mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2201759 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | OFFICIO AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 15 juillet 2022 et 9 avril 2023, Mme A B, représentée par Me Batôt, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 mars 2022 par laquelle le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse a refusé de faire droit à sa demande de mutation au sein de l'académie de la Guadeloupe pour l'année scolaire 2022/2023 ainsi que la décision du 22 mai 2022 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse de procéder à sa mutation au sein de l'académie de la Guadeloupe pour l'année scolaire 2022/2023 et, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit dès lors que le ministre a considéré, à tort, que la bonification relative au centre de ses intérêts matériels et moraux était exclusive de celle accordée au titre du rapprochement de conjoint ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le ministre a considéré qu'elle ne justifiait pas du transfert du centre de ses intérêts matériels et moraux en Guadeloupe au seul motif qu'elle n'en est pas originaire ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, le centre de ses intérêts matériels et moraux étant situé en Guadeloupe depuis 2019 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des besoins en matière de personnel enseignant dans l'académie de la Guadeloupe.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 10 mars et 27 avril 2023, le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bréjeon,
- et les conclusions de M. Pipart, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, professeure agrégée en sciences de la vie et de la terre depuis 1990, était affectée depuis le 1er septembre 2012 au lycée Marguerite de Vallois à Angoulême (Charente). Après que, à compter du mois d'avril 2019, son époux, cadre au sein du Crédit Agricole, ait été muté en Guadeloupe, Mme B a sollicité sa mutation au sein de l'académie de Guadeloupe pour la rentrée scolaire 2019. Compte tenu du rejet de sa demande, elle a sollicité son placement en disponibilité pour convenances personnelles et a renouvelé, en vain, sa demande pour les rentrées 2020 et 2021. Sa demande de mutation a été, de nouveau, rejetée par une décision du 9 mars 2022 pour la rentrée 2022. Mme B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 512-18 du code général de la fonction publique : " L'autorité compétente procède aux mutations des fonctionnaires de l'Etat en tenant compte des besoins du service. " et aux termes de l'article L. 512-19 de ce code : " Dans toute la mesure compatible avec le bon fonctionnement du service et sous réserve des priorités instituées au chapitre II du titre IV du livre IV, les affectations prononcées tiennent compte des demandes formulées par les intéressés et de leur situation de famille. Les demandes de mutation sont examinées en donnant priorité aux fonctionnaires de l'Etat relevant de l'une des situations suivantes : 1° Être séparé de son conjoint pour des raisons professionnelles ou séparé pour des raisons professionnelles du partenaire avec lequel il est lié par un pacte civil de solidarité s'il produit la preuve qu'ils se soumettent à l'obligation d'imposition commune prévue par le code général des impôts ; () 4° Justifier du centre de ses intérêts matériels et moraux dans une des collectivités régies par les articles 73 et 74 de la Constitution ou en Nouvelle-Calédonie ; (). "
3. En premier lieu, contrairement à ce que soutient Mme B, il ne ressort pas des pièces du dossier que sa demande tendant à bénéficier d'une bonification au titre du transfert du centre de ses intérêts matériels et moraux en Guadeloupe ait été refusée au seul motif qu'elle bénéficiait déjà de la bonification accordée au titre du rapprochement de conjoint. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'administration aurait commis une erreur de droit en retenant que la bonification susceptible d'être accordée au titre du transfert du centre des intérêts matériels et moraux n'était pas cumulable avec celle accordée au titre du rapprochement de conjoint doit être écarté.
4. En deuxième lieu, le courrier électronique du 17 janvier 2020 par lequel Mme B a été informée qu'elle ne pouvait bénéficier de la bonification au titre du transfert du centre des intérêts matériels et moraux au motif qu'elle n'était pas originaire de la Guadeloupe concerne le mouvement interacadémique pour la rentrée 2020/2021. S'agissant de la rentrée 2022/2023, qui est l'objet du présent litige, il ne ressort pas des pièces du dossier que sa demande ait été refusée pour ce motif. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur de droit qu'aurait commise l'administration doit être écarté.
5. En troisième lieu, pour apprécier la localisation du centre des intérêts matériels et moraux d'un fonctionnaire, il peut être tenu compte de son lieu de naissance, du lieu où se trouvent sa résidence et celle des membres de sa famille, du lieu où le fonctionnaire est, soit propriétaire ou locataire de biens fonciers, soit titulaire de comptes bancaires, de comptes d'épargne ou de comptes postaux, ainsi que d'autres éléments d'appréciation parmi lesquels le lieu du domicile avant l'entrée dans la fonction publique de l'agent, celui où il a réalisé sa scolarité ou ses études, la volonté manifestée par l'agent à l'occasion de ses demandes de mutation et de ses affectations ou la localisation du centre des intérêts moraux et matériels de son conjoint ou partenaire au sein d'un pacte civil de solidarité. Il incombe ainsi à l'administration d'apprécier la localisation du centre des intérêts matériels et moraux d'un fonctionnaire sur la base d'un faisceau d'indices.
6. Il ressort des pièces du dossier que, ainsi que le fait valoir la requérante, elle a vendu, avec son époux, la maison d'habitation dont ils étaient propriétaires en métropole afin de s'installer en Guadeloupe dès le mois de septembre 2019, dans la commune du Gosier, qu'elle s'est inscrite sur les listes électorales de cette commune, y a transféré ses comptes bancaires et y déclare ses revenus. Toutefois, il n'est pas contesté que sa présence en Guadeloupe est récente et que l'intéressée a exercé l'intégralité de sa carrière en métropole depuis 1990. En outre, Mme B ne justifie pas d'attaches privées ou familiales en Guadeloupe, à l'exception de son époux dont il n'est pas non plus démontré que le centre de ses intérêts matériels et moraux aurait été transféré en Guadeloupe. Il n'est, par ailleurs, pas contesté que les deux enfants du couple ne résident pas en Guadeloupe. Dans ces conditions, c'est sans erreur manifeste d'appréciation que le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse a considéré que Mme B ne justifiait pas du transfert du centre de ses intérêts matériels et moraux en Guadeloupe et lui a refusé, pour ce motif, le bénéfice de la bonification prévue à ce titre.
7. En dernier lieu, si Mme B soutient que la décision en litige est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des besoins en personnel enseignant du second degré au sein de l'académie de la Guadeloupe, la seule pièce qu'elle produit au soutien de son moyen, relative à la mise en œuvre pour la rentrée 2022 du dispositif " Etudiants alternants " notamment dans la matière des sciences de la vie et de la terre, ne démontre pas la nécessité de recruter un professeur agrégé dans cette discipline dans l'académie de la Guadeloupe. Au demeurant, l'administration n'a jamais l'obligation d'ouvrir à la mobilité géographique les emplois occupés par des agents contractuels dans le cadre d'un mouvement collectif de mutation géographique.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de la décision par laquelle le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse a refusé de faire droit à sa demande de mutation au sein de l'académie de Guadeloupe pour l'année scolaire 2022/2023 doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonctions ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié Mme A B et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
M. Henry, premier conseiller,
Mme Bréjeon, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
La rapporteure,
Signé
R. BRÉJEON
Le président,
Signé
L. CAMPOYLa greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026