mardi 10 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2202320 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL VALETTE-BERTHELSEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Noureau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 14 avril 2022 par laquelle le conseil municipal de Saint- Palais-sur-Mer (Charente-Maritime) a approuvé le plan local d'urbanisme (PLU) de la commune, ainsi que la décision du 22 juillet 2022 rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Palais-sur-Mer une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est établi ni que les conseillers municipaux ont reçu, dans le délai de cinq jours francs avant la séance du conseil municipal du 14 avril 2022, la note de synthèse prévue à l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales, ni qu'il leur a été délivré une information adéquate pour qu'ils exercent utilement leur mandat ;
- le classement en zone naturelle des parcelles cadastrées section AS nos 29, 41, 42 et 43 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 décembre 2022, la commune de Saint- Palais- sur-Mer, représentée par Me Valette-Berthelsen, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Henry,
- les conclusions de M. Pipart, rapporteur public,
- et les observations de Me Noureau, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B demande l'annulation de la délibération du 14 avril 2022 par laquelle le conseil municipal de Saint-Palais-sur-Mer (Charente-Maritime) a approuvé le plan local d'urbanisme (PLU) de la commune, ainsi que de la décision du 22 juillet 2022 par laquelle le maire a rejeté son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. Aux termes de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales : " Toute convocation est faite par le maire. () Elle est transmise de manière dématérialisée () ". Selon l'article L. 2121-12 de ce code : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal () Le délai de convocation est fixé à cinq jours francs. () ". Il résulte de ces dernières dispositions que, dans les communes de 3 500 habitants et plus, la convocation aux réunions du conseil municipal doit être accompagnée d'une note explicative de synthèse portant sur chacun des points de l'ordre du jour. Le défaut d'envoi de cette note ou son insuffisance entache d'irrégularité les délibérations prises, à moins que le maire n'ait fait parvenir aux membres du conseil municipal, en même temps que la convocation, les documents leur permettant de disposer d'une information adéquate pour exercer utilement leur mandat. Cette obligation, qui doit être adaptée à la nature et à l'importance des affaires, doit permettre aux intéressés d'appréhender le contexte ainsi que de comprendre les motifs de fait et de droit des mesures envisagées et de mesurer les implications de leurs décisions. Elle n'impose pas de joindre à la convocation adressée aux intéressés, à qui il est au demeurant loisible de solliciter des précisions ou explications conformément à l'article L. 2121-13 du même code, une justification détaillée du bien-fondé des propositions qui leur sont soumises.
3. Il ressort des pièces du dossier qu'une note explicative de synthèse relative à l'examen du projet de délibération portant approbation de la révision du PLU de la commune était annexée à la convocation, datée du 7 avril 2022, adressée aux membres du conseil municipal en vue de la séance du 14 avril 2022 et que ces éléments ont été remis aux conseillers municipaux au plus tard le 8 avril 2022, date à laquelle les documents relatifs à cette séance leur ont été transmis par voie dématérialisée, soit cinq jours francs avant la séance. Cette note rappelait les différentes étapes d'élaboration du plan et était accompagnée d'une annexe n° 2 exposant les modifications apportées au projet de plan arrêté par le conseil municipal le 29 juillet 2021 résultant soit des avis des personnes associées et consultées, soit des résultats de l'enquête publique, ainsi que les préconisations issues de ces avis et de l'enquête qu'il était proposé de ne pas retenir. Cette annexe exposait également les dispositions prises pour lever les réserves du commissaire enquêteur et répondre à ses recommandations. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
4. Aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. ". Aux termes de l'article R. 151-24 du même code : " Les zones naturelles et forestières sont dites "zones N". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues. ". Il appartient aux auteurs d'un PLU de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait fondée sur des faits matériellement inexacts ou entachée d'une erreur manifeste ou d'un détournement de pouvoir.
5. Les parcelles cadastrées section AS nos 29, 41, 42 et 43, d'une contenance totale de 6 868 m², classées en zone à urbaniser par le précédent PLU, ont été classées en secteur Nl (secteur de la zone N dédié aux activités de sports et de loisir) par le nouveau plan. Toutefois, si elles sont proches du terrain de sport situé au nord, elles sont en dehors et à bonne distance de l'emprise de l'emplacement réservé délimité en vue de la création d'une plaine des sports, situé bien plus au nord-est. Par ailleurs, il ressort du rapport de présentation du PLU que les parcelles en cause ne revêtent aucun intérêt esthétique, historique ou écologique particulier, au sens du 1° de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme. Leur simple proximité avec la zone de risque R4 (" zone naturelle soumise à l'aléa feu de forêt fort ou faible ") du plan de prévention des risques naturels (PPRN) de la Presqu'île d'Arvert ne saurait davantage, sauf appréciation manifestement erronée, suffire à justifier un classement en zone N sur le fondement des dispositions du 5° de cet article et il est constant que ces parcelles ne relèvent pas des motifs de classement en zone N prévus aux 2° et 4° du même article. Enfin, dans leur partie sud, ces mêmes parcelles forment un compartiment d'environ 4 000 m² entouré, à l'ouest, au sud et à l'est, par des secteurs urbanisés classés comme tels par le PLU approuvé le 14 avril 2022. Si ce compartiment jouxte, au nord, une vaste zone boisée, il en est clairement distinct, dans la mesure où il n'est pas lui-même boisé, comme en témoigne le fait qu'il est hors de la zone de risque R4 délimitée par le PPRN. Dès lors, les auteurs du PLU ne pouvaient, sans commettre d'erreur manifeste, regarder ces parcelles comme relevant, dans leur entièreté, d'espaces naturels au sens du 3° de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, en classant les parcelles cadastrées section AS nos 29, 41, 42 et 43 en zone N, le conseil municipal de Saint-Palais-sur-Mer a fait une application manifestement erronée des dispositions citées au point précédent.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que le requérant est fondé à demander l'annulation de la délibération du 14 avril 2022 par laquelle le conseil municipal de Saint-Palais-sur-Mer a approuvé le PLU de la commune, mais seulement en tant que ce plan classe les parcelles AS nos 29, 41, 42 et 43 en zone N. Par suite, il est également fondé à demander, dans cette mesure, l'annulation de la décision du 22 juillet 2022 rejetant son recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Saint-Palais-sur-Mer demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune une somme de 1 300 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens
D E C I D E :
Article 1er : Sont annulées la délibération du 14 avril 2022 par laquelle le conseil municipal de Saint-Palais-sur-Mer a approuvé le PLU de la commune, en tant que ce plan classe les parcelles cadastrées section AS nos 29, 41, 42 et 43 en zone N, ainsi que, dans cette mesure, la décision du 22 juillet 2022 par laquelle le maire a rejeté le recours gracieux de M. B.
Article 2 : La commune de Saint-Palais-sur-Mer versera à M. B une somme de 1 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête et les conclusions présentées par la commune de Saint-Palais-sur-Mer sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Saint- Palais- sur-Mer.
Délibéré après l'audience du 26 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
M. Henry, premier conseiller,
M. Raveneau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 décembre 2024.
Le rapporteur,
signé
B. HENRY
Le président,
signé
L. CAMPOYLa greffière,
signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026