jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2202835 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET COUDRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 novembre 2022, M. A B, représenté par la SELARL Cabinet Coudray, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 1er décembre 2011 du conseil municipal de Saint-Pierre d'Oléron approuvant le plan local d'urbanisme (PLU) en tant qu'elle classe les parcelles cadastrées section en espace boisé classé, ainsi que la décision implicite de rejet de la demande d'abrogation de cette délibération qu'il a formée le 8 août 2022 auprès du maire de la commune ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Pierre-d'Oléron une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le classement des parcelles en litige en espace boisé classé est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnait les dispositions de l'article L. 121-27 du code de l'urbanisme dès lors qu'elles ne peuvent être considérées comme un espace boisé des plus significatifs de la commune;
- ce classement méconnait les dispositions de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme dès lors qu'il est en opposition avec le parti pris retenu par les auteurs du PLU dans le cadre des orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables (PADD).
Par un mémoire en défense enregistré le 21 novembre 2023, la commune de Saint-Pierre-d'Oléron, représentée par l'AARPI Drouineau 1927, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boutet,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- et les observations de Me Lapprand, représentant M. B, et de Me Dallemane, représentant la commune de Saint-Pierre-d'Oléron.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est propriétaire de parcelles cadastrées section , d'une superficie de 950 m², situées (ANO)impasse des Garnaudieres(ANO) à La Cotinière, sur le territoire de la commune de Saint-Pierre d'Oléron. Par courrier du 8 août 2022, M. B a sollicité auprès du maire de Saint-Pierre d'Oléron, l'abrogation de la délibération du 1er décembre 2011 du conseil municipal approuvant le PLU de la commune de Saint-Pierre-d'Oléron en tant qu'elle classe les parcelles cadastrées section en espace boisé classé (EBC). Par la présente requête, il demande l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande ainsi que l'annulation de la délibération du 1er décembre 2011 du conseil municipal approuvant le PLU de la commune de Saint-Pierre-d'Oléron en tant qu'elle classe les parcelles cadastrées section en espace boisé classé (EBC).
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 113-1 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme peuvent classer comme espaces boisés, les bois, forêts, parcs à conserver, à protéger ou à créer, qu'ils relèvent ou non du régime forestier, enclos ou non, attenant ou non à des habitations. Ce classement peut s'appliquer également à des arbres isolés, des haies ou réseaux de haies ou des plantations d'alignements ". Aux termes de l'article L. 121-27 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme classe en espaces boisés, au titre de l'article L. 113-1, les parcs et ensembles boisés existants les plus significatifs de la commune ou du groupement de communes, après avis de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites ".
3. D'une part, si l'autorité administrative est tenue de classer, en application des dispositions précitées de l'article L. 121-27 du code de l'urbanisme, les espaces boisés les plus significatifs de la commune, elle a la faculté de classer, sur le fondement des dispositions de l'article L. 113-1 du même code, les bois, forêts, ou parcs qui ne sont pas parmi les plus significatifs de son territoire.
4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la légende du règlement graphique du PLU, que les parcelles en litige ont été classées en EBC sur le fondement des dispositions de l'article L. 130-1, devenues L. 113-1, du code de l'urbanisme et non pas de l'article L. 121-27 du même code. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ce dernier article au motif que les parcelles en question ne constituent pas un des espaces boisés les plus significatifs de son territoire doit être écarté.
5. D'autre part, les dispositions de l'article L. 113-1 du code de l'urbanisme citées au point 2 ne subordonnent pas le classement d'un terrain comme espace boisé à la condition qu'il possède tous les caractères d'un bois, d'une forêt ou d'un parc à la date d'établissement du plan local d'urbanisme, lequel, en vertu des dispositions des articles L. 151-1 et L. 151-8 du même code, exprime des prévisions et détermine les zones d'affectation des sols selon l'usage principal qui devra en être fait à l'avenir. Par ailleurs, il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts
6. L'axe 1 du PADD intitulé " Renouveler la population et répondre au besoin de logements tout en contrôlant et structurant le développement urbain " prévoit notamment de " favoriser l'accueil de nouveaux résidents permanents, en particulier les jeunes ménages avec enfants, afin de renouveler la population " et de " permettre l'urbanisation des seules dents creuses dispersées sur la commune et favoriser la densification de ces espaces par un travail précis dans les secteurs vierges ou insuffisamment denses au cœur des espaces urbains ". L'axe 3 du PADD intitulé " Protéger le cadre de vie (environnement, paysages et patrimoine) des habitants " dispose par ailleurs que le PLU devra " Préserver de réelles coupures d'urbanisation entre les villages et maintenir le réseau de boisements " et " Maintenir et développer des espaces de respiration en zone urbaine.
7. Il ressort des pièces du dossier que les parcelles en litige d'une surface de 950 m² sont situées au sein d'une zone UBa du règlement du PLU définie comme la " périphérie des zones urbaines denses de St Pierre et La Cotinière, aujourd'hui occupée par un habitat de type pavillonnaire mais sur lequel le PLU propose d'autoriser une densification " et limitrophes à la zone AUp, " réservée aux activités portuaires du Port de pêche de La Cotinière ". Elles relèvent de l'OAP " Secteur port de La Cotinière ". Ces parcelles font toutefois partie d'un ensemble laissé à l'état naturel, partiellement boisé comme l'indiquent les photographies produites, qui s'étend au Sud sur les parcelles et à l'Ouest sur la parcelle . Les circonstances que la végétation présente sur ces parcelles soit peu dense ou sans qualité particulière, qu'elles ne relèvent pas des " boisements littoraux constituant de véritables massifs " identifiés dans le rapport de présentation du PLU ou encore qu'elles ne soient pas identifiées au titre du patrimoine écologique, des forêts dunaires, ou sur la carte forestière ne font pas en elles-mêmes obstacle à leur classement en EBC. Par ailleurs, quand bien même elles se situent au sein d'une " tâche urbaine " identifié dans le PADD, elles ne peuvent pas être considérées comme une dent creuse à densifier en priorité, dès lors qu'elles sont entourées de parcelles également laissées à l'état naturel. Dans ces conditions et au regard des objectifs fixés par le PADD visant à maintenir le réseau de boisement et à maintenir et développer les espaces de respiration en zone urbaine, les auteurs du PLU n'ont pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en classant les parcelles en litige en EBC.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit : / 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; () ". Aux termes de l'article L. 151-8 du même code : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ".
9. Pour apprécier la cohérence exigée au sein du PLU entre le règlement et le PADD, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le PADD, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du PLU à une orientation ou à un objectif du PADD ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
10. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7, alors que les parcelles en litige situées en zone urbanisée ne peuvent pas être regardées comme une dent creuse et compte tenu des objectifs du PADD de maintenir le réseau de boisement et de maintenir et développer les espaces de respiration en zone urbaine, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le classement en EBC des parcelles en litige est incohérent avec les orientations et objectifs du PADD.
Sur les frais liés à l'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Saint-Pierre-d'Oléron, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
12. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de M. B une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par commune de Saint-Pierre-d'Oléron et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera la somme de 1 200 euros à la commune de Saint-Pierre d'Oléron au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Saint-Pierre-d'Oléron.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jarrige, président,
Mme Boutet, première conseillère,
Mme Dumont, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.
La rapporteure,
M. BOUTET
Le président,
A. JARRIGELa greffière,
G. FAVARD
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026