lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2201538 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | AVOCATS GRIMALDI MOLINA ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée sous le n° 2201538 le 29 juin 2022, Mme B A, représentée par la SELARL Grimaldi Moline et Associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 janvier 2022 par laquelle le président du centre communal d'action sociale (CCAS) de la commune de Civray et du foyer logement personnes âgées des Coudrais a refusé de la placer en congé d'invalidité temporaire imputable au service (CITIS), ainsi que la décision par laquelle il a implicitement rejeté le recours gracieux qu'elle a exercé le 7 mars 2022 à l'encontre de cette décision ;
2°) d'enjoindre au CCAS de la commune de Civray de reconnaître sa pathologie imputable au service, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du CCAS de la commune de Civray la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-la décision du 17 janvier 2022 contestée est insuffisamment motivée ;
-les décisions attaquées méconnaissent les dispositions de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 et sont entachées d'une erreur d'appréciation au regard du nombre d'avis médicaux concordants reconnaissant l'imputabilité au service de son syndrome anxiodépressif.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 avril 2024, le CCAS de la commune de Civray, représenté par la SCP d'Avocats Ten France, conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requérante présentées à fin d'annulation, au rejet du surplus des conclusions de la requête, et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à titre principal, les conclusions de Mme A sont devenues sans objet, l'arrêté n° 058/2022 du 31 mai 2022 ayant explicitement retiré la décision contestée du 17 janvier 2022 ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par un courrier du 7 mai 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions en annulation de la décision du 17 janvier 2022 de refus de placer Mme A en congé d'invalidité temporaire imputable au service et du rejet implicite du recours gracieux qu'elle a formé à son encontre, dès lors que cette décision a fait l'objet d'un retrait exprès par un arrêté n° 058/2022 du 31 mai 2022, devenu définitif.
II. Par une requête enregistrée sous le n° 2201539 le 29 juin 2022, Mme B A, représentée par la SELARL Grimaldi Moline et Associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 janvier 2022 par laquelle le président du CCAS de la commune de Civray et du foyer logement personnes âgées des Coudrais a refusé de la placer en congé de longue maladie, ainsi que la décision par laquelle il a implicitement rejeté le recours gracieux qu'elle a exercé le 7 mars 2022 à l'encontre de la décision du 17 janvier 2022 refusant de lui octroyer un CITIS ;
2°) d'enjoindre au CCAS de la commune de Civray de reconnaître sa pathologie imputable au service, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du CCAS de la commune de Civray la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 17 janvier 2022 contestée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, le comité médical ayant émis un avis favorable à son placement en congé de longue maladie le 15 décembre 2021.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 avril 2024, le CCAS de la commune de Civray, représenté par la SCP d'Avocats Ten France, conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requérante présentées à fin d'annulation, au rejet du surplus des conclusions de la requête, et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à titre principal, les conclusions de Mme A sont devenues sans objet, l'arrêté n° 057/2022 du 31 mai 2022 ayant implicitement retiré la décision contestée du 17 janvier 2022 ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par un courrier du 7 mai 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions en annulation de la décision du 17 janvier 2022 de refus de placer Mme A en congé de longue maladie, dès lors que cette décision a fait l'objet d'un retrait implicite par un arrêté n° 057/2022 du 31 mai 2022, devenu définitif.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83- 634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gibson-Théry,
- les conclusions de Mme Bréjeon, rapporteure publique,
- les observations de Me Levrey, représentant le CCAS de la commune de Civray.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n°s 2201538 et 2201539 introduites par Mme A concernent une même requérante et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. Mme A a été recrutée par le foyer logement personnes âgées des Coudrais, relevant du CCAS de la commune de Civray, en qualité d'adjoint administratif principal de deuxième classe, pour occuper les fonctions d'assistante de direction. Elle a été placée en congé de maladie ordinaire, entre le 21 novembre et le 11 décembre 2020, puis à partir du 1er mars 2021 en raison d'un état anxiodépressif. Elle a sollicité la reconnaissance de sa pathologie au service le 22 mars 2021. La commission de réforme a émis, le 21 octobre 2021, un avis favorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de la maladie de Mme A, ainsi qu'à son placement en congé d'invalidité temporaire imputable au service (CITIS) pour les arrêts de travail précités. Le comité médical, qui s'est réuni le 15 décembre 2021, a émis un avis favorable à la prolongation du congé de maladie ordinaire de plus de six mois de Mme A à compter du 1er mars 2021, en précisant que la maladie de Mme A lui ouvrait droit, si elle en faisait la demande, à un congé de longue maladie à compter de la même date, pour deux périodes de six mois. Par un courrier du 13 janvier 2022, Mme A a donc également sollicité son placement en congé de longue maladie. Le CCAS a, par deux courriers du 17 janvier 2022, refusé de placer Mme A, d'une part, en CITIS, et, d'autre part, en congé de longue maladie. Par un courrier du 7 mars 2022, Mme A a contesté la décision du 17 janvier 2022 par laquelle le président de l'établissement avait refusé de la placer en CITIS en demandant le retrait de cette décision et la reconnaissance de l'imputabilité de sa pathologie au service. Lors de sa séance du 17 mars 2022, le comité médical, saisi par le CCAS pour se prononcer sur l'aptitude de Mme A à l'exercice de ses fonctions, l'a déclarée temporairement inapte au travail, en précisant qu'ayant épuisé ses droits à congé de maladie ordinaire, l'établissement n'ayant pas souhaité la placer en congé de longue maladie, elle devait être placée en disponibilité d'office pour raison de santé pour six mois à compter du 1er mars 2022. Par un arrêté n° 058/2022 du 31 mai 2022, le président du CCAS de Civray a retiré la décision du 17 janvier 2022 de refus de placement de Mme A en CITIS, compte tenu de son défaut de motivation, tout en rejetant à nouveau la demande de Mme A de se voir octroyer un CITIS. Par un autre arrêté, n° 057/2022 du 31 mai 2022, le président de l'établissement a placé Mme A en congé de maladie ordinaire à compter du 1er mars 2021 puis en disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 1er mars 2022. Par ses requêtes, Mme A demande au tribunal d'annuler les décisions du 17 janvier 2022 ayant refusé de la placer en CITIS puis en congé de longue maladie, ainsi que la décision par laquelle le recours gracieux qu'elle a exercé le 7 mars 2022 a été implicitement rejeté.
Sur la recevabilité des requêtes :
3. Il résulte de l'instruction que l'arrêté n° 058/2022 du 31 mai 2022 procédant au retrait exprès de la décision du 17 janvier 2022 refusant de placer Mme A en CITIS, au motif qu'elle n'est pas suffisamment motivée, et la remplaçant par une autre décision de même portée, a été notifié à l'intéressée le 8 juin 2022, selon l'avis de réception produit par le CCAS en défense. En outre, l'arrêté n° 057/2022 du 17 janvier 2022, notifié dans les mêmes conditions, a implicitement mais nécessairement retiré la décision du 17 janvier 2022 refusant d'octroyer à Mme A un congé de longue maladie, dès lors qu'il la place en congé de maladie ordinaire à compter du 1er mars 2021 puis en disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 1er mars 2022. Ces deux arrêtés du 31 mai 2022 n'ayant pas été contestés par Mme A, ils sont devenus définitifs. Compte tenu de la date, postérieure à ces arrêtés, à laquelle ont été enregistrées les requêtes de Mme A, les 29 juin 2022 pour la requête n° 2201538 et 29 juin 2022 pour la requête n° 2201539, ses conclusions à fin d'annulation des décisions du 17 janvier 2022 retirées sont sans objet, et par suite, irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CCAS de la commune de Civray, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes que Mme A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens dans le cadre de chacune de ses deux requêtes. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme A les sommes demandées par le CCAS de la commune de Civray au même titre.
D E C I D E :
Article 1 : Les requêtes n°s 2201538 et 2201539 de Mme A sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions du CCAS de la commune de Civray présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre communal d'action sociale de la commune de Civray.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cristille, président,
Mme Thévenet-Bréchot, première conseillère,
Mme Gibson-Théry, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
S. GIBSON-THERY
Le président,
Signé
P. CRISTILLELa greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
N°s 2201538, 2201539
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026