lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2202012 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL OCEANIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 16 août 2022, le 27 octobre 2022, le 11 décembre 2022, le 21 février 2023 et le 26 avril 2023, M. et Mme D et B C, représentés par Me Rouché, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de constater qu'il n'y a plus lieu de statuer sur leurs conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du maire de la commune de Lagord (Charente-Maritime) du 24 mars 2022 délivrant un permis de construire à M. et Mme E et A F, de la décision du 22 juin 2022 par laquelle le maire de cette commune a rejeté leur recours gracieux dirigé contre cet arrêté et de l'arrêté du maire de la commune de Lagord du 29 août 2022 délivrant un permis de construire modificatif à M. et Mme F ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Lagord et de M. et Mme F la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que la somme de 369,20 euros au titre des frais d'établissement du procès-verbal de constat du 9 janvier 2023 par un commissaire de justice.
Par des mémoires en défense enregistrés le 11 octobre 2022, le 6 janvier 2023 et le 20 février 2023, la commune de Lagord, représentée par Me Viel, conclut au non-lieu à statuer en ce qui concerne les conclusions des requérants tendant à l'annulation de l'arrêté du 24 mars 2022, de la décision du 22 juin 2022 et de l'arrêté du 29 août 2022 ainsi qu'au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Par des mémoires enregistrés le 30 novembre 2022 et le 30 janvier 2023, M. et Mme F, représentés par Me Thiam, concluent au non-lieu à statuer en ce qui concerne les conclusions des requérants tendant à l'annulation de l'arrêté du 24 mars 2022, de la décision du 22 juin 2022 et de l'arrêté du 29 août 2022 ainsi qu'au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1.Aux termes, de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; / () / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens (). ".
2. Si avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est retiré par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai de recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite de la requête dont il était saisi. Il en va ainsi quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution.
3. Il ressort des pièces du dossier que, par arrêté du 8 février 2023, postérieur à l'introduction de la requête et devenu définitif, le maire de la commune de Lagord a retiré l'arrêté attaqué du 24 mars 2022 délivrant un permis de construire à M. et Mme E et A F et que ce permis de construire n'a reçu aucun commencement d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. et Mme C sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
4. Il a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge, ensemble, de la commune de Lagord ainsi que de M. et Mme F, la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. et Mme C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
5. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier, que M. et Mme C ont fait réaliser un constat d'huissier de justice pour un montant de 369,20 euros et que ce constat étant utile à la solution du litige, les frais correspondants doivent également être mis à la charge de la commune de Lagord ainsi que de M. et Mme F.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. et Mme C.
Article 2 : La commune de Lagord ainsi que M. et Mme F verseront, ensemble, à M. et Mme C, la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La commune de Lagord ainsi que M. et Mme F verseront, ensemble, à M. et Mme C la somme de de 369,20 euros au titre des dépens.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme D et B C, à la commune de Lagord et à M. et Mme E et A F.
Fait à Poitiers, le 30 septembre 2024
Le président de la 1ère chambre,
signé
L. CAMPOY
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
signé
D. GERVIER
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