mardi 12 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2202569 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ROUCHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 octobre 2022 et 7 novembre 2023, M. A C, représenté par Me Rouché, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 avril 2022 par lequel le maire de Sainte-Marie-de-Ré (Charente-Maritime) a délivré à Mme E et M. B D un permis de construire pour la surélévation d'une maison d'habitation et l'édification d'un auvent sur un terrain situé 7 rue de Montamer, ainsi que la décision rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Sainte-Marie-de-Ré, d'une part, et de M. et Mme D, d'autre part, une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le permis de construire attaqué est entaché d'incompétence, dès lors qu'il a été signé par une adjointe au maire en raison de l'empêchement du maire, alors qu'il n'est pas justifié de l'empêchement effectif du maire à la date de l'arrêté, que l'adjointe au maire chargée de l'urbanisme aurait également pu signer l'arrêté et, en tout état de cause, que la signature de celui-ci ne s'imposait pas à la date du 26 avril 2022, le délai d'instruction expirant le 9 mai suivant ;
- il a été délivré au vu d'une demande incomplète, dès lors que la notice architecturale du projet ne précise ni l'état initial du terrain s'agissant des clôtures existantes sur les limites sud et est de la parcelle, ni le traitement par le projet des constructions et clôtures situées en limite de propriété, ni l'organisation et l'aménagement des aires de stationnement, ce qui a empêché le maire d'apprécier le respect des dispositions de l'article 2.7.2.2 du plan de prévention des risques naturels (PPRN) de l'île de Ré et de celles de l'article Ub 8.1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la communauté de communes de l'Île de Ré ;
- il méconnaît l'article Ub 5.3 du règlement du PLUi, qui prévoit que l'emprise au sol des annexes ne peut être supérieure à 30 m², dès lors que l'auvent projeté a une emprise supérieure à 30 m² ; en outre, il méconnaît les dispositions relatives aux préaux de l'article 2.7.2.1 du règlement du PPRN applicables à la zone RS3 dès lors que la surface de l'auvent excède 50 m² ;
- il méconnaît l'article Ub 6 du règlement du PLUi relatif à la qualité urbaine, architecturale, environnementale et paysagère des constructions dès lors que le projet prévoit la surélévation de l'habitation existante, ainsi que la réalisation d'un auvent, conférant ainsi une forme particulièrement complexe à l'ensemble ;
- il méconnaît l'article Ub 7 du règlement du PLUi dès lors que le projet en litige ne prévoit qu'un seul arbre sur les cinq imposés par ces dispositions ;
- il méconnaît l'article Ub 8 du règlement du PLUi dès lors que le projet ne comporte pas les deux places de stationnement prévues par ces dispositions ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 2.7.2.1 du règlement du PPRN applicables à la zone RS3 dès lors que la surface de plancher de la surélévation ne pouvait excéder 30 m² ;
- il méconnaît les dispositions relatives aux clôtures des articles 2.7.2.1 et 3.1.2 du règlement du PPRN applicables à la zone RS3 et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que la parcelle en litige est bordée de clôtures pleines sur la quasi intégralité de ses limites, qui ne présentent pas de dispositifs permettant le libre franchissement des eaux.
Par des mémoires en défense enregistrés les 30 août et 27 novembre 2023, Mme et M. D, représentés par Me Poiré, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est irrecevable, M. C ne justifiant pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir au regard des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Ub 5.3 du règlement du PLUi est inopérant, un préau n'étant pas une annexe ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Ub 8 du règlement du PLUi est inopérant, dans la mesure où le projet ne porte pas sur la création d'un nouveau logement ; en tout état de cause, il n'est pas fondé ;
- le moyen tiré de la méconnaissance des articles 2.7.2.1 et 3.1.2 du règlement du PPRN et de l'erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme est inopérant, le projet ne modifiant pas les clôtures existantes ;
- les autres moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense enregistrés les 25 septembre 2023 et 2 janvier 2024, la commune de Sainte-Marie-de-Ré, représentée par Me Verger, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, M. C ne justifiant pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir au regard des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Ub 5.3 du règlement du PLUi est inopérant, un préau n'étant pas une annexe ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Ub 8 du règlement du PLUi est inopérant, dans la mesure où le projet ne porte pas sur la création d'un nouveau logement ; en tout état de cause, il n'est pas fondé ;
- le moyen tiré de la méconnaissance des articles 2.7.2.1 et 3.1.2 du règlement du PPRN et de l'erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme est inopérant, le projet ne modifiant pas les clôtures existantes ;
- les autres moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées de ce que le tribunal était susceptible, après avoir écarté les autres moyens, de surseoir à statuer, en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, en vue de permettre la régularisation des vices tenant, d'une part, à la méconnaissance des dispositions de l'article 2.7.2.1 du règlement du PPRN relatives aux clôtures et, d'autre part, à la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme en ce que la notice architecturale du projet ne précise ni l'état initial du terrain s'agissant des clôtures existantes sur les limites sud et est de la parcelle, ni le traitement par le projet des constructions et clôtures situées en limite de propriété.
M. et Mme D ont présenté des observations en réponse à ce courrier le 17 octobre 2024.
La commune de Sainte-Marie-de-Ré a présenté des observations en réponse à ce courrier le 18 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Henry,
- les conclusions de M. Pipart, rapporteur public,
- et les observations de Me Rouché, représentant M. C, de Me Verger, représentant la commune de Sainte-Marie-de-Ré, et de Me Poiré, représentant M. et Mme D.
Une note en délibéré a été présentée par M. et Mme D le 22 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 26 avril 2022 par lequel le maire de Sainte-Marie-de-Ré (Charente-Maritime) a délivré à Mme E et M. B D un permis de construire pour la surélévation d'une maison d'habitation et l'édification d'un auvent sur un terrain situé 7 rue de Montamer, ainsi que la décision rejetant son recours gracieux.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
3. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat, justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction
4. Il ressort des pièces du dossier que M. C est propriétaire, au 9 rue de Montamer à Sainte-Marie-de-Ré, d'une maison d'habitation immédiatement voisine du terrain d'assiette du projet de M. et Mme D. Pour justifier de son intérêt à demander l'annulation du permis de construire attaqué, il fait notamment valoir que la surélévation de la maison des pétitionnaires sera visible de sa propriété et va créer des vues sur son terrain, ce qui n'est pas sérieusement remis en cause par les défendeurs. Dans ces conditions, il justifie d'un intérêt lui donnant qualité pour demander l'annulation du permis attaqué.
Sur la légalité du permis de construire :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2122-17 du code général des collectivités territoriales : " En cas d'absence, de suspension, de révocation ou de tout autre empêchement, le maire est provisoirement remplacé, dans la plénitude de ses fonctions, par un adjoint, dans l'ordre des nominations et, à défaut d'adjoint, par un conseiller municipal désigné par le conseil ou, à défaut, pris dans l'ordre du tableau. ". Cette disposition législative doit être entendue en ce sens qu'en cas d'absence du maire, il appartient à l'adjoint de faire tous les actes municipaux, quels qu'ils soient, dont l'accomplissement, au moment où il s'impose normalement, serait empêché par l'absence du maire.
6. Il ressort de l'attestation de la maire de Sainte-Marie-de-Ré et de la copie de son agenda produits au dossier que celle-ci était absente du 25 au 30 avril 2022. En outre, la signature de l'arrêté de permis de construire attaqué s'imposait normalement à la date du 26 avril 2022 puisque celui-ci devait être notifié au plus tard le 9 mai 2022, date à laquelle expirait le délai d'instruction de la demande de permis. Dès lors, la première adjointe pouvait légalement remplacer la maire pour signer l'arrêté contesté, sans qu'importe la circonstance qu'un autre adjoint disposait d'une délégation dans le domaine de l'urbanisme.
7. En deuxième lieu, il résulte du lexique du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la communauté de communes de l'Île de Ré qu'au sens de ce règlement, premièrement, une annexe est un bâtiment, deuxièmement, un bâtiment est une construction close et, troisièmement, un préau est une construction non close. En l'espèce, l'auvent de près de 50 m² autorisé par le permis de construire attaqué, qui n'est pas clos, constitue un préau au sens du règlement du PLUi. Dès lors, il ne peut s'agir d'un bâtiment et, donc, d'une annexe au sens de ce règlement. Il suit de là que le moyen tiré de ce que la surface de ce préau ne pourrait être supérieure à 30 m² en application des dispositions relatives aux annexes de l'article Ub 5.3 du règlement du PLUi est inopérant et doit être écarté. Par ailleurs, le dossier de demande de permis de construire, réalisé par un architecte, indique que ce préau a une emprise au sol de 47,72 m² et il ne ressort pas des pièces du dossier que cette mesure serait, comme le soutient le requérant, erronée et que l'emprise au sol - dont, d'après le glossaire du règlement du plan de prévention des risques naturels (PPRN) de l'Île de Ré, qui reprend l'article R. 420-1 du code de l'urbanisme, sont exclus les débords de toiture non soutenus par des poteaux ou des encorbellements - serait en réalité supérieure à la limite de 50 m² fixée par les dispositions de l'article 2.7.2.1 du règlement du PPRN. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit également être écarté.
8. En troisième lieu, en vertu de l'article Ub 7 du règlement du PLUi, les surfaces libres de toute construction doivent être plantées d'au moins un arbre pour 100 m² d'espace de pleine terre. Il ressort des pièces du dossier que cette proportion est respectée dans le dossier de demande de permis de construire déposé par M. et Mme D.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 2.7.2. du règlement du PPRN : " Ne sont admises que les occupations du sol reprises ci-après. () 2.7.2.1. Habitat / ' l'extension par surélévation des constructions à usage d'habitation existantes sous réserve que : - la surface de plancher soit limitée à 30 m² maximum. Toutefois, en cas de non réalisation de l'extension au sol prévue à l'alinéa suivant, la surface de plancher maximum peut être portée à 60 m² maximum par cumul des surfaces autorisées pour les extensions au sol et pour les extensions par surélévation () ; - qu'elle ne conduise pas à la création de logement(s) supplémentaires(s) ; - que le plancher créé soit situé au-dessus de la cote de référence à long terme. / ' l'extension des bâtiments à usage d'habitation par augmentation d'emprise au sol hydraulique limitée à 30 m2, sous réserve que : - l'emprise au sol hydraulique de la totalité des bâtiments (existants et projetés) reste inférieure à 50 % de la superficie du terrain d'assiette du projet, - le plancher créé soit situé au-dessus de la cote de référence à long terme. / Cette extension n'est pas admise si les travaux prévus concourent à augmenter le nombre de logements ou à augmenter, de manière significative, le nombre de personnes exposées. () ".
10. Ces dispositions permettent de procéder, sous réserve du respect des autres conditions, à une extension par surélévation d'une surface de plancher maximale de 60 m², au lieu des 30 m² normalement autorisés, lorsqu'aucune extension par augmentation d'emprise au sol hydraulique n'est réalisée, sans qu'il faille distinguer le cas où le pétitionnaire renonce à une telle extension de celui où une telle extension n'est pas réalisable sur le terrain d'assiette du projet.
11. En l'espèce, il est constant que le projet ne prévoit aucune extension des bâtiments à usage d'habitation par augmentation d'emprise au sol hydraulique. Par suite, contrairement à ce que soutient le requérant, l'autorité administrative pouvait légalement autoriser une extension par surélévation d'une surface de plancher de 48,92 m².
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article Ub 6 du règlement du PLUi : " Règle générale / Le projet pourra être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. () c. Écriture architecturale des constructions / Les constructions devront présenter une simplicité de volume et de matériaux compatibles avec le respect du caractère de l'architecture et du paysage urbain de l'Ile de Ré. Seront interdits, dans le cas d'une réhabilitation ou d'une construction neuve : - Toute forme de complexité architecturale, sauf pour des motifs d'insertion dans le site () ".
13. Eu égard à la teneur de ces dispositions, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, d'apprécier si l'autorité administrative a pu légalement autoriser la construction projetée, compte tenu de ses caractéristiques et de celles des lieux avoisinants, sans méconnaître les exigences résultant de cet article. Dans l'exercice de ce contrôle, le juge doit tenir compte de l'ensemble des dispositions de cet article et de la marge d'appréciation qu'elles laissent à l'autorité administrative pour accorder ou refuser de délivrer une autorisation d'urbanisme
14. Le projet de M. et Mme D consiste simplement en une surélévation du bâtiment principal de leur maison d'habitation, qui demeurera un bâtiment ayant un plan rectangulaire et une toiture à deux pans, et en l'ajout d'un préau doté d'une toiture à deux pans, dans un environnement se caractérisant par un habitat pavillonnaire en rez-de-chaussée ou en R+1 et dans lequel se trouvent plusieurs constructions comportant déjà des surélévations partielles semblables à celle projetée et des ensembles immobiliers dotés, comme le projet en litige, de plusieurs constructions. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la maire de Sainte-Marie-de-Ré a méconnu les dispositions de l'article Ub 6 du règlement du PLUi en délivrant le permis de construire contesté.
15. En sixième lieu, lorsqu'une construction existante n'est pas conforme à une ou plusieurs dispositions d'un plan local d'urbanisme régulièrement approuvé, un permis de construire ne peut être légalement délivré pour la modification de cette construction, sous réserve de dispositions de ce plan spécialement applicables à la modification des immeubles existants, que si les travaux envisagés rendent l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues ou s'ils sont étrangers à ces dispositions.
16. En l'espèce, l'article Ub 8 du PLUi exige, pour les habitations, la réalisation d'une place de stationnement par logement dont la surface de plancher est inférieure à 60 m² et de deux places de stationnement par logement dont la surface de plancher est supérieure à 60 m². La maison d'habitation de M. et Mme D ayant déjà, avant réalisation du projet, qui n'implique pas de créer de nouveaux logements, une surface de plancher supérieure à 60 m², les travaux d'extension envisagés ne pouvaient conduire à aucune modification du nombre de places de stationnement exigées. Dès lors, ces travaux doivent être regardés comme étrangers aux dispositions du PLUi relatives au nombre minimal de places de stationnement par logement, de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions est inopérant et doit être écarté. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que deux places de stationnement existent sur le terrain d'assiette du projet.
17. En septième lieu, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
18. Si le requérant soutient que la notice du projet architectural ne comporte pas de précisions quant au stationnement des véhicules sur le terrain d'assiette du projet comme l'exigent les dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme, il résulte en tout état de cause de ce qui a été dit au point 16 ci-dessus qu'au cas particulier, cette omission n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet aux règles fixées par le PLUi en la matière.
19. En huitième lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain () ".
20. D'autre part, en vertu de l'article 2.7.2.1 du PPRN, la pose de clôtures et barrières est autorisée en zone Rs 3 du plan, dans laquelle se trouve le projet, " à condition d'être ajourées pour minimiser l'incidence sur l'écoulement des eaux, telles que clôtures à fils, grillages largement ajourés, permettant le libre écoulement des eaux. Si notamment des contraintes architecturales l'exigent, des clôtures de type " mur " pourront être admise dans les conditions fixées au " Chapitre 3. règles de constructions et conditions d'utilisation ". Selon ces dernières dispositions, " les clôtures pleines (type mur, panneau béton ou bois, etc.) ne seront admises que si elles disposent de dispositifs permettant le libre franchissement des eaux d'un côté à l'autre de la clôture (exemple non exhaustif : dalot, portail à barreaux, etc.). Ces dispositifs présenteront une superficie minimum correspondant à 30 % de la surface de clôture située sous la cote de référence long terme. () Les dispositifs ainsi créés devront être et laisser libre de tout obstacle et rester ouverts en toute circonstance. Le niveau bas des dispositifs ne devra pas se situer à plus de 10 cm du terrain naturel. ".
21. En l'espèce, la notice du projet architectural ne précise pas le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain, en méconnaissance des dispositions citées au point 19 ci-dessus, alors qu'il ressort des autres pièces du dossier de demande de permis de construire que le préau projeté s'implantera sur ou à proximité des limites séparatives ouest et sud du terrain de M. et Mme D, sans qu'il soit possible de déterminer si, en limite sud, le préau prendra appui sur le mur de clôture existant ou sur un mur pignon créé à cet effet le long du mur de clôture. Cette omission ayant été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur, notamment, la conformité du projet aux dispositions du PPRN citées au point précédent, elle entache d'illégalité le permis de construire délivré.
22. Toutefois, aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".
23. Le vice relevé au point 21 est régularisable par la production d'un permis modificatif et peut ainsi donner lieu à l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
24. En neuvième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du PPRN relatives aux clôtures citées au point 20 ci-dessus pourrait recevoir une réponse différente selon que le préau projeté prend ou non appui sur le mur de clôture situé en limite séparative sud. Dès lors, il convient de réserver la réponse à ce moyen dans l'attente de l'éventuelle communication au tribunal d'un permis de régularisation.
25. En dernier lieu, en revanche, la seule circonstance invoquée par le requérant que le projet méconnaisse ces mêmes dispositions ne saurait, en l'absence de toute argumentation tendant à caractériser l'existence d'un risque significatif pour la sécurité publique, suffire à caractériser une erreur manifeste d'appréciation du maire dans l'application de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
26. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et de surseoir à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois, délai dans lequel il appartient aux pétitionnaires et à l'autorité administrative de régulariser le vice relevé au point 21 par un permis de construire modificatif et d'en justifier devant le tribunal.
D É C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête de M. C.
Article 2 : La commune de Sainte-Marie-de-Ré et M. et Mme D devront justifier, dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, de l'éventuelle délivrance d'un permis régularisant le vice relevé au point 21 du présent jugement.
Article 3 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la commune de Sainte-Marie-de-Ré et à Mme E et M. B D.
Délibéré après l'audience du 21 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
M. Henry, premier conseiller,
Mme Bréjeon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 novembre 2024.
Le rapporteur,
signé
B. HENRY
Le président,
signé
L. CAMPOYLa greffière,
signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026