mardi 14 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2202772 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | FALACHO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 6 novembre 2022 et 27 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Falacho, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 7 octobre 2022 par lequel la préfète des Deux-Sèvres lui a refusé un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné à l'expiration de ce délai ;
2°) à titre principal, d'enjoindre la préfète des Deux-Sèvres, de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement et à titre subsidiaire, d'enjoindre la préfète à réexaminer sa demande du requérant sous les mêmes conditions ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué viole l'autorité de la chose jugée, dès lors qu'il ne tient pas compte du jugement n° 2013447 du tribunal administratif de Montreuil du 9 novembre 2022 ; il est insuffisamment motivé ;
- la décision de refus de séjour est entachée d'un vice de forme dès lors que les deux plis recommandés expédiés par la commission du titre de séjour ont été envoyés à une adresse qui n'était plus la sienne ; elle méconnaît les stipulations du 1) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ; elle méconnaît les stipulations du b) de l'article 7 et de l'article 9 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ; elle méconnaît les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est signée par une autorité incompétente ; elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- la décision fixant le délai de retour à 30 jours est entachée d'un vice d'incompétence ; elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- la décision fixant le pays de renvoi est signée par une autorité incompétente ; elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 janvier 2023, la préfète des Deux-Sèvres, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les observations de Me Falacho, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien né le 13 juin 1972, est, selon ses déclarations, entré en France en 2009. Le 6 novembre 2019, il a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 4 novembre 2020, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de certificat de résidence algérien, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par un jugement du 9 novembre 2022, le tribunal administratif de Montreuil a annulé cette décision et a enjoint au préfet de Seine-Saint-Denis de réexaminer sa situation. Le 1er décembre 2021, le requérant a déposé une demande de certificat de résidence algérien auprès de la préfète des Deux-Sèvres. Par un arrêté du 7 octobre 2022, celle-ci a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d'être éloigné à l'expiration de ce délai. M. B demande l'annulation de ces décisions.
Sur l'ensemble de l'arrêté attaqué :
2. Par un arrêté du 6 mai 2022, visé dans l'arrêté attaqué et régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de l'Etat, le secrétaire général de la préfecture des Deux-Sèvres a reçu délégation de la préfète de ce département à l'effet de signer tous arrêtés et décisions qui concernent la mise en œuvre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées manque en fait.
Sur la décision portant refus de séjour :
3. En premier lieu, la décision attaquée vise les textes dont elle fait application, notamment, les articles applicables au requérant de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, du code des relations entre le public et l'administration, de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ainsi que du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle expose les motifs de droit et de fait pour lesquels la préfète a entendu lui refuser un titre de séjour, en particulier, ses conditions d'entrée et de séjour, les précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet, sa situation professionnelle, ainsi que différents éléments relatifs à sa situation personnelle et familiale. Le refus de titre de séjour contesté est, par suite, suffisamment motivé.
4. En deuxième lieu, si le requérant soutient qu'il n'a pas été destinataire de la convocation devant la commission du titre de séjour, ni de la décision de la commission du titre de séjour, il ressort des pièces du dossier que les courriers correspondants lui ont été adressés à l'adresse qu'il avait lui-même fournie dans une attestation du 20 décembre 2021, et renvoyés à l'expéditeur avec la mention " pli avisé et non réclamé " après des dates de présentation respectives du 7 juin 2022 et du 7 juillet 2022. L'intéressé, qui n'a transmis sa nouvelle adresse que le 23 août 2022 aux services de la préfecture ne peut, dès lors, se prévaloir de cette déclaration pour établir que la notification des courriers précités était irrégulière. Par suite, le moyen tiré du vice de forme doit être écarté.
5. En troisième lieu, la circonstance que le jugement du tribunal administratif de Montreuil n° 2013447 du 9 novembre 2022 a annulé l'arrêté du 4 novembre 2020 du préfet de Seine-Saint-Denis au motif que le préfet avait commis une erreur de droit en estimant qu'une mesure d'éloignement non exécutée avait pour effet d'interrompre le nombre d'années de résidence habituelle d'un ressortissant étranger, ne faisait pas obstacle à ce que la préfète des Deux-Sèvres procède à un examen différent de la situation de l'intéressé à la suite d'une nouvelle demande de sa part.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien : " " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant ; () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui déclare être entré en France en 1999, soutient y résider de manière continue depuis plus de dix ans à la date de sa demande de titre de séjour. Toutefois, les pièces versées au dossier, essentiellement composées d'ordonnances médicales, de feuilles de soins, de factures d'achats et d'avis d'impôt sur le revenu, qui résultent, pour certaines, des propres déclarations de l'intéressé et qui, en tout état de cause, ne sont de nature qu'à justifier d'une présence ponctuelle et non continue sur le territoire, ne permettent pas d'établir sa présence pour l'ensemble de chaque année de la période considérée. Faute pour le requérant d'établir, de la sorte, qu'il remplissait, à la date de la décision en litige, la condition de séjour habituel depuis plus de dix ans prévue par les stipulations précitées de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations par la préfète des Deux-Sèvres doit être écarté.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " Les dispositions du présent article et celles de l'article 7 bis fixent les conditions de délivrance du certificat de résidence aux ressortissants algériens autres que ceux visés à l'article 6 nouveau, ainsi qu'à ceux qui s'établissent en France après la signature du premier avenant à l'accord. / () / b) Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention " salarié " : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française ; () ". Aux termes de l'article 9 de cet accord : " () Pour être admis à entrer et séjourner plus de trois mois sur le territoire français au titre des articles 4, 5,7, 7 bis al. 4 (lettre c et d) et du titre III du protocole, les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises. / Ce visa de long séjour accompagné de pièces et documents justificatifs permet d'obtenir un certificat de résidence dont la durée de validité est fixée par les articles et titres mentionnés à l'alinéa précédent ".
9. Il ressort des pièces du dossier que M. B ne justifie ni d'un visa de long séjour, ni d'un certificat médical d'usage. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.
10. En sixième lieu, aux termes de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ".
11. Il ressort des pièces du dossier que le requérant, qui allègue être présent en France depuis 2009 sans, comme dit au point 7, l'établir, est célibataire et sans enfant. S'il indique que sa sœur est présente en France et réside à Aubervilliers, il ne démontre pas l'intensité de ses relations qu'il entretient avec cette dernière. S'il produit un certificat de travail pour la période du 1er août 2019 au 15 mai 2021 ainsi qu'une attestation, au demeurant peu circonstanciée, d'une association dont l'activité est, d'ailleurs, située en Seine-Saint-Denis, ces éléments ne permettent pas véritablement d'apprécier ses conditions d'intégration sociale et professionnelle. L'intéressé n'établit pas non plus être dépourvu d'attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine, l'Algérie, où il a vécu la majeure partie de son existence, à savoir trente-sept ans. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.
12. En dernier lieu, il résulte de ce qui précède que le préfet a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, refuser le séjour à M. B.
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et fixant le pays de renvoi :
13. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que les décisions obligeant M. B à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et fixant le pays de renvoi devraient être annulées par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour, doivent être écartés.
14. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète des Deux-Sèvres.
Délibéré après l'audience du 28 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Pipart, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2023.
Le rapporteur,
Signé
R. C
Le président,
Signé
L. CAMPOY
La greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026