mardi 24 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2201571 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre - JU |
| Avocat requérant | COTTET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 28 juin 2022 et les 21 mai et 27 juin 2024, Mme A G, représentée par Me Cottet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 février 2022 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande tendant à l'octroi d'une pension militaire de réversion ;
2°) d'enjoindre à l'administration de lui verser une pension militaire de réversion à compter du jugement à intervenir, arriérés compris ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Me Cottet, qui renoncera le cas échéant à percevoir la contribution de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée n'est pas signée ;
- il appartiendra à l'administration de justifier d'une délégation de signature à la date de la décision ;
- sa mère étant décédée, il n'est pas possible de rectifier sa date de naissance fixée erronément à 1920, soit six ans avant la naissance de la requérante ;
- elle justifie s'être mariée avec M. I en 1942 et la circonstance selon laquelle cette information ne figure pas au dossier du militaire ne saurait suffire à faire douter de sa véracité.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 décembre 2024, le ministre des armées et des anciens combattants conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 14 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 décembre 2024 à 12h.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des moyens de légalité externe soulevés dans le mémoire du 27 juin 2024, qui relèvent d'une cause juridique différente de celle à laquelle se rattachent les moyens invoqués dans la demande avant l'expiration du délai de recours contentieux.
Le ministre des armées a produit des observations sur le moyen d'ordre public, enregistrées le 13 décembre 2024, qui ont été communiquées.
Par une décision du 9 septembre 2022, Mme G a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- la loi n° 2010-1657 du 29 décembre 2010, notamment son article 211 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme F pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme F ;
- les conclusions de M. Henry, rapporteur public ;
- et les observations de Mme E, représentant le ministre des armées et des anciens combattants.
Considérant ce qui suit :
1. Le soldat H I (anciennement dénommé H ben B), ressortissant marocain né en 1915, a été rayé des contrôles de l'armée active et a obtenu le bénéfice d'une pension militaire de retraite à compter du 1er mai 1956. Il est décédé le 26 juillet 2008. Mme A G a demandé, le 5 octobre 2018, le bénéfice d'une pension de réversion du chef de ce militaire. Elle sollicite l'annulation de la décision du 7 février 2022 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande.
Sur la régularité de la décision :
2. En premier lieu, Mme G soutient que la décision attaquée n'est pas signée. Toutefois, la décision attaquée comporte la mention " Signé S. D ". Par suite, le moyen tiré du défaut de signature de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.
3. En second lieu, il résulte de l'instruction que M. C D a été nommé sous-directeur des pensions du ministère de la défense par un arrêté du 23 mai 2019, publié au journal officiel de la République française du 25 mai 2019. En cette qualité, et en application des dispositions du décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005, il bénéficiait d'une délégation de signature l'habilitant à prendre la décision attaquée. Par suite le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision doit être écarté.
Sur le droit à pension :
4. Aux termes de l'article L. 39 du code des pensions civiles et militaires de retraite, rendu applicable à Mme G, ayant cause d'un militaire, par l'article L. 47 du même code : " Le droit à pension de réversion est subordonné à la condition : / a) () / Nonobstant les conditions d'antériorité prévues ci-dessus, le droit à pension de réversion est reconnu : / 1° Si un ou plusieurs enfants sont issus du mariage ; / 2° Ou si le mariage, antérieur ou postérieur à la cessation de l'activité, a duré au moins quatre années ".
5. Aux termes de l'article 47 du code civil français : " Tout acte de l'état civil des français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. ". Cet article pose une présomption de validité des actes d'état civil établis par une autorité étrangère. Il incombe à l'administration de renverser cette présomption en apportant la preuve du caractère irrégulier, falsifié ou non conforme à la réalité des actes en question.
6. Aux termes de l'article 211 de la loi du 29 décembre 2010 de finances pour 2011, applicable aux demandes de pension de réversion : " I. - () les pensions civiles et militaires de retraite et les retraites du combattant servies aux ressortissants des pays ou territoires ayant appartenu à l'Union française ou à la Communauté ou ayant été placés sous le protectorat ou sous la tutelle de la France sont calculées dans les conditions prévues aux paragraphes suivants. () / V. - Les demandes de pensions présentées en application du présent article sont instruites dans les conditions prévues par le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre et par le code des pensions civiles et militaires de retraite. () / VIII. - Un décret fixe les modalités d'application du présent article, notamment les mesures d'information des bénéficiaires ainsi que les modalités de présentation et d'instruction des demandes mentionnées aux III, IV et V./ () ". Aux termes de l'article 3 du décret du 30 décembre 2010, pris pour l'application des dispositions de cet article 211 : " Un arrêté conjoint des ministres chargés de la défense, des affaires étrangères, des anciens combattants et du budget énumère les pièces justificatives à produire à l'appui de toute demande visée à l'article 1er ". L'annexe 3 de l'arrêté du 30 décembre 2010 pris pour l'application de ce décret cite, parmi les pièces exigées pour une demande de pension d'un ayant cause, " - l'acte de naissance du militaire ou du fonctionnaire, mentionnant la filiation, dont le demandeur est l'ayant cause ; () - l'acte ou les actes de naissance du ou des enfants du militaire ou du fonctionnaire, ayant droit, mentionnant la filiation ; - l'acte de mariage mentionnant la date de transcription sur les registres d'état civil ; ".
7. Au soutien de sa demande, Mme G déclare s'être mariée en 1942 et produit la copie d'un acte recognitif de mariage établi le 2 octobre 1986, qui atteste qu'elle est mariée avec M. H I depuis presque 44 ans. Toutefois, il résulte des mentions portées sur le livret individuel du militaire que M. J B, qui s'est engagé volontairement dans l'armée française le 1er mars 1945, n'a pas déclaré être marié à l'époque et que, lorsqu'il a été radié des contrôles, il a déclaré un mariage en date du 6 octobre 1953 avec Mme A ben Haamadi. En outre, un acte testimonial de mariage ne tient pas lieu d'acte de mariage dans la législation marocaine, et il ne ressort d'aucune des pièces produites que le mariage dont il est fait état aurait été enregistré sur les registres d'état civil du Maroc. Enfin, cet acte testimonial de mariage, comme les actes de naissance produits par la requérante pour elle-même, et ses enfants, comportent des incohérences concernant la date de naissance de l'intéressée et l'état civil de ses parents, ainsi que des invraisemblances s'agissant de l'âge auquel elle aurait donné naissance à ses enfants au regard de la date de naissance dont elle se prévaut en dernier lieu. Le ministre fait également valoir, sans être contesté, que ces pièces présentent de nombreuses non-conformités par rapport aux exigences de la législation marocaine. Dans ces conditions, en se bornant à faire valoir que l'administration du Maroc n'est pas animée par la même rigueur que l'administration française, la requérante ne permet pas de lever les doutes et incertitudes qui entourent les pièces du dossier. Par suite, la ministre des armées a légalement pu refuser à Mme G l'octroi d'une pension militaire de réversion.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme G n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 7 février 2022 par laquelle la ministre des armées a refusé de faire droit à sa demande de pension de réversion. Ses conclusions à fin d'annulation doivent, dès lors, être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant au versement de la pension de réversion et celles présentées en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme G est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A G et au ministre des armées et des anciens combattants.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 décembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
I. F Le greffier en chef,
Signé
S. GAGNAIRE
La République mande et ordonne au ministre des armées et des anciens combattants en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le greffier en chef
Signé
S. GAGNAIRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026