jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2202180 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | FEYDEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 septembre 2022 et 30 novembre 2023, la société Free Mobile, représentée par Me Martin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 juillet 2022 par lequel le maire de Breuil-Magné s'est opposé à sa déclaration préalable de travaux en vue de la construction d'une station relais de téléphonie mobile sur le territoire de la commune ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Breuil-Magné de lui délivrer une décision de non-opposition dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Breuil-Magné la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision litigieuse est entachée d'une erreur de droit, dès lors que la construction d'antennes-relais de téléphonie mobile n'est soumise, quelle que soit leur hauteur, qu'à déclaration préalable en application du j) de l'article R. 421-9 du code de l'urbanisme lorsque leur emprise au sol est inférieure à 20 mètres carrés ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que les règles d'implantation par rapport aux limites séparatives en secteur Ux ne sont applicables qu'aux seuls bâtiments ;
- aucun des motifs dont la substitution est demandée n'est fondé et de nature à justifier la décision litigieuse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 novembre 2023, la commune de Breuil-Magné, représentée par Me Andrault, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société Free Mobile au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les moyens invoqués dans la requête sont infondés ;
- elle est fondée à demander une substitution de motifs, dès lors que :
- le dossier déposé était insuffisant au regard des dispositions des articles R. 431-36 et R. 431-10 du code de l'urbanisme : les pièces produites ne permettent pas d'apprécier le projet par rapport aux espaces naturels environnants ; le dossier ne comporte pas le justificatif de dépôt de la demande d'autorisation prévue par l'article R. 244-1 du code de l'aviation civile et l'article R. 431-36 d) du code de l'urbanisme ; les informations produites dans le dossier d'incidence Natura 2000 sont erronées ;
- la société Free Mobile n'a respecté ni l'obligation d'information préalable du maire et des habitants de la commune prévue par l'article L. 34-9-1 du code des postes et des communications électroniques, ni l'article D. 98-6-1 du même code qui préconise de privilégier les solutions de partage avec un pylône existant, alors qu'il y a une antenne SFR à proximité ;
- le projet porte atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants et méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ; il se situe à proximité d'espaces faisant l'objet de diverses protections ;
- le projet méconnaît les articles 2, 3.2, 3.3, 4, 5 et 7 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ainsi que les objectifs de préservation et valorisation du patrimoine naturel du projet d'aménagement et de développement durables.
Par un courrier enregistré le 28 mars 2023, M. A B, représenté par Me Feydeau, demeurant à proximité du terrain d'assiette du projet litigieux, a informé le tribunal de son intention de déposer un mémoire en intervention en défense, mais n'a pas ultérieurement produit d'observations. Par un courrier enregistré le 22 décembre 2023, M. B a informé le tribunal qu'il entendait se désister de son intervention.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des postes et des communications électroniques ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dumont,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- les observations de Me Andrault, représentant la commune de Breuil-Magné.
Considérant ce qui suit :
1. La société Free Mobile a déposé, le 13 juin 2022, à la mairie de la commune de Breuil-Magné, une déclaration préalable de travaux en vue de l'installation sur une parcelle cadastrée section AI n° 84 d'une station relais de téléphonie mobile composée notamment d'un pylône d'une hauteur de 37,35 mètres accueillant plusieurs antennes. Par un arrêté du 8 juillet 2022, le maire de Breuil-Magné s'est opposé à cette déclaration préalable de travaux. Par une ordonnance n° 2202157 en date du 28 octobre 2022, le juge des référés du tribunal administratif de Poitiers a suspendu cet arrêté. Par la présente requête, la société Free Mobile demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur l'intervention volontaire en défense :
2. Par un courrier enregistré le 22 décembre 2023, M. B a informé le tribunal qu'il entendait se désister de son intervention volontaire. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les motifs de l'arrêté attaqué :
3. Pour motiver son opposition à la déclaration préalable de la société Free Mobile, le maire de Breuil-Magné a estimé que le projet de construction était, compte tenu de sa hauteur de 37,35 mètres, soumis à permis de construire en application du a) de l'article R. 421-9 du code de l'urbanisme et que l'implantation du pylône à 1,25 mètres de la limite séparative ne respectait pas les règles d'implantation prévues par le règlement du plan local d'urbanisme en zone Ux.
4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-9 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction issue du décret du 10 décembre 2018 relatif à l'extension du régime de la déclaration préalable aux projets d'installation d'antennes-relais de radiotéléphonie mobile et à leurs locaux ou installations techniques au titre du code de l'urbanisme : " En dehors du périmètre des sites patrimoniaux remarquables, des abords des monuments historiques et des sites classés ou en instance de classement, les constructions nouvelles suivantes doivent être précédées d'une déclaration préalable, à l'exception des cas mentionnés à la sous-section 2 ci-dessus : / () c) Les constructions répondant aux critères cumulatifs suivants : / - une hauteur au-dessus du sol supérieure à douze mètres ; / - une emprise au sol inférieure ou égale à cinq mètres carrés ; / - une surface de plancher inférieure ou égale à cinq mètres carrés. / Toutefois, ces dispositions ne sont applicables ni aux éoliennes, ni aux ouvrages de production d'électricité à partir de l'énergie solaire installés au sol, ni aux antennes-relais de radiotéléphonie mobile ; () / j) Les antennes-relais de radiotéléphonie mobile et leurs systèmes d'accroche, quelle que soit leur hauteur, et les locaux ou installations techniques nécessaires à leur fonctionnement dès lors que ces locaux ou installations techniques ont une surface de plancher et une emprise au sol supérieures à 5 m² et inférieures ou égales à 20 m² ".
5. Il résulte de ces dispositions qu'est soumise à la procédure de déclaration préalable la construction d'antennes-relais de radiotéléphonie mobile, de leurs systèmes d'accroche, et des locaux ou installations techniques nécessaires à leur fonctionnement lorsque, quelle que soit la hauteur de l'antenne, la surface de plancher et l'emprise au sol créées sont supérieures à 5 mètres carrés et inférieure ou égale à 20 mètres carrés.
6. Il ressort des pièces du dossier que l'installation en cause comprend un pylône métallique d'une hauteur d'environ 37 mètres et des modules techniques gris à créer au sol d'une superficie inférieure à 20 mètres carrés. Dès lors, au vu de ces caractéristiques, et contrairement à ce que soutient la commune, la construction nouvelle est soumise à la procédure de déclaration préalable et non à la délivrance d'un permis de construire. Par suite, la société requérante est fondée à soutenir que la commune de Breuil-Magné a entaché son arrêté d'une erreur de droit.
7. En second lieu, aux termes de l'article 2.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Breuil-Magné, s'agissant de la zone Ux où est situé le projet : " Les constructions peuvent s'implanter en limite(s) séparative(s) pour tout ou partie au nu du mur de façade. Lorsque le bâtiment à construire ne jouxte pas une limite séparative, il doit respecter un recul minimal de 4 mètres ".
8. Il résulte de ces dispositions que la construction d'un bâtiment en secteur Ux du plan local d'urbanisme est autorisée en recul d'au moins quatre mètres des limites séparatives. En formulant cette règle, les auteurs du règlement du plan local d'urbanisme doivent être regardés comme ayant entendu en limiter l'application aux seuls bâtiments, lesquels s'entendent d'une construction couverte et close. L'installation en litige, constituée d'un pylône en treillis accueillant des antennes, ne saurait donc être regardée comme un bâtiment au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article 2.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Breuil-Magné. Par suite, la société requérante est fondée à soutenir que la commune de Breuil-Magné a entaché son arrêté d'une erreur de droit.
9. Il résulte de ce qui précède qu'aucun des motifs mentionnés dans l'arrêté en litige n'est de nature à justifier le refus opposé à la déclaration préalable de la société Free Mobile.
En ce qui concerne la demande de substitution de motifs :
10. L'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
11. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la déclaration comprend : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; / c) Une représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées et si le projet a pour effet de modifier celui-ci ; / d) Le justificatif de dépôt de la demande d'autorisation prévue à l'article R. 244-1 du code de l'aviation civile lorsque le projet porte sur une construction susceptible, en raison de son emplacement et de sa hauteur, de constituer un obstacle à la navigation aérienne. / Il est complété, s'il y a lieu, par les documents mentionnés aux a et b de l'article R. 431-10, à l'article R. 431-14, aux a, b, c, g et q de l'article R. 431-16 et aux articles R. 431-18, R. 431-18-1, R. 431-21, R. 431-23-2, R. 431-25, R. 431-31 à R. 431-33 et R. 431-34-1. / Ces pièces sont fournies sous l'entière responsabilité des demandeurs. / Lorsque la déclaration porte sur un projet de création ou de modification d'une construction et que ce projet est visible depuis l'espace public ou que ce projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, le dossier comprend également les documents mentionnés aux c et d de l'article R. 431-10. / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ".
12. La circonstance que le dossier de déclaration préalable ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité la décision ne s'opposant pas à cette déclaration que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
13. D'une part, la société Free Mobile a fourni trois photographies de l'environnement en l'état existant et trois photographies de cet environnement avec une insertion de l'antenne-relais, qui ont permis au service instructeur d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement. D'autre part, la commune ne peut utilement soutenir que la société Free Mobile n'a pas produit le justificatif de dépôt de la demande d'autorisation prévue à l'article R. 244-1 du code de l'aviation civile, dès lors que la hauteur du projet en un point quelconque ne sera pas supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau du sol ou de l'eau. Enfin, si le dossier d'évaluation des incidences sur la zone " Natura 2000 " mentionne une emprise de 7,80 mètres carrés, cette circonstance n'est pas de nature à avoir faussé l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable, alors qu'au demeurant il ressort de cette évaluation que " le site étant éloigné des marais, aucun impact n'est envisagé ". Par suite, le dossier déposé ne peut être regardé comme méconnaissant les dispositions des articles R. 431-36 et R. 431-10 du code de l'urbanisme.
14. En deuxième lieu, il n'appartient pas à l'autorité en charge de la délivrance des autorisations d'urbanisme de veiller au respect de la réglementation des postes et communications électroniques, qui est sans application dans le cadre de l'instruction des déclarations ou demandes d'autorisation d'urbanisme. Dès lors, la commune de Breuil-Magné ne peut utilement se prévaloir d'une méconnaissance des dispositions des articles L. 34-9-1 et D. 98-6-1 du code des postes et des communications électroniques, qui relèvent d'une législation distincte non opposable à la déclaration préalable de la société Free Mobile.
15. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".
16. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il appartient au juge d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Les dispositions de cet article excluent qu'il soit procédé, dans le second temps du raisonnement, pour apprécier la légalité des permis de construire, à une balance d'intérêts divers en présence.
17. Pour justifier de la qualité du site d'implantation du projet de la société Free Mobile, la commune de Breuil-Magné se prévaut de sa proximité avec une zone Natura 2000, des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type I et II, ainsi qu'une zone humide. Toutefois, la commune se borne à soutenir que la construction d'une antenne de téléphonie mobile à proximité de ces espaces porterait " atteinte au paysage naturel environnant " sans apporter le moindre élément justifiant ses allégations. Dès lors, la commune de Breuil-Magné n'établit pas que la seule proximité du projet nuirait à la protection de ces sites. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce que fait valoir la commune, le projet d'antenne a fait l'objet d'un traitement particulier en vue de son insertion dans le paysage compte tenu de la couleur " gris galvanisé " du pylône, construit avec un effet treillis, qui contribue à réduire son impact visuel, au demeurant faible dès lors qu'il s'implante dans une zone artisanale composée de bâtiments commerciaux, d'entrepôts et de parkings. Par suite, le projet litigieux ne peut être regardé comme portant atteinte à l'intérêt des lieux avoisinants au sens des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
18. En quatrième lieu, la commune de Breuil-Magné ne peut utilement faire valoir que le projet méconnaît les dispositions de l'article 2 du règlement du plan local d'urbanisme limitant la hauteur des constructions, dès lors qu'il ressort du même article que cette " norme ne s'applique pas aux équipements techniques inhérents aux activités autorisées dans le secteur (cheminées et autres superstructures à caractère technique), ainsi qu'à certaines constructions et installations spécifiques ".
19. En cinquième lieu, si la commune fait valoir que le projet méconnait les règles d'aspect extérieur et d'intégration harmonieuse des constructions au sens de l'article 3.2 du règlement de son PLU, il ressort du point 17 du présent jugement que le traitement particulier de l'antenne contribue à réduire son impact visuel, au demeurant faible s'agissant d'une zone artisanale. Par suite, ce motif ne peut être accueilli.
20. En sixième lieu, si la commune fait valoir que le projet méconnait les règles concernant les clôtures au sens de l'article 3.3 du règlement de son PLU, il ressort des pièces du dossier que le projet comporte une clôture en grillage métallique vert foncé d'une hauteur de 2 mètres, implantée en limite séparative. Par suite, ce motif ne peut être accueilli.
21. En septième lieu, si la commune fait valoir que le projet ne respecte pas le seuil de 10% de surfaces non imperméabilisées sur la parcelle, exigé en zone Ux par le point 1 de l'article 4 du règlement du PLU, il ressort des pièces du dossier que la parcelle litigieuse fait plus de 1 000 mètres carrés alors que le projet a une emprise de 15 mètres carrés. Par suite, ce motif ne peut être accueilli.
22. En huitième lieu, si la commune fait valoir que le projet méconnait les règles concernant le stationnement au sens de l'article 5 du règlement de son PLU, il ressort des pièces du dossier que la parcelle litigieuse permettra le stationnement des véhicules, lequel sera nécessairement ponctuel compte tenu de la nature du projet. Par suite, ce motif ne peut être accueilli.
23. En neuvième lieu, si la commune fait valoir que le projet méconnaît les dispositions de l'article 7 du règlement du PLU relatif aux réseaux divers, elle n'assortit pas son moyen des précisions nécessaires pour en apprécier son bien-fondé. Par suite, ce motif ne peut être accueilli.
24. En dixième et dernier lieu, si la commune fait valoir que le projet contrevient aux objectifs de préservation et valorisation du patrimoine naturel du projet d'aménagement et de développement durables, il ressort du point 17 du présent jugement que le traitement particulier de l'antenne contribue à réduire son impact visuel, au demeurant faible s'agissant d'une zone artisanale. Par suite, ce motif ne peut être accueilli.
25. Il résulte de tout ce qui précède que la société Free Mobile est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 8 juillet 2022.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
26. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée qui, eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme, demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, soit que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.
27. Eu égard aux motifs qui la fonde, l'annulation de l'arrêté du 8 juillet 2022 implique nécessairement, compte tenu de l'absence de changements de circonstances de droit ou de fait y faisant obstacle, que le maire de Breuil-Magné prenne une décision de non opposition à la déclaration préalable déposée par la société Free Mobile, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
28. Il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Breuil-Magné la somme de 1 500 euros à verser à la société Free Mobile en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Free Mobile, qui n'est pas la partie perdante, la somme que la commune demande au titre des frais qu'elle a engagés dans l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de M. B.
Article 2 : L'arrêté du maire de Breuil-Magné du 8 juillet 2022 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au maire de la commune de Breuil-Magné de prendre une décision de non-opposition aux travaux déclarés par la société Free Mobile dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : La commune de Breuil-Magné versera à la société Free Mobile la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Breuil-Magné sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société Free Mobile, à la commune de Breuil-Magné et à M. A B.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Bris, présidente,
Mme Dumont, première conseillère,
Mme Balsan-Jossa, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
G. DUMONT
La présidente,
signé
I. LE BRIS
La greffière,
signé
N. COLLET
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
signé
S. GAGNAIRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026