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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2201885

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2201885

jeudi 20 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2201885
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP BCJ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 29 juillet 2022 et le 8 décembre 2022, Mme G F, M. B F, Mme A D et Mme E C, représentés par Me Baudry, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 février 2022 par lequel le maire de La Rochelle a accordé à la société L'Eden République un permis de construire n° PC 17300210300 pour la réalisation d'un garage, une surélévation, des terrasses suspendues, une modification de clôture, des places de stationnement, un aménagement de garage, des panneaux photovoltaïques, une pergola et une démolition partielle sur un terrain situé 22 rue Louis Blanc à La Rochelle, ensemble les décisions implicites de rejet de leurs recours gracieux formés les 29 mars, 31 mars et 16 avril 2022 ;

2°) de mettre à la charge de la société L'Eden République et de la commune de La Rochelle une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le dossier de demande est incomplet au regard des dispositions des articles R. 431-9, R. 431-10 (d) et R. 431-8 (c) du code de l'urbanisme ;

- la décision en litige méconnait les dispositions de l'article 1.8 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) relatif aux places de stationnement ;

- elle méconnait les dispositions de l'article UM4 du règlement du PLUi relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques ;

- elle méconnait les dispositions de l'article UM5 du règlement du PLUi relatif au coefficient de biotope ;

- elle méconnait les dispositions de l'article 1.6 du règlement du PLUi relatif à l'insertion du projet dans son environnement.

Par des mémoires en défense enregistrés le 25 octobre 2022 et le 27 janvier 2023, la commune de La Rochelle, représentée par la SCP Brossier, Carré, Joly, conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ;

3°) à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.

Par des mémoires enregistrés le 28 octobre 2022 et le 24 mars 2023, la SCI L'Eden République, représentée par SCP d'avocats Ten France, conclut au rejet de la requête et à ce que soient mis à la charge des requérants la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Boutet,

- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,

- et les observations de Me Verger, substituant Me Baudry, représentant les requérants, et de Me Le Breton, substituant Me Brossier, représentant la commune de La Rochelle et de Me Levrey, représentant la SCI L'Eden République.

Considérant ce qui suit :

1. La société L'Eden République a déposé une demande de permis de construire le 30 septembre 2021 pour la construction d'un garage, une surélévation, des terrasses suspendues, une modification de clôture, des places de stationnement, un aménagement de garage, des panneaux photovoltaïques, une pergola et une démolition partielle sur un terrain situé au n° 22 rue Louis Blanc à La Rochelle. Par arrêté du 28 février 2022, le maire de la Rochelle a délivré le permis de construire sollicité. M. et Mme F, Mme C et Mme D, propriétaires de parcelles voisines, demandent l'annulation de cette décision et des décisions implicites de rejet de leurs recours gracieux formés les 29 mars, 31 mars et 16 avril 2022.

Sur les conclusions à fins d'annulation :

En ce qui concerne le caractère complet du dossier de demande :

2. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. () ".

4. La comparaison entre le plan de masse existant et le plan de masse projeté permet de constater que le terrain initial était en partie engazonné sur la partie Sud, sans aucun arbre alors que le projet prévoit de maintenir l'espace engazonné au Sud sur 78 m² avec plantation d'arbres, d'ajouter un espace engazonné de 7,10 m² dans le patio situé en limite séparative Est et la réalisation d'une toiture végétalisée sur l'extension au Nord. Le plan de masse du projet mentionne l'espace de biotope conservé de 110 m² dont 85 m² de pleine terre pour une superficie de 321 m² indiquée sur la notice architecturale et sur le tableau récapitulatif des surfaces. La notice architecturale indique en outre que la société pétitionnaire s'est engagée à planter deux spécimens d'arbres ainsi que diverses végétations d'ornement dispersées sur l'ensemble de la parcelle. La circonstance que le document d'insertion ne représente pas l'espace engazonné situé au Sud du terrain s'assiette et ne représente que deux arbres, ce que confirme par ailleurs la notice architecturale, ne permet pas d'établir que l'autorité compétente aurait été induite en erreur par le contenu du dossier de demande pour contrôler la conformité du projet par rapport à la réglementation applicable, notamment en ce qui concerne le coefficient de biotope.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

6. Le dossier de demande de permis de construire comporte cinq photographies de l'environnement immédiat du projet prises sous plusieurs angles. Si les requérants soutiennent que ces photographies seraient anciennes, comme en attestent celles de la résidence Louis Blanc encore en cours de construction mais dont le volume pouvait déjà être appréhendé, il ne ressort pas des pièces du dossier que les photographies produites n'auraient pas permis à l'autorité compétente d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ".

8. La comparaison entre le plan de masse de l'existant et celui du projet permet de constater que les clôtures qui sont constituées en bloc aggloméré de deux mètres ne seront pas modifiées, à l'exception de celle qui se trouve à l'Ouest du projet du côté de la rue Louis Blanc sur laquelle un portail d'accès pour les véhicules sera créé. Les requérants ne sont par suite pas fondés à soutenir que l'autorité compétente ne pouvait pas apprécier la conformité du projet avec la réglementation applicable en matière de clôtures.

En ce qui concerne la conformité du projet avec les dispositions du PLUi :

9. En premier lieu, l'article 1.8 du règlement du PLUi de la communauté d'agglomération de La Rochelle prévoit, s'agissant des normes de stationnement applicables à la destination habitation, que pour les logements situés en zone 2 et secteur 2bis, une place de stationnement doit être prévue par tranche de 75 m² de surface de plancher avec un minimum de 0,8 places par logement. L'article précise toutefois que nonobstant les dispositions précitées, " dans les zones 2, 3, 4, il n'est pas exigé plus de 2 places de stationnement par logement ". S'agissant des dimensions des places de stationnement, l'article 1.8 dispose enfin que les places créées doivent respecter les dimensions minimales suivantes : " Pour les places de stationnement en bataille : › longueur : 5 mètres ; › largeur : 2,50 mètres. Cette dimension doit être libre de tout encombrement par des murs ou piliers ".

10. Le projet prévoit la création d'un seul logement d'une superficie totale de 318,33 m² de plancher. La notice architecturale indique que le garage permettra le stationnement de deux véhicules et que deux places de stationnement aériennes seront en outre créées. Quatre places de stationnement étant au total prévues, le moyen tiré de ce que leur nombre serait insuffisant au regard des exigences de l'article 1.8 du règlement du PLUi doit être écarté, ce dernier n'en exigeant en outre que deux par logement pour les terrains situés en zone 2. Par ailleurs, si les requérants soutiennent que les deux places de stationnement créées en extérieur ne seraient pas effectivement utilisables en raison de la largeur trop restreinte du portail d'accès, l'arrêté accordant le permis de construire en litige prescrit dans son article 2 que la largeur de l'accès devra être adaptée afin que deux véhicules puissent se garer sur la parcelle côte à côte. Enfin, le plan de masse indique que les places de stationnement comporteront 5 m de long pour 5 m de large, soit 25 m², et les requérants n'établissent pas que la végétation prévue sur ce plan, notamment les quatre arbres, n'aurait pas la place suffisante pour s'y développer. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 1.8 du règlement du PLUi doit par suite être écarté.

11. En deuxième lieu, aux termes de l'article UM4 du règlement du PLUi : " Règles applicables aux constructions existantes (extensions, annexes) : Pour les projets d'évolution des constructions existantes, le présent règlement prévoit une application plus souple des dispositions réglementaires en matière d'implantation et d'insertion des constructions par rapport à la voie. Quelle que soit la zone, l'ensemble des modèles sont admis. Le projet d'extension doit se rapprocher des règles d'un des modèles afin d'améliorer la conformité de la construction existante avec les dispositions du modèle architectural choisi. Il peut s'implanter selon la même ligne d'implantation que la construction principale ". Le PLUi dispose s'agissant du modèle " Maison sur cour " que la construction principale et les annexes doivent être implantées de telle manière qu'elles dégagent une cour au contact de la voie d'au minimum 15 m² et d'une largeur minimum de 3 mètres ; l'une des façades de la construction principale doit être implantée sur la limite d'emprise de la voie et les décroches de façade sont interdits pour les façades implantées sur la limite d'emprise de la voie. La cour doit être bordée par des bâtiments autres que des garages uniquement sur au moins deux de ses côtés. Les autres côtés de la cour doivent être bordés par des murs. La réalisation d'une seule porte de garage est autorisée sous réserve que deux façades du bâtiment au moins soient implantées sur la limite d'emprise de la voie. Dans le cas contraire l'accès au garage doit se faire par la cour. Les clôtures doivent être constituées soit d'un mur-bahut surmonté d'une grille ouvragée d'une hauteur maximale de 1,80 mètres (), soit d'un mur plein d'une hauteur de 1,20 mètre.

12. D'une part, les requérants ne peuvent pas utilement soutenir que le projet ne correspond pas au modèle " Jardinet à l'avant " dès lors qu'il ressort de la notice architecturale qu'il a été établi sur la base du modèle " Maison sur cour ". D'autre part, le projet prévoit la réalisation d'une extension de la construction principale implantée dans la limite d'emprise de voie, qui ne comporte pas de décrochés, ainsi que le dégagement d'une cour au contact de la voie d'au moins 15 m² et d'une largeur d'au minimum 2,5 mètres. La cour est bordée par des bâtiments autres que des garages sur au moins deux côtés et les autres côtés sont bordés par des murs. Les prescriptions qui limitent les clôtures en mur plein à 1,20 mètre ne sont pas applicables aux clôtures existantes comme celle en l'espèce d'une hauteur de 2 mètres et dont il n'est pas établi qu'elle aurait été construite sans autorisation. La seule circonstance que le projet, qui ne comporte qu'une façade implantée sur la limite d'emprise de la voie, ne prévoit qu'une seule porte de garage sur la façade implantée en limite d'emprise de la voie ne permet pas d'établir que le maire a fait une inexacte application des dispositions de l'article UM4 du PLUi qui prévoit seulement que le projet d'extension doit se rapprocher des règles du modèle " Maison sur cour " en l'espèce afin d'améliorer la conformité de la construction existante avec les dispositions du modèle architectural choisi.

13. En troisième lieu, l'article UM5 du règlement du PLUi relatif au traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et abords des constructions prévoit que : " L'aménagement des terrains doit comprendre une part minimale de surfaces favorables à la nature. Les surfaces favorables à la nature prises en compte par le règlement et leur pondération sont présentées dans le tableau suivant : Type 1 - Espaces verts de pleine terre : 1 () Type 10 - Arbres plantés en pleine terre (hors arbre à port fastigié) : 10 m² par arbre ". Ce même article prévoit un coefficient de biotope de " 20% dont 75% de pleine terre " pour les terrains compris entre 151 et 500 m². Le lexique du règlement du PLUi précise que " le coefficient de biotope se calcule selon la formule suivante : (surface de type 1 x coefficient de pondération type 1) + (surface de type 2 x coefficient de pondération type 2) ++ (surface de type 8 x coefficient de pondération type 8) / Surface de la parcelle ". Le lexique du PLUi précise que : " Un espace non construit peut être qualifié de pleine terre lorsque le sol même est majoritairement constitué de terre végétale et lorsque le substrat assure une bonne fonctionnalité écologique du sol. Cela implique qu'il permet l'infiltration, la filtration, l'oxygénation, divers échanges et peut être support pour la végétation. Les aires de stationnement et leurs accès sont exclus à l'exception de ceux qui font l'objet d'aucune artificialisation ". Il définit par ailleurs les matériaux perméables comme des " Matériaux dont les caractéristiques physiques permettent de reconstituer la fonction du sol de manière pérenne (infiltration, filtration, oxygénation). Ces fonctions naturelles peuvent être conservées par l'aménagement de surfaces de gravillons, de graviers-gazon, des pavés posés sur lit de sable, etc ".

14. Les requérants soutiennent qu'en l'absence de surface perméable sur le terrain d'assiette du projet, le coefficient de biotope ne pourrait être respecté. La notice architecturale et le plan de masse indiquent que le terrain sera engazonné, sur une superficie de 78 m² au Sud de la parcelle et de 7,10 m² dans le patio sur la limite séparative Est et le recours à des graviers sur 25 m² au niveau des places de stationnement, qui doit être pondéré à 0,6 en tant qu'espace traité par des matériaux perméables. Le projet construit sur une parcelle de 321 m² doit prévoir 64,20 m² d'espace favorable à la nature, dont 48,15 m² d'espace de pleine terre. Sans même avoir à prendre en compte le coefficient pondérateur lié aux arbres, le projet comportera ainsi 100 m² d'espace favorable à la nature et 85 m² d'espace de pleine de terre. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UM5 du règlement du PLUi doit par suite être écarté.

15. En quatrième lieu, aux termes de l'article 1.6 des dispositions générales du règlement du PLUi de la communauté d'agglomération de La Rochelle : " Le projet peut être refusé, ou être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales, si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. Les constructions doivent s'intégrer harmonieusement aux lieux avoisinants ainsi qu'aux paysages environnants. Ce principe général concerne aussi bien l'édification de constructions nouvelles que toute intervention sur des bâtiments et des aménagements existants (restauration, transformation, extension). Il en est de même des constructions annexes qui doivent en outre s'intégrer harmonieusement avec la construction principale à laquelle elles se rattachent ".

16. Le terrain d'assiette du projet est situé dans un quartier résidentiel sans intérêt architectural particulier de La Rochelle, à proximité de la digue de Richelieu. Les constructions environnantes sont composées, notamment le long de la rue Louis Blanc, de maisons individuelles récentes en rez-de-chaussée ou R+1 traitées en enduit blanc et toiture en tuile ainsi que d'un immeuble collectif en R+2 qui jouxte le terrain d'assiette du projet. Le projet concerne la réalisation d'un garage en rez-de-chaussée surmonté d'un atelier en R+1 entre la construction existante et la limite de propriété Nord et d'une surélévation de la maison existante qui représentera un plateau couvrant l'ensemble des constructions en R+2. Les façades seront traitées en enduit gratté d'un ton blanc cassé. La surélévation reprendra la toiture existante à deux pentes symétriques en tuiles romanes ton mêlé et l'extension du bâti recevra un toit terrasse végétalisé. Un panneau photovoltaïque sera posé sur le versant Sud de la toiture. Deux terrasses en bois s'appuieront sur la façade Sud du bâti en R+1 et R+2 supportées par des poteaux en zinc, et une pergola en métal et bois couvrira la façade R+2. Toutes les menuiseries seront en aluminium gris. Compte tenu des caractéristiques du projet qui respecte les codes architecturaux des constructions avoisinantes et de l'absence d'intérêt particulier du quartier d'implantation, le maire n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article 1.6 du règlement du PLUi relatif à l'insertion harmonieuse du projet dans son environnement en accordant le permis de construire en litige.

17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. et Mme F, Mme C et Mme D doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

18. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme F, Mme C et Mme D ensemble une somme de 1 000 euros à verser à la commune de La Rochelle et une somme de 1 000 euros à verser à la société L'Eden République au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

19. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de la commune de La Rochelle et de la société L'Eden République, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme F, Mme C et Mme D est rejetée.

Article 2 : M. et Mme F, Mme C et Mme D verseront ensemble une somme de 1 000 euros à la commune de La Rochelle et une somme de 1 000 euros à la société L'Eden République.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme G F, première dénommée, à la commune de La Rochelle et à la SCI L'Eden République.

Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Jarrige, président,

Mme Boutet, première conseillère,

M. Bureau, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.

Le rapporteur,

Signé

M. BOUTET

Le président,

Signé

A. JARRIGE

La greffière,

Signé

G. FAVARD

La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

G. FAVARD

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