jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2202461 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DROUINEAU 1927 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 octobre 2022, Mme A B, représentée par l'AARPI Drouineau 1927, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 août 2022 par lequel la maire de la commune de La Crèche a refusé de reconnaître imputable au service l'accident du 21 avril 2022 qu'elle a déclaré le 3 mai 2022 ;
2°) d'enjoindre à la maire de la commune de La Crèche de reconnaître cet accident imputable au service et de reconstituer, en conséquence, rétroactivement sa carrière ;
3°) de mettre à la charge de la commune de La Crèche la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté du 9 août 2022 est entaché d'une erreur de fait, dès lors qu'elle n'a découvert que lors de l'entretien du 21 avril 2022, dont la convocation ne précisait pas les motifs ni la teneur, que l'autorité territoriale la tenait responsable des dysfonctionnements de son service, alors que sa manière de servir avait été évaluée positivement lors de son entretien annuel du 2 décembre 2021 et qu'elle avait elle-même alerté sa hiérarchie sur les dysfonctionnements de son service en mars 2022 ;
- il procède d'une erreur d'appréciation, aucune circonstance ne justifiant le changement brutal de l'autorité territoriale quant à l'origine des dysfonctionnements du service qu'elle dirige, qu'elle lui impute depuis l'entretien du 21 avril 2022 à elle seule alors qu'ils sont dus au contexte dans lequel elle exerce ses missions.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 décembre 2022, la commune de La Crèche, représentée par la SCP d'Avocats Lagrave Jouteux, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gibson-Théry,
- les conclusions de Mme Thèvenet-Bréchot, rapporteure publique,
- et les observations de Me Finkelstein, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée par la commune de La Crèche en qualité de rédacteur principal de deuxième classe, sur le poste de responsable du pôle financier, comptabilité, marchés publics. Compte tenu de dysfonctionnements dans son service, Mme B a été convoquée à un entretien qui s'est tenu le 21 avril 2022, en présence de la maire de la commune et du directeur général des services (DGS). Elle a déclaré qu'elle avait subi un accident de service lors de cet entretien, par un formulaire daté du 3 mai 2022. Le conseil médical s'est prononcé en faveur de la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'événement du 21 avril 2022 par un avis rendu le 5 juillet 2022. Par un arrêté du 9 août 2022 dont la requérante demande l'annulation, la maire de la commune de La Crèche a refusé de reconnaître l'événement du 21 avril 2022 imputable au service, et placé en conséquence Mme B en congé de maladie ordinaire pour les arrêts en lien avec l'événement déclaré.
2. Aux termes de l'article L. 822-21 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à : / un accident reconnu imputable au service tel qu'il est défini à l'article L. 822-18 ; () ". L'article L. 822-18 du même code dispose que : " Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. () ".
3. Constitue un accident de service un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Sauf à ce qu'il soit établi qu'il aurait donné lieu à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, lequel peut conduire l'autorité administrative à adresser aux agents des recommandations, remarques, reproches ou à prendre à leur encontre des mesures disciplinaires, un entretien entre un agent et l'autorité administrative dont il relève, ne saurait être regardé comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service, quels que soient les effets qu'il a pu produire sur l'agent.
4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la déclaration d'accident datée du 3 mai 2022 de Mme B, que le DGS de la commune aurait, lors de l'entretien du 21 avril 2022, " répété à plusieurs reprises qu'elle n'était " pas compétente " pour le poste qu'elle occupe, et qu'ils auraient, avec la maire, remis en question sa réintégration à son poste lors de son retour de congé maternité prévu en début d'année 2023, puis menacé de lui infliger une sanction disciplinaire sous forme d'avertissement, compte tenu de manquements dans l'exercice de ses fonctions. Si, lors de son entretien annuel d'évaluation mené le 2 décembre 2021, le DGS, évaluateur de Mme B, a imputé au contexte de travail dans lequel elle a pris ses fonctions les manquements relevés en matière de qualité du travail accompli, et souligné, en appréciation générale, tant " sa forte capacité d'adaptation et d'apprentissage ", que sa flexibilité lors du changement " surprise " de logiciel à l'été, ainsi que le " défi très lourd qu'elle a très largement remporté " en fournissant de " très gros efforts d'apprentissage " en matière de finances et de commande publique, les manquements relevés lors de l'entretien du 21 avril 2022 concernent des dysfonctionnements spécifiques en matière de comptabilité et d'emprunt, relevant d'opérations financières qui devaient aboutir postérieurement à l'entretien annuel. A cet égard, a été constatée l'incapacité de Mme B, qu'elle ne conteste pas, à clôturer l'exercice 2021 dans les temps, à calculer le résultat comptable, les soldes intermédiaires de gestion et les ratios de Taxe sur la Valeur Ajoutée des budgets annexes, à conseiller en matière de renégociation des emprunts, à créer les régies comptables, faisant ainsi obstacle au dépôt de recettes, à rendre compte en la matière et à éviter les rejets émis par la trésorerie. Dans ces conditions, les circonstances que l'entretien annuel au titre de l'année 2021 se soit révélé positif dans son ensemble, et que le conseil médical ait émis un avis favorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'événement du 21 avril 2022 sont sans incidence sur les manquements reprochés à Mme B lors de l'entretien du 21 avril 2022, lequel n'est pas de nature à révéler, au regard de la déclaration d'accident de Mme B et du compte-rendu de cet entretien rédigé par la maire, dont la teneur n'est au demeurant pas contestée par la requérante, que la maire ou le DGS aurait eu un comportement ou tenu des propos excédant l'exercice normal de leur pouvoir hiérarchique. Par suite, en l'absence de caractère accidentel de l'entretien du 21 avril 2022, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur d'appréciation entachant l'arrêté en litige du 9 août 2022 ne peuvent qu'être écartés.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme B à fin d'annulation de l'arrêté du 9 août 2022 par lequel la maire de la commune de La Crèche a refusé de reconnaître imputable au service l'événement du 21 avril 2022, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions qu'elle a présentées à fin d'injonction, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de La Crèche, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme B demande au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par la commune de La Crèche au même titre.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de La Crèche présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de La Crèche.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cristille, président,
Mme Duval-Tadeusz, première conseillère,
Mme Gibson-Théry, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 3 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
S. GIBSON-THERY
Le président,
Signé
P. CRISTILLE
La greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026