lundi 31 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2202680 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET ADDEN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 octobre 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) Espace gestion Charente-Maritime, représentée par Me Lelong, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 30 juin 2022 par laquelle le directeur de la formation professionnelle et des compétences de la caisse des dépôts et consignations a prononcé son déréférencement de la plate-forme " Mon compte Formation " pour une durée de 9 mois et de la décision du 9 août 2022 par laquelle il a rejeté son recours gracieux contre cette décision, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) d'enjoindre à la caisse des dépôts et consignations de référencer à nouveau ses offres de formation ;
3°) de mettre à la charge de la caisse des dépôts et consignations une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence posée par les dispositions du premier alinéa de l'article
L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite dès lors que la décision de déréférencement a pour conséquence de suspendre son inscription sur le site des formations (EDOF) pendant une durée de 9 mois, sans avoir la certitude de pouvoir référencer de nouveau ses formations, ce qui lui occasionne une perte moyenne de 3 800 euros par mois ; une attestation de son expert-comptable indique, par ailleurs, qu'une telle perte de chiffre d'affaires est de nature à menacer la pérennité de son exploitation pour 2022 ; un " Rapport intermédiaire de gestion " indique également que son exercice comptable devrait présenter un déficit de 40 000 euros du fait de son déréférencement ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions dont la suspension de l'exécution est demandée ; la décision du 30 juin 2022 est entachée d'incompétence ; elle n'est pas suffisamment motivée ; elle a été adoptée à l'issue d'une procédure irrégulière, faute pour l'administration d'avoir réellement appliqué la procédure contradictoire prévue par l'article 10 des conditions générales d'utilisation ; les décisions attaquées sont entachées d'erreur de fait, d'erreur manifeste d'appréciation et d'erreur de droit.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 9 octobre 2022 sous le n°2202497 par laquelle la SARL Espace gestion Charente-Maritime demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Campoy, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. Pour justifier de la situation d'urgence qu'elle invoque, la société à responsabilité limitée (SARL) Espace gestion Charente-Maritime soutient que les décisions contestées lui occasionnent une perte moyenne de 3 800 euros par mois, qu'une telle perte est de nature à menacer la pérennité de son exploitation pour 2022 et qu'elle entraînera, en toute hypothèse, une perte de chiffre d'affaires d'au moins de 40 000 euros au titre de ce même exercice. Il ressort toutefois de l'attestation de son expert-comptable que, contrairement à ce qu'il est soutenu, la perte alléguée de 40 000 euros n'a pas pour effet de menacer son exploitation mais seulement de faire obstacle à la réalisation de son objectif de chiffre d'affaires pour 2022 et, dans l'hypothèse où elle ne parviendrait pas à trouver de nouveaux marchés, à entraîner une réduction de ses coûts de personnel et de ses investissements. Au surplus, la société requérante n'explique pas comment une perte mensuelle de 3 800 euros à compter du mois d'août 2022, serait de nature à lui faire perdre un chiffre d'affaires de 40 000 euros en seulement cinq mois. De plus, et ainsi que l'indique l'attestation de son gérant, la société requérante peut toujours " chercher de nouvelles voies de développement autres que la formation " en mettant à profit le temps dégagé par l'arrêt momentané de ses activités référencées. Dans ces conditions, compte tenu, d'une part, de ce que les documents produits n'établissent pas que l'intéressée n'aurait pas les moyens d'attendre, comme les autres justiciables, le jugement de son affaire au fond, et, d'autre part, de l'intérêt public s'attachant au bon fonctionnement du dispositif du compte personnel formation ainsi qu'à la surveillance du marché de la formation professionnelle dans un souci de protection des consommateurs et des deniers publics, la condition d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, ne peut être regardée comme remplie. Dès lors, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin de suspension présentées par la SARL Espace gestion Charente-Maritime ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SARL Espace gestion Charente-Maritime est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société à responsabilité limitée Espace gestion Charente-Maritime.
Copie en sera adressée et à la Caisse des dépôts et consignations.
Fait à Poitiers, le 31 octobre 2022.
Le juge des référés,
Signé
L. CAMPOY
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef par intérim,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
N°2202680
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026