lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2201684 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | AOUIZERATE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 juillet 2022, la société par actions simplifiée (SAS) Open Energie, représentée par Me Aouizerate, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 avril 2022 par lequel le maire de la commune de Jardres (Vienne) s'est opposé à sa déclaration préalable en vue de l'installation de panneaux photovoltaïques sur la toiture du bâtiment situé au lieu-dit Migné ;
2°) d'enjoindre au maire de Jardres de prendre un arrêté de non-opposition à déclaration préalable.
Elle soutient que :
- en vertu du mandat d'assistance administrative signé par Mme A pour la pose de panneaux solaires sur le bâtiment dont elle est propriétaire et l'obtention des autorisations administratives requises, elle justifie d'un intérêt à agir ;
- l'arrêté contesté méconnaît l'article L. 111-16 du code de l'urbanisme qui autorise l'utilisation de dispositifs de production d'énergie renouvelable sans que les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ne puissent s'y opposer.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2023, la commune de Jardres, représentée par Me Brugière, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société Open Energie en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le moyen soulevé dans la requête n'est pas fondé ;
- en outre, la décision contestée est fondée sur le motif que le dossier de la déclaration préalable ne permet pas de déterminer si le projet envisagé correspond, au sens de l'article R. 111-23 du code de l'urbanisme, aux besoins de consommation énergétique domestique des occupants de l'immeuble concerné.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bréjeon,
- les conclusions de M. Pipart, rapporteur public,
- et les observations de Me Levrey, représentant la commune de Jardres.
Considérant ce qui suit :
1. Le 8 avril 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Open Energie a déposé, pour le compte de Mme B A, une déclaration préalable de travaux en vue de l'installation de panneaux photovoltaïques sur la toiture de l'un des bâtiments situés au lieu-dit Migné à Jardres. Par un arrêté du 20 avril 2022, le maire de Jardres s'est opposé à ces travaux. La SAS Open Energie demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 111-16 du code de l'urbanisme : " Nonobstant les règles relatives à l'aspect extérieur des constructions des plans locaux d'urbanisme, des plans d'occupation des sols, des plans d'aménagement de zone et des règlements des lotissements, le permis de construire ou d'aménager ou la décision prise sur une déclaration préalable ne peut s'opposer à l'utilisation de matériaux renouvelables ou de matériaux ou procédés de construction permettant d'éviter l'émission de gaz à effet de serre, à l'installation de dispositifs favorisant la retenue des eaux pluviales ou la production d'énergie renouvelable, y compris lorsque ces dispositifs sont installés sur les ombrières des aires de stationnement. Le permis de construire ou d'aménager ou la décision prise sur une déclaration préalable peut néanmoins comporter des prescriptions destinées à assurer la bonne intégration architecturale du projet dans le bâti existant et dans le milieu environnant. La liste des dispositifs, procédés de construction et matériaux concernés est fixée par décret. "
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 111-17 du code de l'urbanisme : " Les dispositions de l'article L. 111-16 ne sont pas applicables : () aux travaux portant sur un immeuble classé ou inscrit au titre des monuments historiques ou sur un immeuble protégé, en application des articles L. 151-18 et L. 151-19 du présent code ; (). ". Aux termes de l'article L. 151-19 de ce code : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et identifier, localiser et délimiter les quartiers, îlots, immeubles bâtis ou non bâtis, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à conserver, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation leur conservation ou leur restauration. Lorsqu'il s'agit d'espaces boisés, il est fait application du régime d'exception prévu à l'article L. 421-4 pour les coupes et abattages d'arbres. "
4. Enfin, l'article N-2-2 C- b) du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Jardres prévoit que : " Pour les bâtiments protégés, mentionnés au plan, au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme : la poste de panneaux solaires ou photovoltaïques est interdite en façades et toitures. () "
5. Il ressort des pièces du dossier que la construction existante est identifiée dans le règlement graphique du plan local d'urbanisme de la commune de Jardres au nombre des éléments patrimoniaux bâtis protégés au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, en s'opposant à la déclaration préalable déposée par la SAS Open Energie au motif que le bâtiment objet de la demande est identifié comme patrimoine bâti protégé et que le projet méconnaît, par conséquent, les dispositions de l'article N-2-2 du plan local d'urbanisme, le maire de Jardres n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 111-16 du code de l'urbanisme, lesquelles sont inapplicables en l'espèce, s'agissant d'un immeuble protégé au sens de l'article L. 151-19 du même code.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la SAS Open Energie doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la SAS Open Energie la somme de 1 300 euros à verser à la commune de Jardres sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de la SAS Open Energie est rejetée.
Article 2 : La SAS Open Energie versera la somme de 1 300 euros à la commune de Jardres sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Open Energie et à la commune de Jardres.
Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
Mme Bréjeon, conseillère,
M. Raveneau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
R. BRÉJEON
Le président,
signé
L. CAMPOYLa greffière,
signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026