jeudi 8 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2201791 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | HAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 juillet 2022, M. D B, représenté par Me Hay, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 mai 2022 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de lui renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer un titre de séjour d'une durée d'un an dans un délai de 30 jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il souffre de plusieurs pathologies, à savoir un diabète de type I compliqué sur le plan ophtalmologique d'une rétinopathie diabétique involutive, le traitement nécessité par son état de santé étant indisponible dans son pays d'origine ;
- bénéficiant d'un contrat de travail à durée indéterminée, il est bien inséré dans la société française et dispose de revenus stables et suffisants ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 511-4 10° du code précité.
Par un mémoire en défense enregistré 18 octobre 2022, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce qu'une expertise soit ordonnée aux fins de statuer sur l'état de santé du requérant.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Le requérant a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par décision du 22 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant arménien né le 8 novembre 1995, est entré en France selon ses déclarations le 7 octobre 2015. A la suite de l'annulation, par jugement du tribunal du 14 novembre 2017, de la décision de la préfète de la Vienne du 21 juillet 2017 rejetant sa demande de titre de séjour, l'intéressé a bénéficié de différentes cartes de séjour en qualité d'étranger malade du 14 novembre 2017 au 8 janvier 2022. Par courrier du 9 novembre 2021, M. B a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 17 mai 2022, dont il demande l'annulation, le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination.
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué cite notamment l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers au regard duquel a été examinée la demande de titre de séjour et qui constitue le fondement en droit de la décision contestée. Il indique que le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, saisi dans le cadre de l'examen de la demande de titre de séjour de M. B, a considéré, par avis du 17 janvier 2022, que l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il précise que son état de santé peut lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine et que l'intéressé n'établit ni n'allègue être dans l'impossibilité d'accéder effectivement à des soins dans son pays d'origine. Dans ces conditions, alors même qu'il ne mentionne pas que le requérant peut bénéficier d'un traitement approprié dans ce pays, l'arrêté comporte de façon suffisamment précise les motifs de droit et de fait qui le fondent et le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / () Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. () ".
4. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
5. L'avis du collège des médecins du 17 janvier 2022 indique que l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut de traitement peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'il peut bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine et voyager sans risque vers ce pays. Pour contester cette appréciation, M. B fait valoir, ainsi que le mentionne le certificat médical du docteur A du 8 juin 2022, qu'il souffre d'un diabète de type I traité par insuline pour lequel il est suivi depuis 2015, compliqué sur le plan ophtalmologique d'une rétinopathie diabétique involutive, ainsi que deux autres certificats médicaux en date des 2 mars 2016 et 29 mars 2016. Toutefois ces documents, peu circonstanciés, se bornent à décrire les pathologies dont souffre l'intéressé sans se prononcer sur la disponibilité des soins dans le pays d'origine. Par ailleurs, les certificats établis les 22 mars 2016 et 3 juin 2022 dressent un historique de ces maladies, mais ne démontrent pas l'indisponibilité ou le caractère non substituable du traitement suivi. En outre, si les médicaments qui lui ont été prescrits, notamment le Toujeo, l'Humalog et le Glucadon ne figurent pas sur la liste des médicaments enregistrés en Arménie, le premier a pour principe actif l'insuline Glargine, disponible dans ce pays, tandis que le deuxième et le troisième y sont également disponibles comme l'indique le ministre de la santé dans sa réponse du 27 mai 2022. Enfin, si le requérant fait valoir que les appareils destinés à mesurer le taux de glycémie de type " Free Style Libre " sont indisponibles dans son pays d'origine, celui-ci bénéficie déjà d'un capteur de mesure en continu et il ne démontre pas que ce type de matériel serait indisponible en Arménie, alors que le certificat du 26 mai 2022 émanant du centre médical d'Ashtarak se borne à préciser que les patients diabétiques ne bénéficient pas d'une prise en charge par l'Etat des " insulines appelées Glocadon, Toujeo 300 et de l'appareil Free Style Libre ". Dans ces conditions, ces éléments ne permettent pas de contredire l'avis précité du collège des médecins de l'OFII. Ainsi, M. B n'établit pas que le traitement nécessité par son état de santé ne serait pas disponible dans son pays d'origine, ni qu'il ne pourrait y faire l'objet d'un suivi médical approprié ou qu'il ne pourrait accéder effectivement à ce traitement. Par suite, le préfet de la Vienne n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour sur ce fondement.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. Aux termes de l'article L. 611-3 du code précité : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ".
7. Il résulte de ce qui a été dit au point 5 que le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 17 mai 2022 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, au préfet de la Vienne, et à Me Hay.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
M. Lacaïle, premier conseiller,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
P. C
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTE
La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, La greffière en chef par intérim,
Signé
G. FAVARD
N ° 2201791
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026