jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2201746 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DROUINEAU 1927 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 juillet 2022, Mme D A, représentée par l'AARPI Drouineau 1927, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 février 2022 par lequel le maire de Chérigné a délivré, au nom de l'Etat, à M. C un permis pour la construction d'un bâtiment agricole de 800 m2 pour le stockage de fourrage et l'élevage de moutons accueillant en toiture une centrale photovoltaïque, ensemble la décision implicite par laquelle la préfète des Deux-Sèvres a rejeté son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'elle justifie d'un intérêt à agir et que le défaut d'accomplissement des formalités prévues par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ne peut lui être opposé puisque le panneau d'affichage du permis de construire ne comportait pas les mentions obligatoires relatives à ces formalités ;
- le projet architectural est insuffisant dès lors qu'il ne permet pas d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît l'article 153-4 du règlement sanitaire départemental des Deux-Sèvres.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 décembre 2022, la préfète des Deux-Sèvres conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est tardive faute pour la requérante d'avoir notifié son recours gracieux au pétitionnaire ;
- la requérante ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
M. B C a produit des pièces enregistrées le 7 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dumont,
- et les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 4 février 2022, le maire de Chérigné (Deux-Sèvres) a délivré au nom de l'Etat à M. C un permis en vue de la construction, sur les parcelles situées au lieu-dit (ANO)de l'Epine(ANO), d'un bâtiment agricole de 800 m2 pour le stockage de fourrage et l'élevage de moutons accueillant une centrale photovoltaïque en toiture et d'un local technique. Mme D A, propriétaire d'une maison d'habitation située 1 route du moulin de l'Epine, en face du terrain d'assiette de la future construction, a exercé le 10 mars 2022 un recours gracieux contre cet arrêté auprès de la préfète des Deux-Sèvres. Une décision implicite de rejet de ce recours est née le 14 mai 2022. Par sa requête du 15 juillet 2022, Mme A demande l'annulation du permis de construire, ensemble la décision du 14 mai 2022 rejetant son recours gracieux.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. / Les dispositions du présent article ne sont pas applicables en cas de contestation d'un permis modificatif, d'une décision modificative ou d'une mesure de régularisation dans les conditions prévues par l'article L. 600-5-2. "
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'auteur d'un recours contentieux dirigé contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le code de l'urbanisme d'adresser au greffe de la juridiction où le recours contentieux a été enregistré une copie du certificat de dépôt de la lettre recommandée adressée à l'auteur de la décision contestée et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation. En outre, si ce recours a été précédé d'un recours administratif qui a eu pour effet de conserver le délai de recours contentieux, doit également être transmise au greffe de la juridiction concernée une copie du certificat de dépôt de la lettre recommandée afférente au recours administratif.
4. En l'espèce, la requérante, qui n'a pas notifié son recours gracieux à M. C, titulaire du permis de construire litigieux, fait valoir que faute pour l'affichage du permis de construire de mentionner l'obligation de notifier les recours administratifs et contentieux, l'irrecevabilité tirée des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ne peut lui être opposée.
5. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, notamment du constat d'huissier produit par le pétitionnaire, que le panneau d'affichage, qui était visible et accessible depuis la rue, comportait bien les mentions relatives à l'obligation de notification prévues par l'article A 424-17 du code de l'urbanisme.
6. Il en résulte que Mme A n'ayant pas accompli les formalités de notification de son recours gracieux, le recours administratif qu'elle a exercé auprès de la préfète des Deux-Sèvres n'a pas eu pour effet de proroger le délai du recours contentieux. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de sa requête doit être accueillie.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A ne peut qu'être rejetée.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée à la préfète des Deux-Sèvres.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jarrige, président,
Mme Boutet, première conseillère,
Mme Dumont, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.
La rapporteure,
G. DUMONT
Le président,
A. JARRIGE
La greffière,
G. FAVARD
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
N ° 2201746
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026