mardi 28 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2202402 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCPA BREILLAT-DIEUMEGARD-MASSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 septembre 2022, M. B E, représenté par la SCP d'avocats Breillat-Dieumegard-Masson, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 29 juillet 2022 par lequel le préfet de la Vienne lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour ainsi que la délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloignée à l'expiration de ce délai ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vienne, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, de réexaminer sa demande dans le même délai et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles 35 et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ou, si l'aide juridictionnelle ne lui est pas accordée, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
- la procédure de consultation de l'Office français de l'immigration de l'intégration (OFII) est irrégulière ;
- la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour est insuffisamment motivée et souffre d'un défaut d'examen de sa situation particulière ; elle méconnait les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations des articles 2, 3, 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle est entachée d'erreur d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision portant refus de délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle méconnait les dispositions du 2° de l'article L. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ; elle méconnaît les stipulations des articles 2, 3, 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions du 9° de l'article L.611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision fixant le pays de destination n'est pas suffisamment motivée ; elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 février 2023, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête, ou, à défaut, demande au tribunal d'ordonner, sur le fondement de l'article R. 621-1 du code de justice administrative, une expertise préalable permettant d'apprécier la situation médicale de l'intéressé au regard des éléments transmis au tribunal.
Il soutient que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- et les observations de Me Ago Simmala, représentant M. E.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant géorgien né le 21 mai 1998, est entré en France le 19 juin 2018 accompagné de sa mère. Le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile par une décision du 12 octobre 2018, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 15 mars 2019. Son admission au séjour en qualité d'étranger malade a été rejetée par le préfet de la Vienne le 13 septembre 2019. Un jugement du tribunal administratif de Poitiers du 12 novembre 2019 ayant annulé cette décision, le préfet de la Vienne lui a délivré une carte de séjour temporaire d'un an renouvelée une fois jusqu'au 12 septembre 2021. Le 19 août 2021, M. E a sollicité le renouvellement de son titre de séjour et a déposé une demande de carte de séjour pluriannuelle sur le fondement de son état de santé. Par un arrêté du 29 juillet 2022, le préfet de la Vienne a rejeté ces demandes, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d'être éloigné à l'expiration de ce délai. M. E demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté attaqué dans son ensemble :
2. Par un arrêté du 12 juillet 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, la secrétaire générale de la préfecture de la Vienne et, en cas d'absence ou d'empêchement, la directrice de cabinet du préfet de la Vienne, ont reçu délégation du préfet de ce département à l'effet de signer les décisions prises en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la directrice de cabinet du préfet de la Vienne pour signer l'arrêté attaqué manque en fait.
En ce qui concerne le refus de titre de séjour en qualité d'étranger malade :
3. En premier lieu, la décision attaquée mentionne les textes applicables à la situation du requérant, notamment, les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle expose les éléments de fait relatifs à la situation de M. E sur lesquels elle se fonde et, en particulier, ses conditions d'entrée et de séjour, son état de santé ainsi que différents éléments relatifs à sa situation personnelle et familiale et expose les raisons pour lesquelles le renouvellement de son titre de séjour a été rejeté. Le refus de titre de séjour contesté est, par suite, suffisamment motivé.
4. En deuxième lieu, il ressort de cette motivation que cette décision a été prise après un examen approfondi de la situation personnelle de M. E.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. ".
6. Il ressort des pièces du dossier que l'avis du collège de médecins de l'OFII rendu le 16 septembre 2021 émane d'une formation collégiale de trois médecins nominativement désignés et que le médecin rapporteur, dont l'identité est précisée, n'y a pas siégé. Le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure manque donc en fait.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".
8. D'une part, il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance d'un titre de séjour à un étranger qui en fait la demande sur le fondement des dispositions précitées, de vérifier, au vu de l'avis émis par le collège de médecins mentionné à l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que cette décision ne peut avoir de conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'intéressé et, en particulier, d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé du demandeur, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans le pays d'origine de l'étranger concerné.
9. D'autre part, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de de l'Office français de l'immigration de l'intégration (OFII) venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
10. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment des certificats du docteur A en date du 10 août 2022 et du docteur C en date du 16 septembre 2022 que M. E souffre de la maladie de Little et présente une tétraplégie spastique dans les suites d'une paralysie cérébrale, prédominant aux membres inférieurs et au membre supérieur gauche nécessitant des soins de kinésithérapie réguliers et de long terme ainsi que d'un traitement médicamenteux par baclofène 10 mg et injections de toxine botulinique dont l'absence pourrait conduire à une rétraction tendineuse des quatre membres, source de fortes douleurs et de limitation d'autonomie.
11. A l'effet de contester l'avis du collège des médecins de l'OFII en date du 16 septembre 2021 selon lequel son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé en Géorgie, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, M. E produit des attestations établies par l'agence de régulation des activités pharmaceutiques et médicales de Géorgie en date du 16 août 2022 et la polyclinique Evex, qui le suivait lorsqu'il était enfant, en date du 8 août 2022, pour soutenir que ces traitements médicamenteux ne sont pas disponibles en Géorgie et que les soins de kinésithérapie pour la pathologie dont il souffre ne sont pas accessibles aux personnes majeures.
12. Il ressort toutefois du courrier du ministère de la santé géorgien du 4 février 2021 que la toxine botulique et le baclofène sont disponibles sur le marché pharmaceutique géorgien. Si ce dernier médicament ne figure pas sur la liste des médicaments pris en charge par l'état géorgien comme le mentionne le courrier du 10 août 2021 de ce même ministère, cet élément ne suffit pas à démontrer que le requérant ne pourrait y avoir accès, alors au demeurant qu'il pourra bénéficier pour partie d'une prise en charge du coût de ce traitement par l'Etat français dans le cadre du retour médicalisé proposé aux ressortissants géorgien rentrant dans leur pays d'origine. Enfin, la circonstance que la maison départementale des personnes handicapées de la Vienne ait estimé que le taux d'incapacité de l'intéressé était supérieur ou égal à 80% ne remet pas en cause la possibilité d'accéder effectivement aux soins adaptés en Géorgie. Dans ces conditions, le préfet n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni entaché sa décision d'une erreur d'appréciation sur la situation de l'intéressé en lui refusant un titre de séjour en qualité d'étranger malade.
13. En dernier lieu, le moyen tiré de ce que le refus de séjour contesté méconnaitrait les stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre d'une décision portant refus de titre de séjour qui, par elle-même, n'implique pas le retour de l'intéressé dans son pays d'origine. Le préfet n'a pas non plus méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que le requérant ne justifie pas de ses conditions d'intégration personnelle et professionnelle en France et qu'en cas d'éloignement, il ne sera pas séparé de sa mère, qui représente sa seule famille en France et qui fait également l'objet d'une mesure d'éloignement concomitante. Enfin, M. E n'établit pas l'existence d'une discrimination à raison de son état de santé. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit également être écarté.
En ce qui concerne le refus de délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle :
14. Aux termes de l'article L.433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Au terme d'une première année de séjour régulier en France accompli au titre d'un visa de long séjour tel que défini au 2° de l'article L. 411-1 ou, sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 433-5, d'une carte de séjour temporaire, l'étranger bénéficie, à sa demande, d'une carte de séjour pluriannuelle dès lors que : / 1° Il justifie de son assiduité, sous réserve de circonstances exceptionnelles, et du sérieux de sa participation aux formations prescrites par l'Etat dans le cadre du contrat d'intégration républicaine conclu en application de l'article L. 413-2 et n'a pas manifesté de rejet des valeurs essentielles de la société française et de la République ; / 2° Il continue de remplir les conditions de délivrance de la carte de séjour temporaire dont il était précédemment titulaire. La carte de séjour pluriannuelle porte la même mention que la carte de séjour temporaire dont il était précédemment titulaire. L'étranger bénéficie, à sa demande, du renouvellement de cette carte de séjour pluriannuelle s'il continue de remplir les conditions de délivrance de la carte de séjour temporaire dont il été précédemment titulaire. "
15. Il ressort des pièces du dossier que M. E ne remplit aucune des deux conditions exigées par les dispositions de l'article L.433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point précédent. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet a commis une erreur de droit en refusant de lui délivrer un titre de séjour pluriannuel.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
16. En premier lieu, dès lors que l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour n'est pas établie, le moyen tiré de ce que la décision obligeant M. E à quitter le territoire français devrait, par voie de conséquence, être annulée, doit être écarté.
17. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".
18. Il ressort de ce qui a été dit au point 12 que si l'état de santé de M. E nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut néanmoins bénéficier d'un traitement adapté dans son pays d'origine vers lequel il peut voyager sans risque. Par suite, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile cité au point précédent. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, en tout état de cause, être écarté.
19. Enfin, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 13, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations des articles 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne le pays de destination :
20. En premier lieu, la décision attaquée vise les textes applicables à la situation du requérant, notamment, l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et mentionne que M. E a vécu jusqu'à l'âge de 20 ans dans son pays d'origine, la Géorgie et qu'il n'établit pas y être exposé à des peines ou traitements dégradants contraires à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle est, par suite, suffisamment motivée.
21. En second lieu, le requérant, dont la demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA et la CNDA, n'apporte aucun élément indiquant qu'il risquerait d'être exposé à des traitements inhumains ou dégradants, contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit être écarté.
22. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. E doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à M. B E et au préfet de la Vienne.
Délibéré après l'audience du 7 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Pipart, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2023.
Le rapporteur,
Signé
Y. D
Le président,
Signé
L. CAMPOYLa greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef par intérim,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026