mardi 23 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2201860 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LELONG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 28 juillet, le 17 et le 18 août 2022, Mme A C, représentée par Me Lelong, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution des décisions du 4 juillet 2022 et du 15 juillet 2022 par lesquelles la présidente du conseil départemental des Deux-Sèvres a procédé au retrait de son agrément d'assistante familiale et l'a licenciée, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
3°) d'enjoindre à la présidente du conseil département des Deux-Sèvres de procéder à sa réintégration et de reconstituer ses droits à carrière ;
4°) de mettre à la charge du conseil département des Deux-Sèvres une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur la condition d'urgence :
- elle est satisfaite dès lors que les décisions l'empêchent d'exercer sa profession ;
- les décisions contestées la place dans une situation de précarité financière ;
- cette situation emporte des conséquences sur son état psychologique ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision du 5 juillet 2022 :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- la décision est entachée d'une inexactitude matérielle dès lors que les faits reprochés de violences verbales ne sont pas établis ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que les faits reprochés ne sont pas de nature à justifier le retrait de l'agrément d'assistante familiale ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision du 15 juillet 2022 :
- l'administration ne se trouvait pas en situation de compétence liée pour la licencier suite au retrait de l'agrément d'assistante familiale ;
- la décision est illégale dès lors qu'elle présente un caractère rétroactif ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision du 5 juillet 2022.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 août 2022, le conseil départemental des Deux-Sèvres conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite ;
- aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 28 juillet 2022 sous le numéro 2201859 par laquelle Mme C demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après lecture du rapport de M. B ont été entendues les observations de Me Lelong, représentant Mme C, qui maintient ses conclusions et moyens et de Mme D pour le département des Deux-Sèvres.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C est titulaire depuis 2020 d'un agrément en qualité d'assistante familiale l'autorisant à accueillir, depuis 2020, un enfant mineur et jeune majeur de moins de 21 ans à titre permanent à son domicile. La présidente du conseil départemental des Deux-Sèvres a, par une décision du juillet 2022, retiré l'agrément d'assistante familiale de l'intéressée. Par une décision du 15 juillet 2022, elle a décidé en conséquence de la licencier. Mme C demande la suspension de ces deux décisions.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accorder l'aide juridictionnelle provisoire à Mme C.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne la décision du 4 juillet 2022 :
4. Aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial est délivré par le président du conseil général du département où le demandeur réside. () L'agrément est accordé () si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un ans accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne. () ". Selon l'article R. 421-3 de ce même code : " Pour obtenir l'agrément d'assistant maternel ou d'assistant familial, le candidat doit : 1° Présenter les garanties nécessaires pour accueillir des mineurs dans des conditions propres à assurer leur développement physique, intellectuel et affectif () ". Par ailleurs, l'article L. 421-6 du même code prévoit : " () Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait. En cas d'urgence, le président du conseil départemental peut suspendre l'agrément. Tant que l'agrément reste suspendu, aucun enfant ne peut être confié. Toute décision de retrait de l'agrément, de suspension de l'agrément ou de modification de son contenu doit être dûment motivée et transmise sans délai aux intéressés. () ".
5. Il résulte des dispositions précitées qu'il incombe au président du conseil départemental de s'assurer que les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis et de procéder au retrait de l'agrément si ces conditions ne sont plus remplies. A cette fin, dans l'hypothèse où il est informé de suspicions de comportements susceptibles de compromettre la santé, la sécurité ou l'épanouissement d'un enfant de la part du bénéficiaire de l'agrément ou de son entourage, il lui appartient de tenir compte de tous les éléments portés à la connaissance des services compétents du département ou recueillis par eux et de déterminer si ces éléments sont suffisamment établis, pour lui permettre raisonnablement de penser que l'enfant accueilli est victime de comportement en cause ou risque de l'être.
6. En l'espèce, par une décision du 4 juillet 2022, la présidente du conseil départemental des Deux-Sèvres a retiré l'agrément d'assistante familiale dont bénéficiait Mme C au motif que l'intéressée a fait l'objet d'une condamnation pénale par le tribunal correctionnel de Niort le 8 février 2022 pour des faits de violences verbales sur mineur de 15 ans pour lesquelles elle fait l'objet d'une interdiction d'exercer pendant 6 mois. Dans son jugement, s'agissant de la culpabilité de la prévenue, le juge écrit que : " En l'espèce, A C reconnaît avoir pu être dépassé dans l'accueil de Swoëly et Lucas, avoir asséné une gifle à la petite fille et avoir pu " hausser le ton ". Cependant, les déclarations spontanées de son voisin, font état des faits d'une gravité plus importante, évoquant notamment des violences psychologiques et morales avec des cris " hystérique " confirmé par trois autres témoins, ainsi que le fait de laisser dehors les enfants, peu vêtu, une à deux fois par semaine et sur de longues durées, pouvant ainsi mettre en danger les enfants. Jérémy GUESPIN, qui ne connaît pas A C, et avec laquelle il n'a aucun conflit, n'avait strictement aucun intérêt à exagérer ses propos. Par ailleurs, Swoëly a également pu spontanément faire part de ce qu'elle avait vécu au domicile de A C à sa nouvelle éducatrice, corroborant ainsi les propos de Jérémy GUESPIN ".
Et il en conclut que " Il résulte des éléments du dossier que les faits qui sont reprochés à A C sont établis, qu'il convient de l'en déclarer coupable et d'entrer en voie de condamnation. ". Si la requérante soutient avoir interjeté appel de ce jugement, il n'est pas contesté que cet appel est limité au quantum de la peine infligée.
7. Dans ces conditions, en l'état de l'instruction et au vu notamment des faits dont Mme C a été reconnue coupable, aucun des moyens soulevés à l'encontre de la décision du 4 juillet 2022 procédant au retrait de son agrément d'assistante familiale n'est de nature à créer un doute sérieux quant à sa légalité.
En ce qui concerne la décision du 15 juillet 2022 :
8. Aux termes de l'article L. 423-8 du code de l'action sociale et des familles : " () En cas de retrait d'agrément, l'employeur est tenu de procéder au licenciement par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. () ". Il résulte de cette disposition que le président du conseil départemental qui emploie un assistant familial dont l'agrément a été retiré est en situation de compétence liée pour le licencier.
9. Il est constant que la présidente du conseil départemental des Deux-Sèvres a prononcé le licenciement de Mme C en application de l'article L. 423-8 précité. Ainsi, dès lors que la décision de retrait d'agrément n'a pas fait l'objet d'une suspension de son exécution, les conclusions relatives à la suspension de l'exécution de la décision de licenciement ne peuvent qu'être rejetées.
10. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'urgence, que les conclusions à fin de suspension de l'exécution des décisions des 4 et 15 juillet 2022 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles relatives aux frais de l'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme C est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de Mme C est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C et au conseil départemental des Deux-Sèvres.
Fait à Poitiers, le 23 août 2022.
Le juge des référés,
Signé
D. B
La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026