LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2201873

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2201873

lundi 10 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2201873
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantSELARL OCEANIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 juillet 2022 et 26 mars 2024, M. B A, représenté par la SELARL Océanis-Avocats, demande au tribunal :

1°) de condamner la commune de La Brée-les-Bains à lui verser la somme de 14 516,22 euros en réparation de ses préjudices consécutifs au recours abusif aux contrats temporaires et au non-respect de la procédure de licenciement qui lui était applicable ;

2°) de mettre à la charge de la commune de La Brée-les-Bains la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la commune de La Brée-les-Bains a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en le recrutant à titre temporaire sur un emploi permanent ;

- son contrat à durée déterminée conclu pour la période du 4 mars 2019 au 30 novembre 2019 est entaché d'une illégalité fautive non régularisable en l'absence de délibération créant préalablement l'emploi sur lequel il a été affecté ;

- il méconnaît les dispositions du 2° de l'article 3 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 en excédant la durée maximale de six mois des contrats conclus pour faire face à un accroissement saisonnier d'activité ;

- l'emploi qu'il a occupé pendant neuf mois de chacune des années civiles 2019, 2020 et 2021 revêt un caractère permanent et non saisonnier ou temporaire, justifiant qu'il aurait dû être recruté en contrat à durée déterminée d'un an renouvelable deux fois, ou de trois ans du 4 mars 2019 au 3 mars 2022, le non-renouvellement de son contrat au 30 novembre 2021 s'analysant ainsi comme un licenciement ;

- la commune ayant fait un recours abusif à des contrats à durée déterminée pour le recruter de manière discontinue afin de satisfaire un besoin permanent, il a droit à une indemnité de 11 340 euros nets correspondant aux salaires qu'il aurait dû percevoir au titre des mois de décembre 2019, 2020, 2021, janvier 2020, 2021, 2022, et février 2020, 2021 et 2022 ;

- compte tenu de la date d'achèvement théorique de son contrat à durée déterminée au 3 mars 2022, il doit être regardé comme ayant été licencié au 30 novembre 2021, justifiant qu'une indemnisation de 2 966,535 euros lui soit versée au titre de son indemnité de licenciement de 1 920,735 euros et de son indemnité compensatrice de congés payés de 1 045,80 euros, de laquelle la somme de 1 290,31 euros, correspondant à l'indemnité de fin de contrat qu'il a perçue, doit être déduite ;

- il a subi un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence du fait de la précarité de sa situation qu'il évalue à un montant de 1 500 euros.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 décembre 2023, la commune de La Brée-les-Bains, représentée par la SELARL Lelong-Duclos Avocats, conclut au rejet de la requête, et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'elle n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité, d'une part, les imprécisions des visas des contrats de M. A n'ayant pas d'incidence sur leur légalité, d'autre part, en l'absence de recours abusif à des contrats liés à un accroissement temporaire d'activité pour recruter le requérant, qui n'établit pas le caractère permanent de ses missions, et, enfin, à défaut de démonstration du lien de causalité entre les préjudices allégués, non établis, et les fautes invoquées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive 1999/70/CE du Conseil du 28 juin 1999 ;

- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n°88-145 du 15 février 1988 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Gibson-Théry,

- les conclusions de Mme Bréjeon, rapporteure publique,

- et les observations de Me Duclos, représentant la commune de La Brée-les-Bains.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a été recruté en qualité d'agent non-titulaire par la commune de La Brée-les-Bains, sur le poste d'agent d'entretien polyvalent, à raison de trois contrats à durée déterminée pour les périodes du 4 mars au 30 novembre 2019, du 4 mars au 30 novembre 2020 et du 4 mars au 30 novembre 2021. Par un courrier du 7 avril 2022, M. A a sollicité de la commune l'indemnisation des préjudices qu'il estimait avoir subis du fait du recours abusif aux contrats temporaires et du non-respect de la procédure applicable au licenciement des agents non-titulaires, pour un montant total de 14 516,22 euros. La commune de La Brée-les-Bains a rejeté sa demande préalable par un courrier du 10 juin 2022. Par sa requête, M. A doit être regardé comme demandant l'indemnisation de ces mêmes préjudices, pour un montant total identique de 14 516,22 euros.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

2. En premier lieu, l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors en vigueur, dispose que : " I. - Les collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 peuvent recruter temporairement des agents contractuels sur des emplois non permanents pour faire face à un besoin lié à : / 1° Un accroissement temporaire d'activité, pour une durée maximale de douze mois, compte tenu, le cas échéant, du renouvellement du contrat, pendant une même période de dix-huit mois consécutifs ; 2° Un accroissement saisonnier d'activité, pour une durée maximale de six mois, compte tenu, le cas échéant, du renouvellement du contrat, pendant une même période de douze mois consécutifs. () ". Aux termes de l'article 3-2 de cette loi : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée et pour les besoins de continuité du service, les emplois permanents des collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 de la présente loi peuvent être occupés par des agents contractuels pour faire face à une vacance temporaire d'emploi dans l'attente du recrutement d'un fonctionnaire. () ". Enfin, aux termes de l'article 3-3 de la même loi : " () des emplois permanents peuvent être occupés de manière permanente par des agents contractuels dans les cas suivants : () 3° Pour les communes de moins de 1 000 habitants et les groupements de communes regroupant moins de 15 000 habitants, pour tous les emplois ; (). / Les agents ainsi recrutés sont engagés par contrat à durée déterminée d'une durée maximale de trois ans. Ces contrats sont renouvelables par reconduction expresse, dans la limite d'une durée maximale de six ans. Si, à l'issue de cette durée, ces contrats sont reconduits, ils ne peuvent l'être que par décision expresse et pour une durée indéterminée ".

3. Les trois contrats à durée déterminée que M. A a signés avec la commune de La Brée-les-Bains, en 2019, 2020 et 2021, ont été conclus sur le fondement des dispositions précitées du 2° du I de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984, qui permettent le recrutement temporaire d'un agent contractuel sur un emploi non permanent pour faire face à un besoin lié à un accroissement saisonnier d'activité.

4. L'existence ou l'absence du caractère permanent d'un emploi doit s'apprécier au regard de la nature du besoin auquel répond cet emploi et ne saurait résulter de la seule durée pendant laquelle il est occupé.

5. Si les contrats de recrutement de M. A emploient les termes génériques d'" agent technique " pour qualifier le poste qu'il a occupé trois années de suite pendant neuf mois, et d'" agent d'entretien polyvalent " pour désigner les fonctions qu'il a exercées à ce titre, il ressort des pièces du dossier que la commune devait faire face à un accroissement saisonnier d'activité entre le mois de mars et le mois de novembre de chaque année, incluant la préparation de la saison touristique estivale et la remise en état des lieux une fois la saison terminée. En outre, la commune soutient, sans être contredite sur ce point, que les tâches à réaliser par M. A ont notamment consisté, en 2019, à fabriquer une cabine de plage, des terrasses en bois et des mobiliers urbains et à rénover les logements des agents saisonniers, en 2020 à fabriquer d'autres cabines de plage ainsi que des terrasses et à poser des ganivelles, et, enfin, en 2021, à confectionner la cabane du club de plage ainsi que les barrières de séparation en bois entourant ce club. Ces éléments sont de nature à établir que le recrutement de M. A répondait à la nécessité de satisfaire à un besoin temporaire lié à un accroissement saisonnier de l'activité de la collectivité. La circonstance que la commune ait souhaité, à compter de l'organisation de la saison 2022, lisser sur l'ensemble de l'année l'exécution des missions, jusqu'alors effectuées par les agents saisonniers, en les confiant à des agents recrutés de manière pérenne, ne permet pas de remettre en question, à elle seule, le caractère saisonnier des besoins de réfection induits par la saison touristique estivale, ni de considérer, en conséquence, que l'emploi occupé par M. A aurait revêtu un caractère permanent.

6. Par ailleurs, à supposer même que M. A aurait occupé un emploi permanent, les dispositions précitées des articles 3-2 et 3-3 de la loi du 26 janvier 1984 n'instituent pas, au profit des agents recrutés en vue de pourvoir un emploi permanent, un droit à obtenir un contrat d'un an renouvelable une fois dans l'attente du recrutement d'un fonctionnaire, ou de trois ans dès lors qu'il s'agit de durées maximales, selon les termes mêmes de ces articles.

7. Dans ces conditions, la commune de La-Brée-les-Bains n'a pas commis d'illégalité fautive en recrutant M. A sur le fondement du 2° du I de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984, et en s'abstenant de lui proposer un contrat d'un an renouvelable une fois, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la commune l'avait embauché dans l'attente de recruter un fonctionnaire sur son emploi, ou un contrat de trois ans fondé sur l'article 3-3 précité. Dès lors, les conclusions de M. A, qui n'avait pas droit au renouvellement de son dernier contrat, tendant à être indemnisé des rémunérations dont il a été privé pendant trois ans, des préjudices causés par son licenciement, non établis alors que ses contrats ont tous été exécutés jusqu'à leur terme, et par l'absence de paiement de ses congés payés, qui n'est pas davantage établie, ainsi que de son préjudice moral et de ses troubles dans ses conditions d'existence, au titre desquels il allègue seulement sa situation de précarité liée à la durée de ses contrats, ne peuvent qu'être rejetées.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 34 de la loi du 26 janvier 1984 : " Les emplois de chaque collectivité ou établissement sont créés par l'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement. () ".

9. Ainsi que le soutient le requérant, son premier contrat à durée déterminée, conclu le 22 février 2019, a commencé à être exécuté le 4 mars, soit avant la création du poste à laquelle le conseil municipal a procédé par la délibération du 21 mars 2019. Toutefois, une telle illégalité, qui n'a causé aucun préjudice à M. A, n'est pas susceptible d'engager la responsabilité de la commune de La Brée-les-Bains à son égard.

10. En troisième lieu, les deux premiers alinéas de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984 précités, qui décrivent avec précision les conditions dans lesquelles il peut être recouru, pour des besoins ponctuels ou saisonniers, à des agents non titulaires recrutés par contrats à durée déterminée ainsi que la durée et les conditions limitées de renouvellement de ces contrats, permettent de prévenir, conformément aux objectifs fixés par la directive 1999/70/CE du Conseil de l'Union Européenne du 28 juin 1999 concernant l'accord-cadre CES, UNICE et CEEP sur le travail à durée déterminée, l'utilisation abusive des contrats à durée déterminée dans la fonction publique territoriale. Ces dispositions ne font pas obstacle à ce qu'en cas de renouvellement abusif de contrats à durée déterminée, l'agent concerné puisse se voir reconnaître un droit à l'indemnisation du préjudice éventuellement subi lors de l'interruption de sa relation d'emploi, évalué en fonction des avantages financiers auxquels il aurait pu prétendre en cas de licenciement s'il avait été employé dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée.

11. Si la commune soutient que la durée des trois contrats conclus avec M. A satisfaisait aux conditions de durée posées par le 1° de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984 dès lors qu'elle n'excédait pas douze mois, il résulte de ce qui a été précédemment dit que ces contrats ont été conclus pour répondre à des besoins de nature saisonnière, dont la durée devait donc être limitée, pour chacun, à six mois sur une période de douze mois. Toutefois, M. A ne se prévalant d'aucun préjudice en lien avec la durée excessive de chacun des contrats qu'il a exécutés, la responsabilité de la commune de La Brée-les-Bains n'est pas non plus susceptible d'être engagée sur ce fondement.

12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'indemnisation présentées par M. A doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de La Brée-les-Bains, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme sollicitée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme demandée par la commune de La Brée-les-Bains en application des mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de La Brée-les-Bains présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de La Brée-les-Bains.

Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Cristille, président,

Mme Thèvenet-Bréchot, première conseillère,

Mme Gibson-Théry, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 10 juin 2024.

La rapporteure,

Signé

S. GIBSON-THERYLe président,

Signé

P. CRISTILLE

La greffière,

Signé

N. COLLET

La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

N. COLLET

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions