jeudi 6 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2202775 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DROUINEAU 1927 |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 8 novembre 2022 sous le n° 2202775 et des mémoires enregistrés les 19 mars et 25 juin 2024, Mme B A et Mme C A, représentées Me Glaentzlin, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 septembre 2022 par lequel le maire de Buxerolles a rendu obligatoire l'entretien de leur terrain implanté sur la parcelle cadastrée CA0078 située 108 rue du Planty ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Buxerolles la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- l'arrêté du 14 septembre 2022 est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un vice de procédure tiré du défaut de procédure contradictoire préalable ;
- il est entaché d'une erreur de droit ;
- il est entaché d'une erreur de fait ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense enregistrés les 2 juin 2023, 7 février, 25 avril et 27 mai 2024, la commune de Buxerolles, représentée par Me Porchet, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérantes en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en tant qu'elle a été présentée par Mme C A ;
- les moyens de la requête sont infondés.
II. Par une requête enregistrée le 21 avril 2023 sous le n° 2301184 et un mémoire enregistré le 5 novembre 2024, Mme B A, représentée Me Glaentzlin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'avis de somme à payer du 27 octobre 2022, reçu le 6 décembre 2022, ensemble les décisions implicites de rejet nées les 27 février 2023 et 26 février 2023 du silence gardé par le maire de Buxerolles et le directeur départemental des finances publiques de la Vienne sur son recours préalable ;
2°) de la décharger de la somme mise à sa charge ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Buxerolles la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la compétence de la signataire de l'avis de sommes à payer n'est pas établie ;
- il n'est pas établi que le titre de recettes a été signé ;
- l'avis de somme à payer ne comporte ni les bases de liquidation de la créance, ni les modalités de son calcul ;
- il est illégal à raison de l'illégalité de l'arrêté du 14 septembre 2022 sur lequel il se fonde.
Par un mémoire enregistré le 4 août 2023, la direction départementale des finances publiques de la Vienne se déclare incompétente pour produire des observations en défense.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er octobre 2024, la commune de Buxerolles, représentée par Me Porchet, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête sont infondés.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dumont,
- les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique,
- et les observations de Me Duclos, représentant Mme A et celles de Me Finkelstein, représentant la commune de Buxerolles.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A et Mme C A sont propriétaires indivises de la parcelle cadastrée CA0078 située 108 rue du Planty sur la commune de Buxerolles. Le 28 juin 2022, le maire de cette commune a adressé à Mme B A une mise en demeure de procéder, dans un délai d'un mois, au nettoyage de sa parcelle. Par un arrêté du 14 septembre 2022, dont les requérantes demandent l'annulation par leur requête n° 2202775, le maire de Buxerolles a rendu obligatoire l'entretien de la parcelle leur appartenant dans un délai de 15 jours. En l'absence de réalisation des travaux d'entretien, la commune y a procédé d'office. Le 27 octobre 2022, la mairie de Buxerolles a émis un titre de recettes d'un montant de 1 008 euros correspondant au coût de l'entretien du terrain appartenant aux requérantes et a adressé à Mme B A un avis de sommes à payer. Cette dernière a adressé au maire de la commune un recours gracieux reçu le 27 décembre 2022. Du silence gardé sur ce recours est née, le 27 février 2023, une décision implicite de rejet. Mme A a également adressé un recours administratif au directeur départemental des finances publiques de la Vienne, reçu le 26 décembre 2022. Une décision implicite de rejet de ce recours est née le 26 février 2023. Par sa requête enregistrée sous le n° 2301184, Mme B A demande l'annulation du titre de recettes ainsi que des décisions implicites rejetant ses recours gracieux. Elle demande également à être déchargée de la somme mise à sa charge.
2. Les requêtes visées ci-dessus présentent à juger des questions connexes. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 14 septembre 2022 :
3. En premier lieu, si la commune de Buxerolles soutient que Mme C A, qui a été placée sous protection juridique temporaire le 28 novembre 2023 puis sous tutelle le 14 mars 2024, était juridiquement incapable à la date de l'introduction de la requête n° 2202775, cette circonstance, à la supposer établie, est sans incidence sur la recevabilité de cette requête et des conclusions à fin d'annulation qu'elle contient dès lors que celles-ci sont également présentées par Mme B A, dont ni l'intérêt à agir ni la capacité à agir ne sont contestés. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Buxerolles doit être écartée.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 2213-25 du code général des collectivités territoriales : " Faute pour le propriétaire ou ses ayants droit d'entretenir un terrain non bâti ou une partie de terrain non bâtie situé à l'intérieur d'une zone d'habitation ou à une distance maximum de 50 mètres des habitations, dépendances, chantiers, ateliers ou usines lui appartenant, le maire peut, pour des motifs d'environnement, lui notifier par arrêté l'obligation d'exécuter, à ses frais, les travaux de remise en état de ce terrain après mise en demeure. / Si, au jour indiqué par l'arrêté de mise en demeure, les travaux de remise en état du terrain ou de la partie de terrain prescrits n'ont pas été effectués, le maire peut faire procéder d'office à leur exécution aux frais du propriétaire ou de ses ayants droit. / Si le propriétaire ou, en cas d'indivision, un ou plusieurs des indivisaires n'ont pu être identifiés, la notification les concernant est valablement faite à la mairie. / Un décret en Conseil d'État fixe les modalités d'application du présent article ". L'application de l'article L. 2213 25 du code général des collectivités territoriales n'est pas rendue impossible par l'absence du décret prévu en son dernier alinéa.
5. Cette disposition autorise le maire à faire usage de pouvoirs de police spéciale afin de prévenir la collectivité contre les risques qu'un terrain non bâti, insuffisamment entretenu, fait courir à l'environnement.
6. En l'espèce, s'il ressort des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté litigieux, le terrain appartenant aux requérantes n'était pas régulièrement entretenu, il n'est pas établi que cette situation entraînait un risque de prolifération d'animaux nuisibles, aucun rapport ni aucun témoignage de voisins ne venant attester l'existence de ce risque. Par ailleurs, à supposer que la commune de Buxerolles soit regardée comme soutenant que l'arrêté litigieux pouvait également être fondé sur un risque d'incendie, elle n'établit pas davantage que le défaut d'entretien du terrain soit à l'origine d'un tel risque, alors que les précédents incendies dont elle fait état sont des incendies volontaires qui ont touché les constructions inachevées se trouvant au fond de la parcelle. Par suite, les requérantes sont fondées à soutenir que l'arrêté du 14 septembre 2022 est entaché d'une erreur de fait.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que les requérantes sont fondées à demander l'annulation de l'arrêté du 14 septembre 2022 par lequel le maire de Buxerolles les a mis en demeure d'entretenir leur terrain implanté sur la parcelle cadastrée CA0078 située 108 rue du Planty dans un délai de quinze jours.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'avis de sommes à payer du 27 octobre 2024 et de décharge :
8. Il est constant que l'avis de sommes à payer litigieux trouve son fondement dans l'arrêté du 14 septembre 2022 par lequel par lequel le maire de Buxerolles a mis en demeure les requérantes d'entretenir leur terrain dans un délai de quinze jours et a prévu que si les travaux de remise en état du terrain n'étaient pas effectués dans ce délai, il procéderait d'office à leur exécution aux frais des propriétaires.
9. Dans ces conditions, dès lors que, pour les motifs mentionnés au point 6 du présent jugement, l'arrêté du 14 septembre 2022 est entaché d'une erreur de fait, Mme A est fondée à soutenir que cette illégalité entache, par voie de conséquence, la légalité de l'avis de sommes à payer litigieux.
10. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la requérante est fondée à demander l'annulation de l'avis de sommes à payer émis à son encontre le 27 octobre 2024 par la commune de Buxerolles pour un montant de 1 008 euros ainsi que la décharge de l'obligation de payer cette somme.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérantes, qui ne sont pas, dans les présentes instances, la partie perdante, les sommes que la commune de Buxerolles demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
12. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Buxerolles la somme globale de 1 500 euros à verser à Mme B A et à Mme C A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 14 septembre 2022 du maire de Buxerolles est annulé.
Article 2 : L'avis de sommes à payer émis à le 27 octobre 2024 par la commune de Buxerolles est annulé.
Article 3 : Mme B A est déchargée de l'obligation de payer la somme de 1 008 euros mise à sa charge par la commune de Buxerolles.
Article 4 : La commune de Buxerolles versera à Mme B A et à Mme C A la somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Les conclusions de la commune de Buxerolles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, première dénommée, et à la commune de Buxerolles.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Le Bris, présidente,
Mme Boutet, première conseillère,
Mme Dumont, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.
La rapporteure,
Signé
G. DUMONT
La présidente,
Signé
I.LE BRIS
Le greffier,
Signé
S. GAGNAIRE
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef
La greffière
Signé
D. MADRANGE
2-2301184
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026