jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2201433 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCPA BREILLAT-DIEUMEGARD-MASSON |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête n° 2201433 enregistrée le 16 juin 2022, M. C E, représenté par la SCP d'avocats Breillat, Dieumegard, Masson, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 31 mai 2022 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour mention " parent d'enfant français ", l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer une carte de résident, dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à défaut, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles 35 et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, dans l'hypothèse où le bénéfice de l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordé.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente, en l'absence de délégation de signature ;
- la décision portant refus de titre de séjour est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à la caractérisation du trouble à l'ordre public ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par une ordonnance du 20 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 septembre 2022.
Le préfet de la Vienne a déposé après la clôture de l'instruction, le 5 octobre 2022, un mémoire en défense qui n'a pas été communiqué.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à 25% par une décision du 22 août 2022.
II. Par une requête n° 2201632 enregistrée le 6 juillet 2022, M. C E, représenté par la SCP d'avocats Breillat, Dieumegard, Masson, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 17 mai 2022 par lequel le préfet de la Vienne a décidé de lui retirer ses titres de séjour portant la mention " parent d'un enfant français ", valables du 8 septembre 2017 au 7 septembre 2018 puis du 8 septembre 2018 au 7 septembre 2020 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles 35 et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, dans l'hypothèse où le bénéfice de l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordé.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé et est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- il méconnait l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation.
Par une ordonnance du 20 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 septembre 2022.
Le préfet de la Vienne a déposé après la clôture de l'instruction, le 5 octobre 2022, un mémoire en défense qui n'a pas été communiqué.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à 25% par une décision du 22 août 2022.
III. Par une requête n° 2201432 enregistrée le 16 juin 2022, Mme A E, représentée par la SCP d'avocats Breillat, Dieumegard, Masson, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 31 mai 2022 par laquelle le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité de " conjoint au titre du regroupement familial ", l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer une carte de séjour temporaire, dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à défaut, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles 35 et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, dans l'hypothèse où le bénéfice de l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordé.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente en l'absence de délégation de signature ;
- la décision portant refus de titre de séjour est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'arrêté du 31 mai 2022 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de délivrer un titre de séjour à son époux, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ;
- elle méconnait l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par une ordonnance du 20 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 septembre 2022.
Le préfet de la Vienne a déposé après la clôture de l'instruction, le 5 octobre 2022, un mémoire en défense qui n'a pas été communiqué.
Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à 25% par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 22 août 2022.
Vu :
- l'ordonnance n° 2201431 du 5 juillet 2022 par laquelle la juge des référés a suspendu la décision du préfet de la Vienne du 31 mai 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. F a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées n° 2201433, n° 2201632 et n° 2201432 présentées par M. et Mme E sont relatives à la situation d'un couple de ressortissants étrangers et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. M. C E, né le 1er janvier 1990, et Mme A E, née le 15 août 1991, tous deux ressortissants marocains, déclarent être entrés en France, respectivement, les 14 novembre 2015 et 11 mars 2020. M. E a bénéficié d'un titre de séjour en qualité de " parent d'enfant français " du 8 septembre 2017 au 7 septembre 2018, qui a été renouvelé pour la période du 8 septembre 2018 au 7 septembre 2020. Par un arrêté du 17 mai 2022, le préfet de la Vienne a procédé au retrait de ces deux derniers titres au motif qu'ils avaient été obtenus frauduleusement. Préalablement à cet arrêté, M. E a sollicité, le 30 juin 2020, le renouvellement de son titre de séjour. Celui-ci lui a été refusé par un arrêté du 31 mai 2022, l'obligeant également à quitter le territoire français et fixant le pays de destination. Le même jour, l'autorité préfectorale a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme E sollicité sur les fondements " conjoint au titre du regroupement familial " et " vie privée et familiale ", l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination. Les époux E demandent l'annulation de ces trois arrêtés.
Sur les demandes d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
3. M. et Mme E ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par des décisions du 22 août 2022, il n'y a plus lieu de statuer sur leurs conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté du 31 mai 2022 dirigé contre M. E :
4. D'une part, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". Aux termes de l'article L. 412-5 du même code : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE ". ".
5. D'autre part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. Pour rejeter la demande de renouvellement du titre de séjour portant la mention " parent d'un enfant français " sollicitée par M. E, le préfet de la Vienne s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé était " défavorablement connu des services de police et de justice pour des faits d'usage de faux documents et fausses déclarations " et que, par conséquent, son comportement constituait une menace pour l'ordre public. Toutefois, il ne résulte pas des pièces du dossier que la présence de M. E sur le territoire français constituerait une menace à l'ordre public. De plus, s'il est constant que l'intéressé ne réside pas au domicile de sa fille B, il produit de nombreuses factures d'achat de denrées et de vêtements pour enfant ainsi que des photos le représentant avec sa fille, de nature à établir qu'il contribue effectivement à son entretien et son éducation. Par ailleurs, par un jugement du 5 mars 2021, le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Poitiers a constaté l'exercice en commun de l'autorité parentale des deux parents sur la jeune B, accordé un droit de visite et d'hébergement bimensuel au requérant et fixé à 60 euros sa contribution mensuelle à l'entretien de sa fille, née le 3 mai 2017 à Châtellerault de sa relation passée avec Mme D. Le respect de cette dernière obligation est corroboré par les relevés bancaires de M. E versés au débat, sur lesquels apparaissent les virements mensuels de 60 euros effectués au profit de Mme D. Enfin, le masseur-kinésithérapeute qui suit chaque semaine la jeune B pour une rééducation des membres inférieurs certifie, en date du 23 mars 2022, que M. E accompagne régulièrement l'enfant à ses séances de rééducation. Dans ces conditions, le requérant démontre les liens personnels qu'il entretient avec sa fille. Par suite, il est fondé à soutenir que le préfet de la Vienne a méconnu les dispositions des articles L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en refusant de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " parent d'un enfant français ".
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. E est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 31 mai 2022 du préfet de la Vienne en tant qu'il porte refus de délivrance d'un titre de séjour et, par voie de conséquence, en tant qu'il lui fait obligation de quitter le territoire français et fixe le pays de destination.
En ce qui concerne l'arrêté du 17 mai 2022 dirigé contre M. E :
8. Aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ". Aux termes de l'article L. 241-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Par dérogation aux dispositions du présent titre, un acte administratif unilatéral obtenu par fraude peut être à tout moment abrogé ou retiré ". Il appartient à l'administration d'établir la preuve de la fraude, tant s'agissant de l'existence des faits matériels l'ayant déterminée à délivrer l'acte que de l'intention du demandeur de la tromper.
9. Si le préfet de la Vienne oppose au requérant qu'il a obtenu frauduleusement ses titres de séjour " parent d'enfant français " dès lors que, contrairement à ses déclarations, il n'a jamais vécu en concubinage avec la mère de sa fille ni ne contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de son enfant, il résulte de ce qui a été dit au point 6 du présent jugement que la seule circonstance que M. E soit suspecté d'usage de faux documents et de fausses déclarations ne saurait suffire à démontrer l'existence d'une fraude. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que le préfet de la Vienne a commis une erreur d'appréciation en se fondant sur le caractère frauduleux de l'obtention des titres de séjour pour procéder à leur retrait.
10. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la décision portant retrait des titres de séjour doit être annulée.
En ce qui concerne l'arrêté du 31 mai 2022 dirigé contre Mme E :
11. Aux termes de l'article L. 423-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui a été autorisé à séjourner en France au titre du regroupement familial dans les conditions prévues au chapitre IV du titre III, entré en France régulièrement et dont le conjoint est titulaire d'une carte de séjour temporaire, d'une carte de séjour pluriannuelle ou d'une carte de résident, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an ".
12. Il ressort de la décision attaquée que pour refuser de faire droit à la demande de titre de séjour de Mme E en qualité de " conjoint au titre du regroupement familial ", le préfet de la Vienne s'est fondé sur la circonstance selon laquelle l'époux de l'intéressée n'est titulaire d'aucun titre de séjour. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit aux points 6 et 7 du présent jugement que c'est à tort que le préfet a refusé de délivrer à M. E un titre de séjour portant la mention " parent d'un enfant français ". Par suite, la requérante est fondée à soutenir que la décision contestée est illégale en raison de l'illégalité de l'arrêté du 31 mai 2022 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de délivrer un titre de séjour à son époux.
13. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme E est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 31 mai 2022 du préfet de la Vienne en tant qu'il porte refus de délivrance d'un titre de séjour et, par voie de conséquence, en tant qu'il lui fait obligation de quitter le territoire français et fixe le pays de destination.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
14. D'une part, eu égard aux motifs d'annulation retenus, le présent jugement implique nécessairement que soit délivré à M. E un titre de séjour portant la mention " parent d'enfant français ".
15. D'autre part, l'exécution du présent jugement n'implique pas nécessairement, eu égard à ses motifs, qu'une carte de séjour temporaire soit délivrée à Mme E. En revanche, elle implique nécessairement que le préfet procède au réexamen de sa situation et lui délivre, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour.
16. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre au préfet de la Vienne de prendre les mesures mentionnées aux points 14 et 15 dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
17. M. E, d'une part et Mme E, d'autre part, ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle au taux de 25 % pour chacune des trois requêtes déposées, leur avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros à la SCP d'avocats Breillat, Dieumegard, Masson sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions des requêtes de M. E et de Mme E relatives à leur admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Les arrêtés du préfet de la Vienne du 17 mai 2022 et du 31 mai 2022 concernant M. E et l'arrêté du préfet de la Vienne du 31 mai 2022 concernant Mme E sont annulés.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Vienne de délivrer à M. E un titre de séjour en qualité de " parent d'enfant français ", dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Il est enjoint au préfet de la Vienne de réexaminer la situation de Mme E dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l'attente,
une autorisation provisoire de séjour.
Article 5 : L'Etat versera à la SCP d'avocats Breillat, Dieumegard, Masson la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 6 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. E et de Mme E est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. C E, à Mme A E, au préfet de la Vienne et à la SCP d'avocats Breillat, Dieumegard, Masson.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et de l'outre-mer.
Délibéré après l'audience du 6 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
M. Lacaïle, premier conseiller,
M. Bureau, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022.
Le président-rapporteur,
Signé
A. LE MEHAUTE
L'assesseur le plus ancien,
Signé
P. LACAÏLELa greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne ce en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, La greffière en chef par intérim,
Signé
G. FAVARD
N°s 2201433, 2201632, 220143
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026