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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2202504

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2202504

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2202504
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantDENIZEAU GABORIT TAKHEDMIT & ASSOCIES - 79

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 octobre 2022, Mme A B, représentée par la SCP d'Avocats Denizeau Gaborit Takhedmit et Associés, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'une part, d'annuler la décision du 22 juin 2022 par laquelle la directrice générale du centre hospitalier universitaire (CHU) de Poitiers a refusé de reconnaître imputable au service la maladie qu'elle a déclarée le 25 février 2021, ainsi que la décision par laquelle le CHU de Poitiers a implicitement rejeté le recours gracieux qu'elle a formé le 25 juillet 2022 à l'encontre de la décision du 22 juin 2022, et, d'autre part, d'enjoindre au CHU de Poitiers de la placer en congé d'invalidité temporaire imputable au service à compter du 25 avril 2020, et, en conséquence, de régulariser sa situation administrative et financière et prendre en charge l'intégralité des frais médicaux engendrés par sa maladie professionnelle, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) à titre subsidiaire, d'ordonner avant-dire droit une expertise médicale en vue d'identifier ses pathologies, de préciser, le cas échéant, la date de consolidation de son état de santé et de se prononcer sur son taux d'incapacité permanente ;

3°) en tout état de cause, de mettre à la charge du CHU de Poitiers la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

* à titre principal :

- la décision du 22 juin 2022 attaquée a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée, sa notification ne comprenant pas l'avis de la commission de réforme du 6 janvier 2022 sur lequel elle est fondée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 47-8 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986, le taux d'incapacité permanente de 25 % exigé pour bénéficier d'une reconnaissance d'imputabilité étant seulement théorique dès lors qu'il correspond à l'incapacité que la maladie est " susceptible " d'entraîner et non à un taux d'incapacité effectif ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation à défaut d'avoir pris en considération, pour calculer ce taux, les incidences périphériques et psychologiques du Covid long dont elle souffre, notamment le syndrome anxiodépressif qu'elle a développé, qui constitue un trouble susceptible d'entraîner un taux d'incapacité permanente pouvant atteindre 30 % ;

* à titre subsidiaire, son taux d'incapacité permanente ne pouvant se réduire aux incidences respiratoires de son Covid long, il y a lieu d'ordonner une expertise médicale afin de déterminer ce taux en prenant en compte les incidences périphériques et psychologiques de son affection.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 mars 2023, le CHU de Poitiers, représenté par la SCP KPL Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Par un courrier du 10 septembre 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de la violation du champ d'application de la loi, l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 et le décret n° 2020-1131 du 14 septembre 2020 insérant, dans l'annexe II du code de la sécurité sociale, un tableau de maladie professionnelle n° 100 intitulé " Affections respiratoires aiguës liées à une infection au sars-cov2 " n'étant pas applicables au litige.

Une réponse à ce moyen relevé d'office a été enregistrée le 13 septembre 2024, pour Mme B.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017 ;

- le décret n° 88-336 du 19 avril 1988 ;

- le décret n° 2020-566 du 13 mai 2020 ;

- le décret n° 2020-1131 du 14 septembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Gibson-Théry,

- les conclusions de Mme Thèvenet-Bréchot, rapporteure publique,

- et les observations de Me Pielberg, représentant le CHU de Poitiers.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, infirmière en soins généraux au sein du CHU de Poitiers, a contracté, alors qu'elle était affectée au service " gériatrie COVID " à partir de la fin du mois de mars 2020, une infection au SARS-CoV2, diagnostiquée le 27 avril 2020, date à partir de laquelle elle a été placée en arrêt de travail. Elle a demandé à bénéficier d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service le 25 février 2021 au titre d'une pathologie de " Covid long ". Le médecin agréé saisi pour expertise médicale a rendu ses conclusions les 22 septembre et 25 octobre 2021. La commission de réforme a rendu, le 6 janvier 2022, un avis défavorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de cette pathologie. Par une décision du 22 juin 2022, la directrice adjointe des ressources humaines du CHU de Poitiers a refusé de reconnaître imputable au service la maladie déclarée par Mme B. Par un courrier du 25 juillet 2022, Mme B a formé un recours gracieux contre cette décision, qui a été implicitement rejeté. Par sa requête, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 22 juin 2022 de refus d'imputabilité de sa pathologie au service et la décision par laquelle le CHU de Poitiers a implicitement rejeté le recours gracieux qu'elle a exercé à l'encontre de cette décision.

Sur le cadre du litige :

2. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, créé par l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017 portant diverses dispositions relatives au compte personnel d'activité, à la formation et à la santé et la sécurité au travail dans la fonction publique, en vigueur depuis le 21 janvier 2017, et désormais codifié à l'article L. 822-20 du code général de la fonction publique : " IV. Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. / Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions. / Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat ". Ce taux d'incapacité permanente est celui prévu à l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale, soit 25 %, aux termes de l'article 35-8 du décret du 19 avril 1988, relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction issue du décret du 13 mai 2020, relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique hospitalière.

3. Le décret du 14 septembre 2020 relatif à la reconnaissance en maladies professionnelles des pathologies liées à une infection au SARS-CoV2 a inséré, dans l'annexe II du code de la sécurité sociale, un tableau de maladie professionnelle n° 100 intitulé " Affections respiratoires aiguës liées à une infection au sars-cov2 ". Ce tableau fixe le délai de prise en charge à 14 jours et précise que l'infection au SARS-CoV2 ayant causé ces affections respiratoires aiguës doit être " confirmée par examen biologique ou scanner ou, à défaut, par une histoire clinique documentée (compte rendu d'hospitalisation, documents médicaux) " et doit avoir " nécessité une oxygénothérapie ou toute autre forme d'assistance ventilatoire, attestée par des comptes rendus médicaux, ou ayant entraîné le décès ".

4. Il ressort de la décision attaquée, qui est fondée sur les conclusions de l'expertise médicale des 22 septembre 2021 et 25 octobre 2021, selon lesquelles Mme B, qui souffre d'un Covid long, " ne remplit pas les conditions strictes du tableau numéro 100 des maladies professionnelles " et dont la pathologie " n'est pas suffisamment grave pour justifier une incapacité permanente d'au moins 25 % ", et sur l'avis défavorable émis par la commission de réforme selon lequel " les conditions du tableau ne sont pas remplies ", que la directrice générale du CHU a considéré que la pathologie de Mme B ne satisfaisait " pas à l'ensemble des conditions du tableau N° 100 des maladies professionnelles, en l'occurrence l'absence de traitement par oxygénation " et n'était " pas suffisamment grave pour justifier d'une incapacité permanente d'au moins 25% ". L'autorité d'emploi de Mme B a ainsi refusé de reconnaître imputable au service son Covid long au motif qu'elle ne remplissait pas les conditions posées par le code général de la fonction publique et le tableau de maladie professionnelle n° 100.

5. Toutefois, l'application des dispositions résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017 était manifestement impossible en l'absence d'un texte réglementaire fixant, notamment, les conditions de procédure applicables à l'octroi de ce nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service. Les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires du code général de la fonction publique, codifiées aux articles L. 822-18 à L. 822-25 du code général de la fonction publique, ne sont donc entrées en vigueur, en tant qu'elles s'appliquent à la fonction publique hospitalière, qu'à la date d'entrée en vigueur, le 16 mai 2020, du décret du 13 mai 2020 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique hospitalière, décret par lequel le pouvoir réglementaire a pris les dispositions réglementaires nécessaires pour cette fonction publique et dont l'intervention était, au demeurant, prévue, sous forme de décret en Conseil d'Etat, par le VI de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 résultant de l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017. Il en résulte que les dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 dans leur rédaction antérieure à celle résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017 sont demeurées applicables jusqu'à l'entrée en vigueur du décret du 13 mai 2020.

6. En outre, les droits des agents en matière d'accident de service et de maladie professionnelle sont réputés constitués à la date à laquelle l'accident est intervenu ou la maladie a été diagnostiquée. Dès lors, la situation de Mme B, dont l'infection par la covid-19 a été diagnostiquée le 27 avril 2020, était exclusivement régie par les dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 précitée et ne pouvait davantage se voir appliquer les dispositions du décret précité du 14 septembre 2020 insérant un tableau n° 100 annexé au livre IV du code de la sécurité sociale, qui n'est entré en vigueur que le 16 septembre 2020.

7. Par suite, la directrice générale du CHU de Poitiers ne pouvait fonder sa décision sur le code général de la fonction publique et le tableau de maladie professionnelle n° 100 issu du décret du 14 septembre 2020.

8. En l'espèce, ainsi qu'il a été dit, la décision attaquée trouve son fondement légal dans les dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986, dans leur version applicable au litige, aux termes desquelles : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. () Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de la maladie ou de l'accident est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales ".

Sur les conclusions à fin d'annulation :

9. En application des dispositions citées au point 8, une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service. Il appartient au fonctionnaire qui entend voir reconnaître le caractère professionnel d'une pathologie dont il souffre d'apporter des éléments de nature à justifier l'existence d'un lien direct entre cette pathologie et ses conditions de travail.

10. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a contracté une infection à la covid-19 le 27 avril 2020, alors qu'elle exerçait ses fonctions au sein du service " gériatrie COVID ", accueillant des patients atteints de la covid-19. En outre, le médecin agréé a, dans son expertise, conclu que Mme B avait " enchaîné une Covid puis un Covid long ", dont la symptomatologie, à la date de son expertise, était toujours évolutive, et qu'elle n'était pas en état de reprendre son activité professionnelle. S'il a indiqué que Mme B ne remplissait pas les conditions " strictes " du tableau numéro 100 des maladies professionnelles, et qu'il a précisé, dans son complément d'expertise du 25 octobre 2021, que même en l'absence de consolidation de l'état de santé de Mme B, sa pathologie ne revêtait pas un caractère suffisant de gravité pour justifier une incapacité permanente d'au moins 25 %, il résulte de ce qui a été précédemment dit que le CHU de Poitiers ne peut utilement se prévaloir, ni de la circonstance que l'état de santé de Mme B n'aurait pas nécessité une oxygénothérapie ou toute autre forme d'assistance ventilatoire et ainsi n'entrerait pas dans le cadre des maladies professionnelles recensées au tableau n° 100 en annexe II du code de la sécurité sociale, ni de la circonstance que son taux d'incapacité permanente, qui n'a d'ailleurs pas été fixé par la commission de réforme, serait inférieur à 25 %. A cet égard, la situation de l'intéressée n'entre pas dans le champ des dispositions instituant une présomption d'origine professionnelle pour toute maladie désignée dans un tableau de maladies professionnelles et contractée dans des conditions mentionnées à ce tableau, ni dans celles de l'article 35-8 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière, instituant, à compter du 16 mai 2020, le seuil du taux d'incapacité permanente pour l'application du troisième alinéa du IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée par référence à l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale. Dans ces conditions, la directrice générale du CHU de Poitiers a entaché les motifs de sa décision du 22 juin 2022 d'une erreur de droit.

11. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 22 juin 2022 de la directrice générale du CHU de Poitiers refusant de reconnaître imputable au service le Covid long de Mme B, ainsi que la décision par laquelle le CHU a implicitement rejeté le recours gracieux que la requérante a exercé à l'encontre de cette décision, doivent être annulées.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

12. Compte tenu du motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique seulement que le CHU de Poitiers réexamine la demande de l'intéressée, et prenne une nouvelle décision quant à l'imputabilité au service de sa maladie. Il y a donc lieu d'enjoindre au CHU de Poitiers d'y procéder dans un délai de six mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le CHU de Poitiers demande au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHU de Poitiers une somme de 1 300 euros au même titre.

D E C I D E :

Article 1 : La décision du 22 juin 2022 et le rejet implicite du recours gracieux exercé par Mme B sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint au CHU de Poitiers de réexaminer la demande de Mme B dans les conditions prévues au point 12 du présent jugement, dans un délai de six mois à compter de sa notification.

Article 3 : Le CHU de Poitiers versera à Mme B une somme de 1 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier universitaire de Poitiers.

Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Cristille, président,

Mme Duval-Tadeusz, première conseillère,

Mme Gibson-Théry, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 3 octobre 2024.

La rapporteure,

Signé

S. GIBSON-THERY

Le président,

Signé

P. CRISTILLE

La greffière,

Signé

N. COLLET

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

N. COLLET

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