mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2201590 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BERNARD-CHATELOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er juillet 2022 et 19 juin 2023, la société civile immobilière (SCI) LFP Royan, représentée par Me Noureau, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 mars 2022 par lequel le maire de Royan (Charente-Maritime) s'est opposé à la déclaration préalable qu'elle a déposée pour la régularisation de travaux de fermeture d'une terrasse par une véranda, ainsi que la décision du 12 avril 2022 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'annuler la décision du 12 juin 2022 par laquelle la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine a rejeté son recours gracieux contre l'avis défavorable de l'architecte des bâtiments de France du 23 février 2022 ;
3°) d'enjoindre au maire de Royan d'autoriser la véranda litigieuse en prescrivant le remplacement du matériau composant le toit par un matériau autorisé par le règlement du site patrimonial remarquable ;
4°) de mettre à la charge de l'État et de la commune de Royan une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté du 14 mars 2022 est entaché d'incompétence, tout comme la décision rejetant son recours gracieux ; l'arrêté attaqué est entaché d'une inexacte application des articles UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme et R. 111-27 du code de l'urbanisme ; par ailleurs, en relevant que " pour conserver l'homogénéité de l'ensemble de l'immeuble, la modification de l'aspect doit être pensée, dessinée dans sa globalité et validé[e] par le syndic de propriété et l'architecte auteur du projet ", le maire a commis une erreur de droit, ces considérations de droit privé étant sans incidence sur la conformité des travaux à la réglementation d'urbanisme ; en tout état de cause, les travaux qu'elle a réalisés ont été ratifiés par le syndicat des copropriétaires ;
- l'avis de l'architecte des bâtiments de France du 23 février 2022 est insuffisamment motivé ; en outre, la décision de la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine du 12 juin 2022 rejetant son recours contre cet avis est entachée d'incompétence ; enfin, cette décision est entachée d'une inexacte application des dispositions de l'article 3.1.9 du règlement du site patrimonial remarquable.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 mai 2023, la commune de Royan, représentée par Me Bernard-Chatelot, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'avis de l'architecte des bâtiments de France du 23 février 2022 est inopérant, la décision de la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine du 12 juin 2022 s'étant substituée à cet avis ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée au préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur deux moyens relevés d'office, tirés, pour le premier, de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision de la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine du 12 juin 2022 et, pour le second, de la situation de compétence liée dans laquelle se trouvait le maire de Royan pour s'opposer à la déclaration préalable de la requérante.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du patrimoine ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Henry,
- les conclusions de M. Pipart, rapporteur public,
- et les observations de Me Vigié, représentant la SCI LFP Royan.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 9 décembre 2021, le maire de Royan a demandé à la société civile immobilière (SCI) LFP Royan de déposer une déclaration préalable de travaux afin de régulariser les travaux de fermeture d'une terrasse par une véranda qui avaient été réalisés sur l'appartement dont elle est propriétaire au sein de la résidence Domaine de Mons située 61 rue Paul Doumer. La SCI a déposé cette déclaration le 25 janvier 2022. L'architecte des bâtiments de France, saisi dès lors que le projet était situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, a, par un avis du 23 février 2022, refusé de donner son accord aux travaux. Par un arrêté du 14 mars 2022, le maire de Royan s'est opposé à la déclaration de travaux. Il a également rejeté, le 12 avril 2022, le recours gracieux de la requérante contre son précédent arrêté. Enfin, par une décision du 12 juin 2022, la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine a rejeté le recours administratif préalable obligatoire présenté par la requérante contre l'avis défavorable de l'architecte des bâtiments de France du 23 février 2022. Par la présente requête, la SCI LFP Royan demande au tribunal d'annuler, d'une part, l'arrêté d'opposition à déclaration préalable du 14 mars 2022 et la décision du maire de Royan rejetant son recours gracieux et, d'autre part, la décision de la préfète de région du 12 juin 2022 rejetant son recours contre l'avis de l'architecte des bâtiments de France.
Sur la recevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision de la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine :
2. Il résulte des articles L. 632-1 et L. 632-2 du code de l'urbanisme que, dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, une décision de non-opposition à déclaration préalable ne peut être délivrée qu'avec l'accord de l'architecte des bâtiments de France.
3. Lorsque la délivrance d'une autorisation administrative est subordonnée à l'accord préalable d'une autre autorité, le refus d'un tel accord, qui s'impose à l'autorité compétente pour statuer sur la demande d'autorisation, ne constitue pas une décision susceptible de recours. La circonstance que les dispositions du III de l'article L. 632-2 du code du patrimoine, précisées par celles de l'article R. 424-14 du code de l'urbanisme, ouvrent la possibilité au pétitionnaire dont la demande d'autorisation d'urbanisme a été refusée en raison du refus de l'architecte des bâtiments de France de donner son accord d'exercer devant le préfet de région un recours administratif préalable contre l'avis de cet architecte n'a ni pour objet ni pour effet de permettre l'exercice d'un recours contentieux contre cet avis, dont la régularité et le bien-fondé, de même que ceux, le cas échéant, de la décision du préfet de région qui s'y substitue, ne peuvent être contestés qu'à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre la décision refusant l'autorisation d'urbanisme. Il s'ensuit que les conclusions dirigées contre la décision de la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine du 12 juin 2022 sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation de la requête :
4. Il résulte de ce qui a été dit au point 2 ci-dessus que le maire a compétence liée pour s'opposer à une déclaration préalable dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable en cas d'avis défavorable de l'architecte des bâtiments de France.
5. L'arrêté d'opposition à déclaration préalable du maire de Royan en date du 14 mars 2022 a notamment été pris au motif que l'architecte des bâtiments de France n'a pas donné son accord au projet.
6. Si, pour contester ce refus d'accord, la société requérante fait valoir, d'abord, que l'avis de l'architecte des bâtiments de France n'est pas suffisamment motivé, la décision du 12 juin 2022 par laquelle la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine s'est prononcée sur le recours préalable obligatoire formé par la requérante contre cet avis s'y est entièrement substituée, de sorte que la société ne peut plus utilement se prévaloir de l'insuffisante motivation de cet avis. Si la société requérante fait ensuite valoir que la décision de la préfète de région du 12 juin 2022 est entachée d'incompétence, il ressort des pièces du dossier qu'en vertu d'un arrêté de la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine du 6 avril 2021, publié le lendemain au recueil des actes administratifs, le secrétaire général pour les affaires régionales était bien compétent pour signer cette décision. Enfin, si la société requérante soutient que la préfète de région a inexactement qualifié les faits de l'espèce en estimant que la véranda litigieuse n'était pas conforme aux dispositions de l'article 3.1.9 du règlement du site patrimonial remarquable, selon lesquelles les loggias et vérandas doivent respecter les prescriptions suivantes : " Plan rectangulaire simple, parois verticales recoupées en modules verticaux, toiture monopente opaque sans ouverture ni élément en verre. ", elle admet toutefois dans son mémoire en réplique que la toiture vitrée de sa véranda n'est pas conforme à ces dispositions et la préfète de région pouvait, pour ce seul motif, refuser de donner son accord à la réalisation du projet.
7. Il résulte de l'ensemble de ce qui a été dit au point précédent que la société requérante n'est fondée à contester ni la régularité, ni le bien-fondé de la décision du 12 juin 2022 par laquelle la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine a rejeté son recours préalable obligatoire contre l'avis du 23 février 2022 par lequel l'architecte des bâtiments de France a refusé de donner son accord aux travaux concernés par la déclaration préalable de la société. Dès lors, le maire de Royan était, comme il a été dit au point 4 du présent jugement, tenu de s'opposer à la déclaration déposée par la société requérante, si bien que l'ensemble des autres moyens soulevés par celle-ci sont inopérants et doivent être écartés.
8. Dans ces conditions, les conclusions de la société requérante dirigées contre l'arrêté du 14 mars 2022 par lequel le maire de Royan s'est opposé à la déclaration préalable qu'elle a déposée pour la régularisation de travaux de fermeture d'une terrasse par une véranda et contre la décision du 12 avril 2022 rejetant son recours gracieux doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Royan, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la société requérante au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société requérante la somme demandée par la commune au même titre.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI LFP Royan est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Royan au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilité LFP Royan, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la commune de Royan.
Copie en sera adressée au préfet de la région Nouvelle-Aquitaine.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
M. Henry, premier conseiller,
Mme Bréjeon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
B. HENRY
Le président,
Signé
L. CAMPOYLa greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au préfet de Charente-Maritime en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026