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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2201840

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2201840

lundi 31 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2201840
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantDESROCHES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 25 juillet 2022 et le 4 octobre 2022, Mme F, représentée par Me Desroches, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 juin 2022 par lequel le préfet de la Vienne lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour et la délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale - liens personnels et familiaux en France ", l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer, à titre principal, un titre de séjour d'une durée d'un an ou, à titre subsidiaire, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail jusqu'à ce que l'autorité administrative ait statué sur sa situation administrative, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des articles 35 et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et de l'article L. 761 1 du code de justice administrative ou, si l'aide juridictionnelle ne lui était pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, de lui verser directement cette même somme.

Elle soutient que :

Sur l'arrêté pris dans son ensemble :

- l'arrêté est signé par une autorité incompétente ;

Sur la décision portant refus de séjour :

- elle est insuffisamment motivée et révèle un défaut d'examen de sa situation ;

- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'est pas établi que le médecin instructeur n'a pas siégé au sein du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;

- le préfet de la Vienne s'est cru lié, à tort, par l'avis émis par le collège de médecins de l'OFII ;

- elle est entachée d'erreurs d'appréciation et méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaît ainsi les stipulations des articles 2, 3, 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de renouvellement de son titre de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et méconnaît l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations des articles 2, 3, 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales eu égard aux risques qu'elle encourt sur le plan de sa santé.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 septembre 2022, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A B ne sont pas fondés.

Mme A B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 septembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et de libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante djiboutienne née le 1er janvier 1966, est entrée en France le 15 décembre 2014, dépourvue de visa. Un premier titre de séjour pour raisons de santé lui a été délivré pour la période du 4 février 2016 au 4 août 2016. Par un arrêté du 5 décembre 2016, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Poitiers du 17 mai 2017, le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français. Son état de santé a ensuite justifié l'octroi de titres de séjour délivrés par la préfecture de Vienne, valables du 11 janvier 2019 au 10 janvier 2020 puis du 3 février 2020 au 2 février 2022. Elle a demandé le 22 novembre 2021 à la préfecture de la Vienne, d'une part, le renouvellement de son titre de séjour en raison de son état de santé et, d'autre part, la délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale - liens personnels et familiaux ". Par un arrêté du 13 juin 2022 dont elle demande l'annulation, le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être renvoyée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :

2. Par arrêté du 7 mars 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, Mme Pascale Pin, secrétaire générale de la préfecture de la Vienne, a reçu délégation de signature du préfet à l'effet de signer notamment tous arrêtés entrant dans le champ d'application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision en litige doit être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne le refus de renouvellement de titre de séjour :

3. En premier lieu, l'arrêté en litige a été pris au visa des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables à la situation de Mme A B, et des stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il décrit la situation administrative, personnelle et familiale de l'intéressée. Il précise, notamment, qu'elle a bénéficié de titres de séjour en raison de son état de santé du 11 janvier 2019 au 2 février 2022, et la teneur de l'avis rendu par le collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) relatif à son état de santé. Il énonce également qu'elle n'établit pas avoir tissé de liens personnels suffisamment intenses, anciens et stables en France. L'arrêté litigieux, qui contient l'ensemble des considérations de fait et de droit qui constituent le fondement des décisions qu'il comporte est, dès lors, suffisamment motivé.

4. En deuxième lieu, l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ". L'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précise : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé () ". Selon l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier () ".

5. D'une part, il résulte des dispositions précitées qu'il appartient à l'autorité administrative saisie d'une demande de titre de séjour présentée par un ressortissant étranger en raison de son état de santé de se prononcer au vu de l'avis émis par un collège de médecins de l'OFII. Préalablement à l'avis rendu par ce collège, un rapport médical, relatif à l'état de santé de l'intéressé et établi par un médecin instructeur, doit lui être transmis. Le médecin instructeur à l'origine de ce rapport ne doit pas siéger au sein du collège de médecins qui émet l'avis transmis au préfet.

6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, pour rendre son avis du 7 février 2022 sur l'état de santé de Mme A B, le collège de médecins de l'OFII, composé des docteurs Theis, Lancino et Ruggieri, s'est prononcé sur la base du rapport médical établi par le docteur C, lequel n'a ainsi pas siégé au sein du collège médical. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit être écarté.

7. D'autre part, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

8. L'avis du collège des médecins de l'OFII du 7 février 2022 indique que si l'état de santé de Mme A B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, un traitement approprié existe dans son pays d'origine et qu'elle peut y voyager sans risque. Pour contester cette appréciation, Mme A B se borne à soutenir que sa situation n'a pas évolué depuis le dernier renouvellement de son titre de séjour. Or, si elle justifie, par les pièces qu'elle produit, du caractère chronique et rare de sa pathologie auto-immune, et si elle se prévaut, par les certificats médicaux versés au débat, de ce que la prise en charge de son affection serait insuffisante dans son pays d'origine, elle n'établit pas qu'elle ne pourrait pas y bénéficier du traitement approprié dont elle bénéficie en France, qui repose sur des consultations régulières en ophtalmologie, orthoptie et auprès d'une unité spécialisée dans les maladies infectieuses et tropicales et sur l'administration au long cours, notamment, de prednisone associée à de l'hydroxychloroquine et de l'aspegic. Elle n'apporte ainsi pas d'éléments suffisamment probants de nature à remettre en cause l'appréciation de l'administration quant à l'existence dans ce pays du traitement requis par son état de santé, ni quant à la possibilité d'y être suivie malgré son taux d'ensoleillement plus important qu'en France. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur d'appréciation commise par le préfet de la Vienne, dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il se serait cru, à tort, lié par l'avis émis par le collège de médecins de l'OFII, doivent être écartés.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. La mort ne peut être infligée à quiconque intentionnellement, sauf en exécution d'une sentence capitale prononcée par un tribunal au cas où le délit est puni de cette peine par la loi ". Selon l'article 3 de cette convention : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Son article 8 stipule : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". Enfin, son article 14 prévoit : " La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente Convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l'origine nationale ou sociale, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation ".

10. D'une part, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8 du présent jugement, il ne ressort pas des pièces du dossier que le refus de renouveler son titre de séjour à raison de son état de santé et de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale - liens personnels et familiaux " expose la requérante à la mort ou à des traitements inhumains ou dégradants. En outre, si elle est entrée en France le 15 décembre 2014, et qu'elle y réside depuis lors, elle n'établit pas, en produisant une attestation de son neveu certifiant qu'il lui rend visite quand il en a l'occasion, et en justifiant d'un effort d'intégration par le suivi, entre 2016 et 2021, de cours de français et d'une formation aux savoirs de base, avoir noué des liens personnels d'une particulière ancienneté, intensité et stabilité en France, alors que son fils habite à Djibouti et qu'elle y a vécu jusqu'à l'âge de quarante-huit ans. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et les moyens tirés de la méconnaissance des articles 2, 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

11. D'autre part, si Mme A B soutient que le refus de titre de séjour qui lui a été opposé méconnaît le principe de non-discrimination reconnu par les stipulations de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, elle n'assortit pas ce moyen de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

12. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que Mme A B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet de la Vienne lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour en raison de son état de santé et la délivrance d'un titre de séjour au titre de sa vie privée et familiale. Dès lors, l'exception d'illégalité de cette décision soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écartée.

13. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".

14. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, l'absence dans le pays d'origine de la requérante d'un traitement médical approprié à son état de santé n'est pas établie par les pièces du dossier. Par suite, Mme A B n'est pas fondée à se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur d'appréciation que le préfet de la Vienne aurait commise en l'obligeant à quitter le territoire français.

15. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 10 et 11, les moyens tirés de ce que la décision attaquée méconnaîtrait les stipulations des articles 2, 3, 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

16. En premier lieu, l'arrêté litigieux vise l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui constitue le fondement en droit de la décision fixant le pays de renvoi, et énonce que Mme A B, dont la nationalité est précisée, n'établit pas être exposée dans son pays d'origine à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. La décision fixant le pays de renvoi est dès lors suffisamment motivée.

17. En second lieu, aux termes de l'article L. 711-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

18. Si Mme A B soutient que son retour à Djibouti l'exposerait personnellement au risque de subir des traitements inhumains et dégradants par le risque d'être privée des soins dont le défaut entraînerait pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle ne démontre pas, ainsi qu'il a déjà été dit, qu'elle ne pourrait bénéficier du traitement approprié dans son pays d'origine. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de de l'article L. 711-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peuvent qu'être écartés.

19. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 13 juin 2022. Par voie de conséquence, ses conclusions à fins d'injonction et d'astreinte et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme F et au préfet de la Vienne.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Bruston, présidente,

Mme Thèvenet-Bréchot, première conseillère,

Mme Gibson-Théry, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2022.

La rapporteure,

Signé

S. GIBSON-THERY

La présidente,

Signé

S. BRUSTONLa greffière,

Signé

N. COLLET

La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef par intérim,

La greffière,

N. COLLET

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