jeudi 1 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2201501 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DROUINEAU 1927 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 juin 2022 et un mémoire enregistré le 3 mai 2023 qui n'a pas été communiqué, Mme B A, représentée par Me Chan, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 9 novembre 2021 par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération du Bocage Bressuirais a approuvé son plan local d'urbanisme intercommunal ;
2°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération du Bocage Bressuirais une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la délibération du 9 novembre 2021 est illégale à raison de l'illégalité entachant la délibération du 15 décembre 2015 prescrivant l'élaboration du plan local d'urbanisme intercommunal ;
- le rapport de présentation du plan local d'urbanisme intercommunal justifie de manière insuffisante le choix des zonages retenus ;
- la délibération litigieuse a été adoptée à l'issue d'une procédure irrégulière, certaines personnes publiques n'ayant pas été associées à l'élaboration du plan local d'urbanisme en méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-16 du code de l'urbanisme ;
- le classement de la parcelle cadastrée AB 884 en zone agricole est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 mars 2023, la communauté d'agglomération du Bocage Bressuirais, représentée par la SCP Drouineau 1927, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requérante a seulement intérêt à agir contre le plan local d'urbanisme intercommunal en tant qu'il couvre la commune de Faye l'Abbesse dans laquelle se situe la parcelle dont elle est propriétaire ;
- les moyens soulevés, qui doivent être regardés comme dirigés exclusivement contre la délibération litigieuse en tant qu'elle classe la parcelle de la requérante en zone agricole, ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la tardiveté de la requête dès lors qu'il résulte des articles L. 153-23 du code de l'urbanisme et L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales que, lorsque le plan local d'urbanisme porte sur un territoire couvert par un schéma de cohérence territoriale approuvé, la délibération approuvant le plan local d'urbanisme entre en vigueur dès lors qu'elle a été publiée et transmise au représentant de l'Etat dans le département. S'il résulte des articles R. 153-20 et R. 153-21 du code de l'urbanisme que cette délibération doit faire l'objet d'un affichage pendant un mois et que cet affichage doit être mentionné de manière apparente dans un journal diffusé dans le département, le respect de cette durée d'affichage et celui de cette obligation d'information par voie de presse sont sans incidence sur la détermination de la date d'entrée en vigueur du plan local d'urbanisme.
Mme A et la communauté d'agglomération du Bocage Bessuirais ont répondu à ce moyen relevé d'office par deux mémoires enregistrés respectivement les 13 et 15 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dumont,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- et les observations de Me Finkelstein, représentant la communauté d'agglomération du Bocage Bressuirais.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A est propriétaire, sur le territoire de la commune de Faye-l'Abbesse, d'un terrain de 28 169 m2 correspondant à la parcelle cadastrée AB 884. Par une requête enregistrée le 24 juin 2022, elle demande l'annulation de la délibération du 9 novembre 2021, publiée le 14 décembre 2021, par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération du Bocage Bressuirais a approuvé son plan local d'urbanisme intercommunal, lequel couvre le territoire de 33 communes dont celle de Faye-l'Abbesse, et classe partiellement sa parcelle en zone agricole.
Sur les conclusions en annulation :
2. En premier lieu, le moyen tiré de l'illégalité de la délibération prescrivant l'adoption ou la révision du plan local d'urbanisme (PLU) qui porte, d'une part, sur les objectifs, au moins dans leurs grandes lignes, poursuivis par la commune en projetant d'élaborer ou de réviser ce document d'urbanisme et, d'autre part, sur les modalités de la concertation avec les habitants et les associations locales ne peut, eu égard à son objet et à sa portée, être utilement invoqué contre la délibération approuvant le PLU. Il en résulte que la requérante ne peut utilement se prévaloir de l'illégalité entachant la délibération du 15 décembre 2015 prescrivant l'élaboration du PLU, en tant qu'elle n'a pas défini de façon suffisamment précise les objectifs poursuivis en matière d'aménagement de l'espace.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 151-2 du code de l'urbanisme, applicable au litige : " Le rapport de présentation comporte les justifications de : () / 4° La délimitation des zones prévues par l'article L. 151-9 ; () ".
4. Si les omissions ou les insuffisances notoires entachant le rapport de présentation d'un document d'urbanisme sont susceptibles d'entraîner l'annulation de la décision approuvant ce document, il ressort, en l'espèce, des pièces du dossier que le rapport de présentation, qui comporte un bilan des superficies à la date de l'arrêt du plan local d'urbanisme et un exposé détaillé pour chaque zone des motifs de la délimitation retenue, justifie de manière suffisante les choix retenus pour la délimitation de chacune des zones. Il en résulte que le moyen tiré de l'insuffisante motivation du rapport de présentation manque en fait et doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 153-16 du code de l'urbanisme : " Le projet de plan arrêté est soumis pour avis : / 1° Aux personnes publiques associées à son élaboration mentionnées aux articles L. 132- 7 et L. 132-9 () ". Aux termes de l'article L. 132-7 du même code, dans sa version applicable à la date de l'arrêt du plan local d'urbanisme : " L'Etat, les régions, les départements, les autorités organisatrices prévues à l'article L. 1231-1 du code des transports, les établissements publics de coopération intercommunale compétents en matière de programme local de l'habitat, les collectivités territoriales ou les établissements publics mentionnés à l'article L. 312-3 du présent code, les établissements publics chargés d'une opération d'intérêt national ainsi que les organismes de gestion des parcs naturels régionaux et des parcs nationaux sont associés à l'élaboration des schémas de cohérence territoriale et des plans locaux d'urbanisme dans les conditions définies aux titres IV et V. / Il en est de même des chambres de commerce et d'industrie territoriales, des chambres de métiers, des chambres d'agriculture () ".
6. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le projet de plan local d'urbanisme intercommunal arrêté a été transmis pour avis à la chambre des métiers et de l'artisanat des Deux-Sèvres ainsi qu'au conseil régional de la Nouvelle-Aquitaine le 27 janvier 2020.
7. D'autre part, la communauté d'agglomération du Bocage Bressuirais soutient, sans être contredite, que son territoire n'était pas concerné par un parc national ou régional à la date de l'arrêt du plan local d'urbanisme. Enfin, à cette même date, les dispositions de l'article L. 132-7 du code de l'urbanisme ne prévoyaient pas l'association du gestionnaire d'infrastructure ferroviaire. Il en résulte qu'il n'y avait pas lieu d'associer une autre personne publique à l'élaboration du projet de plan local d'urbanisme intercommunal.
8. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré du vice procédure entachant la délibération litigieuse, faute pour la communauté d'agglomération du Bocage Bressuirais d'avoir associé à l'élaboration du plan local d'urbanisme intercommunal la chambre des métiers, le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, l'organisme de gestion des parcs naturels régionaux et des parcs nationaux et le gestionnaire d'infrastructure ferroviaire, manque en fait et doit être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". Aux termes de l'article R. 151-22 du même code : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ".
10. D'une part, il résulte de ces dispositions qu'une zone agricole, dite " zone A ", du plan local d'urbanisme a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. Ainsi, le critère déterminant le classement d'une parcelle ne se limite pas aux seules caractéristiques de celle-ci mais repose sur la vocation de la zone couverte.
11. D'autre part, il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
12. En l'espèce, le projet d'aménagement et de développement durables comporte une orientation générale " vers l'adaptation et la diversification d'une agriculture ancrée dans le territoire " qui fixe comme objectifs, notamment, de valoriser et conforter le secteur agroalimentaire en développant les surfaces en culture, d'assurer les conditions d'exploitations de l'activité agricole en gérant de manière économe le foncier et, enfin, de mettre en œuvre une démarche économe en foncier destiné à l'urbanisation en tendant vers une réduction de l'ordre de 50 % de l'artificialisation de nouveaux espaces agricoles ou naturels sur le territoire de la communauté d'agglomération.
13. Il ressort des pièces du dossier, notamment des plans et vues aériennes qui y sont produits, que la parcelle appartenant à la requérante a été classée, dans sa partie sud-est qui est enclavée entre deux maisons d'habitation, en zone UB1, sous-secteur de la zone urbaine ayant pour vocation de permettre des extensions contemporaines des bourgs. Il ressort également de ces pièces que la partie de la parcelle litigieuse classée en zone agricole s'ouvre au Nord et à l'Ouest, mais également au Sud de l'autre côté de la route départementale, sur un vaste espace agricole et naturel composé de prairies et s'inscrit dans un secteur présentant majoritairement une vocation rurale et agricole. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette parcelle, qui s'ouvre sur des prairies, serait dépourvue de potentiel agronomique, biologique ou économique et ne pourrait être exploitée, alors que le rapport de présentation du plan local d'urbanisme intercommunal rappelle que les deux tiers des terres agricoles de la communauté d'agglomération sont utilisés en prairies, les élevages de différentes catégories y étant prépondérant. En outre, le classement de cette parcelle en zone agricole s'inscrit dans les objectifs poursuivis par la communauté d'agglomération tels qu'ils sont décrits au point 12 du présent jugement. Par suite, la communauté d'agglomération du Bocage Bressuirais n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en classant partiellement la parcelle litigieuse en zone agricole. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
14. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions de Mme A tendant à l'annulation de la délibération du 9 novembre 2021 par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération du Bocage Bressuirais a approuvé son plan local d'urbanisme doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de de la communauté d'agglomération du Bocage Bressuirais, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la requérante sur ce fondement.
16. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Mme A la somme de 1 200 euros à verser à la communauté d'agglomération du Bocage Bressuirais au titre de ces mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera à la communauté d'agglomération du Bocage Bressuirais la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la communauté d'agglomération du Bocage Bressuirais.
Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Dumont, première conseillère,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2024.
La rapporteure,
Signé
G. DUMONT
Le président,
Signé
A. LE MÉHAUTÉ
La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef
La greffière
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026