m². Ces locaux seront indépendants des locaux destinés aux vélos ".

21. D'une part, les requérants soutiennent que le lot n°43 ne dispose que d'une surface de 11,87 m² au regard du plan de masse au lieu des 12,5 m² minimum exigés par les dispositions du PLUi. Toutefois, les requérants font ainsi référence aux dimensions minimales exigées pour les places implantées en bataille, alors qu'il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de masse, que l'emplacement du lot n° 43 est implanté en créneau. Dès lors que les requérants ne soutiennent pas que les dimensions de cet emplacement ne respectent pas les normes minimum en matière d'emplacement en créneau, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 1.8.1 des dispositions générales du règlement du PLUi en ce qui concerne le stationnement des véhicules motorisés ne peut qu'être écarté.

22. D'autre part, si les requérants soutiennent qu'aucun espace de stationnement dédié aux deux-roues motorisés n'est identifié sur le plan de masse du projet ou mentionné dans la notice descriptive, les dispositions de l'article 1.8 qu'ils invoquent ne sont applicables qu'aux projets de construction de bâtiment de plus de dix logements, ce qui n'est pas le cas en l'espèce, les bâtiments collectifs prévus au projet accueillant seulement six logements chacun. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1.8.2 des dispositions générales du règlement du PLUi doit, par suite, également être écarté en ce qui concerne les véhicules deux-roues motorisés.

23. En huitième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.

24. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet jouxte la voie ferrée sur sa limite séparative Sud-Ouest. Les constructions les plus proches sont situées à environ 7 mètres de la limite séparative qui est matérialisée par une haie vive qui sera conservée. Le projet a fait l'objet d'un avis favorable de la SNCF en date du 7 octobre 2021, annexé à l'arrêté attaqué, qui comportait des préconisations sans lien avec la nécessité d'atténuer les nuisances sonores liées au passage du train. La commune produit par ailleurs une cartographie de l'environnement sonore concernant le bruit ferroviaire, datée de 2016, qui démontre que le bruit ferroviaire sur le secteur concerné par le projet reste inférieur aux valeurs limites de 73 dbA. Dans ces conditions, et alors que la requérante n'apporte pas plus de précision pour justifier des nuisances sonores qu'elle invoque de manière très générale, le maire n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation pour l'application des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en accordant le permis de construire en litige.

25. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme G E, M. F E, Mme A E et M. D B doit être rejetée, sans qu'il soit besoin de statuer sur sa recevabilité.

Sur les frais liés à l'instance ;

26. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme G E, M. F E, Mme A E et M. D B ensemble la somme de 1 200 euros à verser à la commune d'Angoulins-sur-Mer au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

27. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de la commune d'Angoulins-sur-Mer, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme E et autres est rejetée.

Article 2 : Mme G E, M. F E, Mme A E et M. D B verseront ensemble à la commune d'Angoulins-sur-Mer la somme globale de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme G E, première dénommée pour l'ensemble des requérants, à la commune d'Angoulins-sur-Mer et à la SCCV Arpège.

Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Le Méhauté, président,

Mme Boutet première conseillère,

M. Bureau, conseiller

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.

La rapporteure,

Signé

M. BOUTET

Le président,

Signé

A. LE MEHAUTE La greffière,

Signé

G. FAVARD

La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Pour le greffier en chef

La greffière

Signé

G. FAVARD

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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