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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2202440

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2202440

lundi 6 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2202440
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantNOEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et un mémoire enregistrés le 30 septembre 2022 et le 15 septembre 2023, dans l'instance n°2202440, Mme D E, représentée par Me Noël, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 24 mai 2022 de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) en tant qu'elle a refusé de lui octroyer une rente d'invalidité, ainsi que la décision du 8 août 2022 par laquelle le recours gracieux qu'elle a formé à l'encontre de cette décision a été rejeté ;

2°) d'enjoindre à la CNRACL de lui accorder une rente d'invalidité, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la CNRACL la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

-les décisions attaquées ont été prises par des autorités incompétentes ;

-elles ne sont pas suffisamment motivées ;

-elles sont entachées d'une erreur d'appréciation dès lors que la pathologie dont elle souffre a été reconnue imputable au service en ce qu'elle présente un lien direct avec l'exercice de ces fonctions de secrétaire de mairie.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 mars 2023, la CNRACL conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.

II. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 septembre 2022 et le 14 septembre 2023, dans l'instance n°2202441, Mme D E, représentée par Me Noël, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 3 mai 2022 du maire de la commune de Saint-Aubin Le Cloud en tant qu'il l'a admise à la retraite pour invalidité non imputable à ses fonctions, ainsi que la décision du 31 août 2022 par laquelle le recours gracieux qu'elle a formé à l'encontre de cet arrêté a été rejeté ;

2°) d'enjoindre à la commune de Saint-Aubin Le Cloud de l'admettre à la retraite pour invalidité imputable au service dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Aubin Le Cloud la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté et la décision attaqués sont insuffisamment motivés ;

- l'arrêté attaqué a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que la commission de réforme n'a pas été saisie par la commune pour rendre un avis sur l'imputabilité au service de sa mise à la retraite anticipée pour inaptitude, en méconnaissance de l'article 31 du décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale des retraites des agents des collectivités locales ;

- les deux actes contestés méconnaissent les article 36 et 37 du décret du 26 décembre 2003 précité, ainsi que les article L. 27 et L. 28 du code des pensions civiles et militaires des retraites, en refusant de lui octroyer une mise à la retraite pour invalidité imputable au service, alors que la commune a reconnu l'imputabilité au service de sa pathologie depuis le 1er août 2019 ;

- ils révèlent une erreur d'appréciation de sa situation, sa mise à la retraite pour invalidité découlant de son inaptitude absolue et définitive à toutes fonctions, elle-même résultant directement de sa maladie reconnue imputable à ses conditions de travail.

Par des mémoires en défense enregistré les 7 avril 2023 et 27 novembre 2023, la commune de Saint-Aubin Le Cloud, représentée par la SCP Equitalia Avocats, conclut au rejet de la requête, et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme E en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle était en situation de compétence liée pour prendre l'arrêté contesté ;

- en tout état de cause, les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code des pensions civiles et militaires des retraites ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Gibson-Théry,

- les conclusions de Mme Bréjeon, rapporteure publique,

- et les observations de Me Noël, représentant Mme E.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n°s 2202440 et 2202441 introduites par Mme E concernent une même requérante et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. Mme E a occupé le poste de secrétaire de mairie, en qualité d'adjointe administrative territoriale principale de première classe au sein de la commune de Saint-Aubin Le Cloud, du 1er juin 1996 au 1er juillet 2022, date à laquelle elle a été mise à la retraite pour invalidité. Elle a auparavant été placée en arrêt de travail à compter du 5 juillet 2019, et a demandé la reconnaissance de l'imputabilité au service de son état anxiodépressif à compter du 6 juillet 2019. Une expertise médicale a été réalisée le 20 novembre 2019. Le médecin expert agréé missionné pour l'effectuer a rendu son rapport le 7 janvier 2020. Il a conclu à l'imputabilité au service de l'épuisement professionnel de Mme E, laquelle a été placée en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 6 juillet 2019, à titre provisoire, par un arrêté du maire de la commune du 10 avril 2020. La commission départementale de réforme a rendu le 2 juin 2020 un avis favorable à cette imputabilité, et considéré que le taux d'incapacité permanente partielle de Mme E s'établissait à 25 %. Un autre médecin psychiatre s'est prononcé le 9 mars 2021 sur la situation de Mme E, après avoir effectué une nouvelle expertise, en considérant que ses arrêts maladie depuis le 27 juillet 2020 relevaient de la maladie professionnelle née le 6 juillet 2019, et qu'elle était inapte temporairement à reprendre son activité professionnelle pour une durée minimale de six mois. Par un courrier du 16 novembre 2021 adressé au maire de la commune, Mme E a sollicité son départ à la retraite à compter du 1er juin 2022. Lors de sa séance du 26 janvier 2022, le comité médical a rendu un avis d'inaptitude définitive et absolue à toutes fonctions de l'intéressée et s'est prononcé en faveur de l'engagement d'une procédure de retraite pour invalidité. Par son avis du 1er mars 2022, la commission départementale de réforme a rendu un avis favorable à la mise à la retraite pour invalidité de Mme E compte tenu de son inaptitude totale et définitive à toutes fonctions, et a fixé son taux d'incapacité permanente à 25 %, après consolidation au 13 décembre 2021. Par un arrêté du 3 mai 2022, le maire de la commune de Saint-Aubin le Cloud a radié Mme E des cadres à compter du 1er juillet 2022, et l'a admise à la retraite pour " invalidité non imputable au service ". Par une décision du 24 mai 2022, la CNRACL a rendu un avis favorable à la mise à la retraite de Mme E aux taux global d'invalidité de 25 %, mais lui a refusé l'octroi d'une rente d'invalidité, au motif qu'elle n'apportait pas la preuve de l'imputabilité au service de sa pathologie. Mme E a contesté, d'une part, l'arrêté du 3 mai 2022 du maire par un recours gracieux du 30 juin 2022, rejeté par une décision du 31 août 2022, et, d'autre part, la décision du 24 mai 2022 de la CNRACL par un recours gracieux du 1er juillet 2022, rejeté par une décision du 8 août 2022. Mme E demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 3 mai 2022 et de la décision du 24 mai 2022, ainsi que des décisions des 8 et 31 août 2022 ayant rejeté les recours qu'elle a exercés à leur encontre.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les décisions de la CNRACL des 24 mai 2022 et 8 août 2022 :

3. En premier lieu, par un arrêté du 1er mars 2021, le directeur général de la Caisse des dépôts a donné délégation à M. B, directeur des politiques sociales, pour signer les actes relevant de sa direction, lequel a, par une décision du 1er avril 2022, délégué sa signature à Mme C, responsable d'unité, et à M. A en sa qualité d'adjoint au directeur de la direction de l'établissement de Bordeaux, à l'effet de signer, au nom du directeur général, tous les actes relevant de la direction dénommée " établissement de Bordeaux ", dans la limite des attributions de cette direction. Par suite le moyen tiré du vice d'incompétence entachant les décisions en litige manque en fait et doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Enfin, aux termes de l'article L. 411-5 du même code : " La décision rejetant un recours administratif dirigé contre une décision soumise à obligation de motivation en application des articles L. 211-2 et L. 211-3 est motivée lorsque cette obligation n'a pas été satisfaite au stade de la décision initiale. () ".

5. D'une part, la décision du 24 mai 2022 vise les articles 36 et 37 du décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 et mentionne qu'aucune pièce administrative ne démontre la matérialité des faits allégués par Mme E à l'appui de sa demande de rente d'invalidité. D'autre part, la décision du 8 août 2022 prise sur le recours de Mme E n'a pas, en application de l'article L. 411-5 du code des relations entre le public et l'administration, à être motivée dès lors qu'elle rejette un recours gracieux exercé à l'encontre d'une décision elle-même motivée. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions attaquées ne peut qu'être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 36 du décret du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale des retraites des agents des collectivités locales : " Le fonctionnaire qui a été mis dans l'impossibilité permanente de continuer ses fonctions en raison d'infirmités résultant de blessures ou de maladies contractées () en service () peut être mis à la retraite par anticipation () ". L'article 37 de ce décret dispose que : " I. - Les fonctionnaires qui ont été mis à la retraite dans les conditions prévues à l'article 36 ci-dessus bénéficient d'une rente viagère d'invalidité cumulable avec la pension rémunérant les services prévus à l'article précédent. Le bénéfice de cette rente viagère d'invalidité est attribuable si la radiation des cadres ou le décès en activité interviennent avant que le fonctionnaire ait atteint la limite d'âge () et sont imputables à des blessures ou des maladies survenues dans l'exercice des fonctions ou à l'occasion de l'exercice des fonctions () ".

7. Le droit pour un fonctionnaire de bénéficier de la rente viagère d'invalidité prévue par l'article 37 précité est subordonné à la condition que les blessures ou maladies contractées ou aggravées en service aient été de nature à entraîner, à elles seules ou non, la mise à la retraite de l'intéressé.

8. Il ressort des pièces du dossier que Mme E a sollicité de la commune de Saint-Aubin Le Cloud, par un courrier du 29 juillet 2019, la reconnaissance de l'imputabilité au service de son syndrome anxiodépressif réactionnel à une situation d'épuisement professionnel, à compter du 6 juillet 2019, date à laquelle elle a été placée en arrêt de travail pour maladie professionnelle. Si les avis médicaux émis par les deux experts agréés saisis ainsi que par la commission de réforme sont concordants pour reconnaître l'imputabilité au service de la maladie de Mme E, les seules circonstances qu'elle invoque, qui tiennent à un nombre de dossiers à gérer trop important et aux sollicitations incessantes dont elle faisait l'objet de la part des élus, des collègues et en raison d'appels téléphoniques, y compris le soir et en fin de semaine, ne permettent pas, en l'absence de tout élément probant produit, d'établir le lien de causalité entre ses conditions de travail et son syndrome anxiodépressif, alors au demeurant que la nature même de ses fonctions de secrétaire de mairie suppose, ainsi que l'atteste sa fiche de poste, une forte polyvalence et une grande disponibilité. En outre, il ressort des différents avis médicaux du dossier qu'ils ont été émis en considération des seuls dires de Mme E. Par suite, la CNRACL a pu, sans méconnaître les dispositions des articles 36 et 37 du décret du 26 décembre 2003 précité ni entacher les décisions en litige d'une erreur d'appréciation refuser d'octroyer à Mme E une rente d'invalidité alors qu'elle a été admise à la retraite pour invalidité, de manière anticipée, en raison du syndrome anxiodépressif qu'elle a développé.

9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme E tendant à l'annulation des décisions des 24 mai 2022 et du 8 août 2022 de la CNRACL en tant qu'elles lui ont refusé l'octroi d'une rente d'invalidité, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions qu'elle a présentées à fin d'injonction sous astreinte, doivent être rejetées.

En ce qui concerne l'arrêté du 3 mai 2022 et la décision du 31 août 2022 du maire de Saint-Aubin Le Cloud en tant qu'ils refusent de mettre à la retraite Mme E pour invalidité imputable au service :

10. En premier lieu, tant l'arrêté du 3 mai 2022 que la décision du 31 août 2022 rejetant le recours gracieux exercé par la requérante à l'encontre de cet arrêté visent les textes applicables à la situation de Mme E, en particulier le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 précité. En outre, l'arrêté contesté fait référence à l'inaptitude définitive à ses fonctions de Mme E ainsi qu'aux avis rendus par le comité médical, la commission de réforme et la CNRACL la concernant. Par suite, le moyen tiré de ce que ces actes seraient insuffisamment motivés ne peut qu'être écarté.

11. En deuxième lieu, aux termes de l'article 30 du décret du 26 décembre 2003 précité : " Le fonctionnaire qui se trouve dans l'impossibilité définitive et absolue de continuer ses fonctions par suite de maladie, blessure ou infirmité grave dûment établie peut être admis à la retraite soit d'office, soit sur demande ". Aux termes de l'article 31 du même décret, dans sa version applicable au litige : " Une commission de réforme est constituée dans chaque département pour apprécier la réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service, les conséquences et le taux d'invalidité qu'elles entraînent, l'incapacité permanente à l'exercice des fonctions. () Le pouvoir de décision appartient dans tous les cas à l'autorité qui a qualité pour procéder à la nomination, sous réserve de l'avis conforme de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales. Les énonciations de cette décision ne peuvent préjuger ni de la reconnaissance effective du droit, ni des modalités de liquidation de la pension, ces dernières n'étant déterminées que par l'arrêté de concession. () ".

12. D'une part, il résulte de ces dispositions que lorsqu'un fonctionnaire territorial, ayant épuisé ses droits aux congés de maladie, de longue maladie et de longue durée, se trouve définitivement inapte à l'exercice de tout emploi, il est admis à la retraite, soit d'office, soit à sa demande, après avis de la commission de réforme et que l'autorité territoriale doit, préalablement à la mise à la retraite, obtenir un avis conforme de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales. La légalité de la décision qu'il appartient à l'autorité territoriale de prendre en vue du placement d'office d'un fonctionnaire à la retraite par anticipation, pour les motifs et, lorsqu'elles sont réunies, dans les conditions déterminées par ces dispositions, s'apprécie au regard de l'ensemble des pièces et renseignements propres à établir la réalité de la situation effective de santé de ce fonctionnaire au jour de cette décision, y compris au regard de ceux de ces renseignements ou pièces qui n'auraient pas été communiqués à l'autorité territoriale préalablement à sa décision ou qui auraient été établis ou analysés postérieurement à celle-ci, dès lors qu'ils éclairent cette situation. Le juge administratif exerce un contrôle normal sur l'appréciation portée par l'autorité territoriale sur l'inaptitude définitive d'un fonctionnaire.

13. Si Mme E soutient que l'arrêté qu'elle conteste aurait dû la mettre à la retraite pour invalidité " imputable au service ", aucune disposition législative ou règlementaire ni aucun principe n'impose toutefois à l'autorité titulaire du pouvoir de nomination de préciser, dans la décision prononçant l'admission à la retraite pour invalidité d'un fonctionnaire, l'imputabilité au service de l'infirmité et le taux d'invalidité qu'elle entraîne. Dès lors, la commune de Saint-Aubin Le Cloud n'était tenue de suivre l'avis de la CNRACL qu'en ce qui concerne le principe de l'admission à la retraite de l'intéressée pour invalidité, quel que soit le caractère imputable ou non au service de l'impossibilité définitive et absolue de continuer ses fonctions. Dans ces conditions, la précision relative à l'absence d'imputabilité au service de la mise à la retraite de la requérante dans l'arrêté en litige n'a pu exercer aucune influence sur sa légalité. Par suite, Mme E ne peut utilement soutenir que le maire de la commune de Saint-Aubin Le Cloud aurait méconnu les dispositions des articles 30 et 31 du décret du 26 décembre 2003 précité en refusant de la mettre à la retraite pour invalidité imputable au service, ni, d'ailleurs, les dispositions des articles L. 27 et L. 28 du code des pensions civiles et militaires des retraites, qui ne sont en tout état de cause pas applicables aux agents de la fonction publique territoriale, dont les droits en matière d'invalidité sont entièrement régis par le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 précité.

14. D'autre part, il est constant que la commission de réforme s'est réunie le 1er mars 2022 pour se prononcer sur la situation de Mme E, notamment sur le taux d'invalidité la rendant définitivement inapte à ses fonctions, et a, à cette occasion, émis un avis favorable à la retraite pour invalidité de l'intéressée, en fixant la date de consolidation de son état de santé au 13 décembre 2021 et son taux d'invalidité à 25 %, et en précisant qu'elle devait être maintenue en congé de maladie jusqu'à sa radiation des cadres. Dans ces conditions, la commission de réforme a été régulièrement saisie par l'autorité territoriale afin qu'elle émette un avis dans le cadre de la procédure de mise à la retraite pour invalidité de Mme E, qui était alors déjà placée en congé pour maladie professionnelle. Il s'ensuit que le moyen tiré du vice de procédure invoqué doit être écarté.

15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme E à fin d'annulation de l'arrêté du 3 mai 2022, en tant qu'il refuse de reconnaître le caractère imputable au service de l'invalidité justifiant l'admission à la retraite de Mme E, ainsi que la décision du 31 août 2022 rejetant le recours qu'elle a exercé à l'encontre de cet arrêté, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions qu'elle a présentées à fin d'injonction sous astreinte, doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la CNRACL, qui n'est pas la partie perdante dans l'instance n° 2202440, et de la commune de Saint-Aubin Le Cloud, qui n'est pas la partie perdante dans l'instance n° 22002441, les sommes que demande Mme E au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante la somme demandée par la commune de Saint-Aubin Le Cloud au titre des mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1 : Les requêtes n°s 2202440 et 2202441 de Mme E sont rejetées.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Aubin Le Cloud présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E, à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales et à la commune de Saint-Aubin Le Cloud.

Délibéré après l'audience du 11 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Cristille, président,

Mme Thèvenet-Bréchot, première conseillère,

Mme Gibson-Théry, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 6 mai 2024.

La rapporteure,

Signé

S. GIBSON-THERY

Le président,

Signé

P. CRISTILLE

La greffière,

Signé

N. COLLET

La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

D. GERVIER

N°s 2202440, 2202441

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